9 mois après "Un parfait inconnu" consacré à Bob Dylan, voici qu'arrive "Springsteen : deliver me from nowhere", consacré à Bruce Springsteen. 2 films qui ne sont pas vraiment des biopics, le film sur Dylan couvrant 5 ans de sa vie, au tout début de sa carrière, alors que celui sur Springsteen couvre une période encore plus courte, un an environ, et à un moment où il a déjà acquis une grande notoriété. 1981-1982, ce que nous montre le film est un Springsteen particulièrement déprimé : il sort d'une tournée épuisante et remontent en lui les souvenirs (en noir et blanc dans le film) qu'il a de sa jeunesse et de son père, un homme alcoolique et violent. D'après le film, c'est un moment de sa vie où il se la joue solitaire, lui qui a toujours apprécié les contacts humains, en particulier avec son groupe The E Street Band, au point de ne pas arriver à assumer une relation avec une jeune femme, Faye Ramono, sœur de Joey Ramono, un ancien copain d'école de Bruce, au point de se lancer en solo, dans sa chambre, sur un TASCAM Portastudio, le premier enregistreur à quatre pistes au monde basé sur une cassette audio compacte standard, à l'enregistrement d'un album tenant davantage de la musique folk que du son rock qu'il avait toujours pratiqué jusque là. Un album qu'il va vouloir (et réussir à !) sortir tel quel, brut de décoffrage, au grand dam des grands pontes de CBS, sa maison de disque, qui ne croyaient pas au succès d'un album aussi désespéré et qui espéraient, au contraire, un album plus vendeur. "Nebraska" aura finalement un succès conséquent et l'album "plus vendeur" sera le suivant, "Born in the .". Et maintenant quelques remarques personnelles : "Crazy heart", Le premier long métrage réalisé par Scott Cooper, était déjà consacré à la musique, la musique country en l’occurrence. James Mangold, quant à lui, avait réalisé "Walk the line", biopic de Johnny Cash, avant de s'intéresser à Dylan. Le film met bien en valeur le rôle très important qu'a joué Jon Landau, son agent artistique, auprès de Springsteen. A l'origine critique musical, Il est connu pour avoir repéré Bruce Springsteen : dans une critique dans l'hebdo "The real paper", il a écrit en mai 1974 : « I saw the future of rock'n'roll and his name is Bruce Springsteen » (« J'ai vu le futur du rock'n'roll et son nom est Bruce Springsteen »). Faye Ramono n'a jamais existé. Elle aurait en fait été "construite" à partir de plusieurs petites amies de Bruce, en général rencontrées au Stone Pony, le lieu de concert de Asbury Park que fréquentait assidument Bruce Springsteen. A la vision du film, on sursaute un peu quand apparait le nom de son frère, Joey Ramono. Est-ce volontairement qu'a été choisi un nom très proche de celui des batteurs des Ramone, Joey Ramone ? Et maintenant, un avis personnel sur "Nebraska", l'album autour duquel tourne le film. J'aime bien Bruce Springsteen, je l'ai vu en concert, mais je vais choquer ses fans absolus : à mon humble avis, dans le style de musique qu'il a adopté pour "Nebraska", un style folk cafardeux, il est loin d'avoir l'immense talent de Townes Van Zandt (à ne pas confondre avec Steven Van Zandt, guitariste du E Street Band).