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Laurent B.
25 abonnés
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4,0
Publiée le 26 septembre 2026
Décidément, Guadagnino prouve deux choses avec son nouveau film. La première on la connaissait déjà un peu et il la confirme ici : c’est son don de versatilité, de cinéaste caméléon qui sait passer du film romantique (le chef-d’œuvre « Call me by your name » ou le très cool « Challengers », eux-mêmes très différents dans leur approche puisque le premier était plus dramatique tandis que le second était plus léger) au film d’horreur (le surprenant et marquant remake de « Suspiria » ou le plus poétique et tout aussi réussi « Bones and all »). Il nous avait davantage décontenancé (et déçu) l’an passé avec « Queer » et son couple gay au Mexique dans les années 50 qui expérimentait les trips hallucinatoires. Il revient en forme avec « After the Hunt » et investit cette fois le terrain du suspense psychologique à thèse et débats sur des sujets de société brûlants. Le seconde chose est décidément la rapidité, voire le rythme presque stakhanoviste, auquel il propose des films. Le cinéaste italien semble tourner plus vite que son ombre puisque « Challengers » date d’avril dernier et que « Queer » était sorti en début d’année. Le principal c’est que cela n’altère en rien la qualité, l’originalité et la diversité de sa filmographie en faisant l’un des auteurs les plus passionnants du cinéma contemporain international.
C’est un excellent film car… il fait réfléchir… ou devrait le faire. Le jeu des acteurs est très bon. Il y a peut-être un passage un peu plus abscons et critiquable sur le plan de la rigueur philosophique (scène évoquant Ulysse) mais même ce passage est peut-être utile car il invite à un certain niveau de réflexion.
Le film est trop long et on peut s'ennuyer par moments, mais c'est un vrai exercice d'équilibriste qui ne choisit jamais de camp. Tout le monde en prend pour son grade, la victime revendiquée, l'homme accusé ou le personnage joué par Julia Roberts, coincée entre les deux. Ça défend à parts égales les points de vue et les générations, en se gardant bien de conclure sur une morale bien propre : le film ne nous dit pas quoi penser, il montre surtout la complexité et le cynisme de ce type d'histoire. Les acteurs sont excellents, avec un faible pour Fred, le mari de Alma.
Un film ambitieux, mais trop de dialogues abscons, pseudo philosophique , on est noyé sous ce verbiage. Et pourtant le thème était passionnant, traitant de l’effet , et de ses effets induits sur les rapports humains difficiles à maitriser. Cette prof de philo de Yale, très bonne Julia Roberts, intello « libéral » de gauche bienpensante, va être confrontée à une histoire de harcèlement, voire de viol sur une de ses élèves, mais ce sera parole contre parole, qui implique un de ses meilleurs amis, prof comme elle. Cela va déclencher des débats très intéressants, dans une sorte de jeu de quiproquos, de labyrinthes, de mensonges, de faux fuyants, entre les différents protagonistes, Le mari de Julia, un psychiatre renommé va jouer un rôle intéressant, ( très bon Michael Stuhlbarg ) . Il essayera à chaque étape de faire la synthèse entre les deux positions : les féministes cancel culture , et les néo féministes historiques. Le meilleur moment sera justement un débat captivant, très riche, non -manichéen sur la notion de consentement et d’empêchement, deux thèmes particulièrement d’actualité. Mais le film pêche par sa longueur, sa lenteur, et son verbiage constant. Heureusement la musique, la bande- son excellente, sauve le film, formidable musique originale de Trent Reznor , et quels morceaux insérés, dont un surprenant « Avec le temps » de Léo Férré, samplé , superbe .
Nouveau film de Luca Guadagnino, sorti directement en plateforme chez nous. Une filmographie en dent de scie pour moi, et il nous avait habitués à mieux. Le tout se laisse regarder malgré tout. Le propos est intéressant, forcément très bavard, dans un contexte post-MeToo, avec un beau portrait de femme, coincée entre ses convictions et ses responsabilités.
Julia Roberts est impeccable dans le rôle, nommée au Golden Globe, et sans doute dans l’un de ses plus beaux rôles de sa carrière. Le reste du casting suit bien.
C’est plutôt plaisant, malgré quelques longueurs, mais on en attendait clairement davantage du réalisateur italien.
Je m'attendais à mieux. Mais j'aime beaucoup le rôle de Julia Roberts et sa manière de l'interpréter. Mais bon pas un film que je reverrai. L'histoire d'une étudiante qui se confie à sa professeur sur un problème qu'elle a vécu avec un enseignant.
Je mets 3 sur 5 par respect pour ceux qui on travaillé sur ce film sans être coupables de la catastrophe. La bande son est désagréable et mal balancée. Le film est mou et lent. Les textes et le scénario sont incompréhensibles. Le message général aussi. Quel gâchis.
Un film courageux et audacieux à plus d'un titre. Dans sa forme, la réalisation oscille entre le burlesque et le classique avec une photo volontairement terne et sans vie. Ça n'hésite pas à ironiser sur la vacuité des débats de salon, dans l'entre-soi des bourgeois qui ventilent des concepts sur des réalités dont ils n'ont jamais eu à faire l'expérience et dont ils font tout pour se protéger tout en les observant avec un désir paradoxal. Il suffit d'avoir été universitaire pour comprendre toute la force de la volée de bois vert que se prennent les "milieux intellectuels". Il est également très courageux d'aborder le thème de la cancel culture et de rappeler qu'il ne suffit pas de prétendre être une victime pour en être une et qu'il ne suffit pas d'avoir un vagin pour être honnête. Ce discours totalement disruptif correspond bien à la volonté du réalisateur de se placer dans le flou, dans la nuance même si cette zone grise n'est pas politiquement admise. Il est d'ailleurs fort probable qu'une partie de la Gen Z trouve ce film assez insultant à leur endroit. Et à raison. Il n'en reste pas moins que ce film est une véritable proposition artistique, volontairement dérangeante sur la forme et sur le fond qui ne laissera personne à l'aise sur ses positions. En cela, ce film est véritablement brillant... pour qui a l'humilité de se remettre en question. Et ce n'est pas toujours la motivation première du spectateur.
Alors là j'ai rarement été soulé comme ça devant un film... je pensais pas qu'on pouvait plus m'agacer qu'un film de Woody Allen et bah si.. After the hunt l'a fait ! Moi j'ai jamais vu des dialogues pompeux comme ça, des personnages froids et faces à claque comme ça, une BO aussi pénible.. bref j'ai tout détesté de A à Z et je suis ressorti de ce film soulé et presque agressif tant ça m'a couté.. bilan effroyable pour un film au thème fort mais faut pas pousser...
Après "Call Me by Your Name", "Bones and All" ou encore "Challengers", le cinéaste italien s’attaque ici à un drame contemporain aux allures de thriller moral. L’histoire se déploie autour d’un scandale aux contours flous, mêlant accusation, culpabilité et manipulation. Le trio d’acteurs est indéniablement l’un des points forts du film. Julia Roberts, dans un registre plus froid et autoritaire qu’à l’accoutumée, impose une présence solide. Ayo Edebiri, très juste, apporte une fragilité contemporaine. Andrew Garfield, fidèle à lui-même, oscille entre charme et ambiguïté. Très bavard, le film peine toutefois à véritablement prendre position ou à provoquer un trouble durable.
C'est un très bon film sur un sujet hyper complexe et en même temps minoré voire galvaudé : Croire une personne qui se dit victime d’agression sexuelle. Ne nous voilons pas la face toutes les civilisation ont un problème avec cela et nous ne valons pas mieux que aucune autre. Hormis les civilisations dîtes primitives qui sont toujours dans ce que Sigmund avait nommé les "totem et les tabous" dans son livre éponyme dans les années 1910. Levis-strauss approfondira cela 40ans plus tard.
Le film explore donc tous nos affects, nos passions tristes, nos lâchetés nombrilistes et nos craintes de perte de statu. Il évoque ainsi les craintes et las haines qui se tissent en nous dès lors qu'un proche commet un irréparable que nous ne voulons ni voir ni assumer. Qui aurair le courage ? Levez la main dans la salle... Merci on est tous d'accord. C'est ainsi que cela perdure.
Il y a évidement eu meeToo, m'enfin ne nous cachons pas derrière une plume d'oie blanche : Rien a vraiment changé hormis pour ceux qui le savaient déjà. La majorité des gens resterait sur affects préalables. Un ami est accusé c'est surement un mensonge ! Car qui voudrait être, lui aussi victime de tromperie dans la sincérité des valeurs communes partagées dans une amitié ? Personne.
Personne n'aime être déçu car nous nous sentons trahis, nous ne voulons pas le croire, nous nous cachons derrière le voile d'une fiction d'un but caché par la "prétendue victime" qui voudrait évidement autre chose que la justice et la reconnaissance du crime commis à son endroit.
Cela s'appelle cela, le déni, et nous sommes tous très prompt à en être victime et ne pas agir. Ce film pourrait s'appeler ainsi "le déni"
La on a une doctorante quinqua, phd, qui doit avoir à tenir un choix entre une jeune etudiante noire (à priori 26ans), femme comme elle, mais noire, face à son pair d'étude, homme, blanc, d'une petite 40aine, mais désirable voire désirant. L'ambiguité demeure entre eux deux.
Julia Roberts est vraiment comme à son habitude époustouflante de justesse (j'ai un biais : je l'adore depuis l'affaire pélican j'avais 15ans....)
After the Hunt est un film sérieux, intelligent, parfois glaçant. Il parle moins d’un scandale que de ce qu’il révèle : la peur, l’aveuglement et les compromis que chacun accepte pour préserver sa place. Ce n’est pas un film facile, ni spectaculaire, mais qui laisse une trace durable. Un cinéma adulte qui fait réfléchir bien après le générique.
Une purge d'une prétention phénoménale. Une introduction en forme de verbiages philosophiques abscons (15 mn) entre intellectuels (professeurs à Yale, étudiants en philosophie, psychiatre). Une bande son à base de bruits divers insupportables. Rien ne se passe pendant 40 mn et puis on plonge dans un mauvais #MeToo. Tout le monde surjoue, les cadrages et tirades face caméra sont pénibles et Julia Roberts est bien loin de la "Pretty Woman" qu'elle était... Je me suis forcé à aller au bout mais quel ratage interminable (2h19) prétentieux, snob et dont le twist final, inattendu, ne sauve rien.
Je dois bien avouer que mis-à-part "Call Me by Your Name", je ne suis pas bien fan du cinéma de Luca Guadagnino et ce dernier en date, sorti directement sur Prime Video, confirme mes sentiments. Nous sommes ici plongés dans le milieu universitaire et guindé de Yale dans lequel une étudiante, Maggie, accuse son professeur de viol. Une autre professeure, Alma, proche de Maggie, a du mal à encaisser l'info. Ici, ce n'est pas tellement le viol ni de savoir qui a raison ou tort qui nous intéresse. Comme le titre du film l'indique, on s'intéresse à l'après chasse aux sorcières, ou plutôt aux sorciers. À travers ces accusations et ce sujet on ne peut plus actuel, le réalisateur y glisse un parallèle, ou plutôt une confrontation, entre deux formes de féministe. L'une, institutionnelle représentée par une femme qui a su se faire une place dans un univers patriarcal et en en épousant ses codes (mais à quel prix ?) tout en imaginant incarner la bien-pensance et puis de l'autre, générationnelle du mouvement #MeToo, donc beaucoup plus "crue", dénonciatrice et en phase avec la réalité, représentée par une jeune femme racisée et engagée dans la cause LGBT. Deux gros clichés ambulants donc. Alors certes, le sujet est intéressant sur le papier mais le film est tout de même très manichéen alors que le réalisateur voudrait nous faire croire l'inverse. On a en effet quelques-fois du mal à cerner le propos du film tant il se perd à travers des scènes verbeuses et un étalage de culture et d'érudition, ce qui était certes déjà le cas dans "Call Me by Your Name" mais bien mieux amené (et en même temps, le film est écrit par James Ivory). Donc en deux heures vingt, le film, au rythme déjà trainant, ne raconte pas grand-chose, surtout qu'il se perd avec cette histoire de mystérieux passé d'Alma qui aurait pourtant pu venir approfondir l'intrigue mais qui n'est jamais traité avec assez de justesse. Et puis même cinématographiquement, on s'ennuie. Le réalisateur qui a d'ordinaire toujours de bonnes idées de mise en scène opte ici pour quelque-chose de très plat, comme si le sujet ne pouvait se prêter à autre chose que de l'académique et de l'ennui. Bref, un film qui aurait pu être intéressant mais qui se veut trop intello et inutilement flou pour amener une quelconque émotion chez le spectateur (si ce n'est de l'ennui donc).