Historiquement, on ne sait pas trop si l'époque du film est celle du shogun ou celle de l'empereur. Mais c'est le Japon qui résulte du temps des samouraïs, c'est sûr : ces siècles qui ont forgé ces codes, cette culture, qui paraît étrangère à un occidental, c'est-à-dire mystérieuse et fascinante, comme ce film et ce héros.
Pourtant, ces codes (qui se ramènent tous au sens de l'honneur) ne nous sont pas étrangers. Mais l'occidental capte plus sûrement, c'est ainsi, un personnage sortant des Rougon-Macquart (Zola étudie la zoologie humaine de la même époque en France). Ce héros du film, qui est donc un samouraï, nous en met plein la vue pour cette raison (plutôt inexpliquée). Un samouraï "juste, intègre, sans entourloupe", qui pense qu'on "ne gagne pas en cherchant à se satisfaire", qui remet un usurier dans le droit chemin (par exemplarité), etc
Le film en rajoute une couche. On sent bien que le souci esthétique est son premier souci. Les kimonos, le bordel, les petits rires étouffés, les courbettes, cette fabuleuse écriture traditionnelle, une fête organisée "pour contempler la lune" des moissons, puis l'orage sous la lune, et sur les parapluies janome... Ce qui n'empêche pas un certain suspense. Et au final, l'émotion. En revanche, musique parfois étrange dans le contexte.
Quant au jeu de go, on veut bien tout croire. Admettre que jouer sur un point hoshi soit une hérésie... Y compris, comme le dit le synopsis du film, que le héros se serve de sa stratégie au jeu pour assouvir une vengeance dans sa vie (qui au passage nous rappellera qu'il excelle au sabre). Mais on reste un peu fermé, malgré le temps passé par la caméra sur ce jeu. Pour nous, le film pourrait s'appeler Le Samouraï.
A.G.