Cette nouvelle œuvre de Park Chan-wook s’inscrit pleinement dans son engagement satirique et social. Porté par un scénario superbement écrit et une mise en scène remarquable, fidèle au style du cinéaste coréen, « Aucun autre choix » interroge avec finesse ce que nous sommes prêt·es à accomplir pour regagner un statut social — et les privilèges qui l’accompagnent — au sein de la société capitaliste. Le casting d’exception participe à l’accueil enthousiaste du film, tant du côté de la presse que des spectateur·rices. Si le ton aurait parfois gagné à être davantage nuancé, cela n’entame en rien la grande qualité de l’ensemble.
J'ai vu le film en avant première : un bon thriller coréen jusqu'ou une personne lambda peut aller pour sauver ça famille et ça maison... Ce n'est pas mon meilleur film coréen mais ca reste supérieur aux grosses productions américaines
C’est exactement ce que j’avais imaginé du film… C’est à dire avec un scénario « simple » à la coréenne mais avec une multitude de détails et d’infos secondaire perché, drôle, très bien ficelé ! Ce qui créer une histoire qui tient la route même avec quelques petits moments de suspension où je me demandais quand même si le film aller réussir à repartir sans me laisser sur la touche. Mais finalement cette attente créer la magie du film avec son rythme spécifique qui sort du commun grâce à son montage. Les plans sont beaux, vivants et colorés, c’est vraiment magnifique de juste contempler cette esthétique agréable et contemplative. Je dois dis que je ressors avec vraiment beaucoup de plan en mémoire qui sont juste INCROYABLE ! Et il le sait car il nous le donne dans les seuls plans fixe du film (qui dure) des composition de plan, de champ, et de couleur de ZINZIN vraiment merci à Park Chan-wook de continuer à faire vivre son art et sa cinématographie avec le temps ! Puis au niveau du son et de la musique, le son est agréable mais surtout avec la musique qui colore encore plus le film sans devenir un film musical. Je retiens pour finir, que le point fort du film est vraiment sont ÉQUILIBRE qui créer sa spécificité, et qu’on passe à bon moment ! (Parcontre le film est vraiment à voir au cinéma !!!)spoiler: [Séance regardé à Manchester vu que le film est déjà sorti au royaume uni, hâte de voir vos avis dessus quand il sortira en France !]
Park Chan-wook nous offre une fois de plus une œuvre mémorable. Une satire clinique, drôle et saisissante du capitalisme et du poids écrasant du travail en Corée du Sud, ainsi que de ses répercussions sur la famille. Une comédie noire brillante, portée par un casting impeccable et une mise en scène somptueuse. Bien que ce thème ait déjà été abordé à de multiples reprises au cinéma, Park Chan-wook parvient à le renouveler et à y insuffler toute la singularité de son génie. On pourrait presque parler d’un Parasite version Park Chan-wook, non par imitation, tant les œuvres sont différentes, mais par résonance thématique, par leur impact et par le destin de film marquant (culte?) promis à de nombreuses récompenses. Excellent, à voir absolument.
Vu à Stockholm, j'ai beaucoup aimé. Je n'aime pas commenter les films mais il faut faire 100 caractères minimum. Une note/un commentaire reste figé alors que l'idée que l'on peut concevoir d'un film peut évoluer.
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Voilà une nouvelle adaptation du roman « The Ax » de l’américain Donald E. Westlake après celle de Costa-Gavras en 2005 avec José Garcia intitulée « Le Couperet ». Si cette dernière semblait très fidèle au livre avec son traitement froid et minimaliste aussi bien sur la forme que sur le fond, la version de Park Chan-Wook prend une direction très différente pour me pas dire opposée. Si la tonalité du long-métrage français était très sérieuse et réaliste, « Aucun autre choix » choisit la voie de l’humour noir et de l’outrance mais également de l’épate visuelle (de très bon goût) allant parfois jusqu’au baroque. On reconnaît ici bien le goût du cinéaste sud-coréen pour la violence sèche et l’humour cynique. En effet, les péripéties développées ici flirtent souvent avec un comique presque absurde pour que le spectateur rit jaune sans pour autant se départir d’un certain constat social inhérent à la substance du roman original.
« Aucun autre choix » s’avère donc plaisant même si on s’attendait à ce que Park Chan-Wook aille encore plus loin et frontalement dans l’humour à froid et le malaise. Les péripéties de ce cadre licencié qui va s’attaquer de manière radicale à la concurrence aurait pu être plus cartoonesque et caustique. On a l’impression que le réalisateur n’y va pas à fond, qu’il se retient à plusieurs reprises. Pourtant, le metteur en scène de « Old Boy » est connu pour ne pas y aller par quatre chemins quand il explore quelque chose. Peut-être le signe de la maturité poussant à un certain assagissement, mais qui n’a pas vraiment de raison d’être avec un tel postulat au vu de la tonalité grinçante adoptée. En outre, les deux heures et vingt minutes que durent le film semblent être quelque peu excessives tant certaines séquences sont étirées pour rien (le film ne compte que trois mises à mort et elles prennent beaucoup trop de temps).
Ceci mis de côté, on ne peut que s’amuser des pérégrinations de cet homme (impeccable composition du méchant de « Squid Game » et acteur du génial « J’ai rencontré le Diable », Lee Byung-Hun). Le récit est fluide et l’écriture chirurgicale. Du début, où sa vie familiale semble idyllique, à la suite où s’opère le glissement vers sa tournée mortelle, on sent une satire sociale bien infusée qui lorgne sur celle du multi-primé « Parasite » de son compatriote Bong Joon-Ho. Certes, l’exécution est moins magistrale et définitive mais on ressent le même aspect cinglant et défaitiste concernant nos sociétés et le genre humain. La compétition acharnée pour obtenir un poste, la pression familiale et la volonté de garder son statut social sont bien montrés malgré les séquences souvent tournées vers l’humour noir. L’ajout de l’intelligence artificielle et d’un contexte adapté à notre époque sont bien retranscrits. Au final, « Aucune autre choix » n’est pas le grand film attendu mais il se défend bien. Et la mise en scène virtuose de Chan-Wook, véritable régal pour les yeux sans jamais en faire trop, achève de satisfaire nos besoins cinéphiles en matière de visuel en enchaînant les prouesses esthétiques.
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Autant revoir le couperet... Comment c'est possible de faire un film aussi apolitique sur des mecs au chômage près à s'entre-tuer pour continuer à travailler ?
Vu en festival : chef d’œuvre caustique sublimant le roman déjà admirable de Donald Westlake pour fustiger tous azimuts la compétition ultra-libérale, la fatuité bourgeoise et les dessous peu ragoûtants du couple. La mise en scène est vertigineuse d’inventivité et le mélange des genres savoureux. Qu’il est dur d’être un homme chez Park Chan-Wook !
Aussi ludique que particulièrement intense, Park CHAN-WOOK démontre encore une fois qu'il est un brillant révélateur des profondes névroses humaines, avec ici une ambiance et une tonalité sarcastique et politique, beaucoup trop dans l'air du temps, et c'est cela qui rend le film puissant
Après l'excellent Decision To Leave (2022), Park Chan-Wook revient avec une satire grinçante sur la société de nos jours, à l'ère du développement technologique et du remplacement de l'humain par l'IA, de très jolis plans par moments, les acteurs remarquables, mais la trame narrative tire en longueur (2h20 de film) et le sujet déçoit quelque peu.
Doit-on juger Aucun autre choix en fonction des souvenirs laissés par Le Couperet de Costa-Gavras, puisque les deux œuvres s'inspirent du même livre de Donald Westlake ? Difficile en tout cas de se défaire d'un sentiment de déjà-vu et pourtant les adaptations sont difficilement comparables du point de vue de la forme. Au côté froid et implacable du film français répond la manière stylisée de Park Chan-wook de traiter le même sujet, l'entraînant davantage vers la comédie noire, voire burlesque, peut-être au détriment de sa toile de fond, le cynisme de l'ultra-libéralisme et, partant, du désarroi des individus broyés par un système sans états d'âme, inhumain au possible, et la tendance ne fait que prospérer. Le héros de Aucun autre choix a cultivé au fil des ans un CV impeccable, qui ne va pas tarder à contenir des trous insondables, profonds comme une tombe, et aussi une petite famille et deux chiens adorables qui habitent une maison bourgeoise, mais voilà, une réduction de personnel et tout cet édifice menace de voler en éclat. Sans que le fond disparaisse tout à fait, Park privilégie la carte du divertissement, surfant entre horreur et absurde, avec le brio qu'on lui connaît depuis longtemps, mais au sein d'un engrenage qui n'est pas loin de tourner à vide. Plutôt que de resserrer son action, le cinéaste coréen s'échappe dans quelques digressions loin d'être nécessaires (les membres de la famille) et dilue les scènes les plus violentes en des épisodes à la limite du grotesque, volontairement, bien sûr. En résulte une atmosphère plus ironique que noire, pas franchement convaincante. Par bonheur, outre la virtuosité de la mise en scène, indéniable, et l'interprétation savoureuse de Lee Byung-hun et, à un degré moindre, de Son Ye-jin confèrent au film une hauteur d'exécution qui fait oublier en partie le traitement plus ludique que purement contondant du thème universel et brûlant d'un capitalisme sans loi ni morale.
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3,5
Publiée le 22 novembre 2025
« Se faire virer, c'est comme se faire couper la tête. » Pour les hommes désormais incapables de subvenir aux besoins de leur famille, ça ressemble aussi à une émasculation. C'est le cas de Man-soo, un ancien directeur d'une usine de papier, qui galère à retrouver un emploi équivalent après avoir été licencié. Alors qu'il n'a jamais pris pour acquis tout ce qu'il avait, il voit toute sa vie lui filer entre les doigts. Une vision insupportable qui le pousse à agir en s'attaquant à ses plus sérieux concurrents sur le marché du travail. Il s'agit d'une nouvelle adaptation de l'œuvre de Donald E. Westlake après celle Costa-Gavras en 2005. Une comédie noire parfois hystérique dans le style slapstick, mais parfois aussi réfléchie quand il est question de cette critique sociale sur le capitalisme ou la déshumanisation dans le monde du travail. Park Chan-wook, lui, humanise ses personnages qui ne sont pas de la chair à canon. Il ne pleut pas des cadavres contrairement à ce qu'on pourrait croire en lisant le synopsis. Ils sont tous différents, mais ils ont aussi beaucoup de similitudes, notamment ce dévouement envers leur travail, ce qui donne parfois des moments touchants comme avec ce père de famille dans lequel Man-soo se reconnaît. Cet homme, acculé par le système, ne perd cependant pas son objectif de vue et plonge dans un engrenage contrôlé et maladroit de violence. L'une des meilleures scènes du film est cette confrontation avec la première cible. Il y a tout au niveau de l'humour, de la mise en scène ou de la musique. Ce n'est jamais répétitif et ça ne part pas dans la facilité de la surenchère, mais ce qui suit n'est pas forcément aussi savoureux. Au final, encore un bon film de Park Chan-wook, mais je m'attendais à quelque chose d'encore plus jubilatoire.