Le personnage de Robin des Bois a bénéficié de plusieurs adaptations cinématographiques. Parmi les plus connues, il y a Robin des Bois réalisé par Allan Dwan en 1922, Les Aventures de Robin des Bois par Michael Curtiz et William Keighley en 1938, le Walt Disney Robin des Bois en 1973, La Rose et la Flèche par Richard Lester en 1976, Robin des Bois, prince des voleurs par Kevin Reynolds en 1991, Sacré Robin des Bois par Mel Brooks en 1993, le Robin des Bois joué par Russell Crowe en 2010, la comédie Robin des bois, la véritable histoire (2015) avec Max Boublil ou encore le flop commecial Robin des Bois (2018) avec Taron Egerton.
Michael Sarnoski ne voulait pas raconter une nouvelle aventure héroïque de Robin des Bois, mais explorer ses derniers jours. L’idée lui est venue d’une ancienne ballade du XIVe siècle évoquant la mort du hors-la-loi dans un prieuré. Fasciné depuis l’enfance par cette version beaucoup plus sombre du mythe, le réalisateur a imaginé un Robin vieillissant, hanté par ses crimes. Le projet a commencé à prendre forme avant même qu’il ne réalise Sans un bruit : Jour 1.
Contrairement à beaucoup de castings hollywoodiens, c’est Hugh Jackman qui a fait le premier pas. Grand admirateur de Pig, le premier long métrage de Michael Sarnoski, l’acteur a demandé à lire le scénario après en avoir entendu parler par le producteur Aaron Ryder. Les deux hommes se sont rencontrés dans un bar de Manhattan, à seulement quelques rues de chez eux, et ont immédiatement partagé la même vision du personnage. Sarnoski a alors compris que Jackman pouvait incarner aussi bien la brutalité que la fragilité de ce Robin désabusé.
Pour donner au film une dimension réaliste et viscérale, Michael Sarnoski a choisi de tourner en Irlande du Nord. Le réalisateur voulait des décors naturels capables de traduire la rudesse du XIIIe siècle sans artifices numériques. Plusieurs scènes ont d’ailleurs été filmées dans les mêmes régions que Game of Thrones. L’équipe a privilégié des lieux bruts, souvent battus par le vent et la pluie, afin de renforcer l’aspect crépusculaire du récit.
Le chef opérateur Pat Scola a imaginé une évolution visuelle très précise pour accompagner le parcours de Robin. Les premières scènes, dominées par la boue et la violence, sont baignées de gris froids et filmées dans un format très large. Lorsque le héros arrive au Prieuré, l’image devient plus verticale et les couleurs plus chaleureuses, symbolisant une possible rédemption. Le film a également été tourné en pellicule afin de conserver une texture organique et presque intemporelle.
Pour transformer Hugh Jackman en ermite épuisé vivant loin de toute civilisation, la costumière Lorna Mugan a conçu une tenue extrêmement lourde. Son manteau principal aurait pesé près de 90 kilos avec toutes les superpositions de tissus et de peaux utilisées pour accentuer l’aspect sauvage du personnage. L’objectif était de donner à Robin une silhouette quasi animale, loin des représentations héroïques habituelles. Même physiquement, Jackman devait sembler écrasé par le poids de son passé.
Michael Sarnoski tenait absolument à éviter les effets numériques pour les blessures et les scènes sanglantes. Les équipes de maquillage et de prothèses ont donc fabriqué des mâchoires articulées, des yeux transpercés de flèches et des systèmes de pompes à sang utilisés directement sur le plateau. Même la célèbre scène de saignée de Robin a été tournée sans VFX grâce à une prothèse spécialement moulée sur le bras de Hugh Jackman. Le résultat donne au film une violence très physique, presque dérangeante.