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CREOTIVEMEDIA
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4,5
Publiée le 29 juillet 2026
I Want Your Sex marque le retour de Gregg Araki à un cinéma où désir, pouvoir et transgression s'entremêlent. Fidèle à son univers, le cinéaste livre un thriller érotique qui fait du sexe un terrain d'exploration psychologique, bien plus qu'un simple élément de provocation.
Le récit suit Elliot, un jeune homme idéaliste qui décroche le poste dont il rêvait auprès d'Erika Tracy, artiste contemporaine aussi célèbre que controversée. Lorsque cette dernière fait de lui sa nouvelle « muse sexuelle », Elliot croit accéder à un monde de liberté absolue. Très vite pourtant, cette relation bascule dans une spirale où les frontières entre création artistique, fascination, emprise et destruction deviennent de plus en plus floues.
Gregg Araki signe un scénario qui dépasse le simple thriller psychosexuel. Derrière l'esthétique sulfureuse se dessine une réflexion sur le consentement, l'instrumentalisation du corps, les rapports de domination au sein du milieu artistique et la quête identitaire d'une jeunesse en manque de repères. Le film questionne avec intelligence le prix de la reconnaissance et la manière dont le désir peut devenir un outil de contrôle.
Olivia Wilde impressionne dans le rôle d'Erika Tracy. Charismatique, inquiétante et insaisissable, elle compose un personnage complexe qui oscille constamment entre mentor, amante et manipulatrice. Cooper Hoffman livre une interprétation tout en retenue, incarnant avec justesse la fascination puis le désarroi d'un jeune homme progressivement englouti par un univers qui le dépasse. Mason Gooding complète efficacement cette distribution en apportant un contrepoint essentiel au parcours du protagoniste.
La mise en scène confirme le goût de Gregg Araki pour une esthétique stylisée, où les couleurs saturées, les installations artistiques et les compositions sophistiquées nourrissent une atmosphère aussi hypnotique que dérangeante. Chaque séquence participe à brouiller les repères du spectateur, renforçant le caractère ambigu de cette relation où l'attraction se confond avec la menace.
Sous ses apparences de thriller érotique, I Want Your Sex propose une réflexion contemporaine sur les mécanismes de l'emprise, la marchandisation du désir et les rapports de pouvoir qui traversent les sphères artistiques. Le réalisateur évite les réponses simplistes et préfère laisser le spectateur évoluer dans cette zone grise où chacun devient tour à tour victime, complice ou prédateur.
Troublant, élégant et résolument provocateur, I Want Your Sex s'impose comme une œuvre à la fois sensuelle et dérangeante. Porté par une Olivia Wilde magnétique et une mise en scène d'une grande maîtrise formelle, le film confirme le talent de Gregg Araki pour explorer les zones les plus ambiguës des relations humaines.
Le film raconte, dans un long flashback, la relation SM et limite entre un jeune homme, Elliott (Cooper Hoffman), et son employeuse, Erika (Olivia Wilde), une artiste contemporaine dont les œuvres sont toutes articulées autour de la sexualité. La narration rétrospective ouvre sur un remake de Boulevard du crépuscule (du début dans la piscine à la fin qui figure un visage se liquéfiant), mais aussi sur une étude, qui se voudrait à la fois mordante et nuancée, des interactions des deux amants, Elliott devenant le « sub » (comprendre : le soumis et le jouet) de sa supérieure hiérarchique. Encadré par un interrogatoire policier, le récit est ainsi régulièrement commenté par les inspecteurs, pour que le héros apporte un éclairage en retour : oui, le comportement d’Erika peut passer pour manipulateur, oui certaines de leurs pratiques sexuelles étaient abrasives, mais il n’en demeurait pas moins un cobaye consentant et curieux de repousser les limites de ses fantasmes. Ça se regarde jusqu'au bout mais c'est pas assez subversif à mon gout ; tout ça pour ça , bof ,bof...
Gregg Araki est un réalisateur qui se fait rare mais dont chaque projet est une petite pépite, une petite bizarrerie de cinéma indépendant et queer. Alors lorsque le bonhomme revient douze ans après "White Bird" avec un thriller érotique qui a l'air pas mal barré, évidemment, la hype est - chez moi en tout cas - immense. Enfin, notons qu'il réalise quelques épisodes de série par-ci, par-là mais a surtout sorti sa série "Now Apocalypse" en 2019, sorte de gros délire très proche de l’excellent "Kaboom". Et d'ailleurs, depuis la découverte de ce dernier, j'ai tendance à mettre la barre très haute sur chaque nouveau projet du réalisateur et je crois que ça a ici un peu desservi mon expérience. Avec son titre qui reprend un tube de George Michael, son affiche kitsch et flashy et son trailer prometteur, je m'attendais à un film qui ne s'arrête jamais, qui expérimente en permanence avec des personnages tous plus fous les uns que les autres. Et il y a un peu de ça mais je trouve le film, dans l'ensemble, trop sage. Encore une fois, alors que "Kaboom" était un festival de délires en tout genre, on a ici une impression d'intrigue presque trop tranquille. Alors qu'Elliot a du mal à payer sa part de son loyer et que que son couple bat de l'aile, il fait la rencontre d'une artiste qui lui offre du travail mais qui fait surtout de lui son esclave sexuel. On retrouve donc des rappels à "La Secrétaire" et "9 semaines 1/2" sauf que le film inverse ici les rapports de pouvoirs entre les sexes mais également à "Boulevard du crépuscule", notamment avec le motif de la piscine, et donc, par extension, à "Hustler White". On retrouve également la signature du réalisateur et notamment tout son jeu autour des décors très kitsch et des couleurs particulièrement vives sauf dans la chambre du couple pour en souligner l'austérité. Bien-sûr, il y a aussi cette folie à la caméra et au montage mais, encore une fois, je pense que j'en attendais encore plus, surtout avec une histoire comme celle-ci où il y avait matière, je pense, à faire quelque-chose de bien plus perché. Bref, "I Want Your Sex" est donc un nouveau délire du réalisateur toujours aussi inventif qui se laisse regarder avec plaisir si on apprécie le style mais que je ne trouve pas assez jusqu’au-boutiste.