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Clara, jeune cheffe brillante, perd son père dans des circonstances troubles. Elle part à Taïwan, dans une école culinaire ultradisciplinaire, pour comprendre ce qui s’est réellement passé. La Réparation questionne l’héritage, le deuil et l’identité à coups de couteaux bien aiguisés et de silences plus lourds que des marmites en fonte.
Il fallait oser : mélanger thriller familial, quête intérieure et soupe taïwanaise. Malheureusement, Wargnier n’a pas toujours la recette. On sent l’envie de filmer un rite de passage, une reconquête de soi dans un cadre dépaysant, mais l'exécution reste tiède, comme un bouillon sans sel. Julia de Nunez, pourtant magnétique dans Bardot, peine ici à nous accrocher. Trop contenue, trop lisse, comme si son personnage n’avait jamais vraiment faim.
Les scènes en cuisine, censées vibrer de tension, sont filmées avec la mollesse d’une émission de télé locale. On veut ressentir la pression, la sueur, les lames qui sifflent : on a droit à des regards vides et des plans soigneusement polis. Régis Wargnier filme propre, mais sans fièvre. On comprend, on regarde, on oublie.
Clovis Cornillac vient pourtant relever un peu la sauce : charismatique et rugueux, il incarne cette figure de mentor hostile, qui aurait mérité un film à lui tout seul. Face à lui, les autres personnages font figure de figurants au fond d’un plan large : présents, mais dénués d’arôme.
Thématiquement, ça tente beaucoup : l’autorité, la filiation, la culpabilité, la transmission. Mais à trop vouloir tout dire avec des métaphores culinaires (un couteau comme poids du passé, un plat comme exutoire émotionnel…), La Réparation finit par ressembler à un livre de cuisine illustré mal rangé dans le rayon psychanalyse.
Et pourtant, malgré sa lenteur, ses maladresses et ses effets appuyés, le film laisse un petit arrière-goût. Pas inoubliable, mais pas totalement fade. Comme une soupe chaude qu’on termine par habitude, sans vraiment savoir pourquoi.