Après le très commercial et surtout pas terrible "The Monkey", Oz Perkins tente un retour à "l'élevated horror", comme ce qu'il avait essayé de proposer avec "Longlegs". Oui, j'ai bien mentionné "essayé" car c'était raté. Enfin, formellement, c'était bon, notamment cette mise en scène de l'antagoniste mais le film n'avait malheureusement pas grand-chose à raconter. Eh bien là, c'est un peu la même chose.
Une jeune femme part en week-end dans une cabane isolée dans la forêt pour fêter leur premier anniversaire de couple. Mais évidemment, les choses ne vont pas se passer comme prévues. Au vu du sujet, on pourrait penser à un énième film commercial sur une baraque qui craque de partout avec des fantômes ou des monstres qui trainent dans les coins... et c'est bien le cas, sauf que ça se veut edgy pour faire du fameux "elevated horror". Terme que je n'apprécie pas trop car il aurait tendance à séparer les films d'horreur en deux catégories bien distinctes : les films bien populos pour les débiles et les films artistiques pour les "vrais cinéphiles". Et là, on la sent bien cette distinction, c'est comme si le réalisateur n'assumait son concept un peu nul et essayant de palier ça avec une mise en scène un peu plus recherchée.
Parce-que bon, toute cette mise en place avec le parquet qui craque, les bruits sourds et le cousin étrange, c'est vu et revu, surtout que c'est très long pour pas grand-chose. Je veux dire, on les connait ces codes, on sait que nous sommes dans un film d'horreur et qu'il se passe des trucs pas nets, pas besoin de le surligner pendant des plombes pour les trois au fond qui se seraient planté de salle. Et ainsi, on dirait que le film a bien quinze ou vingt ans de retard car il use de vieux codes horrifiques dont tout le monde connait les ficelles et ça ne fonctionne plus.
Et ce n'est pas une mise en scène qui, aussi réussie soit-elle, servira de cache-misère. Car effectivement, la mise en scène est réussie, on a des constructions de plans intéressantes (notamment cet espèce de plan cassé avec Liz au premier plan et une créature au second, qui est très efficace) ou des transitions réussies, comme lorsque Liz est dans son bain et que l'eau de la rivière du plan suivant vient progressivement l'entourer (le motif de l'eau est d'ailleurs très présent). Oui mais cette mise en scène n'est au service de rien puisque l'histoire est à la traine ! Ainsi, on se désintéresse très vite de l'ensemble et on lève plus souvent les yeux au ciel qu'on ne sursaute. Je veux dire, on passe par exemple trois plombes sur le gâteau, oui, on le sait que le gâteau il est pas bon depuis le premier plan, passons à autre chose !
Alors voilà, comme pour "Longlegs", "L'Élue" possède de très bonnes idées de mise en scène mais au service d'un scénario qui tient sur un post-it.