Depuis de très nombreuses années, tous les évènements ayant un rapport avec les phénomènes de migration font partie, à l’échelle de la planète, des sujets les plus importants de l’actualité : drames humains, accueil des migrants, rejet des migrants, etc. Il n’est donc pas étonnant que, depuis de très nombreuses années, il y ait eu un grand nombre de films s’intéressant d’une façon ou d’une autre à ce thème des migrations de population. Même si, il y a 2 ans, vous avez ressenti beaucoup de compassion pour Souleymane dans "L’histoire de Souleymane", le magnifique film de Boris Lojkine, il est possible que, concernant ces films, il y ait chez vous une forme de saturation, surtout si vous pensez que le rôle du cinéma, c’est avant tout d’être divertissant. Et voilà qu’arrive" L’étrangère" sur nos écrans, le deuxième long métrage de Gaya Jiji, 8 ans après "Mon tissu préféré". Syrienne arrivée en France en 2012, Gaya Jiji avait placé l’action de ce film à Damas, en mars 2011, c’est à dire au moment même où commençait dans cette ville la révolte contre Bachar el-Assad. Toutefois, c’est d’une autre révolte, celle d’une jeune fille, Nahla, contre sa famille et la situation des femmes dans son pays, que la réalisatrice avait choisi de nous parler. Tout en étant très intéressant par son sujet, Mon tissu préféré souffrait d’une réalisation souvent trop décousue. Dans L’étrangère, le personnage principal, Selma, est à nouveau une syrienne, mais, cette fois ci, il s’agit d’une femme mariée, d’une mère de famille, d’une professeure de français qui, ne voulant pas se retrouver dans la même situation qu’Iyad, son mari, emprisonné dans une geôle du régime et dont elle n’a pas de nouvelle depuis des années, a été contrainte en 2016 de fuir son pays. Consciente des difficultés qui l’attendaient, c’est sans Rami, son fils de 6 ans, que Selma a quitté son pays, avec l’espoir, bien sûr, de faire venir son fils auprès d’elle lorsque la situation le permettrait. Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.