L'Affaire Bojarski revient sur la vie du faux-monnayeur polonais Jan Bojarski, dont les copies parfaites des billets de la Banque de France ont rendu fous les enquêteurs chevronnés des années 60. Ce petit jeu du chat (Bastien Bouillon, puisqu'il est partout) et de la souris (Reda Kateb, qui porte le film à lui tout seul) est le cœur du film, découpé en chapitres qui suivent les nouveaux billets sur le marché (Le Minerve et Hercules, le Terre et Mer, le Bonaparte... Un chapitrage original !). La curiosité de l'affaire intéresse, le casting (qui n'oublie pas Sara Giraudeau, toujours parfaite) est très bon, les différents billets sont montrés sous tous les angles... Mais comme un vieux diesel, le film ronronne. Les 2h10 sont largement abusives, avec des dialogues qui se répètent, des scènes qui manquent de punch (la seule scène "qui bouge un peu" est au début du film), et des explications manquantes ("Le billet Terre et Mer, contrairement au précédent, est infalsifiable !"... Ah ? Mais ils ont juste changé le dessin, alors qu'est-ce qui le rend si infaillible ? Ce n'est pas dit, et c'est bien dommage. Rebelote pour le Bonaparte, on n'a pas compris pourquoi il était si dur à copier...). Mais voilà, l'intrigue a vraiment envie de nous faire découvrir l'affaire (assez méconnue, surtout pour le public jeune), on arrive au final (enfin) plus dynamique et tendu avec le
face-à-face entre le voleur et le flic
, et l'épilogue qui révèle que
les faux billets de Bojarski (qui sont devenus une expression pour désigner la qualité d'un faux) se vendent actuellement une petite fortune aux enchères
, c'est assez cocasse et inattendu (une bonne conclusion). Vous l'aurez compris, ce film a un rythme pantouflard, et n'explique pas tout (on ne sait rien de sa vie "avant les billets"), mais il offre l'occasion à son casting de briller une fois de plus dans une histoire de petit banditisme qui est à découvrir, portée par un Reda Kateb (comme toujours) impeccable. Allez, prenez votre billet (un vrai) pour L'Affaire Bojarski.