J’ai eu la chance de visionner “Les oiseaux de pluie” à l’UGC Versailles en présence de la réalisatrice Ariel Néo, d’un des comédiens et de l’association Rivage, spécialisée dans l’accompagnement de deuil. C’est une expérience immersive et poétique qui transforme le thème délicat de la mort en une réflexion artistique. Le film évite le didactisme et l’émotionnel excessif en utilisant des silences, des lumières, la mer, les oiseaux, et les oiseaux pour évoquer la fin de vie de manière douce, respectueuse, métaphorique et symbolique.
Des spécialistes d’horizons différents comme André Comte-Sponville sont interviewés pendant la seconde partie laissant place au déroulement du documentaire, proposé en première partie.
Cette deuxième partie donne à voir les motivations, les difficultés, les belles rencontres, le côté également technique du tournage. Nous sommes invités à être tout à la fois devant et derrière la caméra. Tout comme lorsque nous pouvons être à la fois l’endeuillé et le proche de la personne en deuil.
Ariel Neo, la réalisatrice, parvient à créer une atmosphère contemplative grâce à une mise en scène délicate. Les gestes simples et les espaces de vie deviennent des moyens d’apprentissage émotionnel, laissant au spectateur la liberté d’interpréter les scènes à sa manière. La bande-son minimaliste accentue les émotions, rendant la mort moins dramatique tout en lui conférant une dignité profonde.
Le débat qui a suivi la projection a permis d’approfondir la réflexion. On aborde la présence des oiseaux comme symbole de fragilité et de liberté ”. La notion de spirituel n’est jamais évoquée frontalement ; c’est à chaque spectateur de sentir cet aspect ineffable de la fin de vie et de la transformation. Le processus de deuil est omniprésent et proposé de façon artistique et pédagogique. Ariel Neo a expliqué son intention de dépasser le registre compassionnel classique pour offrir une approche esthétique et éducative de la fin de vie. Il est souligné l’importance d’une interprétation authentique qui laisse place à des émotions vécues plutôt qu’expliquées.
Le jeu d’acteurs est remarquable. Ils ont vraiment donné de leur personne en restant par exemple des heures sans combinaison de plongée dans les eaux à 11° de la mer en Bretagne (Crozon, Perros-Guirec). Les images de granit rose raviront les amoureux de cette région.
L’association Rivage de Versailles a salué la façon dont le film aborde le deuil et l’accompagnement en fin de vie, soulignant son potentiel pour faciliter le dialogue et créer des espaces d’écoute bienveillante.
Proposer “Les oiseaux de pluie” dans des écoles et des établissements de soins palliatifs est une excellente initiative. Le film offre une approche poétique pour sensibiliser les jeunes et les personnes âgées à des thèmes difficiles. Sa tonalité contemplative et son esthétique visuelle en font un outil idéal pour des ateliers de réflexion et des discussions guidées.
En conclusion, “Les oiseaux de pluie” est un film qui traite la mort avec une délicatesse rare, permettant un dialogue ouvert sur un sujet souvent tabou. Son intégration dans des contextes éducatifs et de soins pourrait humaniser la fin de vie, tout en offrant un espace pour partager souvenirs et émotions. Une belle initiative à encourager, tant pour sa valeur artistique que pour son impact social.
Je recommande ce film autant pour les professionnels de l'accompagnement du deuil, les personnels soignants et les acteurs socio-pédagogiques que pour toute personne qui sera ou qui a été un jour confrontée au deuil… c'est à dire chacun d'entre nous.
Patricia Serin