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3,0
Publiée le 28 novembre 2025
« Reedland » frappe d’abord par sa manière de laisser le paysage respirer à la place des mots. Sven Bresser capte un monde où chaque geste répété, chaque souffle du vent dans les roseaux, raconte un rapport ancien à la terre. Le film suit un homme pris dans une routine presque rituelle, un quotidien façonné par les saisons, le travail et une forme de solitude héritée. La mise en scène cherche moins l’effet dramatique qu’une tension diffuse, discrète, qui s’installe peu à peu dans la douceur apparente de la vie rurale. Rien n’est jamais surligné : la menace reste hors champ, tapie dans l’invisible, dans ce qui trouble les habitudes et fissure le réel. Le décor devient un prolongement de l’état intérieur du personnage, avec ce mélange de rudesse, d’épuisement et de beauté fragile. La photographie, attentive aux lumières changeantes et aux météos capricieuses, renforce ce sentiment d’un monde qui vacille silencieusement. Sans livrer de réponse facile, le film interroge la part d’ombre qui existe en chacun et la manière dont un paysage peut en révéler les contours. C’est un récit sensoriel, tendu, qui préfère le murmure au fracas et laisse résonner l’ambivalence des êtres.
Bienvenue dans les zones humides des Pays-Bas. Au pays des coupeurs de roseaux dont l’activité est de plus en plus menacée par la concurrence chinoise. C’est l’un des aspects parmi les plus intéressants de Reedland, le premier long-métrage de Sven Bresser, que de nous immerger dans une petite communauté rurale, qui plus est avec des interprètes du cru, y compris pour le rôle principal d’un veuf, assez impénétrable. Le réalisateur détourne les codes du polar, puisque crime, il y a, en l’emmenant vers des franges étranges et pénétrantes. Il n’est pas interdit de penser à Malick, pour la splendeur de la nature, mais aussi à Lynch pour le trouble et l’ambiguïté. Mais Reedland n’a pas besoin de références pour imposer son rythme faussement lent, ses brisures nettes entre les scènes et son atmosphère lourde, tantôt triviale, souvent poétique et presque constamment inquiétante et malaisante. Comme s’il y avait des horreurs dissimulées derrière les choses ou le moindre personnage. Le cinéaste dit qu’il a cherché à évoquer ce qui existe entre la lumière et la noirceur. Cela a sans doute à voir avec le mal, mais le film ne donne que quelques clés du trousseau, laissant un poil dubitatif, mais surtout admiratif.
Si les seuls films que vous appréciez sont ceux qui débordent d’actions trépidantes, autant vous le dire tout de suite : "Reedland" n’est pas vraiment fait pour vous. Par contre, si vous êtes curieux de faire la connaissance d’un jeune réalisateur particulièrement prometteur, Sven Bresser, 33 ans, dont c’est le premier long métrage et qui nous vient d’un pays, les Pays-Bas, dont la production cinématographique est loin d’être pléthorique, si un côté contemplatif n’est pas pour vous déplaire, si vous reconnaissez à un réalisateur le droit de laisser des zones d’ombre dans ce qu’il vous raconte, si vous préférez que, dans un film, des sujets de réflexion soient discrètement glissés ici et là plutôt que brutalement assénés, si vous êtes particulièrement sensible à la qualité de l’image, alors, vous pouvez vous diriger sereinement vers "Reedland", film présenté dans la sélection de la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, film qui représentera les Pays-Bas dans la course aux Oscars. La suite sur le site où le tiret du 6 sépare critique et film.
Certaines critiques ont parlé de Terrence Mallick, ou de David Lynch pour évoquer le film. Ce n'est pas faux mais dans une version pingre tout de meme. Le film n'a pas le côté eliagique du premier, ni l'acuité du second. C'est le portrait d'un homme un peu harassé par les années et sa condition alors que des événements inquiétants se déroule autour de lui. Le film a un côté inquietant et contemplatif séduisant mais il aurait fallu sortir de ce dispositif qui n'évolue pas assez. L'acteur principal dégage quelque chose de touchant, on lit sur le visage le passage des ans mais il restera jusqu'au bout mystérieux et la est la volonté du réalisateur, le film mûrit apres la projection, on a assisté au portrait d'un homme sans qu'on sache qui il est, grand père aimant, prédateur ? pour ma part plutôt la première. toute l'ambiguïté de l'être humain., la ligne de crête entre le bien et le mal. Intéressant malgré une certaine sécheresse
Film assez contemplatif, à l'atmosphère dérangeante. On se doute que le suspens va monter crescendo, mais le tout dans une ambiance des plus calmes et taisantes.
Film inclassable. Presque un polar. On y suit Johan, un vieux fermier solitaire qui retrouve le corps sans vie d’une jeune fille. Il se lance dans une enquête pour aider la police. Mais là n’est presque pas l’essentiel du film. On y aborde de nombreux thèmes : l’agriculture face aux normes européennes, les rivalités entre villages, l’isolement, les violences sexuelles… Le monde rural se retrouve au coeur du dispositif de ce film porté aussi pzr des plans sublimes : notamment les flammes du début. Le principal bémol de ce film est le rythme…
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2,5
Publiée le 20 mars 2026
La découverte du corps sans vie d'une fillette bouleverse l'existence d'un fermier. Johan ne s'attendait pas à cette vision sur ses terres, ce qui lui donne un sentiment de responsabilité envers cette petite fille. Une quête de vérité dans un cadre rural où tout le monde se connaît, ce qui a tendance à compliquer les choses. S'il mène une enquête, "Rietland" ne devient jamais un thriller policier haletant même s'il en a la possibilité avec des moments tendus et paranoïaques. C'est plutôt une exploration des tourments d'un homme à travers une histoire aussi ouverte qu'ambiguë. Plus que la vérité, c'est l'aspect le plus intéressant, car ça soulève de nombreuses questions. Il y a vraiment quelque chose de troublant dans certains comportements. Malheureusement, ça ne suffit pas à faire un film qui prend aux tripes donc même si je suis resté intéressé jusqu'au bout, je trouve qu'il y avait de quoi rendre l'expérience plus vivante et engageante.
"Premier long métrage de Sven Bresser, Reedland séduit d’abord par la densité de son atmosphère et la manière dont il transforme un cadre rural en espace mental. Sous ses dehors de polar, le film glisse vers une exploration sensorielle de la solitude et d’un territoire en mutation. Bresser signe une œuvre imparfaite mais marquée par une identité visuelle forte, où la disparition d’une jeune femme devient le révélateur d’un malaise collectif autant que d’un dérèglement intime."
"Dans ces champs battus par les vents, où les roseaux semblent protéger un secret ancien, le réalisateur ancre son film dans une ruralité néerlandaise rarement filmée avec une telle matérialité. Le point de départ a également toute d’un thriller classique. Johan, coupeur de roseaux taciturne, découvre le corps sans vie d’une jeune femme. Mais Bresser détourne rapidement l’enquête pour la rabattre sur celui qui l’a trouvée, observant comment ce geste accidentel fissure une existence tenue par la répétition."
"L’un des fils les plus fins du film est le désir contenu de Johan, traité avec une sobriété qui en renforce l’ambiguïté. Sa relation tendre avec sa petite-fille constitue l’un des rares espaces où son affect circule encore. En contrepoint, une adolescente passionnée de chant vient troubler ce quotidien. La scène où elle interprète son morceau devant les villageois révèle un malaise plus large, car la caméra capte les regards trop attentifs des hommes, où se mêlent fascination et frustration. Ce contrechamp synthétise clairement les enjeux de cette communauté, où le féminin cristallise un désir diffus et souvent inavoué. Ce qui aurait dû refléter de la beauté et de l’admiration pure nous renvoie alors à ce meurtre irrésolu en ouverture. La douceur du chant devient inquiétude, et la présence féminine se charge d’une confusion qui renvoie Johan à son propre chaos intérieur. C’est là l’une des réussites du film : faire sentir, sans expliciter, que les tensions intimes et sociales se contaminent."
"Présenté à la Semaine de la Critique 2025, Reedland apparaît donc comme un premier long métrage fragile et habité. Sven Bresser affirme un regard singulier, sérieux dans ses ambitions et attentif à celles et ceux qui vivent au rythme d’une terre en train de lui échapper. Entre roseaux, marais et atmosphère pluvieux, son film laisse derrière lui un sillage mélancolique, à la lisière du réel et de l’imaginaire, sans jamais s’y perdre complètement."
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Présenté à la dernière Semaine de la Critique à Cannes, ce premier long métrage hollandais installe d’emblée le spectateur dans une position inconfortable, faite de malaise diffus et de tension sourde. Le film est peu aimable : les dialogues sont rares, souvent remplacés par de longs silences où tout passe par le son.
C’est d’ailleurs l’un des atouts majeurs du film. Le travail de mixage est remarquable, saturé d’effets sonores, parfois agressifs, qui viennent heurter l’oreille et installer une sensation d’oppression constante. Cette approche très sensorielle donne à l’ensemble une identité forte, mais pourra aussi rebuter par son austérité assumée.
La mise en scène, très travaillée, s’attarde sur des paysages de roseaux et de marais filmés avec une beauté inquiétante. Ces espaces naturels deviennent progressivement menaçants, à l’image du personnage principal : taiseux, insaisissable, dont les intentions restent volontairement floues. Le réalisateur entretient autour de lui une ambiguïté constante, laissant au spectateur la liberté d’y projeter ses propres interprétations.
Entre polar, film contemplatif, et thriller social, Reedland n'échappe toutefois pas à quelques longueurs qui viennent parfois freiner l’élan.
Film âpre, glaçant, mais profondément singulier, cette œuvre sensorielle et magnétique impressionne par sa radicalité. Un premier film exigeant, inquiétant et prometteur, qui affirme déjà la vraie personnalité d'un réalisateur.
M'attendant un peu à un film à la hauteur du magnifique "Scènes de chasse en Bavière" de Peter Fleischmann, j'ai été déçu par ce métrage sur la ruralité néerlandaise. Certes, les longues scènes de silence où seul le vent dans les roseaux semble être omniprésent donne un côté sensoriel aussi bienvenu qu'inquiétant au long-métrage et on sent bien que des années de labeur répétitif ont façonné et enfermé notre homme dans une sorte de solitude bourrue que seule sa petite-fille peut apprivoiser. Toutefois, le rythme très lent, ainsi que le manque d'explications quant au meurtre de la jeune fille et sur ce fameux liquide noir pourront en rebuter certains qui n'y verront là qu'un énième film contemplatif à la Terrence Malick et ils n'auraient peut-être pas tout à fait tort !
«Lenteur néerlandaise» On suit un fermier veuf et moissonneur de roseaux (sur fond de concurrence chinoise) dans la campagne néerlandaise qui découvre le cadavre d’une jeune fille dans son champ. Il s’occupe par ailleurs de sa petite fille. Qui a perpétré ce meurtre… Si le personnage du fermier taiseux est attachant, on est dans le cinéma d’auteur au rythme très lent, à l’image calculée et donc un peu artificielle, et à l’atmosphère lourde.
Le premier quart d'heure est vraiment réussi : de belles images, un rythme qui s'installe avec de longs plans fixes, une atmosphère taiseuse reliée à la nature, un personnage de paysan au visage buriné et aux mains rêches. Et puis vient l'ennui dans un propos très décousu. Que veut raconter le film ? La solitude des gens de la campagne, la difficulté de résister pour produire en agriculture, la sauvagerie des hommes, la beauté de la nature, la relation à un grand-père... ? Le scénario part dans tous les sens, sans s'attarder nulle part. Tout devient exercice de style, notamment la bande son, souvent désagréable, entre larsen et basson.
Tourné près de la Frise au nord des Pays bas, au parler très compact, le film prend le genre du polar pour développer autre chose : la méditation métaphysique ( rapport de l'homme à sa vie, sa finitude, son univers familial et intime, la mort ) et esthétique à partir d'un épisode dans l'existence d'un "boer" récoltant des joncs et menacé comme la petite communauté par la dérèglementation et l'eurocratie. Une merveille de plans, couleurs, sons, la petite pièce des enfants sur scène fonctionnant presque comme une mise en abîme, étant une des réussites de ce parti pris poétique, philosophique et politique.
on essaie de nous vendre à thriller a le temps de 2h. malheureusement on tombe dans un film contemplatif peut-être que c'est un film qui est fait pour plaire. hollandais mais en tout cas pas du tout touché par le film, ils essaient de nous amener cet aspect de solitude, des personnes qui vivent dans les campagnes mais avec le profondeur derrière