The Christophers
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "The Christophers" et de son tournage !

Naissance du projet

The Christophers est né lors d'une simple conversation entre Steven Soderbergh et le scénariste Ed Solomon lors d’un verre : "'Sur quoi aimerais-tu travailler en ce moment ?' Il a répondu en gros : 'Je veux faire un film sur un artiste plus âgé et un jeune artiste qui entre dans sa vie de manière un peu frauduleuse, et peut-être que ses enfants seraient impliqués ? Je ne sais pas.' J’ai toujours voulu écrire sur un artiste plus âgé qui avait abandonné. Au départ, je pensais le faire dans un domaine différent, peut-être la musique ou même la comédie."

"Mais ma mère est artiste, et j’avais aussi très envie d’écrire sur ce processus depuis longtemps. Alors Steven et moi avons commencé à improviser pendant 10 minutes, et… je n’avais jamais vécu ça auparavant. Puis j’ai demandé : "Qui aimes-tu ? Qui avais-tu en tête ?" Il a dit : "Pense à Ian McKellen ?" Et j’ai suggéré, pour le faussaire, Michaela Coel. En rentrant de ce verre, j’ai dit à ma femme Lucy : "Je crois que j’écris un film pour Steven." Nous avons fait ce qu’on ne devrait jamais faire : écrire un scénario spécifiquement pour deux acteurs très précis."

"Et soyons honnêtes, il n’y a pas beaucoup d’acteurs anglais principaux de 86 ans disponibles. Et nous avons eu de la chance, les personnes dont nous rêvions vraiment qu’elles participent ont lu le scénario et ont accepté de le faire", se rappelle Ed Solomon.

Un projet sans embûches

Le processus financier et logistique du film s’est déroulé sans les complications habituelles : "Le premier financier auquel nous avons approché, Department M, a dit oui", confie Steven Soderbergh. Sans devoir passer par le complexe circuit de validation hollywoodien, l’équipe a pu se concentrer sur l’énergie créative du projet, bénéficiant d’un "passage sans friction" tout au long de la production.

Recherches artistiques méticuleuses

Pour rendre authentique l'univers artistique du film, Ed Solomon a puisé dans son expérience personnelle et a mené un travail de recherche rigoureux. Élevé par une artiste, il a plongé dans l’art des années 60 et 70, explorant le pop art et l'art conceptuel en dialoguant avec des figures emblématiques telles que Jann Haworth, co-designer de la pochette de l’album Sgt. Pepper’s. Ce travail a permis d’asseoir la véracité de l'environnement artistique du film.

Retour à l'Essence

Steven Soderbergh a effectué un retour aux sources en se concentrant sur une narration dépouillée pour The Christophers. Inspiré par The Dresser, un de ses films favoris, le metteur en scène a opté pour une intrigue centrée sur deux personnages principaux. Ce choix résulte de la volonté de "réduire des éléments", privilégiant ainsi une "forme simple, mais d'une grande richesse émotionnelle". Soderbergh retrouve ainsi l'intimité de ses premiers films, ce qui lui a permis de se reconnecter avec l'essence même de la narration cinématographique.

Retrouvailles

Steven Soderbergh et Ed Solomon ont par le passé déjà travaillé ensemble : sur les séries Mosaic et Full Circle, ainsi que sur le thriller No Sudden Move. Le second raconte : "Nous nous connaissions de manière informelle, quand on écrivait encore avec du papier et un crayon. Nous avons beaucoup d’amis en commun, et je suis allé à certaines de ses projections: Steven aime montrer ses films tôt, avec toujours la même devise « Échouer tôt, échouer vite, puis apprendre et avancer. »"

"Mais ce qui nous a vraiment rapprochés, c’est qu’il voulait expérimenter un format court de 10 minutes avec différents embranchements. J’étais très enthousiaste à l’idée de travailler avec lui et d’inventer une forme en écrivant. Il a construit ce court, j’ai collaboré dessus, il l’a tourné en une journée. Ensuite, nous avons décidé de tenter une forme plus longue, et il m’a demandé le type d’histoire souhaitée : un meurtre dans une petite ville, avec plusieurs points de vue."

La maison de Julian

La maison de Julian a été conçue comme le troisième personnage principal du film. Elle dit tout de lui et, lorsqu’elle franchit le seuil, elle entre d’une certaine manière dans son esprit : "Il y a un peu de magie du cinéma là-dedans. L’intérieur et l’extérieur ne sont pas au même endroit, ce qui est assez courant. Mais le défi était de trouver un lieu correspondant à ce qu’Ed décrivait et dont les propriétaires accepteraient que nous occupions entièrement leur espace pendant deux mois. Nous avons eu de la chance, et Antonia Lowe, la chef décoratrice, a fait un travail exceptionnel."

"Nous imaginions tous un espace encombré comme le deviennent les lieux habités pendant des décennies, mais avec une certaine singularité. Nous avons visité beaucoup d’endroits qui nous ont inspirés. Par exemple, nous avons rendu visite à un artiste qui collectionnait des petits miroirs et en avait recouvert un mur entier. J’ai adoré ce concept : cela aurait pu être des horloges ou autre chose. Antonia a fait un travail remarquable, et lorsque nous sommes entrés pour la première fois dans la maison, cela semblait être un espace réel, habité par quelqu’un qui s’est coupé du monde extérieur."

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