À pied d'œuvre
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Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 602 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2026
Un mur qui explose

Prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise, la comédie dramatique de Valérie Donzelli arrive sur nos écrans. Et ces 92 minutes sont un vrai plaisir. Un photographe à succès abandonne tout pour se consacrer à l'écriture et découvre la pauvreté. Cette adaptation, paraît-il très fidèle, du roman éponyme de Franck Courtès, nous raconte qu’achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n'augure aucune fortune. Ce beau drame subtil et pudique a reçu le Prix du scénario à Venise. Un des beaux films français à l’affiche en ce moment. Ne vous en privez pas.
Tout commence par un mur qui explose, un mur qu'on brise, qu'on troue à la masse, pour en faire un judas et jeter un regard sur le monde, un monde qu'on connaît peu, celui de la misère, de l'enchère devenue règle dans le monde du travail, des petites mains qui vendent à bas coût leurs services. Un mur qui explose, donc, comme une révélation, une vérité qu'on dévoile. Mais le film n'a rien d'une révélation. On pourrait même regretter qu’il arrive un peu tard. Car pour qui l'« ubérisation » des lois du marché de l'emploi est-elle encore une inconnue ? Pour qui les avancées numériques de ces emplois temporaires, nouvelle forme d'interim et d'esclavage moderne, sont-elles encore un mystère en 2026 ? La misère est ici prise comme une expérience sociologique et littéraire. On voit donc facilement les écueils qui risquaient de rendre ce film problématique, mais la sincérité du propos sur la réalité du témoignage nous évite tous les poncifs du mélodrame qu’on aurait pu craindre. Quand il s’agit de parler de l’air de notre temps, Valérie Donzelli excelle et le prouve encore une fois. Un beau portrait humain et une œuvre assurément politique plus que réussie.
Et en cela, le film doit beaucoup à la composition tout en demi teinte de Bastien Bouillon, pour son 4ème film avec Donzelli - La Guerre est déclarée, Main dans la main et Marguerite et Julien. Ce type sait tout faire et il le fait bien. C’est sans doute pour ça qu’on le voit autant sur les affiches. André Marcon, Virginie Ledoyen et la réalisatrice en personne complètent le casting. Une manière très personnelle de parler de ce XXIème siècle et d’une société qui tolèrent de moins en moins ceux qui sont hors des chemins balisés et qui le revendiquent. Passionnant !
Robin C.
Robin C.

23 abonnés 231 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 avril 2026
Vu en avant première en présence de la réalisatrice.
Un film plutôt sympathique, au scénario peu original mais puissant dans son message.
Pas à pages
Pas à pages

2 abonnés 10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 janvier 2026
Vu dans le cadre d'une avant-première Positif. Valérie Donzelli a retrouvé l'inspiration pour ce drame littéraire édifiant sur le monde du travail, la cruauté de la création artistique, porté par un personnage à l'intégrité d'une sous-jacente féroce détermination. Un conte moderne sur l'aliénation par le travail, l'uberisation de la société et la définition du succès.
Zaza
Zaza

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 janvier 2026
Très inspirant , offre une réflexion sur les choix qui s'offrent à nous et notre capacité à les assumer face aux injonctions de la famille ou de la société. J'ai adoré le rythme, la façon de filmer, les suggestions et aussi les petites notes d'humour. Bravo à la réalisatrice et à l'acteur principal qui se fond dans le personnage.
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 février 2026
Bastien a donc choisi d'écrire, mais ne parvient pas à vivre de sa plume.
Bien au-delà de la vision romantique de l'artiste maudit, Valérie Donzelli décrit notre société :
• le regard désespéré et culpabilisant de son père et de sa sœur sur l'échec social, la déchéance de Bastien,
• le regard de Bastien sur sa propre pauvreté (le film invite à une réflexion sur le sujet, avec la question "qu'est-ce qu'un vrai pauvre ?")
• l’uberisation, avec la suite de petits boulots que Bastien accepte, lui imposant une relation souvent indigne avec les clients.
C'est bien là le sujet central du film puisque c'est celui du livre qui sortira Bastien de l'impasse. Le fait qu'il ait écrit à la main ce livre peut être du reste vu comme un refus des modes contemporains de consommation/production...
Au plan formel, le film est remarquable. V Donzelli a choisi d'alterner ses outils, notamment super 8, selon les scènes, jouant habilement sur l'impression du spectateur. Un exemple, la caméra est le plus souvent braquée sur Bastien, en plan rapproché, mais, au cours d'une rencontre avec un "vieux copain", la caméra focalise sur ce dernier, faisant clairement entendre que cette rencontre est constructive pour Bastien, qui l'écoute.
Le livre À pied d'oeuvre, de Franck Courtès existe ; cette autobiographie est largement reprise par la voix off du film. Bonne lecture !
Christian Duhourcau
Christian Duhourcau

128 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 janvier 2026
Scénario très original et ça n'est pas étonnant qu'il ait été primé à la Mostra de Venise. Il est tiré du roman autobiographique de Frank Courtès qui raconte comment il est devenu un travailleur pauvre pour rester un écrivain. Le jeune acteur Bastien Bouillon qui joue son rôle d'une façon modeste est excellent.
DoV
DoV

1 abonné 36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2026
Paul, choisit l'uberisation pour se consacrer à sa vocation d'écrivain. La description des petits boulots est sans pitié, mais parfois drôle. Tout est montré avec finesse et sans ostentation. Du grand art, magnifiquement interprété sans en rajouter, par Bastien Bouillon. Un très bon film que je reverrai avec plaisir !
Sylvie
Sylvie

4 abonnés 45 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2026
Vu dimanche en avant première à Dieppe. Film très intéressant. Le message politique est utile et Bastien Bouillon est remarquable tout en retenue et en souffrance muette.
Domvill
Domvill

34 abonnés 208 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2026
Le festival Télérama à permis de découvrir cette belle avant première...un excellent film , porté par un acteur exceptionnel...
Vincent Souverain
Vincent Souverain

1 abonné 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2026
Franck Courtes évoquait dans son magnifique roman le prix à payer pour écrire : celui du déclassement, du travail manuel, de la précarité acceptée comme condition de la liberté artistique. Le roman, d’une écriture sobre, juste, nuancée, traversée d’humour, d’ironie et d’auto-derision faisait dialoguer la main de l’ouvrier et celle de l’écrivain, le corps éprouvé et la pensée en mouvement.

L’adaptation cinématographique réalisée par Valérie Donzelli prolonge cette démarche avec une grande fidélité de ton et d’esprit.
Un film, à la fois humble, attentif et dépouillé, qui converge naturellement avec l’œuvre de Franck Courtes et son propos central : l’art n’est pas une posture, mais un travail à plein temps, exigeant, souvent invisible.
Le film rend avec justesse le déclassement social, notamment à travers cet appartement en sous-sol, véritable poste d’observation depuis lequel le protagoniste regarde défiler les vies au-dessus de lui — et cette position en marge, à la fois physique et symbolique.

Comme le roman, le film évite tout misérabilisme. Il est subtil, profondément humain, attentif aux gestes, aux silences, aux micro-événements du quotidien.

Donzelli filme l’empêchement plutôt que la misère, l’obstination plutôt que la plainte. On y retrouve cette même pudeur, cette même retenue, cette même façon de laisser au spectateur, comme au lecteur, l’espace de penser.

Livre et film se rejoignent dans une même vision : celle d’un monde où quelque chose dysfonctionne, mais où persiste une nécessité vitale : écrire, créer, tenir droit. Deux œuvres modestes en apparence, mais d’une grande justesse, qui rappellent que l’art, loin d’être un luxe, est parfois une question de survie, de liberté et qu’il n’est jamais aussi bien réussi que lorsqu’il vient du plus profond de soi.
Adèle DUBUS
Adèle DUBUS

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2026
extraordinairement interprèter par bastien Boullion. Histoire géniale et très émouvante. On ne s'ennuie jamais pendant le film. On rit et on pleure.
mat niro

462 abonnés 2 158 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2026
Vu en avant-première à Arras, Bastien Bouillon (au départ, Melvil Poupaud était pressenti) signe encore une fois une prestation remarquable sous la baguette de Valérie Donzelli qui aime le filmer sous toutes ses coutures comme elle aime à le dire. Ancien photographe, il n'arrive pas à trouver de nouveau l'inspiration pour écrire. Dans sa chambre de bonne (on peut même parler de cave), il va se résoudre à s'inscrire sur une application de petits boulots précaires. La cinéaste dénonce la paupérisation de la société actuelle où la réussite matérielle est mise en exergue ainsi que les outils de jugement pour noter un travailleur. Adapté du livre de Franck Courtès, ce film est avant tout un exemple de résilience mettant en avant la fragilité du métier d'écrivain. Une réussite.
veronique b
veronique b

7 abonnés 9 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 janvier 2026
Bastien Bouillon interprète brillamment le rôle de cet écrivain prêt à tout pour continuer à écrire malgré sa précarité.
Le film manque de rythme , c’est dommage, les petits boulots s’enchaînent, les rencontres aussi mais de manière assez linéaire .
Eric Ollivier
Eric Ollivier

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 janvier 2026
Tout est juste et émouvant dans ce nouveau long métrage de Valérie Donzelli. Le matériau de départ, le roman autobiographique de Franck Courtès, apporte à la fois légitimité et justesse dans les détails. La réalisation, filmage en super 8 lorsque c’est l’auteur qui observe, plus classique quand on le suit. Le jeu de Damien Bouillon, résilient mais subtil pour jouer la précarité et l’obstination de son personnage.
Et l’histoire résonne fort dans notre société qui précarise toujours plus au prétexte de donner de la liberté.
Un petit bijou à voir absolument !
Christelle B.
Christelle B.

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2026
Valérie Donzelli a su, à travers son scénario et ses images, montrer la précarité dans laquelle on pouvait tomber pour suivre ses rêves et ses croyances, mais aussi jusqu'où on pouvait aller malgré les avis contraires des proches. Film très sensible, acteur émouvant, j'ai adoré.
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