Kontinental '25
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Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 septembre 2025
"Les responsabilités individuelles sont au cœur des interrogations soulevées par Kontinental ’25. Toujours fidèle à une approche documentaire, satirique et grotesque de son époque, Radu Jude poursuit ici son exploration des fractures sociales, dans un registre plus discret, presque silencieux. À travers la culpabilité d’une employée de l’État, il interroge la manière dont l’autorité – qu’elle soit institutionnelle ou corporatiste – exerce un pouvoir de « nettoyage » sur l’espace public. Cette auscultation brute, immédiate, dévoile des contradictions inquiétantes, à la fois absurdes et profondément révélatrices."

"Le titre du film fait écho à Europe 51 de Roberto Rossellini, une critique sociale que Jude réactualise à sa manière. Il évoque ici la Roumanie contemporaine, minée par une gentrification galopante, où les bénéfices semblent viser non plus les locaux, mais les touristes plus ou moins aisés. Cluj devient le théâtre d’un tableau morose où traditions, patrimoine et modernité cohabitent sans harmonie. À travers de longs plans fixes, Jude interroge ces tensions. Ce qui relevait du décor quotidien devient peu à peu une représentation monstrueuse du capitalisme. Filmés à travers l’objectif épuré d’un iPhone, les plans captent, en silence, un patrimoine rongé par les logiques du marché – jusqu’à paraître factice. De même, l’ambiance sonore entre parfois en contradiction avec ce que l’on voit à l’écran."

"Kontinental ’25 marque ainsi une étape plus dépouillée dans l’œuvre de Jude, mais tout aussi incisive. Sous l’apparente légèreté d’une tragi-comédie minimaliste, il dresse un état des lieux implacable, adoptant une tonalité plus sombre pour accompagner la quête de sens de son personnage central. Toute l’ironie du film se cristallise dès les premières scènes avec des dinosaures mécaniques, abandonnés dans un parc morne. Ils n’amusent plus personne, peinent à servir de décor, et deviennent l’image parfaite d’un monde absurde, artificiel, usé et programmé pour sa propre extinction. Ce serait oublier que les sans-abris, eux, ont bien plus de valeur que ces reliques du passé. Mais au final, c’est toujours le « progrès », trop souvent confondu avec la cupidité, qui semble avoir le dernier mot."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Direct-actu.fr
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371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 septembre 2025
Avec Kontinental ’25, Radu Jude livre une fresque sociale aussi glaçante que lucide. À travers Orsolya, huissière de justice confrontée au suicide d’un sans-abri expulsé, il expose la culpabilité individuelle et collective face aux fractures d’une Europe contemporaine rongée par ses contradictions. Cluj, vitrine technologique en pleine gentrification, devient le décor d’une réussite économique bâtie sur l’effacement des plus vulnérables.

spoiler: Le film révèle un continent obsédé par son image moderne, mais incapable de protéger ses exclus, miroir d’une Roumanie marquée par l’histoire tourmentée de la Transylvanie, entre héritages soviétiques, tensions hongroises et illusions européennes. Entre satire et tragédie intime, Jude capte l’absurdité des réactions humaines, oscillant entre bonne conscience et indifférence. Kontinental ’25 s’impose ainsi comme un film coup de poing, qui force à ne plus détourner le regard des invisibles et à interroger notre part de responsabilité.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2025
Avec « Kontinental '25 », je découvre enfin le cinéma de Radu Jude, l'un des réalisateurs du moment. Et on peut dire qu'il est fidèle à sa réputation : provocateur, très drôle, cynique, socialement et politiquement engagé... Il ne brosse pas le spectateur dans le sens du poil, et c'est très bien comme ça. Radu Jude n'est pas juste un amuseur public, c'est un artiste qui veut pousser le public à la réflexion. Il montre ainsi des personnages qui sont empêtrés dans leurs contradictions, comme il met en lumière l’ambiguïté des Roumains mais aussi des Européens, et plus largement des Occidentaux. Radu Jude montre toute la complexité, à la fois de ce continent et de l'Union Européenne, qui traversent clairement une crise politique, économique, sociale... et existentielle.

Le cinéaste met en images le malaise civilisationnel que l’on éprouve, à travers la trajectoire parallèle d’un SDF, visage d’une misère économique et sociale, et d’une femme de la classe moyenne, empêtrée dans une autre forme de misère : humaine, relationnelle et ontologique. Des personnages submergés par le chagrin, contrebalancé par l’humour ravageur de Radu Jude, qui nous tend un miroir implacable. Mieux vaut ouvrir les yeux et se rendre compte de la situation dans laquelle on vit, et que nous autres, Européens, refusons tant de voir. Il y a comme une nostalgie de la part de Radu Jude quant à l’Europe, du fait de cet écart entre ce qu’elle est et ce qu’elle aurait pu ou dû être.

Rien que le titre du film, convoque les fantômes de cette Europe cosmopolite, riche de ses différentes cultures, qui ont en même temps provoqué sa perte lors des deux guerres mondiales, à cause du cancer du nationalisme, qui est en train de ressurgir… Un nationalisme contre lequel Radu Jude s’érige, en dénonçant explicitement Viktor Orbán ou Vladimir Poutine. Dans « Kontinental '25 », on a beau être en Roumanie, on parle roumain, mais aussi hongrois ou allemand. Une partie de la population est hostile aux étrangers, pourtant ce sont les différentes nations et cultures de l’Europe qui font tout son intérêt.

La construction de l’Union Européenne est peut-être la plus belle utopie du 20e siècle, et elle a pu se réaliser ! Hélas, son édification a été bancale et elle a trop reposé sur une forme d’ultra libéralisme naïf et aveugle. Les fonds de l’UE ont permis a beaucoup de ses pays membres de se (re)construire, mais dans le même temps, le marché européen a été trop dérégulé, et a détruit en partie un certain nombre de pays, dont la transition vers l’UE s’est faite au profit de cliques de mafieux et autres entrepreneurs douteux. Il semble que ça ait été le cas de la Roumanie, parmi tant d’autres pays à l’Est mais aussi à l’Ouest. Il y a de quoi désespérer, ou du moins être passablement déçu de la tournure des événements…

Mais Radu Jude est un peu l'anti Ruben Östlund. Il ne verse pas dans le cynisme absolu et dans une forme de pose arty pseudo subversive, qui ricane lâchement sans rien proposer. Un certain nombre des personnages de Radu Jude ont un bon fond, ça ne veut pas dire qu'ils sont irréprochables. En tout cas, ce ne sont pas tous des pourritures. Certains de ses personnages essaient de faire de leur mieux, même s’ils sont parfois maladroits et ont leurs défauts. Radu Jude montre des personnages équivoques, et non caricaturaux.

Le cinéaste roumain pose d’ailleurs davantage de questions qu'il n'apporte de réponses. Et tant mieux sans doute, tant la complexité des problèmes de notre époque mérite autre chose que des réponses toutes faites, simplistes et populistes. En tout cas, Radu Jude semble dire que quand tout va mal, il reste encore à l'être humain son irréductible humanité, et sa conscience en guise de boussole. Une fragile voix intérieure, bien utile en ces temps d'obscurantisme et d'incertitude totale...
takeshi29
takeshi29

35 abonnés 141 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 juin 2025
Radu Jude est ce que j'appellerais un cinéaste stimulant. S'il est bavard ce n'est pas pour rien dire, chez lui il y a de l'intelligence et de la matière à réflexion. S'il défonce l'époque, la lâcheté, l'hypocrisie ambiantes, c'est sans misanthropie car ses personnages se débattent avec leur conscience, donc en ont une. Et ce qui est probablement le plus redoutable, c'est qu'il nous tend un miroir, nous met face à nos contradictions, avec toujours un sourire malin.

Ici j'ai autant décrit "Kontinental 25" que plusieurs de ses films précédents, car si l'emballage varie beaucoup, on est en effet ici très loin de la folie formelle de "N'attendez pas trop de la fin du monde" et "Bad Luck Banging or Loony Porn" par exemple, on y digresse toujours autant et la rage est la même. Avec ce nouveau film où l'absence d'"image cinéma" peut déstabiliser le réalisateur roumain va d'avantage droit au but, il enlève tout le gras comme pour dire qu'il n'y a aucune raison de rendre agréable à l’œil un monde pourri.

L'automne 2025 sera très Jude puisque ce "Kontinental '25" devrait sortir fin septembre puis moins d'un mois plus tard nous est promis un énigmatique "Dracula".

Vu en AP
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 septembre 2025
Radu Jude a réalisé Kontinental '25 en une semaine, profitant d'une pause dans le tournage de son Dracula. Le cinéaste roumain poursuit ainsi la radiographie contemporaine de son pays, ici dans la ville de Cluj, avec toujours la même férocité, mais aussi un sens de l'absurde qui démontre qu'il possède en lui une veine humoristique, particulière, il est vrai, qui apporte un peu de légèreté. C'est du Radu Jude pur jus, en tout cas, à travers le parcours de son héroïne, confrontée à un drame qui l'amène à reconsidérer son métier d'huissière de justice et à culpabiliser. Mais, plus globalement, le cinéaste s'en prend une nouvelle fois aux dérives de son pays, sur un ton sardonique et cinglant : le capitalisme à tout crin, le nationalisme (face au voisin hongrois, notamment), les rancunes historiques, la corruption endémique, etc. Le film a été tourné vite et cela se voit quand même, par exemple dans son montage abrupt et l'inégalité d'intérêt des scènes. Ce n'est certainement pas son long métrage le plus marquant, mais il a le mérite de se situer dans une constance thématique et de ne jamais brosser le spectateur dans le sens du poil. On peut lui préférer d'autres cinéastes roumains, moins "chaotiques" que lui, mais sa singularité reste indéniable, dans le sillon social qu'il ne cesse de creuser.
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 septembre 2025
Aussi déroutant que par moment fascinant, le film de JUDE est une œuvre sociologique parfois très prenante, parfois un peu bancal, notamment dans sa technique, mais qui laisse une trace particulière en tête à la fin de son visionnage
larramendy
larramendy

15 abonnés 79 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 septembre 2025
Mon Dieu quel ennui! Un dès très rares films qui nous a incités à quitter la salle avant la fin.
Où est le côté iconoclaste vanté par les critiques ?
Le début est potable, puis le film s’enlise complètement. Les dialogues sont interminables et d’une banalité affligeante et le restés est à l’avenant.
Il y a désormais confusion chez les critiques entre l’arrière-plan social, historique (ici la Roumanie) et la qualité du film. C’était déjà le cas pour « Cold war », «  Le dernier dès Juifs » « Emilia Perez » et d’autres encensés et très décevants.
A fuir!
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2025
Le réalisateur Radu Jude est coutumier des films qui grattent un peu la surface euro-friendly de la Roumanie actuelle. Entre dénonciation du racisme anti hongrois et de la course à l'économie de marché, il arrive à nous faire rire des contrariétés rencontrées par une huissière, ex enseignante qui se compromet avec le système et va passer le film à chercher à se justifier auprès de personnes soient aussi larguées qu'elles ou des étudiants philosophes qui déclament des théories un peu fumeuses. Un cinéma assez détraqué mais qui fonctionne bien dans l'ensemble
Joselito
Joselito

35 abonnés 132 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 3 octobre 2025
Décidément les derniers films de l'est propagent quasi explicitement la doxa de Bruxelles, voire de l'OTAN. spoiler:
Ici en Roumanie un SDF condamné à la survie précaire montre tout d'abord la cruauté d'une société gangrenée par "une mafia immobilière et affairiste" dixit l'huissière mais très vite les scènes suivantes font bien comprendre qu'il faut néanmoins défendre l'UE contre les Russes quitte à montrer un vrai document de suicide de soldat russe face à l'attaque mutilante d'un drone américain. Deux femmes énumèrent leurs états d'âme sur les misères du monde et leurs dons en ligne mais cela reste le seul horizon ouvert pour les citoyens du pacte de l'UE [spoiler][/spoiler
Bref, verbeux, dogmatique l'air de rien, cynique quand le jeune livreur accumule des historiettes et une philosophie "zen" à coup de pinard, c'est un ratage complet.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 octobre 2025
 KONTINENTAL '25 - Radu Jude | ⭐ 6/10

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Ce film a attisé ma curiosité car j'ai souvent regretté d'avoir manqué le dernier film de ce réalisateur, 형'혢혵혵혦혯혥혦혻 혱혢혴 혵혳혰혱 혭혢 혧혪혯 혥혶 혮혰혯혥혦, pourtant considéré par beaucoup de cinéphiles comme l'un des meilleurs films de l'année 2023.

Disons le tout de suite, le film n'était peut-être pas la meilleure porte d'entrée dans le cinéma de ce réalisateur roumain. Exigeant et pas forcément très accessible, le film est composé essentiellement de longues scènes de dialogues, en plan fixe, durant lesquelles le personnage principal s'entretient successivement avec sa mère, un prêtre, une amie, un livreur,…

Réalisé en une dizaine de jours avec un simple iPhone, le film assume son économie de moyens et mise tout sur la force de son propos, notamment politique, pour devenir le miroir grinçant d’une Roumanie contemporaine gangrénée par le nationalisme, la corruption et la xénophobie. Le ton oscille entre humour noir, absurde et désespoir et l'ironie est palpable dans chaque scène.

Les nombreux plans fixes sur la ville et ses bâtiments offrent des silences qui relancent l’attention, après ces longs dialogues verbeux. Ces pauses visuelles ne sont toutefois pas que de simples respirations. Les façades décrépites, les chantiers, les zones d'habitation standardisées qui s'étendent à n'en plus finir dressent le constat d’une société qui sacrifie ses paysages et témoignent des inégalités sociales qui la traversent. La capacité du réalisateur à faire dialoguer ces images fixes et à leur faire dire autant, sinon plus, qu'une longue scène dialoguée de plus de dix minutes est assez fascinante.

Malheureusement, le dispositif de mise en scène finit par lasser et engendre une certaine forme d'ennui.

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 octobre 2025
Un clochard se suicide en se pendant à un radiateur durant son expulsion du local qu’il occupait sans titre. Orsolya, l’huissière de justice chargée de cette expulsion, ne se remet pas de ce drame et cherche auprès de son entourage le réconfort.

Dans le très riche cinéma roumain (Mungiu, Puiu, Porumboui….) Radu Jude occupe une place à part : celle de sujets très provocateurs qui critiquent le régime roumain, les discriminations dont il est coupable, et celle d’un traitement formel radical (son dernier film, "N’attendez pas trop de la fin du monde" comportait un plan fixe de quarante-cinq minutes !).

"Kontinental ’25" se présente à nous sous les atours sympathiques d’une comédie avec son affiche arty, son titre façon "Europe 51" et son affiche qui rappelle Audrey Hepburn et les films américains des années 50. Le contre-sens – ou plutôt la tromperie sur la marchandise – ne pouvait pas être plus grand.

Car "Kontinental ’25" – dont je n’arrive pas à comprendre le titre – a les deux pieds dans le monde contemporain. Il a été tourné à Cluj, la capitale de la Transylvanie, dont chaque coin de rue est filmé en plans fixes, au point, lors de la dernière séquence d’une vingtaine (?) de plans immobiles successifs, qu’on a l’impression de visiter une exposition photo sponsorisée par JC Decaux. Il met en scène un clochard dont on suit d’abord les déambulations jusqu’à son suicide. Le film alors change de focale et se concentre sur le personnage d’Orsolya, dont les origines hongroises la désignent à l’hostilité de la population roumaine.

Le sujet pourrait être intéressant : comment une huissière de justice vit-elle le suicide du clochard qu’elle a expulsé de son domicile ? Mais son traitement devient vite insupportable. Radu Jude filme en plans fixes les longs têtes-à-têtes qu’Orsolya a successivement avec son mari, avec son patron, avec sa meilleure amie, avec sa mère, avec un ancien étudiant et avec un prêtre. Ces plans interminables et leur logorrhée sont venus à bout de ma résistance, à l’exception peut-être de celui avec l’étudiant qui prend un tour savoureux.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 septembre 2025
La bande-annonce ne me faisait pas envie mais le scénario semblait prometteur. Passée la scène déclencheuse du film, celui-ci devient pénible, bavard et lassant, les scènes s'enchaînant sans trop de logique, entrecoupées de longs plans fixes.
norman06

425 abonnés 1 822 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 septembre 2025
Réjouissant et sarcastique, ce portrait d'une fonctionnaire à la fois naïve et humaniste confirme l'originalité de ton et de style de son réalisateur, peintre acerbe de la société roumaine.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 octobre 2025
C'est au travers des remords ressentis par une huissière de justice faisant partie de la minorité hongroise de la ville de Cluj en Transylvanie que le réalisateur roumain Radu Jude dresse un portrait très critique de son pays. spoiler: Orsolya, cette ancienne professeure de droit devenue huissière de justice, devait, dans le cadre de son travail, procéder à l'expulsion d'un sous sol qu'il squattait depuis des mois d'un ancien médaillé des Jeux balkaniques tombé dans l'alcoolisme et la misère et, elle qui se refuse à procéder à des expulsions entre novembre et mars, se sent responsable du suicide de ce SDF, quand bien même elle sait très bien qu'elle n'a aucune responsabilité juridique. Face à la culpabilité qu'elle ressent et aux attaques contre sa personne sur les réseaux sociaux du fait de son appartenance à la minorité hongroise, elle en arrive à décider de ne pas partir en vacances avec son mari et ses enfants. Tourné en longs plans séquences avec un Iphone, le film mène Orsolya auprès de nombreux personnages, son patron, un policier, sa meilleure amie, un de ses anciens étudiants devenu livreur de nourriture à vélo et un prêtre. L
'occasion pour le réalisateur de dénoncer les maux qui ravagent son pays : les excès du capitalisme, la fracture sociale entre celles et ceux qui sont de plus en plus riches et celles et ceux qui sont de plus en plus pauvres, une urbanisation ravageuse "à la chinois", le racisme, le nationalisme (ne pas oublier que la Transylvanie, où se trouve la ville de Cluj, a été historiquement balloté entre la Hongrie et la Roumanie) et, bien sûr, la corruption qu'on retrouve dans pratiquement tous les films roumains. La conversation avec le prêtre demande une grande attention et on aimerait, si j'ose dire, la réentendre "au ralenti" pour mieux comprendre toute sa signification. Si on fait bien attention, on remarquera qu'il y a une rue Emile Zola à Cluj, et on se demande si le réalisateur a volontairement fait en sorte qu'on puisse voir la plaque accrochée au mur d'un immeuble.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 octobre 2025
Après une introduction incisive et terrible, le film entre peu à peu dans une démonstration scolaire et souvent verbeuse. On attend en vain que le cinéaste prenne du recul par rapport à son sujet mais il choisit étonnamment (et malheureusement) une narration au 1er degré, où sont dénoncés, pêle-mêle, l'indifférence à l'égard des plus pauvres, la montée des nationalismes et l'aveuglement des religieux, incapables de voir au-delà de la doctrine étudiée et rabâchée sans cesse. Seul moment plaisant, la joute entre l'héroïne et un de ses anciens étudiants, expert en citations sur la zénitude, mais là encore, la séquence se termine de façon trop attendue.
Tout cela forme un tout au final assez indigeste, dans lequel l'actrice principale, attachante mais sans grand relief, finit par sombrer inexorablement et perdre le spectateur, effaré par tant de grisaille, aussi bien formelle que conceptuelle.
Bref, une vraie déception.
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