A l’instar de "The guilty", le film du danois Gustav Möller sorti il y a 7 ans, "Confidente" prouve qu’on peut tenir en haleine les spectateurs pendant plus d’une heure en ne quittant pratiquement jamais un personnage accroché à son téléphone. Au départ, le tremblement de terre qui a touché la Turquie en 2023, une fois de plus mal géré par les autorités, a incité Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti à traiter ce sujet. Par contre, par respect pour les victimes, leurs familles et les survivants, il leur est apparu éthiquement impossible d’utiliser des images d’archive ou de recréer de façon fictionnelle les conséquences de la catastrophe. D’où, finalement, l’idée du huis clos : « Le huis clos permet le hors-champ visuel, et le concept des appels téléphoniques le hors-champ sonore ». En outre, les différentes conversations impliquant Arzu permettent au film de passer d’un registre à l’autre, du rire à l’angoisse en passant par l’émotion, sans oublier la dénonciation de la corruption et de l’hypocrisie qui règnent dans les hautes sphères du pays. L’interprète de Arzu, la comédienne turque Saadet Işıl Aksoy, qu’on avait découverte dans "Milk" de Semih Kaplanoğlu et retrouvée dans "Eastern Plays", du bulgare Kamen Kalev, est présente dans pratiquement tous les plans du film. Dégageant un extraordinaire magnétisme, elle s’y montre absolument exceptionnelle, et, cerise sur le gâteau, elle est très bien mise en valeur par la magnifique lumière de Eric Devin, le Directeur de la photographie, déjà présent sur "Sibel". Critique complète disponible sur le site dont le nom réunit critique et film avec le tiret du 6 entre les deux.
Dur de qualifier ce film, qui se passe totalement au bout d’un téléphone ou d’un portable, avec une actrice qui est hôtesse de sex phone. Le film a un défaut majeur, il disperse les coups de fil à droite et à gauche, jeune homme sous les décombres, client, procureur, famille et cela procure parfois nervosité et- confusion….Donc un film pas toujours facile à suivre hélas…..Pour le reste de tels films sont importants pour connaître un pays ( La Turquie, ) ses mœurs, sa corruption.;L’actrice principale est plutot aguichante mais sérieuse , voire troublante….Sa voix est le cœur de ce film au fond éminemment politique et malgré son âpreté bien intéressant...Je conseille sans insister…..Quoique…..laissons reposer quelque temps, mérite une note de quatre étoiles pour l'originalité…..
Dans Confidente, Saadet Işıl Aksoy incarne une opératrice de hotline confrontée à une situation d’urgence au lendemain d’un séisme. Un huis clos vocal haletant, signé Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti, qui interroge la parole, le désir et la liberté d’agir dans une société corsetée.
Une tension diffuse, mais concentrée hors champ, qui pousse le personnage à s’engager dans un jeu d’échanges stratégiques. Un peu comme dans Guilty. On a une performance de l’actrice ici, Saadet Işıl Aksoy, à travers son personnage devient la personnification de nos peurs profondes et l'expression de nos propres insécurités liées à nos fantasmes et désirs. Comme The Guilty, Confidente construit sa tension sur ce qui ne se voit pas : la voix, le silence, l’inconnu à l’autre bout du fil. Mais là où le film danois misait sur une mécanique policière, Confidente s’en distingue par un ancrage plus intime, presque charnel. Arzu évolue dans un huis clos vocal, mais c’est son monde intérieur qui se fissure. Le lien avec Le Choix de Vincent Lindon surgit alors : face à l’urgence, ce n’est pas l’action qui importe, mais le poids du dilemme.
Je suis allée voir Confidente en avant-première, en présence de l’équipe du film (merci UGC !). Quel plaisir de voir une équipe aussi investie présenter son projet avec autant d’enthousiasme ! En y allant, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre… et je me suis laissée surprendre.
Quelle tension ! On ressort du film tendu, et c’est en grande partie grâce au jeu d’actrice de Saadet Isil Aksoy. Tout se joue dans son regard, incroyablement expressif. Le film prend son temps pour installer la tension, mais une fois qu’elle s’installe, elle ne nous quitte plus jusqu’à la fin.
J’ai particulièrement apprécié le film pour sa manière d’aborder deux sujets très actuels : l’inaction des personnes au pouvoir et l’image des femmes. L’histoire se déroule en 1999, après un séisme. Le procureur ne fait rien. Et Arzu, notre personnage principal, opératrice pour une sorte de téléphone rose, est constamment rabaissée, humiliée, déshumanisée par des hommes. Ce qu’elle vit, ce qu’elle dit… tout résonne avec notre époque.
J’ai été très émue par son monologue sur la condition féminine. Certaines de ses paroles m’ont profondément touchée, je m’y suis reconnue.
Je pense que ce film doit être vu. Il porte des messages puissants et actuels. Il fait du bien, même s’il dérange.
Je l’ai noté 4,5/5 sur Letterboxd. Peut-être ai-je été trop généreuse… mais je vous assure que vous n’en ressortirez pas indemnes.
Très intéressant film que ce Huis-Clos oppressant et engagé puisque ce film implacable convie hors-champ toutes les violences Sociales (la condition des femmes) et Politiques (la corruption de l’Etat) qui gangrènent la Turquie ! L'actrice Saadet Işıl Aksoy , de tous les Plans , crève l'écran de part la puissance de son jeu !
Un film vu en VOST au Katorza de Nantes aujourd'hui, une actrice principale et quasi unique qui porte merveilleusement le film sur ses épaules. Tout se passe via des appels téléphoniques, et ce huis clos nous tient en haleine d'un bout à l'autre. Original et très bien joué.
Ce film est une sorte de huis clos mettant en en scène une opératrice de téléphone rose qui va vivre une expérience peu ordinaire. Tout le film centré sur cette femme formidablement interprétée et avec beaucoup de hors champ très bien suggérés, délivre une tension permanente entre la condition personnelle de cette femme et la situation délicate qu’elle doit gérer pendant les séismes de 1999 en Turquie. Le film nous permet aussi de découvrir les conditions d’exploitation de ces call centers érotiques et l’univers machisme qui prévaut en Turquie.
Bernard CORIC
(Film visionné à la Convention PYRAMIDE le 12/03/2025 à PARIS)
Un très bon thriller utilisant en même temps des questions morales et des situations sociales majeures comme motifs de péripéties et de tension ( anonymat, misogynie, corruption et chantage, .. .) Cette tragique situation se retrouve quasiment partout et pas seulement dans la Turquie des années 90.
Un huit-clos qui déroule en Turquie dans une entreprise de hotline. Un thème intéressant qui met en avant le contraste de ce pays dans lequel les croyances religieuses sont très fortes et le nombre d'hommes qui appellent ces plateformes téléphoniques et traitent les employées sans aucun respect. Un paradoxe !
Même si le fil est court (1h16, ce qui est appréciable), j'ai trouvé la première partie un peu longue car je ne savais pas où le récit voulait en venir...
Mais la seconde partie avec l'actualité des séismes en Turquie fait basculer le film dans le thriller ! J'ai été prise en même temps que l'héroïne dans le piège qui se resserre sur elle !
Ce qui est fort c'est qu'on ne change pas de pièce : tout se passe hors-champ et on suspendu aux voix qu'on entend à travers le téléphone !
On vit toute l'action grâce au regard de cette femme qui reste impuissante et qui ne peut rien faire à part rester au bout du fil ! Cette actrice porte le film à bout de bras et tout passe par ses expressions elle est incroyable !
Le final est surprenant avec un virage impactant et marquant qui fait basculer le récit du côté féministe et ça fait plaisir !
Au bout du fil (un peu comme sur les réseaux sociaux) on peut se faire passer pour qui on veut, alors méfiez-vous des apparences !
Le duo turco-français composé de Çagla Zencirci et de Guillaume Giovanetti aime à changer de registre dans chacun de ses longs métrages. Ainsi, Confidente n'a rien à voir avec le magnifique Sibel et nous fait entrer de plain pied dans un centre d'appels érotique, situé à Ankara, précisément en l'an 1999. Le film est un huis-clos et l'intrigue ne progresse qu'à travers des appels téléphoniques, qui vont varier de tonalité et quitter une certaine crudité pour aller vers l'angoisse et le tragique, à cause d'un tremblement de terre survenu à Istanbul. Confidente est plutôt meilleur que la plupart des films "au bout du fil", qui ont fleuri ces dernières années, mais il reste malgré tout, et en dépit de son rythme soutenu, un exercice de style, qui connaît parfois des rebondissements "téléphonés", désolé pour l'horrible jeu de mots. D'autre part, si on a le malheur de quitter l'écoute un court moment, le risque est grand de perdre une peu de compréhension, dans un ensemble qui fustige le machisme ambiant et la corruption généralisée. Si le film ne perd pas de son intensité, il le doit avant tout à son interprète principale, constamment à l'image, et remarquable de bout en bout, à savoir la géniale Saadet Işıl Aksoy qui, à elle seule, parvient à personnifier le courage et l'honnêteté des femmes, dans une société qui ne cesse de les rabaisser et de les traiter avec mépris, condescendance et hypocrisie.
Absolument sans intérêt, je ne saurais pas commenter ce film qui ne m'a apporté qu'ennui et mal-être, les quinze premières minutes etant meublées par un dialogue extrêmement vulgaire à mon sens.
Je salue l'ambition de Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti, s'attaquer à chaque film à un genre différent, mais là où "Sibel" m'avait touché ce "Confidente" m'a glissé dessus malgré tous les moyens et rebondissements mis en œuvre pour maintenir le spectateur en éveil. Ce "The Guilty" turc est trop confus, et l'efficacité souhaitée se voit contrariée par la volonté de mettre beaucoup de politique dans ce qui aurait pu être un pur thriller en apnée.
Je me demande ce que je viens de voir : les rebondissements les plus improbables se succèdent, et on prie pour que ça se finisse vite. Crédibilité : o%. Quant au message du film, qu'on voir arriver à 10 kms, il fait plutôt sourire de gêne.
Ici il ne s'agit pas d'une opératrice urgentiste ou une flic, on est dans un pays ou la fracture entre la hotline sexuelle et l'Islam paraît insoluble, et enfin le tremblement de terre ne doit pas être accessoire. Le film débute dans le vif du sujet, la hotline érotique peut se faire SM ou porno même si on saupoudre de quelques éléments façon ". Amitié". C'est donc très cru, et si ce n'est pas forcément très présent l'importance de ces passages s'avère pourtant imposante quand il s'agit d'un film de seulement 1h15. Puis arrive deux événements importants, le séïsme d'abord, et le coup de fil "de trop" et ces deux faits cumulés créent ou plutôt occultent ce qui paraît d'une évidence pourtant flagrante... SPOILERS voir site ! Avec un tel récit le duo de réalisateurs-scénaristes frappent fort contre la misogynie accentuée par l'hypocrisie religieuse, mais aussi contre les élites et la corruption et dans sa première partie le tout est aussi cohérent que plein d'acuité. Mais au fil du récit on sent que les cinéastes veulent se faire plus directs, le ton de fait moins subtil, plus didactique pour finir dans une sorte d'apothéose convenue et moralisatrice, surtout amenée avec de gros sabots. Site : Selenie
Même si le film a un coté programmatique évident(féminisme, autonomie, émancipation, etc) son interprète talentueuse, volontariste et sensible, porte crânement le tout et emporte facilement l’adhésion