Sabiha travaille sous pseudonyme dans un call center érotique pour rassembler la somme qui lui permettra de payer l’avocat qui la défend dans le procès qui l’oppose à son mari pour la garde de leur fils. Elle fait mine de partager les fantasmes les plus débridés que ses clients, pervers refoulés, maris mal mariés, veufs inconsolables, lui débitent au téléphone. Nous sommes à Ankara en 1999 le soir où un terrible tremblement de terre va tuer des milliers de victimes dans le nord-ouest de la Turquie. Sabiha est en ligne avec un lycéen pris sous les décombres dans un quartier d’Istanbul. Elle a le moyen de le sauver en contactant le procureur d’Ankara…
"Confidente" vaut surtout par son dispositif qui rappelle celui du très réussi polar danois "The Guilty" qui se déroulait en temps réel dans un centre d’appel de la police. Comme dans "The Guilty", le film se déroule dans un seul lieu clos. Le scénario évolue avec les différentes conversations téléphoniques que noue Sabiha, avec cet adolescent à moitié enseveli, avec le procureur d’Ankara, avec un parrain de la mafia…
Le pitch est alléchant. la première demi-heure tient ses promesses. Mais hélas, malgré le beau visage de Saadet Işıl Aksoy, le film – qui dure soixante-seize minutes à peine – se perd dans sa seconde partie dans des rebondissements médiocrement crédibles, jusqu’à un dénouement dispensable.
Il est parfois difficile de démêler l’entrelacs des communications téléphoniques que mène l’héroïne dans cet univers de hotline soudainement perturbé par un tremblement de terre. L’un des clients d’Arzu se retrouve maintenant sous les décombres de son immeuble et revient vers elle pour qu’elle le sauve. spoiler: Elle s’exécute en mettant à profit un autre client dont elle sait l’importance politique. Logiquement, la règle interne de la hotline lui interdit de s’en saisir à des fins personnelles . Mais la vie d’un homme est en jeu, au risque de voir un autre écroulement , celui d’un système corrompu dont les failles apparaissent ici au grand jour des messages téléphoniques. A flux tendu, tension extrême ,l’héroïne s’est jetée dans un guêpier dans lequel un gamin joue sa vie sous la coupe d’un système politique dépravé. Contrairement au film de Gustav Möller « The Guilty » auquel on pense immédiatement , le suspense est dans les nombreuses interactions entre les différents protagonistes. spoiler: Joindre les secours, répondre aux clients, réfréner un patron trop présent, Arzur est sur tous les fronts, et il faut le talent de Saadet Aksoy pour arriver à endiguer le flot d’émotion qui la submerge . AVIS BONUS Rencontre avec les réalisateurs qui ensuite commentent plusieurs scènes et proposent trois séquences retirées au montage...
C'est un film émouvant, prenant, tragique. Certainement un des meilleurs films que j'aie vu cette année. L'actrice principale est géniale, le scénario est bien construit, très surprenant. Il nous permet de jeter un oeil sur le fonctionnement de la société turque, mais c'est bien plus que ça. Il est aussi un plaidoyer féministe très touchant. Et puis donc, un bon thriller. Que des émotions, que du plaisir.
Une mère séparée travaille comme sexophoniste dans un cal-center érotique d'Ankara, et s'avère particulièrement douée. Sachant jongler de personnalité en fonction de ses clients. Jusqu'au moment où un séisme ébranle la Turquie... et qu'elle se trouve à devoir aider un client enseveli sous les décombres ! L'idée d'un suspense construit entièrement par téléphone (ou presque) n'est pas neuve. Mais ça fonctionne bien ici. Les réalisateurs savent très bien gérer leur suspense sur 1h15, mêlant un sauvetage, une intrigue politique, et la situation personnelle de l'héroïne. A noter qu'ils ont situé l'intrigue en 1999, pour j'imagine éviter que les téléphones portables ne saturent le scénario ? La mise en scène raffole des gros plans sur la protagoniste, et ça tombe bien car Saadet Işıl Aksoy est très talentueuse. Basculant régulièrement de personnalité, tout en laissant voir son amusement, son ennui, ou sa peur. Je reprocherai en revanche la propension du film à critiquer de manière pas très subtile les politiciens corrompus moralement, alors que la protagoniste reste "propre" (ce n'est pas une "vraie" travailleuse du sexe, mais une mère célibataire contrainte d'avoir un emploi). De même, la critique du patriarcat et du machisme ambiant parait simpliste. Franchement, TOUS les hommes présentés sont au mieux des tordus, au pire des ordures. On approche de la misandrie, sauf que les collègues féminines de l'héroïne ne sont pas non plus des oies blanches. Il y a aussi ce final maladroit, qui semble sortir de nulle part. C'est un peu dommage car le film se tenait très bien narrativement sur sa quasi totalité, et reste en tout cas un thriller de bonne tenue.
Manque à ce film un peu de longueur, ce qui pourrait être un signe de qualité. Pas vraiment car le scénario ne permet pas de le regretter amèrement car il est un peu bancal...
Après le formidable film danois "The Guilty" (2018) qui se situait dans un centre d'appels d'urgence, on retrouve ici la même ambiance suffocante dans un huis clos abritant une hotline. Arzu/Sabiha va, depuis son poste à Ankara, devoir gérer une multitude de choses pendant qu'un séisme frappe la capitale, Istanbul. Entre exploitation sexuelle, exploitation tout court, réputation ou religion, on a un condensé un condensé de la société turque en 2000. Le bémol de ce format très court (1h16) est que l'on passe parfois du coq à l'âne tout en dénoncant la corruption des politiques. Le message est touchant ainsi que la mission de sauvetage et ce rythme haletant est porté par une jeune actrice remarquable, habitée par son personnage.
Très attirée par le cinéma turc en général et les série en particulier ce film au scénario inattendu m’a intéressée ! Le sujet est original, il nous éclaire sur un milieu confidentiel…Celui des « hotline » à caractère sexuel. Le film se déroule il y a environ 25 ans quand les réseaux sociaux étaient encore balbutiants.
Cette bande annonce et le synopsis m'ont intriguée donc je suis allée satisfaire ma curiosité. Une belle découverte ! Une histoire originale avec une fin qui le devient tout autant. Arzu m'a captivée pour m'emmener dans son monde fascinant et trouble. Deux trois passages où il ne se passe pas grand chose et peu utiles à mon sens donc ma note est bien.
Petit délire à la calls en huis clos. Un peu long par moment mais ne dure que 1h donc ça va. Belle tirade sur si la femme prenait le pouvoir, est ce qu’elle aurait les même comportement abusif qu’un homme sur une femme.
Film intimiste entre une femme qui travaille dans 1 call center et un jeune homme sous les gravats suite à 1 séisme à Istanbul . Grande performance de l'actrice !
J'ai des sentiments mitigés. D'un côté, c'était assez intéressant et très différent de tout ce que j'avais vu auparavant. L'actrice était magnifique, l'intrigue bien choisie et représentative de la diversité de la culture turque et des défis sociaux. D'un autre côté, beaucoup de choses m'ont semblé inutiles. La séquence du tremblement de terre n'apporte rien, cela aurait pu être n'importe quel autre événement. La société patriarcale opprime notre personnage principal – et nous aussi –, ce qui rend assez bien. Cependant, tout reste semblable au début, il se passe beaucoup de choses et en même temps rien du tout. On ressort de ce film avec de grandes idées sur les hommes, la religion, l'abus de pouvoir, mais rien sur le film en lui-même.
Vu en avant-première, ce film est magnifique et intense ! L'actrice porte le récit à merveille et le travail sur le hors champ laisse toute sa place à notre imagination.