Vous aimerez ce film (japonais), peut-être, si vous êtes un gamer qui connaît The Exit 8, ou si vous avez aimé des films comme Awake (2007) avec Hayden Christensen, ou Les Contes de Canterbury (1972) de Pasolini, entre autres. Si vous le voyez juste par curiosité, il est probable que vous sortiez du ciné en courant ou que vous vous endormiez dans votre fauteuil, à moins que vous ne soyez un intello, voire un matheux…
Une musique savante (au succès planétaire depuis sa création il y a près d'un siècle) au rythme invariable mais qui va crescendo : vous l'avez ? Le film nous la sert en intro et à la fin, comme un avertissement et une conclusion. Elle donne un sens au propos, propos qui sinon reste assez obscur. Une obscurité qui rebutera beaucoup de gens. En effet, qui peut être attiré par la répétition d'un motif scénaristique invariable (dans le métro), sans dialogue digne de ce nom, sans acteurs dignes de ce nom, sans histoire claire, sans ressentir la moindre émotion ?
Quelques scènes de réalité peuvent aussi donner un sens au propos. Le spectateur s’évertue ainsi à chercher un message qui ne peut pas être dit simplement (car il faut bien que ce film ait eu une raison d’être). S’agit-il d’un film sur le choix, sur la prise de décision, sur la déshumanisation de notre société (les usagers du métro rivés sur leurs mobiles et insensibles à ce qui se passe autour d’eux) ? On devine bien une histoire réelle dans ce dédale de situations métropolitaines. Mais franchement, c'est se torturer que fabriquer un tel film, et le regarder… On ne peut même pas le genrer, d'où sa classification comme film d'horreur (ce qu'il est loin d'être).
Le spectateur verra enfin, peut-être, un clin d'œil dans une image qui revient sans cesse dans le film (elle met la puce à l’oreille) : une affiche du métro qui fait de la pub pour une expo sur Escher (un dessinateur hollandais connu pour ses constructions impossibles) — cette affiche représente une boucle de Möbius, objet archi connu et exploité dans une myriade de films ou de romans, mais aussi objet mathématique passionnant — Escher était très copain avec des mathématiciens. On peut aussi constater que le chiffre 8 se dessine comme un ruban de Möbius… si ça peut en réjouir certains !
L'un dans l'autre, ce film montre donc (peut-être) que la vie est un enfer, que la société d'aujourd'hui augmente cette impression (isolement et apathie à cause du smartphone), que faire des choix devient infernal (autant qu’aller de l’avant) … Mais ce film est-il là pour poser des questions ou apporter des réponses ? "Confondre rêve et réalité, ça s'appelle la mescaline", ironise-t-on dans le film Matrix (1999). Ici, pas d'ironie : on explore froidement (et de façon lassante) ce que certains appellent l'espace liminal, cet espace ou ce moment nécessaire pour passer d'un état à un autre, cet espace entre-deux, mais où l'on ne devrait pas être bloqué. Le couloir de métro n'est pas un lieu où l'on reste (on ne fait que passer) ; la prise de décision non plus (on doit choisir pour avancer). Dans le cas contraire, comme dans ce film apparemment, on est assailli par l'inconfort, voire la peur (qu'on soit bloqué dans un couloir ou qu'on ne parvienne pas à décider).
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