Pour qui veut, sans quitter sa salle de cinéma préférée, aller voir ce qui se passe au Japon, comment y vit la population, Kôji Fukada est sans doute le réalisateur japonais contemporain le plus intéressant et suivre sa filmographie nous en apprend toujours beaucoup sur les mentalités et les comportements des habitants de ce pays lointain. Cette fois ci, c'est la vie d'un groupe féminin de musique pop qu'il nous amène à suivre. Une vie de rêve ? Pas vraiment, chacune des 5 membres du groupe ayant, par contrat, l'interdiction d'avoir une relation amoureuse. Dire que la première moitié du film est passionnante serait mentir ! Par contre, lorsque Mai, membre du groupe, tombée amoureuse de Key, un ancien copain de lycée qui travaille comme mime dans la rue, décide de se battre contre son agence qui l'a traînée en justice pour manquement à son contrat, le film devient très intéressant. Kôji Fukada joue finement sur les contrastes entre le monde coloré de la pop et la froideur du tribunal, ainsi que ceux entre le rapport à l'argent entre le monde de la pop et celui des artistes de rue.
Le réalisateur aborde le phénomène assez hallucinant et très particulier des « girls bands » pour les filles ou « boys bands » pour les garçons au Japon dont les membres se retrouvent très souvent avec leurs fans incroyablement infantilisés et manipulés pour faire du buzz et donc des ventes. Cette mode toxique, qui n’a jamais vraiment pris en occident mais demeure très active au Japon et aussi en Corée du Sud, est plutôt bien décrite mais aucune prise de vue du fameux quartier de Harajuku à Tokyo où pourtant se produisent très régulièrement surtout durant le week-end des happenings dans la rue principale qui sont assez rigolos, surprenants et bruyants. Dommage ! Il reste donc 2h05 de film entièrement axé sur les tournées où l’absurdité des contrats de ces chanteuses et danseuses de pacotille leur interdit toutes relations intimes ou amoureuses : c’est vraiment très très long et ennuyeux.
Formellement sobre et efficace, le sujet est trop faible pour permettre à Fukada d’élever son film à la hauteur de certains de ces précédents films tels que Harmonium ou Hospitalité
Pour moi l’immense déception de la dernière saison Hanabi, "Love on Trial" et le Takashi Miike étant les deux films que j’attendais avec le plus d’impatience, Kōji Fukada ne m’avait jusqu’ici jamais laissé à la porte et cette fois il l’a fait dans les grandes largeurs. Je me suis tout bêtement ennuyé devant ce récit qui ne m’a pas un seul instant captivé, ces « célébrités » me semblant aussi étrangères et sans aspérité après 124 minutes qu’avant de les rencontrer. J’ai eu le sentiment que Fukada ne faisait qu’illustrer platement un sujet déjà dépassé, qu’il le faisait sans y croire, sans que son cinéma habituellement si élégant et subtil ne semble apporter quoique ce soit à un scénario effleurant ce qui aurait mérité d’être approfondi. À l’image du thème essentiel des droits humains fondamentaux plus balayé qu’évoqué dans une scène de procès.
Je m'attendais à un film un peu basique d'une lutte amoureuse contre l'industrie, c'est beaucoup plus que ça, c'est une lutte pour exister et être soi-même que le film défend, en montrant une femme qui se bat pour sauver aussi les membres de son groupe. Je trouve ça extrêmement fort et très bien écrit, ça ne va jamais où on pense que ça ira, à voir vite !
Même si le film souffre parfois de longueurs, il nous dépeint brillement l'univers injuste de ces jeunes idoles japonaises. Ce film nous présente des relations complexes, avec de bonnes idées pour les répresenter. Merci aux Saisons Hanabi pour la découverte
Vu à Cannes. Love on Trial s’impose comme un drame poignant et profondément humain, qui explore avec finesse les coulisses souvent idéalisées de l’industrie de la pop. À travers le personnage de Mai, jeune idole en pleine ascension, le film met en lumière la violence silencieuse des règles qui transforment l’artiste en produit, jusqu’à lui nier le droit d’aimer.
Un tribunal juge la violation de la clause contractuelle de célibat de l’artiste. C’est le cœur politique du film. Loin d’un simple affrontement juridique, la scène devient un espace de mise à nu, où le langage froid du droit se heurte à la réalité des sentiments. La caméra insiste sur les visages, sur les silences pesants et les regards échangés, soulignant l’absurdité d’un système qui cherche à juger l’amour comme une faute contractuelle. Le contraste entre la rigidité de l’institution judiciaire et la fragilité de Mai renforce la tension dramatique.
Cette séquence met également en évidence le déséquilibre des forces : d’un côté, une agence puissante, sûre de sa légitimité économique ; de l’autre, en défense, deux amants contraints de justifier l’évidence même de leur relation. Le tribunal devient alors le symbole d’une société qui privilégie la rentabilité et l’image au détriment de la dignité des artistes. Sans discours appuyé, le film laisse parler la situation elle-même, ce qui rend la critique d’autant plus percutante. Porté par une mise en scène sobre et une interprétation bouleversante, Love on Trial parvient à transformer cette scène judiciaire en véritable acte de résistance intime. Plus qu’un procès, c’est une déclaration d’amour et de liberté qui se joue sous nos yeux.
Décidément le cinéma japonais a de jolies inspirations….Ici c’est un scénario délicat, dans un univers impitoyable, le show business – girls band)…. Même si le film mets du temps à démarrer, dans un univers inconnu du spectateur occidental ( le groupe de filles, ici elles sont cinq), force est de constater, qu’il y a un twitch, et des actrices plutôt attirantes….bon cela n’intéresse pas tout le monde forcément. Mais cela rajoute une touche d’émotion. Bon je reviens au scénario, c’est lui qui. Est intéressant et ouvre une perspective avouée au film. spoiler: Pauvres fillettes, enfermées dans un système, un cul de sac….Pas le droit d’avoir un petit copain. Le scénario inclut donc un procès.
C’est du cinéma qui interpelle chacun sur l’essentiel….C’est filmé avec énormément de douceur. Et beaucoup d’élégance, on saluera les costumes, les vues de nuit sur Tokyo...Seul petit bémol, l’absence de grande musique...Mais un film qu’il faut voir, je pense...Il éclaire chaque spectateur sur Ce Japon, plus qu’étonnant. Bonne séance….
Nul besoin d'être fan de la pop japonaise pour apprécier Love on Trial, qui décortique avec une belle lucidité et cruauté les tenants et aboutissants d'une industrie de divertissement, qui use du marketing comme d'une arme de guerre, en pressurant les idoles qu'elle a elle-même fabriquées. C'est une affaire qui marche, sauf quand l'une de ces idoles a décidé de déjouer le contrat (d'esclavage ?) qui l'empêche notamment d'avoir une vie sentimentale. Love on Trial n'est sans doute pas le meilleur film de Kôji Fukada, particulièrement en termes de mise en scène, mais la maîtrise du cinéaste japonais est constante et le développement dramatique de son scénario tout aussi efficace, avec un brin de malice et quelques moments de poésie magique pour agrémenter un sujet pas si anodin que cela, dans le sens où il s'attaque au droit du travail et à la liberté, dans un domaine artistique bien spécifique, certes, où les victimes sont au départ consentantes, dans le droit fil d'un rêve d'enfance. Le film aborde tous les aspects de son édifiant récit, sans en faire des tonnes, les séquences de procès n'occupant d'ailleurs qu'une place réduite, et garde une grande place pour le romanesque. Autre constante qui se confirme chez Fukuda : c'est un remarquable metteur en scène auprès de ses actrices qu'il valorise et auxquelles il offre un bel espace pour montrer l'étendue de leur talent.
C'est beau mais Dieu que c'est long .... des plans interminables .... L'histoire de ce groupe vocal féminin adulé sur les réseaux sociaux est intéressant car elle en dite long sur les comportements de la jeunesse et les dérive des réseaux sociaux. Les images sont belles, les plans léchés, le ton monocorde. L'action avance au ralenti comme si on avait peur de brusquer le spectateur. On peut friser la somnolence mais heureusement il y a un regain d'intérêt au moment où la tête dodeline. On assiste aussi à des procès locaux ce qui a un intérêt documentaire. La petite pirouette de la copine en fin de parcours a pour unique but de bien nous faire comprendre que le film est à l'avant garde des idées du jour. Elle n'était pas nécessaire mais bon ... Excellent jeu des comédiens et comédiennes. Donnez l'histoire à un réalisateur un peu plus ardent et vous aurez un excellent film. En l'état se laisse voir à condition d'être en forme.
Ai vu le film japonais « Love on trial » du cinéaste Koji Fukada qui a été projeté au Festival de Cannes dans la sélection «Cannes Première» en 2025. Mei (Kyoko Saito) fait partie d’un groupe de J-Pop (équivalent de la K-pop mais au Japon). Elle ne choisit pas ses partenaires, ni ses chansons, ni ses tenues… son emploi du temps est déterminé par ses producteurs, elle se doit à son public exclusivement masculin et a signé un contrat qui stipule que les relations amoureuses et sexuelles lui sont interdites. Mei enfreint les règles qui lui sont imposées en tombant amoureuse de Kei (Yuki Kara). L’Agence artistique va intenter un procès à la jeune chanteuse pour avoir tout simplement, aimé. Le film commence fort comme une introduction de chanson pop, c’est vif, prometteur, plein de couleurs, attrayant. On nous présente le groupe de girls-band, ses répétitions, ses rencontres avec les fans. Le 1er couplet parait un peu original. Les jeunes femmes très soumises à leurs producteurs ont envie d’un peu de liberté. Puis le refrain est foncièrement raté, tout à coup le film stagne, se répète, on ne suit pas du tout la logique psychologique de Mei. Puis tout devient répétitif, atone, fade, facile, insipide. La réalisation devient plate et distante, le rythme s’éternise et on ne s’intéresse plus du tout aux personnages. Aucune tension dramatique. Un documentaire nous en apprendrait bien plus. Il manque foncièrement de tension, de surprise, de rage, d’acidité, de violence, de malaise, de folie… Le réalisateur fait un état des lieux sans jamais dénoncer ouvertement les lois et les relations patriarcales qui sont imposées aux jeunes chanteuses. Cette romance fleur bleue bien trop sage et insipide est à l’avenant des chansons pop formatées et composées à la chaine qu’on oublie dès la première écoute.
C'est un mystère pour moi que ce film ait pu été sélectionné pour concourir au festival de Cannes. On croirait le plus souvent un film pour ados, amateurs de K-pop version japonaise. Tout tourne autour des followers, des lives, des concerts jusqu'à ce que naisse un conflit avec la maison de disque... le conflit pourrait donner lieu à un règlement de compte saignant avec l'industrie musicale - mais il ne donne pas lieu à grand chose de captivant. Film soporifique.
Vu lors de la saison Hanabi 2026, malgré un sujet intéressant, le film manque de rythme et a des longueurs. Mais les acteurs, principalement actrices, sont convaincants dans leur rôle.
Mon coup de coeur de Cannes, j'ai regretté qu'il ne soit pas en compétition tant Fukada semble avoir trouvé sa forme, son ton et ses thématiques fortes. Ici, à partir d'un sujet très original, il arrive à faire un film très touchant sur la condition féminine et la lâcheté de certains hommes. Hâte de découvrir son prochain...