En provenance d'Espagne, ce film bénéficie d'un excellent bouche-à-oreille et de plusieurs récompenses. Je me suis donc laissé tenter par cette proposition cinématographique. On y retrouve la jeune Ainara, 17 ans, orpheline de mère, qui va à la surprise de ses proches et surtout de sa tante émettre le souhait d'entrer dans les ordres. La moitié de ce récit se déroule pendant les déjeuners agités du dimanche chez la grand-mère. Sans être désintéressants, ces discussions se résument trop souvent à des conflits familiaux. Par contre, la jeune actrice débutante Blanca Soroa illumine ce long métrage dans son cheminement vers une vie dédiée au Seigneur et un rayonnement quasi-mystique. Résultat un peu en dessous de mes attentes.
Pourquoi Ainara, 17 ans, veut-elle devenir religieuse? Fuit-elle les études? Son propre malaise adolescent? Sa famille, en particulier son père négligent, qui lui laisse la responsabilité trop écrasante de ses cadets depuis la mort de sa mère? Ou est-elle une authentique mystique? L'irruption de la spiritualité dans cette famille terre-à-terre, dont les divers membres, au mieux agnostiques, souffrent avec beaucoup de maladresse et sans horizon ni consolation, provoque des vagues qui vont en grossissant quand la vocation de la jeune fille semble persister. Pourtant, Ainara écoute tout le monde: les religieux, les anti-religieux, et aussi le regard sensuel d'un garçon. Sa conscience est secouée dans tous les sens. C'est un très beau film sur l'adolescence.
Thème très original à notre époque : Ainara, une jeune fille de 17 ans, affirme une vocation religieuse catholique. Blanca Soroa, l'actrice qui l'incarne, est lumineuse. Cette vocation ainsi que le milieu du couvent sont traités par la cinéaste de façon très respectueuse, ce qui m'a plutôt surpris dans l'ambiance actuelle, qui me semble plutôt anti-catholique, notamment au cinéma (The Magdalene Sisters, Philomena, Grâce à Dieu). Avis discutable d'ailleurs, car en quoi parler des abus des membres du clergé catholique serait-il fondamentalement anti-catholique ? La jeune Ainara, donc, veut prendre le voile, ce que son père spoiler: accepte, un peu étonné et intéressé, et ce que sa tante n'accepte pas, dans une radicalité excessive . C'est cette dualité d'opinions et de réactions qui donne du relief au film. Les scènes sont assez lentes, amples, avec un point focal : les repas familiaux du dimanche. Si l'on prend un peu de hauteur, on peut considérer que les thèmes majeurs de ce film sont les suivants : qu'est-ce qu'une éducation réussie ? Qu'est-ce qu'un bon parent ?
Je viens de voir ce film cet après-midi. J'ai du faire 1 h aller et 1 h retour pour le trouver. Dommage qu'il ne soit pas assez diffusé car un film de cette qualité c 'est rare. Sur le plan intellectuel, on comprend mieux le choix du monastère incompréhensible pour un non croyant. Sur le plan émotionnel, on est transporté par cet élan irrésistible vers ce chemin spirituel qui semble en apparence austère mais tellement riche à l 'intérieur de soi. On côtoie deux mondes. Celui de la matérialité, avec un vernis de tolérance qui craque dès ses convictions sont remises en causes. Et de l'autre, le mystère de la foi que seuls les chanceux sensibles à la spiritualité peuvent percevoir. L'actrice principale est remarquable et les autres sont bons. La réalisation est soutenue et on espère que la vocation se poursuivra malgré les manipulations de la tante. Bref pour moi, le meilleur film de l'année.
Intéressant, Les Dimanches place le choix au centre du récit; celui qu’on veut faire, celui que les autres contestent, et le doute qui naît quand il faut l’assumer.
Magnifique. Superbe interprétation, mise en scène sobre et profonde, d'une grande intelligence et finesse. Le sujet est très rarement évoqué au cinéma : la vocation religieuse, l'appel et le conflit familial qui l'engendre bien souvent. La réalisatrice Basque réussit l'exploit de ne prendre parti ni pour un camp ni dans l'autre mais fait preuve de grand respect quant au choix de son héroïne et surtout de nous captiver tout le long du film. Chef d'œuvre.
Avec la foi comme seul refuge #lesdimanches est le portrait émouvant d'une jeune fille lâchée par sa défunte mere mais surtout par son père et sa tante
un récit initiatique intéressant, posant les bonnes questions sur le fond mais trop classique et un peu froid sur la forme. par contre, les acteurs sont tous excellents.
La réalisatrice Alauda Ruiz de Azúa évite les caricatures. La foi n’est ni glorifiée ni critiquée frontalement : elle apparaît comme une décision personnelle qui dérange autant qu’elle intrigue. Sans effets spectaculaires, Les Dimanches parvient ainsi à raconter avec finesse un moment fragile de la vie d’une famille, où l’amour et l’incompréhension coexistent face à un choix difficile à accepter.
Magnifique, à voir car le film met bien en évidence les contradiction et faiblesses des hommes et la Foi qui est un don . Très bien joué. Un grand Bravo. Ce film édifié.
LES TOURMENTS D’UNE VOCATION Déchirée entre un appel très fort à la vocation religieuse et la sourde opposition de sa famille, x le vit très mal. Dans un premier temps, son père veuf et sa tante lui demandent de réfléchir, de discerner la vérité de cet appel. Elle connaît ses premiers émois sexuels avec un jeune des sa chorale. Et de nouveaux tourments. Ecartelée entre sa vocation naissante et la tentation de la chair, doit-elle sacrifier l’une à l’autre après avoir cédé à la seconde ? Puis tout craque, les derniers barrages tombent… Une mise en scène soignée, épurée. Musique et chœurs accompagnent sobrement ce parcours spirituel très tourmenté, vu du « côté filles », tourné par Alauda Ruiz de Azua.
J'ai apprécié ce regard sur la vocation religieuse (sincère ?) d'une adolescente tourmentée par l'absence de sa mère et la quasi indifférence à son égard de son père. Face à la pesante hypochrisie du discours de ses référents au sein de l'Ordre des soeurs qui l'attend, sa tante (athée) demeure le seul contre-point à cette possible inclination mystique (?). La sincérité du jeu des deux actrices principales (l'ado, la tante) amène une densité palpable.