Une renaissance après Dernier Train pour Busan
Après Dernier Train pour Busan et Peninsula, Yeon Sang-ho a refusé de poursuivre directement sa saga zombie. Le cinéaste voulait repartir d’une page blanche afin d’imaginer une nouvelle mythologie centrée non plus sur des morts-vivants individuels, mais sur une conscience collective. C’est cette idée “d’esprit de ruche” qui a servi de point de départ à tout le scénario de Colony.
Cannes 2026
Colony sort le 27 mai prochain dans nos cinémas et sera présenté en avant-première en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2026, à l’instar de Dernier train pour Busan en 2016. Sang-ho Yeon est un habitué du festival : son film d’animation The King of Pigs avait été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2012, tandis que Peninsula avait reçu le label « Les Fidèles » lors de l’édition virtuelle de 2020.
Des zombies inspirés… par l’intelligence artificielle
Le réalisateur a conçu les infectés comme une métaphore de l’I.A. générative moderne. Plutôt que d’agir comme des prédateurs classiques, les créatures apprennent par imitation et reproduisent les comportements humains sans réellement les comprendre. Une approche volontairement dérangeante, pensée pour créer une véritable “vallée de l’étrange” à l’écran.
Un gratte-ciel pensé comme un personnage
Le décor principal de Colony a été imaginé dans l’esprit des grands films catastrophes des années 70 comme La Tour infernale ou L'Aventure du Poséidon. Chaque étage possède une identité visuelle propre et impose une nouvelle manière de filmer l’action. Pour Yeon Sang-ho, le bâtiment devait devenir une sorte de labyrinthe géométrique reflétant l’ascension sociale des personnages.
L’ombre de Piège de cristal sur la mise en scène
Le cinéaste a reconnu s’être énormément inspiré de Piège de cristal pour la construction spatiale du film. Comme chez John McTiernan, les déplacements verticaux, les diagonales et les couloirs servent à rendre l’action toujours lisible malgré le chaos. Cette influence se retrouve jusque dans la chorégraphie ultra précise des scènes d’attaque.
Des effets spéciaux volontairement old school
Contrairement à Peninsula, très chargé en images numériques, Colony privilégie les effets pratiques et les maquillages physiques. Yeon Sang-ho souhaitait retrouver la texture organique des films d’horreur des années 80, avec des zombies palpables et très physiques. Même la mystérieuse matière blanchâtre recouvrant les infectés a été fabriquée concrètement sur le plateau.
Une préparation héritée de l’animation
Avant le cinéma live, Yeon Sang-ho venait du monde de l’animation, et cette expérience a profondément influencé sa méthode de travail. Toute la mise en scène de Colony a été storyboardée avec une précision extrême avant le tournage. Cette préparation minutieuse a notamment permis de réaliser certaines séquences complexes en prises de vues réelles plutôt qu’en studio numérique.
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