Le film est une coproduction entre le Portugal, la France, la Roumanie et le Brésil. Ce choix reflète la volonté du réalisateur Pedro Pinho de brouiller les frontières nationales dans un récit sur les tensions néocoloniales. La diversité des financements (Banque mondiale fictive, consortiums brésilien et chinois dans le film) est aussi un clin d’œil à cette réalité mondialisée.
Cela a impliqué une logistique complexe sur plusieurs continents, y compris des tournages en Afrique de l’Ouest. Chaque équipe locale a été impliquée de manière collaborative dans la création du film, y compris dans l’écriture.
Pedro Pinho a coécrit le scénario avec neuf autres collaborateurs, dont Miguel Seabra Lopes et Marta Lança. Cette écriture collective renforce la dimension polyphonique du film, qui donne voix à des perspectives très différentes. Les échanges entre les auteurs visaient à rendre chaque personnage complexe, loin des stéréotypes.
Le résultat est un récit éclaté, presque choral, qui évolue en dehors des structures narratives classiques. La démarche reflète une volonté politique : décentrer la narration et la redistribuer entre plusieurs regards.
Le Rire et le couteau a été présenté en sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025.
Le Rire et le couteau se déroule dans une grande ville d’Afrique de l’Ouest, dont le nom reste volontairement flou. Pedro Pinho a voulu capturer la tension entre zones hypermodernes (ONG, bureaux climatisés) et quartiers populaires. Les lieux ont été choisis pour leur pouvoir d’évocation plutôt que pour leur notoriété ou leur esthétique.
Le chantier de la route, centrale dans le récit, a été reconstitué avec de vrais ouvriers et du matériel local. Les conditions de tournage étaient proches de celles décrites dans le film : chaleur extrême, équipements précaires. Cette immersion a influencé la performance des acteurs, notamment dans les scènes de tension physique. Certaines séquences ont dû être adaptées en fonction des imprévus techniques ou climatiques. Ce tournage en immersion a contribué à l’authenticité et à la puissance sensorielle du Rire et le couteau.