Teenage Sex And Death At Camp Miasma
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Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2026
Teenage Sex and Death at Camp Miasma débarque à Un Certain Regard comme une gifle affectueuse : gore, érotique, méta et follement amoureux du cinéma de série B. Jane Schoenbrun signe ici un trip halluciné sur la création, le désir et le regard qu’on porte sur soi-même, parfois dans le même plan.

Si on pensait que Jane Schoenbrun allait sagement ranger ses obsessions après I Saw the TV Glow, c’est raté. Son troisième long-métrage nous parvient avec un titre en forme de programme et une générosité presque agressive. Il veut tout faire en même temps : faire rire, troubler, émouvoir et forcer à regarder en face ce que l’on cherche vraiment quand on appuie sur le bouton play. C’est pop, c’est drôle, c’est parfois franchement absurde et pourtant, ça creuse.

Petite mort, grand trip

Kris (Hannah Einbinder, impeccable dans son premier rôle majeur), non-binaire et polyamoureuse, est engagée par un studio pour rebooter une franchise de slasher des années 80 dont le tueur emblématique, Little Death, « Petite Mort », autrement dit l’orgasme, avait la tête en forme de bouche d’aération. Ce détail résume à lui seul la densité du film. Ce casque cubique et mécanique, qui cadre le regard comme une caméra, porte à la fois la mort, le plaisir et l’acte de filmer. Schoenbrun ne fait pas semblant. Quand Kris se rend sur les lieux qui ont inspiré le Camp Miasma originel pour rencontrer Billy (Gillian Anderson), la final girl recluse du film d’origine, c’est vers cette dissolution qu’elle se projette. L’éveil sexuel et l’éveil créatif fusionnent, dans un méta trip à la fois théâtral, stylisé et réjouissant dans la première partie. Billy, elle, est ce que Kris pourrait devenir, une artiste qui n’a jamais vraiment quitté le décor de sa propre naissance, moins hantée par le passé que par ce qu’elle représente dans la fiction. Leur relation fonctionne comme un miroir tendu entre deux femmes que le genre slasher a objectivées différemment, et qui choisissent, ensemble, de s’en emparer.

Le film se permet aussi une autodérision savoureuse sur la mécanique hollywoodienne du moment, car Kris est précisément engagée pour « camoufler la laideur » d’une franchise aux tonalités transphobes. On rit franchement de cette entreprise de récupération progressive menée depuis les studios, d’autant plus que Schoenbrun en fait partie et le sait. Traiter ça par la bizarrerie assumée, par le nanar revendiqué, est en soi un geste politique. Le cinéma de genre a toujours privilégié l’espace pour représenter des marges, tordues et monstrueuses. Mais sans vraiment pousser ses réflexions au bout, on reste parfois avec une impression d’une œuvre inachevée, qui agit plus comme une parenthèse ludique, qui oscille entre le premier et le second degré.

Teenage Sex and Death at Camp Miasma n’est pas un film qui se donne facilement, car sa narration suspendue, introspective, peut autant nous emporter que nous laisser à la porte. Mais derrière l’excès de sang, les pochettes VHS et le poulet frit ultra-sensuel, c’est une déclaration d’amour pure et dégénérée au cinéma de genre, à ce que le slasher a toujours su faire mieux que les autres, donner un corps aux pulsions qu’on n’ose pas nommer. Et c’est peut-être suffisant pour s’arrêter devant autant d’audace en ce début de festival.
Ameline Grout
Ameline Grout

41 abonnés 97 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2026
Un slasher qui se dévore lui-même : logique lynchienne, VHS et fausse neige, Anderson et Einbinder livrées à un délire queer et viscéral. Du cinéma qui sait qu'il en est un.
Isaac L
Isaac L

12 abonnés 122 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 septembre 2026
Le film réinvente les codes du slasher pour en faire un récit d’émancipation et d’acceptation de soi, nan c’est fort
Brigitte Baronnet
Brigitte Baronnet

173 abonnés 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2026
Halloween meets Sunset boulevard meets Red is dead… Film meta sur le genre horrifique et queer, et c’est jouissif
Stambz
Stambz

12 abonnés 4 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 septembre 2026
Vu à UGC Les Halles. Y’a counting crows dans le film c’est déjà ça. Sinon c’est joli et bien réalisé mais manque de rythme et sans grand intérêt.
Chloé
Chloé

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2026
réalisation très intriguante et prenante ; associée à un scénario plus profond qu'il en a l'air !!!!
Pauline M
Pauline M

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2026
Revisite avec originalité le slasher! Très très méta mais n’empêche pas les émotions! Gillian Anderson incroyable!
traversay1

4 526 abonnés 5 441 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 septembre 2026
spoiler: Avec Teenage Sex and Death at Camp Miasma, le commentateur aura la possibilité d'utiliser les termes idoines : slasher, meta, gore, woke, queer, etc.
Par ailleurs, pas de panique pour les non amateurs de cinéma de genre, les références explicites au merveilleux Boulevard de crépuscule de Billy Wilder ont de quoi stimuler la nostalgie et l'excitation. Le film de Jane Schoenbrunn, au-delà de sa révérence émue et en même temps ironique au slasher, donc, comme symbole de la découverte adolescente de la peur mêlée à l'exaltation, est avant tout un objet hyper ludique, aux grilles de lecture multiples. À ce titre, le bémol éventuel concernerait la trop grande place accordée aux dialogues, parfois explicatifs, lesquels en contrepartie sont tout de même l'occasion d'admirer l'alchimie du duo constituée d'Hannah Einbinder et de l'extraordinaire Gillian Armstrong, somptueuse réincarnation de Gloria Swanson dans le long métrage que vous savez. Les vrais amateurs du genre ont de quoi siphonner du plaisir, tout en regrettant peut-être égoïstement que le film ne manque pas de parler également aux profanes, par sa créativité et son aspect pop mortel. À partir du moment où il s'agit d'une œuvre dédiée aux amoureux du cinéma et aux fantasmes qu'il convoie, n'est-il pas ouvert à toutes les sensibilités, voire œcuménique, nonobstant ou à cause de son caractère transgressif ou régressif ? Et ce n'est pas trop slasher payé.
Naughty Doc

1 050 abonnés 536 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mai 2026
Après le brouillon qu'était I Saw the TV Glow, Jane Schoenbrun revient avec un OVNI dans la droite lignée : Teenage Sex and Death at Camp Miasma voit la jeune réal queer Kris tenter de rebooter une franchise fictive de slasher, en pitchant son approche à l'ancienne Scream Queen Billy (Gillian Anderson).
Ce faisant, Teenage Sex and Death at Camp Miasma fait à la fois office de diégèse des codes du genre (via la figure métaphorique d'un Boogeyman entre Jason, Michael Myers et Pyramid Head faisant irruption dans le réel), de thèse par le prisme queer et d'introspection réflexive srmi-autobiographique.

En résulte un film ultra théorique (parfois trop dans sa seconde partie) questionnant des représentations obsolètes inhérentes au genre, sans renier le pouvoir de fascination de ces séries B gorasses. En filigrane, le récit tient ausdi via Hannah Einbinder et Gillian Anderson qui sont plutôt fabuleuses, faisant de ce Teenage Sex and Death un film réconfortant et surréaliste sur l'éveil sexuel et identitaire.
Plutôt une bonne pioche donc !
Shawn777

831 abonnés 4 001 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2026
Qu'est-ce que je viens de voir ? Voici la question que je me suis posé en sortant de la salle, d'autant que je l'ai vu en séance de 8h30 et face à un délire aussi psychédélique, il a été très difficile de différencier le rêve de la réalité. Je pense d'ailleurs que c'est un film qu'il est nécessaire de digérer mais plus j'y pense et plus je l'apprécie !
Pour la faire courte, on suit ici une jeune réalisatrice chargée de remaker une saga de slasher style "Vendredi 13". Et pour cela, elle rend visite à la scream queen du tout premier film qui a élu résidence dans le lieu de tournage du premier film. Alors on est ici face à du méta dans du méta, ça peut paraître intello dit comme ça et ça l'est certainement mais jamais de manière hautaine. C'est-à-dire que c'est un film qui rend hommage à tout un pan de l'horreur - à savoir le slasher américain - comme avait pu l'être "Scream" dans les années 90 mais ici, avec une folie en plus. Une folie qui touche même au fantastique mais je ne peux malheureusement en dire plus afin de ne pas spoiler.
Car découvrir ce film alors qu'on n'en sait le moins possible est, je pense, la meilleure chose de l'appréhender. Pas trop d'attentes, pas trop d'appréhension non plus ; il suffit juste de se laisser porter par ce délire parfois gore, parfois drôle mais surtout brillamment écrit !
On a de plus ici non seulement une réflexion sur le genre mais également les fans qui sont, pour beaucoup, issus de la communauté LGBT, qui s'approprient le cinéma d'horreur et en particulier le slahser comme un véritable objet de culte. Le fait que le film dans le film soit un slasher style "Vendredi 13" est également loin d'être un détail anodin, c'est une saga qui a beaucoup souffert de ses suites toutes plus capillotractées les unes que les autres mais dont beaucoup d'entre elles, pour ne pas dire toutes, sont devenues véritablement cultes chez les fans.
Ainsi et, encore une fois, sans trop en dévoiler, on a ici un reboot (le film dans le film) qui se construit par rapport au regard de ses spectateurs ; une sorte de produit hybride et casse-gueule qui recrache littéralement les désirs des fans tout en jonglant avec les intérêts capitalistes des producteurs. Enfin, c'en est en tout cas ma propre interprétation car le film est tellement riche qu'il peut être interprété complètement différemment par un autre spectateur. Peut-être un autre fan qui s'appropriera également le film comme il s'est approprié les slashers des années 80 ?
Toujours est-il que l'on aime ou non, "Teenage Sex And Death At Camp Miasma" est film qui ne laisse pas indifférent ! Et puis quel plaisir de retrouver Gillian Anderson dans un délire pareil !
Direct-actu.fr

402 abonnés 558 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2026
Le film arrive à nous plonger dans une forme de Meta film où finalement à force de chercher à comprendre le processus de création et le fonctionnement des émotions, l'héroïne finit dévorée par son sujet.
Hanna Einbinder est stupéfiante dans le rôle de Kris, la jeune movie maker, Gillian Anderson est inquiétante dans le rôle de Billy. Mention spéciale à Amanda Fix, qui incarne la jeune Billy.

L'ensemble du film questionne le rôle du désir, de la femme dans les films des genres horrifiques et les slashers. Avec cette éternelle question de la sexualité au sein du genre. Cela nous ramène à cette obsession déjà présente dans Halloween autour de la nudité des femmes et du rapport de domination.
Ici, l'orgasme donne un pouvoir de création à Billy permettant également de contrôler le monstre, mais également de voir à travers ses yeux. La sexualité est de même traitée d'une manière très assumée où la première fois de Billie est quasi la description d'une dissociation. On en vient à ne plus savoir ce qui est de l'ordre de la fiction, du réel, ni à différencier le film du meta film. Les pistes se brouillent et le spectateur se retrouve à devoir analyser les séquences.

Elles finissent par constituer une dénonciation du diktat de la sexualité, les rites de passage, ainsi que la représentation de la nudité des actrices dans un monde de violence envers leur corps. Si on floute la frontière entre la première fois de Billy et son personnage, c'est peut-être aussi pour dénoncer le nombre d'agressions sexuelles ayant eu lieu durant des tournages de scène intime. Du moins, l'ensemble de ce film de Jane Schoenbrun donne une sensation de vertige et de trouble.

Ce brouillage progressif entre fiction et réalité finit par déplacer la place même du spectateur. Il n'est plus uniquement devant un slasher dont il connaît les conventions, il doit constamment déterminer à quel niveau de représentation appartient ce qu'il regarde. Kris subit le même déplacement : venue reconstruire une franchise, elle cesse progressivement d'être cette observatrice extérieure face à Billy et à l'univers de Camp Miasma. Le Meta film devient alors moins un jeu cinéphile qu'une contamination, la fiction absorbant ceux qui pensent encore pouvoir la regarder à distance.
Fabien D
Fabien D

219 abonnés 1 293 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 septembre 2026
Projet atypique et queer, Teenage sex death at camp Miasma est une œuvre visuellement puissante où le gore est burlesque et les scènes de poursuite ressemblent à un jeu vidéo des années 90. Si l'on perçoit, notamment à travers une belle mise en abyme, un sincère amour du genre, on peut regretter que le film n'aille parfois pas plus dans ses expérimentation. Pour qui a vu du Lynch, du Cronenberg et du Araki, le film n' apparaîtrait pas très audacieux surtout que le quatrième mur a déjà été explosé depuis longtemps. Finalement assez peu original dans sa construction narrative, le film ouvre des débats intéressants sur la question du genre et de la représentation des minorités dans le cinéma d'horreur, il spoiler: se présente surtout comme une comédie autour de la sexualité féminine
et de spoiler: la fascination teintée de sadisme de l'héroïne pour le tueur du film

En allant du côté de la quasi farce, la réalisatrice passe un peu à côté de la psychologie des personnages réduits à peu de choses même si mes actrices excellent. Le film me semble inférieur au très beau I saw the tv glow de la même réalisatrice, beaucoup plus dérangeant et anxiogène. L'objet de cinéma et les thèmes abordés sont assez passionnants même si le film reste malgré tout un peu sage. A voir cependant au moins pour ses qualités plastiques.
donniedarko1
donniedarko1

72 abonnés 260 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 septembre 2026
Un film à rebours de bien d’autres productions standardisées américaines. Ingénieux et plastiquement inventif, le film intrigue et produit une petite secousse. La musique est également finement choisie.
Vince
Vince

50 abonnés 76 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 août 2026
Vu en avant-première, un très bon film de Jane Schoenbrun, une belle originalité avec des actrices pleinement investies dans cette comédie dramatique réussie.
Gregg S.
Gregg S.

31 abonnés 409 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 septembre 2026
Une interprétation magistrale, une musique grandiose et une réalisation de haute volée, malheureusement plombés par une approche beaucoup trop métaphysique de ce qu'aurait du être ce film : une bonne comédie gore. C'est d'autant plus dommage que le sang soit en CGI alors que l'esthétique années 80 était parfaitement travaillée.
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