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Film à part qui séduira certaines personnes mais qui laissera de côté la majorité. Petit plaisir plus plus de revoir Gillian Anderson, qui est pour moi le seul intérêt du film….
Film qui a le mérite d’être original mais qui m’a finalement laissé assez indifférent, malgré quelques légers moments de tensions et quelques gags. Mais c’est poussif.
Teenage Sex and Death at Camp Miasma s’avance avec la promesse d’une relecture méta et décalée du slasher, mais le film s’effondre bien vite sous le poids de ses propres maladresses. Le concept de départ — confier le reboot d'une vieille franchise d’horreur dans un camp de vacances à une réalisatrice excentrique — avait de quoi nourrir une satire mordante.
À l'écran, la proposition se dégrade rapidement en un exercice de style confus et totalement désincarné.
Le principal problème tient dans la mise en scène de Jane Schoenbrun, incapable de trancher entre l'hommage sincère et le pastiche de série Z.
Le récit est brouillon, décousu et particulièrement ennuyeux.
À force de vouloir jouer sur tous les tableaux sans jamais tenir une ligne claire, le scénario perd le spectateur dans un marasme narratif dont on décroche sans effort.
Même la présence de Gillian Anderson ne parvient pas à sauver l'ensemble. Censée apporter un ancrage ou une forme de crédibilité culte,, l'actrice semble au contraire en roue libre, piégée dans un rôle qui ne la met guère en valeur et peine à convaincre. Son décalage avec le reste du casting ne fait que souligner le manque d'aboutissement du projet.
Incapable d'accrocher son public qui ne sait pas trop où mettre les pieds, ou d'expliciter sa propre démarche, le film s'avère bien trop plat pour justifier qu'on y consacre son temps. Une tentative dispensable qu'on abandonne sans regret avant la fin.
À l'écran, la proposition se dégrade rapidement en un exercice de style confus et totalement désincarné.
Le principal problème tient dans la mise en scène de Jane Schoenbrun, incapable de trancher entre l'hommage sincère et le pastiche de série Z.
Le récit est brouillon, décousu et particulièrement ennuyeux.
À force de vouloir jouer sur tous les tableaux sans jamais tenir une ligne claire, le scénario perd le spectateur dans un marasme narratif dont on décroche sans effort.
Même la présence de Gillian Anderson ne parvient pas à sauver l'ensemble. Censée apporter un ancrage ou une forme de crédibilité culte,, l'actrice semble au contraire en roue libre, piégée dans un rôle qui ne la met guère en valeur et peine à convaincre. Son décalage avec le reste du casting ne fait que souligner le manque d'aboutissement du projet.
Incapable d'accrocher son public qui ne sait pas trop où mettre les pieds, ou d'expliciter sa propre démarche, le film s'avère bien trop plat pour justifier qu'on y consacre son temps. Une tentative dispensable qu'on abandonne sans regret avant la fin.
Mouaiiis pas convaincu, le film a des qualités mais c'est quand même un peu perché. Je ne suis pas sur d'avoir bien compris le but du scénario...
vu sur Mubi. L'histoire du film dans le film du film a fini par me perdre un peu. Mais quelques scènes impressionnantes qui meritent de se laisser tenter par ce film
bel hommage aux slasher version revisitée où la femme n'est plus victime mais maîtresse de son destin
Chargée de relancer une franchise à bout de souffle après plusieurs suites bâclées, une jeune réalisatrice se rend chez l’actrice mystérieuse qui incarnait autrefois la figure centrale de la saga. Cette rencontre va rapidement faire basculer son projet dans un univers où les fantasmes, les hallucinations et la violence deviennent difficiles à distinguer. "Teenage sex and death at camp Miasmaeee" ne cherche pas simplement à reproduire les recettes du genre, le film s’intéresse aussi à ce qu’elles provoquent chez celles qui les fabriquent et les regardent. La mise en scène joue sur les ruptures de ton et les perceptions incertaines, au risque de désorienter, mais cette instabilité correspond parfaitement à un récit où la réalité semble constamment contaminée par la fiction. Tout n’est pourtant pas parfaitement maîtrisé. À force d’accumuler les visions, les symboles et les glissements narratifs, le film peut donner l’impression de s’enfermer dans son propre imaginaire. Au final, Jane Schoenbrun signe un film de genre singulier, qui utilise le slasher comme point de départ pour parler de création, de désir et de la puissance parfois inquiétante des images.
"Teenage Sex And Death At Camp Miasma" diffusé en VOD sur MUBI, récompensé au festival de Cannes (Queer Palm) est un romance horrifique mi figue mi raisin. Bien que la réalisatrice Jane Schoenbrun propose un hommage aux films d'horreur des années 80 mêlant romance lesbienne et mysticisme, porté par Hannah Einbinder et la sublime Gillian Anderson , j'ai trouvé l'ensemble trop confus et brouillon pour réellement adhérer à cette histoire, une déception.
un bijou de réalisation avec un sujet hyper intéressant, un duo d'actrices qui marche trop bien, j'ai adoré
Il existe des films dont on perçoit parfaitement les défauts, parfois même la violence idéologique, sans parvenir à se défaire de l'attachement qu'on leur porte. Des œuvres qui nous ont accompagnés avant que nous ayons les moyens de les comprendre, et dont les images continuent de travailler notre imaginaire longtemps après que notre regard sur elles a changé. C'est de cette contradiction particulièrement féconde que naît *Teenage Sex and Death at Camp Miasma*. En confiant à une jeune réalisatrice la résurrection d'une franchise horrifique des années 1980, Jane Schoenbrun interroge moins la nostalgie du cinéma de genre que l'emprise intime de ses représentations. Comment aimer des images qui nous ont appris à avoir honte de certains désirs ? Peut-on transformer un imaginaire qui nous a construits sans renier ce qu'il a fait de nous ? Derrière son titre tapageur et ses excès sanguinolents, le film développe une réflexion stimulante sur les rapports entre fiction, identité et sexualité, mais dont la richesse conceptuelle ne trouve pas toujours une traduction dramatique à sa hauteur.
Kris Williams, interprétée par Hannah Einbinder, est une cinéaste indépendante chargée de relancer *Camp Miasma*, une série de slashers autrefois populaires, désormais épuisée par des suites opportunistes. Passionnée depuis l'enfance par cette franchise dont elle connaît pourtant les représentations sexistes et transphobes, elle souhaite en proposer une relecture contemporaine. Sa démarche la conduit jusqu'à Billy Presley, incarnée par Gillian Anderson, ancienne héroïne du premier film ayant depuis longtemps disparu de la vie publique. Cette rencontre constitue le véritable point de départ d'un récit qui délaisse progressivement la satire hollywoodienne pour explorer un territoire plus intime, où l'admiration, la fascination et le désir deviennent difficiles à distinguer. L'idée est particulièrement intéressante parce qu'elle échappe, dans ses meilleurs moments, à une opposition simpliste entre les œuvres condamnables et celles qui seraient autorisées à nous émouvoir. Schoenbrun comprend que notre rapport à la fiction se forme souvent bien avant nos convictions, et qu'une image peut simultanément nous attirer, nous troubler et nous blesser.
Cette ambiguïté nourrit une mise en scène d'une réelle inventivité. Le film reconstitue avec un soin réjouissant l'univers matériel d'une franchise imaginaire : cassettes vidéo, affiches, objets promotionnels, maquillages outranciers et séquences tournées dans l'esprit des productions horrifiques bon marché. La précision de ces détails confère à *Camp Miasma* une existence presque autonome, comme si cette série fictive appartenait effectivement à plusieurs décennies de culture populaire. Mais Schoenbrun ne se contente pas d'un pastiche amusé. L'artificialité des décors, les arrière-plans peints, les compositions volontairement irréelles et les couleurs saturées contribuent à installer une atmosphère dans laquelle les images paraissent progressivement contaminer le monde qui les entoure. La photographie d'Eric K. Yue accompagne intelligemment cette porosité entre les différents niveaux de réalité, tandis que la musique d'Alex G participe à un climat oscillant entre mélancolie, étrangeté et exaltation. Il y a là une authentique recherche de cinéma : les procédés formels ne servent pas seulement à produire de belles images, mais à rendre perceptible la manière dont une fiction peut modifier notre expérience sensible du monde.
Le choix de réunir Hannah Einbinder et Gillian Anderson donne à cette entreprise sa dimension la plus humaine. La première excelle à traduire l'embarras d'une jeune femme dont la maîtrise intellectuelle semble constamment menacée par ce qu'elle éprouve. Son débit nerveux, ses hésitations et son humour défensif composent un personnage dont l'assurance professionnelle dissimule une profonde maladresse affective. Gillian Anderson lui oppose une présence autrement déconcertante. Tour à tour accueillante, insaisissable, ironique et vulnérable, elle fait de Billy une figure dont le pouvoir de fascination repose autant sur ce qu'elle laisse deviner que sur ce qu'elle exprime. L'écart générationnel entre les deux femmes, leur rapport différent aux images et la dissymétrie de leurs positions confèrent à leurs échanges une tension souvent plus intéressante que les manifestations horrifiques qui les entourent. Le film trouve alors ses instants les plus convaincants dans de simples variations de regard, de posture ou de silence, lorsque l'interprétation laisse affleurer des sentiments que le scénario n'a pas encore entrepris de formuler.
Car c'est précisément là que se situe sa principale faiblesse : Jane Schoenbrun ne fait pas toujours suffisamment confiance à la force de ses propres images. À mesure que le récit progresse, les dialogues tendent à expliciter des enjeux que la mise en scène avait déjà rendus sensibles. Le film analyse avec une grande acuité les liens entre désir, peur, culpabilité et représentation, mais peine parfois à s'affranchir du commentaire de ses propres intentions. Kris devient ainsi, par moments, moins un personnage pleinement autonome que le relais d'une pensée théorique dont chaque situation semble devoir illustrer un nouvel aspect. Cette tendance affaiblit d'autant plus le récit que sa structure repose sur une accumulation de registres difficiles à concilier : comédie satirique, romance psychologique, hommage au slasher, méditation sur le traumatisme et expérience fantastique. L'ensemble possède une liberté incontestable, mais manque de cette nécessité intérieure qui permettrait à ses différentes propositions de former un mouvement véritablement irrésistible. Certaines séquences paraissent prolongées pour le plaisir de leur étrangeté, d'autres interrompent une dynamique émotionnelle qui commençait tout juste à prendre corps. L'ambition de tout embrasser finit par diluer une partie de ce qui rendait le point de départ si prometteur.
Cette dispersion affecte également le traitement de l'horreur. Les effusions de sang, poussées jusqu'à une absurdité presque burlesque, manifestent une volonté réjouissante de retrouver la dimension ludique et artisanale du genre. Pourtant, leur outrance systématique finit par en neutraliser les effets. L'excès n'est véritablement saisissant que lorsqu'il conserve une possibilité de rupture ; ici, il devient rapidement une convention supplémentaire. Le film semble d'ailleurs plus intéressé par ce que la violence représente que par ce qu'elle provoque chez le spectateur. Ce parti pris serait parfaitement défendable si la réflexion symbolique ne prenait pas aussi fréquemment le dessus sur le trouble immédiat. À force de multiplier les correspondances entre les corps, les fantasmes et les images, Schoenbrun réduit parfois la part d'inconnu qui devrait alimenter son univers. Le mystère demeure visuellement présent, mais il se trouve régulièrement accompagné d'un discours qui en précise trop ostensiblement la portée. Quant à l'humour, souvent bienvenu lorsqu'il s'attaque aux automatismes de l'industrie cinématographique, il se révèle plus inégal lorsqu'il vient désamorcer des situations qui auraient gagné à conserver leur gravité.
Il serait néanmoins injuste de réduire *Teenage Sex and Death at Camp Miasma* à ses excès de conceptualisation. Sa singularité tient aussi à une qualité devenue relativement rare : la volonté d'aborder le désir sans le rendre systématiquement confortable, exemplaire ou facilement intelligible. Le film s'intéresse à cette zone incertaine dans laquelle nos attirances ne coïncident pas nécessairement avec les discours que nous tenons sur nous-mêmes. Sa réflexion sur la mémoire des images possède ainsi une portée qui dépasse largement le cinéma d'horreur. Nous ne sommes pas seulement façonnés par les œuvres que nous admirons ; nous le sommes aussi par celles qui nous dérangent, nous embarrassent ou nous révèlent quelque chose que nous préférerions ignorer. Les intuitions les plus fortes de Schoenbrun résident dans cette absence de transparence entre la conscience et le désir, et dans l'idée que les fictions peuvent constituer aussi bien des espaces d'enfermement que des possibilités d'émancipation.
*Teenage Sex and Death at Camp Miasma* est finalement un film dont on admire davantage les intuitions qu'on ne se laisse entièrement emporter par leur réalisation. Son inventivité plastique, son humour macabre et la remarquable complémentarité de ses deux interprètes principales lui confèrent une personnalité indéniable, mais son écriture démonstrative et son instabilité narrative l'empêchent d'atteindre toute la puissance émotionnelle à laquelle il aspire. Jane Schoenbrun possède incontestablement un regard, une sensibilité et une manière personnelle de penser le cinéma par le cinéma. Il lui manque ici une forme de retenue, non pour assagir son imaginaire, mais pour permettre à ses idées de produire leurs effets sans devoir constamment les expliquer. Reste une œuvre généreuse, parfois fascinante, parfois laborieuse, qui comprend une chose essentielle : ce ne sont pas toujours les images les plus innocentes qui nous accompagnent le plus longtemps. Encore faut-il, pour qu'elles nous bouleversent véritablement, leur laisser une part de mystère.
Spoilers:
spoiler: Dans le cinéma d'horreur, le désir a longtemps été une condamnation à mort. Il suffit de faire l'amour, de transgresser un interdit ou de s'abandonner à ses pulsions pour devenir la prochaine victime d'un tueur masqué. Avec *Teenage Sex and Death at Camp Miasma*, Jane Schoenbrun entreprend de renverser cette mécanique : et si la violence ne venait plus punir le désir, mais lui donnait au contraire une forme, un langage, une possibilité d'exister ? Derrière son titre volontairement outrancier et ses effusions de sang, le film poursuit ainsi une réflexion singulière sur la manière dont les images façonnent notre intimité, jusque dans ce que nous éprouvons de plus secret. Une proposition audacieuse, souvent inventive, dont l'intelligence ne suffit pourtant pas toujours à compenser les faiblesses dramatiques. Kris Williams, jeune cinéaste chargée de ressusciter une franchise horrifique vieillissante, entretient avec *Camp Miasma* une relation profondément contradictoire. Elle connaît les ressorts sexistes et transphobes de ces productions, sait parfaitement en identifier les représentations problématiques, mais demeure incapable de renier la fascination qu'elles exercent sur elle depuis l'enfance. C'est précisément dans cet écart entre le jugement intellectuel et l'attachement viscéral que le film trouve sa meilleure idée. On ne choisit pas nécessairement les images qui nous bouleversent, pas davantage que les fantasmes qu'elles contribuent à former. La rencontre de Kris avec Billy Presley, ancienne vedette du premier épisode devenue recluse, transforme progressivement cette contradiction en une expérience intime. La jeune réalisatrice, qui croyait pouvoir reprendre possession d'un imaginaire en le réinterprétant, découvre que celui-ci possède déjà une emprise considérable sur elle. Le cinéma cesse alors d'être un objet qu'elle observe pour devenir un territoire dans lequel elle se retrouve enfermée, avant d'apprendre à s'y déplacer autrement. Jane Schoenbrun manifeste une véritable intelligence plastique dans sa manière de faire exister cet univers. Les fausses archives de la franchise, les cassettes VHS, les produits dérivés et les séquences d'horreur volontairement rudimentaires composent une mythologie étonnamment tangible. L'artificialité n'est jamais dissimulée : les décors peints, les couleurs irréelles, les effets sanglants excessifs et les ruptures de registre participent d'un monde où la fabrication des images devient aussi importante que leur contenu. Le passage progressif d'un environnement relativement ordinaire à des paysages de plus en plus ouvertement factices constitue l'une des réussites de la mise en scène. Il traduit visuellement l'absorption de Kris par son propre imaginaire, jusqu'à rendre indiscernables le souvenir d'un film, la projection d'un fantasme et l'expérience vécue. Cette liberté formelle donne au long-métrage une identité certaine, même si son goût pour l'exagération finit parfois par produire l'effet inverse de celui recherché : à force de signaler constamment son caractère artificiel, l'horreur perd une partie de sa capacité à inquiéter. La relation entre Kris et Billy demeure heureusement le véritable centre de gravité du récit. Gillian Anderson compose une femme dont la séduction, l'excentricité et l'assurance apparente dissimulent une blessure beaucoup plus profonde. Sa présence possède quelque chose de simultanément chaleureux et inquiétant, comme si chaque geste pouvait relever aussi bien de la confidence que de la manipulation. Face à elle, Hannah Einbinder donne une consistance convaincante aux maladresses de Kris, à son agitation intellectuelle et à son incapacité initiale de se laisser traverser par une émotion sans chercher aussitôt à l'expliquer. Leur complicité fonctionne particulièrement bien lorsque les dialogues s'effacent au profit des regards, des hésitations et des contacts physiques. La révélation du traumatisme de Billy apporte alors une gravité bienvenue à un film qui aurait facilement pu se réduire à un exercice de provocation. La sexualité n'y apparaît plus seulement comme une force libératrice : elle reste inséparable de la mémoire du corps, de la peur de perdre le contrôle et de la difficulté à distinguer ce que l'on désire de ce que l'on a appris à subir. C'est néanmoins dans le traitement de ces questions que le scénario révèle ses principales limites. Schoenbrun possède des idées fortes, mais semble trop souvent éprouver le besoin d'en accompagner elle-même l'interprétation. Les conversations s'étirent, les métaphores se multiplient et certaines situations paraissent moins destinées à faire évoluer les personnages qu'à illustrer une réflexion déjà parfaitement identifiable. Le principe de Little Death, figure meurtrière dont le nom renvoie explicitement à l'orgasme, est particulièrement révélateur de cette tendance. L'idée d'un monstre tapi au fond d'un lac, capable de produire des films comme autant de manifestations du désir inconscient, possède une puissance évocatrice indéniable. Mais à mesure que ses implications sont exposées, ce qui pouvait demeurer mystérieux devient parfois excessivement démonstratif. Le récit substitue alors une logique symbolique à une véritable progression dramatique. Les personnages secondaires restent largement fonctionnels, la satire de l'industrie cinématographique manque de mordant et la succession des débordements fantastiques finit par atténuer leur singularité. Le film ne souffre pas de son étrangeté, mais de sa difficulté à lui ménager des résistances, des silences et des conséquences suffisamment fortes. La dernière partie concentre cette ambivalence. Lorsque Kris et Billy semblent succomber à Little Death avant de réapparaître couvertes de sang, la mort cesse d'être une fatalité pour devenir une expérience de transformation, presque un abandon extatique. Le retour de la cassette vidéo achève de brouiller les frontières entre les personnages et les images qui les ont façonnés. Quant à leur passage dans une supérette, il offre un contraste réjouissant entre l'horreur traversée et la simplicité retrouvée du quotidien. Il y a quelque chose de touchant dans cette possibilité de sortir d'un cauchemar sans chercher à en effacer les traces. Pourtant, cette résolution laisse aussi une impression de facilité : l'accumulation des violences et des traumatismes débouche sur une forme d'apaisement dont le film a davantage préparé la signification que véritablement construit la nécessité émotionnelle. L'ambiguïté des événements demeure stimulante, mais elle ne suffit pas à donner rétrospectivement toute leur force aux détours empruntés pour y parvenir. *Teenage Sex and Death at Camp Miasma* reste une œuvre attachante par son audace, son inventivité visuelle et la sincérité perceptible de ses préoccupations. Jane Schoenbrun ne se contente pas de tourner en dérision les conventions du slasher : elle cherche à comprendre pourquoi des images qui nous effraient, nous blessent ou nous enferment peuvent également devenir les instruments de notre émancipation. Cette interrogation mérite mieux qu'une simple démonstration, et c'est précisément ce qui rend les insuffisances du film frustrantes. À vouloir tout faire signifier, la cinéaste affaiblit parfois la spontanéité et le trouble qui devraient constituer la matière même de son récit. Reste une proposition personnelle, traversée de belles intuitions, dont les moments les plus justes surviennent lorsque le discours s'interrompt enfin et que deux êtres, derrière les masques, le sang et les fantasmes, commencent simplement à se rencontrer.
Kris Williams, interprétée par Hannah Einbinder, est une cinéaste indépendante chargée de relancer *Camp Miasma*, une série de slashers autrefois populaires, désormais épuisée par des suites opportunistes. Passionnée depuis l'enfance par cette franchise dont elle connaît pourtant les représentations sexistes et transphobes, elle souhaite en proposer une relecture contemporaine. Sa démarche la conduit jusqu'à Billy Presley, incarnée par Gillian Anderson, ancienne héroïne du premier film ayant depuis longtemps disparu de la vie publique. Cette rencontre constitue le véritable point de départ d'un récit qui délaisse progressivement la satire hollywoodienne pour explorer un territoire plus intime, où l'admiration, la fascination et le désir deviennent difficiles à distinguer. L'idée est particulièrement intéressante parce qu'elle échappe, dans ses meilleurs moments, à une opposition simpliste entre les œuvres condamnables et celles qui seraient autorisées à nous émouvoir. Schoenbrun comprend que notre rapport à la fiction se forme souvent bien avant nos convictions, et qu'une image peut simultanément nous attirer, nous troubler et nous blesser.
Cette ambiguïté nourrit une mise en scène d'une réelle inventivité. Le film reconstitue avec un soin réjouissant l'univers matériel d'une franchise imaginaire : cassettes vidéo, affiches, objets promotionnels, maquillages outranciers et séquences tournées dans l'esprit des productions horrifiques bon marché. La précision de ces détails confère à *Camp Miasma* une existence presque autonome, comme si cette série fictive appartenait effectivement à plusieurs décennies de culture populaire. Mais Schoenbrun ne se contente pas d'un pastiche amusé. L'artificialité des décors, les arrière-plans peints, les compositions volontairement irréelles et les couleurs saturées contribuent à installer une atmosphère dans laquelle les images paraissent progressivement contaminer le monde qui les entoure. La photographie d'Eric K. Yue accompagne intelligemment cette porosité entre les différents niveaux de réalité, tandis que la musique d'Alex G participe à un climat oscillant entre mélancolie, étrangeté et exaltation. Il y a là une authentique recherche de cinéma : les procédés formels ne servent pas seulement à produire de belles images, mais à rendre perceptible la manière dont une fiction peut modifier notre expérience sensible du monde.
Le choix de réunir Hannah Einbinder et Gillian Anderson donne à cette entreprise sa dimension la plus humaine. La première excelle à traduire l'embarras d'une jeune femme dont la maîtrise intellectuelle semble constamment menacée par ce qu'elle éprouve. Son débit nerveux, ses hésitations et son humour défensif composent un personnage dont l'assurance professionnelle dissimule une profonde maladresse affective. Gillian Anderson lui oppose une présence autrement déconcertante. Tour à tour accueillante, insaisissable, ironique et vulnérable, elle fait de Billy une figure dont le pouvoir de fascination repose autant sur ce qu'elle laisse deviner que sur ce qu'elle exprime. L'écart générationnel entre les deux femmes, leur rapport différent aux images et la dissymétrie de leurs positions confèrent à leurs échanges une tension souvent plus intéressante que les manifestations horrifiques qui les entourent. Le film trouve alors ses instants les plus convaincants dans de simples variations de regard, de posture ou de silence, lorsque l'interprétation laisse affleurer des sentiments que le scénario n'a pas encore entrepris de formuler.
Car c'est précisément là que se situe sa principale faiblesse : Jane Schoenbrun ne fait pas toujours suffisamment confiance à la force de ses propres images. À mesure que le récit progresse, les dialogues tendent à expliciter des enjeux que la mise en scène avait déjà rendus sensibles. Le film analyse avec une grande acuité les liens entre désir, peur, culpabilité et représentation, mais peine parfois à s'affranchir du commentaire de ses propres intentions. Kris devient ainsi, par moments, moins un personnage pleinement autonome que le relais d'une pensée théorique dont chaque situation semble devoir illustrer un nouvel aspect. Cette tendance affaiblit d'autant plus le récit que sa structure repose sur une accumulation de registres difficiles à concilier : comédie satirique, romance psychologique, hommage au slasher, méditation sur le traumatisme et expérience fantastique. L'ensemble possède une liberté incontestable, mais manque de cette nécessité intérieure qui permettrait à ses différentes propositions de former un mouvement véritablement irrésistible. Certaines séquences paraissent prolongées pour le plaisir de leur étrangeté, d'autres interrompent une dynamique émotionnelle qui commençait tout juste à prendre corps. L'ambition de tout embrasser finit par diluer une partie de ce qui rendait le point de départ si prometteur.
Cette dispersion affecte également le traitement de l'horreur. Les effusions de sang, poussées jusqu'à une absurdité presque burlesque, manifestent une volonté réjouissante de retrouver la dimension ludique et artisanale du genre. Pourtant, leur outrance systématique finit par en neutraliser les effets. L'excès n'est véritablement saisissant que lorsqu'il conserve une possibilité de rupture ; ici, il devient rapidement une convention supplémentaire. Le film semble d'ailleurs plus intéressé par ce que la violence représente que par ce qu'elle provoque chez le spectateur. Ce parti pris serait parfaitement défendable si la réflexion symbolique ne prenait pas aussi fréquemment le dessus sur le trouble immédiat. À force de multiplier les correspondances entre les corps, les fantasmes et les images, Schoenbrun réduit parfois la part d'inconnu qui devrait alimenter son univers. Le mystère demeure visuellement présent, mais il se trouve régulièrement accompagné d'un discours qui en précise trop ostensiblement la portée. Quant à l'humour, souvent bienvenu lorsqu'il s'attaque aux automatismes de l'industrie cinématographique, il se révèle plus inégal lorsqu'il vient désamorcer des situations qui auraient gagné à conserver leur gravité.
Il serait néanmoins injuste de réduire *Teenage Sex and Death at Camp Miasma* à ses excès de conceptualisation. Sa singularité tient aussi à une qualité devenue relativement rare : la volonté d'aborder le désir sans le rendre systématiquement confortable, exemplaire ou facilement intelligible. Le film s'intéresse à cette zone incertaine dans laquelle nos attirances ne coïncident pas nécessairement avec les discours que nous tenons sur nous-mêmes. Sa réflexion sur la mémoire des images possède ainsi une portée qui dépasse largement le cinéma d'horreur. Nous ne sommes pas seulement façonnés par les œuvres que nous admirons ; nous le sommes aussi par celles qui nous dérangent, nous embarrassent ou nous révèlent quelque chose que nous préférerions ignorer. Les intuitions les plus fortes de Schoenbrun résident dans cette absence de transparence entre la conscience et le désir, et dans l'idée que les fictions peuvent constituer aussi bien des espaces d'enfermement que des possibilités d'émancipation.
*Teenage Sex and Death at Camp Miasma* est finalement un film dont on admire davantage les intuitions qu'on ne se laisse entièrement emporter par leur réalisation. Son inventivité plastique, son humour macabre et la remarquable complémentarité de ses deux interprètes principales lui confèrent une personnalité indéniable, mais son écriture démonstrative et son instabilité narrative l'empêchent d'atteindre toute la puissance émotionnelle à laquelle il aspire. Jane Schoenbrun possède incontestablement un regard, une sensibilité et une manière personnelle de penser le cinéma par le cinéma. Il lui manque ici une forme de retenue, non pour assagir son imaginaire, mais pour permettre à ses idées de produire leurs effets sans devoir constamment les expliquer. Reste une œuvre généreuse, parfois fascinante, parfois laborieuse, qui comprend une chose essentielle : ce ne sont pas toujours les images les plus innocentes qui nous accompagnent le plus longtemps. Encore faut-il, pour qu'elles nous bouleversent véritablement, leur laisser une part de mystère.
Spoilers:
spoiler: Dans le cinéma d'horreur, le désir a longtemps été une condamnation à mort. Il suffit de faire l'amour, de transgresser un interdit ou de s'abandonner à ses pulsions pour devenir la prochaine victime d'un tueur masqué. Avec *Teenage Sex and Death at Camp Miasma*, Jane Schoenbrun entreprend de renverser cette mécanique : et si la violence ne venait plus punir le désir, mais lui donnait au contraire une forme, un langage, une possibilité d'exister ? Derrière son titre volontairement outrancier et ses effusions de sang, le film poursuit ainsi une réflexion singulière sur la manière dont les images façonnent notre intimité, jusque dans ce que nous éprouvons de plus secret. Une proposition audacieuse, souvent inventive, dont l'intelligence ne suffit pourtant pas toujours à compenser les faiblesses dramatiques. Kris Williams, jeune cinéaste chargée de ressusciter une franchise horrifique vieillissante, entretient avec *Camp Miasma* une relation profondément contradictoire. Elle connaît les ressorts sexistes et transphobes de ces productions, sait parfaitement en identifier les représentations problématiques, mais demeure incapable de renier la fascination qu'elles exercent sur elle depuis l'enfance. C'est précisément dans cet écart entre le jugement intellectuel et l'attachement viscéral que le film trouve sa meilleure idée. On ne choisit pas nécessairement les images qui nous bouleversent, pas davantage que les fantasmes qu'elles contribuent à former. La rencontre de Kris avec Billy Presley, ancienne vedette du premier épisode devenue recluse, transforme progressivement cette contradiction en une expérience intime. La jeune réalisatrice, qui croyait pouvoir reprendre possession d'un imaginaire en le réinterprétant, découvre que celui-ci possède déjà une emprise considérable sur elle. Le cinéma cesse alors d'être un objet qu'elle observe pour devenir un territoire dans lequel elle se retrouve enfermée, avant d'apprendre à s'y déplacer autrement. Jane Schoenbrun manifeste une véritable intelligence plastique dans sa manière de faire exister cet univers. Les fausses archives de la franchise, les cassettes VHS, les produits dérivés et les séquences d'horreur volontairement rudimentaires composent une mythologie étonnamment tangible. L'artificialité n'est jamais dissimulée : les décors peints, les couleurs irréelles, les effets sanglants excessifs et les ruptures de registre participent d'un monde où la fabrication des images devient aussi importante que leur contenu. Le passage progressif d'un environnement relativement ordinaire à des paysages de plus en plus ouvertement factices constitue l'une des réussites de la mise en scène. Il traduit visuellement l'absorption de Kris par son propre imaginaire, jusqu'à rendre indiscernables le souvenir d'un film, la projection d'un fantasme et l'expérience vécue. Cette liberté formelle donne au long-métrage une identité certaine, même si son goût pour l'exagération finit parfois par produire l'effet inverse de celui recherché : à force de signaler constamment son caractère artificiel, l'horreur perd une partie de sa capacité à inquiéter. La relation entre Kris et Billy demeure heureusement le véritable centre de gravité du récit. Gillian Anderson compose une femme dont la séduction, l'excentricité et l'assurance apparente dissimulent une blessure beaucoup plus profonde. Sa présence possède quelque chose de simultanément chaleureux et inquiétant, comme si chaque geste pouvait relever aussi bien de la confidence que de la manipulation. Face à elle, Hannah Einbinder donne une consistance convaincante aux maladresses de Kris, à son agitation intellectuelle et à son incapacité initiale de se laisser traverser par une émotion sans chercher aussitôt à l'expliquer. Leur complicité fonctionne particulièrement bien lorsque les dialogues s'effacent au profit des regards, des hésitations et des contacts physiques. La révélation du traumatisme de Billy apporte alors une gravité bienvenue à un film qui aurait facilement pu se réduire à un exercice de provocation. La sexualité n'y apparaît plus seulement comme une force libératrice : elle reste inséparable de la mémoire du corps, de la peur de perdre le contrôle et de la difficulté à distinguer ce que l'on désire de ce que l'on a appris à subir. C'est néanmoins dans le traitement de ces questions que le scénario révèle ses principales limites. Schoenbrun possède des idées fortes, mais semble trop souvent éprouver le besoin d'en accompagner elle-même l'interprétation. Les conversations s'étirent, les métaphores se multiplient et certaines situations paraissent moins destinées à faire évoluer les personnages qu'à illustrer une réflexion déjà parfaitement identifiable. Le principe de Little Death, figure meurtrière dont le nom renvoie explicitement à l'orgasme, est particulièrement révélateur de cette tendance. L'idée d'un monstre tapi au fond d'un lac, capable de produire des films comme autant de manifestations du désir inconscient, possède une puissance évocatrice indéniable. Mais à mesure que ses implications sont exposées, ce qui pouvait demeurer mystérieux devient parfois excessivement démonstratif. Le récit substitue alors une logique symbolique à une véritable progression dramatique. Les personnages secondaires restent largement fonctionnels, la satire de l'industrie cinématographique manque de mordant et la succession des débordements fantastiques finit par atténuer leur singularité. Le film ne souffre pas de son étrangeté, mais de sa difficulté à lui ménager des résistances, des silences et des conséquences suffisamment fortes. La dernière partie concentre cette ambivalence. Lorsque Kris et Billy semblent succomber à Little Death avant de réapparaître couvertes de sang, la mort cesse d'être une fatalité pour devenir une expérience de transformation, presque un abandon extatique. Le retour de la cassette vidéo achève de brouiller les frontières entre les personnages et les images qui les ont façonnés. Quant à leur passage dans une supérette, il offre un contraste réjouissant entre l'horreur traversée et la simplicité retrouvée du quotidien. Il y a quelque chose de touchant dans cette possibilité de sortir d'un cauchemar sans chercher à en effacer les traces. Pourtant, cette résolution laisse aussi une impression de facilité : l'accumulation des violences et des traumatismes débouche sur une forme d'apaisement dont le film a davantage préparé la signification que véritablement construit la nécessité émotionnelle. L'ambiguïté des événements demeure stimulante, mais elle ne suffit pas à donner rétrospectivement toute leur force aux détours empruntés pour y parvenir. *Teenage Sex and Death at Camp Miasma* reste une œuvre attachante par son audace, son inventivité visuelle et la sincérité perceptible de ses préoccupations. Jane Schoenbrun ne se contente pas de tourner en dérision les conventions du slasher : elle cherche à comprendre pourquoi des images qui nous effraient, nous blessent ou nous enferment peuvent également devenir les instruments de notre émancipation. Cette interrogation mérite mieux qu'une simple démonstration, et c'est précisément ce qui rend les insuffisances du film frustrantes. À vouloir tout faire signifier, la cinéaste affaiblit parfois la spontanéité et le trouble qui devraient constituer la matière même de son récit. Reste une proposition personnelle, traversée de belles intuitions, dont les moments les plus justes surviennent lorsque le discours s'interrompt enfin et que deux êtres, derrière les masques, le sang et les fantasmes, commencent simplement à se rencontrer.
Un film plutôt intéressant, avec une ambiance particulière et un sujet qui intrigue, mais qui ne m’a pas totalement convaincu. Ça se regarde sans déplaisir, avec quelques bons moments, mais l’ensemble manque un peu de profondeur et d’impact pour vraiment marquer les esprits. Un film correct, sans être inoubliable
Teenage Sex… est un peu le Sunset Boulevard du slasher : un film étrangement méta, qui est conscient de ses propres codes et les observe presque de l’intérieur. Il joue avec les conventions du genre sans jamais les renier, les détourne pour mieux les renouveler. Une manière intelligente et ludique de réinventer le slasher tout en comprenant parfaitement ce qui fait son charme.
Comme il est rassurant qu'en 2026 un film indépendant comme "Teenage sex and death at Camp Miasma" de la réalisatrice transgenre Jane Schoenbrun arrive sur nos écrans !
Le film a divisé la critique, certains jugeant l'esthétique du film décevante, il est vrai que le goût et les couleurs...J'ai pour ma part été en grande partie séduit par la photogénie du film. Les images sont belles, originales et le visuel pour une grande majorité des séquences largement réussi. Nous sommes loin ici des produits stéréotypés made in Netflix.
Quant à l'histoire, je crois que pour ce genre de film il n'est pas utile d'essayer de comprendre le film intellectuellement mais plutôt de ressentir l'énergie qui circule à l'image par exemple des films de David Lynch. Je ne sais pas si c'est voulu mais parfois dans sa mise en scène le film m'a aussi rappelé l'univers de Wes Anderson. Jane Schoenbrun nous montre qu'il est encore possible de s'émerveiller au cinéma sous le regard d'une nouvelle réalisatrice. I love you always forever.
Le film a divisé la critique, certains jugeant l'esthétique du film décevante, il est vrai que le goût et les couleurs...J'ai pour ma part été en grande partie séduit par la photogénie du film. Les images sont belles, originales et le visuel pour une grande majorité des séquences largement réussi. Nous sommes loin ici des produits stéréotypés made in Netflix.
Quant à l'histoire, je crois que pour ce genre de film il n'est pas utile d'essayer de comprendre le film intellectuellement mais plutôt de ressentir l'énergie qui circule à l'image par exemple des films de David Lynch. Je ne sais pas si c'est voulu mais parfois dans sa mise en scène le film m'a aussi rappelé l'univers de Wes Anderson. Jane Schoenbrun nous montre qu'il est encore possible de s'émerveiller au cinéma sous le regard d'une nouvelle réalisatrice. I love you always forever.
Synthèse orgiaque de la frénésie des suites constitutives des grandes sagas horrifiques américaines à laquelle il rend hommage, Teenage Sex and Death at Camp Miasma pousse la logique du remake dans ses retranchements, retourne les coutures d’un vêtement avant tout tape-à-l’œil et opportuniste, ayant vocation à tirer profit du succès rencontré par une œuvre originale, pour dévoiler les singularités du corps et de l’âme qui le portent. De l’œil, organe lié à la pulsion scopique, nous passons à
spoiler:
la poitrine
et à l’éveil de la jeune cinéaste, adoubée au festival de Sundance, à spoiler: la sexualité inhérente au film de genre, et qui plus est au slasher, que la comédienne d’autrefois Billy Presley définit comme fusion de la chair et des fluides.
En cela, le long métrage corrige avec malice et audace les postulats spoiler: transphobes et sexistes
qui fixaient les codes du genre spoiler: (monitrices vierges et naïves, moniteurs portés sur la chose)
et qui accompagnaient la suspicion de schizophrénie du bourreau iconique, justement prénommé « Little Death » – par référence, peut-être, au sort réservé aux personnages spoiler: transsexuels
? – en feignant de s’y adonner pleinement : la projection de séquences du premier film, dont certains plans sont répétés à l’instar du vinyle arrivé en bout de course, l’énumération de produits dérivés, des VHS aux jouets, la consommation de malbouffe sucrée, salée et grasse, tout cela forme autant de rites initiatiques pour comprendre et corriger de l’intérieur, spoiler: dans et par sa jouissance de cinéaste, cette collection de stéréotypes rétrogrades
. Le corps de Kris réagit de la même manière que le flux des images, reproduit des élans libertaires spoiler: parce que masturbatoires, célèbre le polyamour comme définition parfaite de la cinéphilie, plutôt cinéphagie.
« I am my work », affirme-t-elle justement. Un film jouissif.
et à l’éveil de la jeune cinéaste, adoubée au festival de Sundance, à spoiler: la sexualité inhérente au film de genre, et qui plus est au slasher, que la comédienne d’autrefois Billy Presley définit comme fusion de la chair et des fluides.
En cela, le long métrage corrige avec malice et audace les postulats spoiler: transphobes et sexistes
qui fixaient les codes du genre spoiler: (monitrices vierges et naïves, moniteurs portés sur la chose)
et qui accompagnaient la suspicion de schizophrénie du bourreau iconique, justement prénommé « Little Death » – par référence, peut-être, au sort réservé aux personnages spoiler: transsexuels
? – en feignant de s’y adonner pleinement : la projection de séquences du premier film, dont certains plans sont répétés à l’instar du vinyle arrivé en bout de course, l’énumération de produits dérivés, des VHS aux jouets, la consommation de malbouffe sucrée, salée et grasse, tout cela forme autant de rites initiatiques pour comprendre et corriger de l’intérieur, spoiler: dans et par sa jouissance de cinéaste, cette collection de stéréotypes rétrogrades
. Le corps de Kris réagit de la même manière que le flux des images, reproduit des élans libertaires spoiler: parce que masturbatoires, célèbre le polyamour comme définition parfaite de la cinéphilie, plutôt cinéphagie.
« I am my work », affirme-t-elle justement. Un film jouissif.
Le film mérite très largement la hype que le monde lui donne !
J’aurais très sincèrement pu mettre 5 étoiles mais spoiler: la séquence où elle arrive seins nus dans le salon m’a un peu sorti de la vibe du film même si elle s’intègre bien à l’histoire…
J’aurais très sincèrement pu mettre 5 étoiles mais spoiler: la séquence où elle arrive seins nus dans le salon m’a un peu sorti de la vibe du film même si elle s’intègre bien à l’histoire…
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