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Teenage Sex And Death At Camp Miasma
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Gregg S.
31 abonnés
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3,5
Publiée le 20 septembre 2026
Une interprétation magistrale, une musique grandiose et une réalisation de haute volée, malheureusement plombés par une approche beaucoup trop métaphysique de ce qu'aurait du être ce film : une bonne comédie gore. C'est d'autant plus dommage que le sang soit en CGI alors que l'esthétique années 80 était parfaitement travaillée.
spoiler: Avec Teenage Sex and Death at Camp Miasma, le commentateur aura la possibilité d'utiliser les termes idoines : slasher, meta, gore, woke, queer, etc. Par ailleurs, pas de panique pour les non amateurs de cinéma de genre, les références explicites au merveilleux Boulevard de crépuscule de Billy Wilder ont de quoi stimuler la nostalgie et l'excitation. Le film de Jane Schoenbrunn, au-delà de sa révérence émue et en même temps ironique au slasher, donc, comme symbole de la découverte adolescente de la peur mêlée à l'exaltation, est avant tout un objet hyper ludique, aux grilles de lecture multiples. À ce titre, le bémol éventuel concernerait la trop grande place accordée aux dialogues, parfois explicatifs, lesquels en contrepartie sont tout de même l'occasion d'admirer l'alchimie du duo constituée d'Hannah Einbinder et de l'extraordinaire Gillian Armstrong, somptueuse réincarnation de Gloria Swanson dans le long métrage que vous savez. Les vrais amateurs du genre ont de quoi siphonner du plaisir, tout en regrettant peut-être égoïstement que le film ne manque pas de parler également aux profanes, par sa créativité et son aspect pop mortel. À partir du moment où il s'agit d'une œuvre dédiée aux amoureux du cinéma et aux fantasmes qu'il convoie, n'est-il pas ouvert à toutes les sensibilités, voire œcuménique, nonobstant ou à cause de son caractère transgressif ou régressif ? Et ce n'est pas trop slasher payé.
Projet atypique et queer, Teenage sex death at camp Miasma est une œuvre visuellement puissante où le gore est burlesque et les scènes de poursuite ressemblent à un jeu vidéo des années 90. Si l'on perçoit, notamment à travers une belle mise en abyme, un sincère amour du genre, on peut regretter que le film n'aille parfois pas plus dans ses expérimentation. Pour qui a vu du Lynch, du Cronenberg et du Araki, le film n' apparaîtrait pas très audacieux surtout que le quatrième mur a déjà été explosé depuis longtemps. Finalement assez peu original dans sa construction narrative, le film ouvre des débats intéressants sur la question du genre et de la représentation des minorités dans le cinéma d'horreur, il spoiler: se présente surtout comme une comédie autour de la sexualité féminine et de spoiler: la fascination teintée de sadisme de l'héroïne pour le tueur du film
En allant du côté de la quasi farce, la réalisatrice passe un peu à côté de la psychologie des personnages réduits à peu de choses même si mes actrices excellent. Le film me semble inférieur au très beau I saw the tv glow de la même réalisatrice, beaucoup plus dérangeant et anxiogène. L'objet de cinéma et les thèmes abordés sont assez passionnants même si le film reste malgré tout un peu sage. A voir cependant au moins pour ses qualités plastiques.
Le film est bien le film Meta annoncé qui perd son spectateur sans le distancer trop. Si les règles du jeu sont acceptées c’est un bon plaisir avec les références classiques du slasheur démontées au prisme d’une vision Queer. Vision qui ne semble pas réussir à couper le cordon ombilical même à la lance (pour ceux qui ont vu le film). Un film qui donne envie de lire, de comprendre avant de le ressentir autrement une seconde fois.
Film visionné lors d’une des 25 projections françaises, très belle réinterprétation du slasher, les deux actrices principales sont sublimes et particulièrement touchantes
Le film arrive à nous plonger dans une forme de Meta film où finalement à force de chercher à comprendre le processus de création et le fonctionnement des émotions, l'héroïne finit dévorée par son sujet. Hanna Einbinder est stupéfiante dans le rôle de Kris, la jeune movie maker, Gillian Anderson est inquiétante dans le rôle de Billy. Mention spéciale à Amanda Fix, qui incarne la jeune Billy.
L'ensemble du film questionne le rôle du désir, de la femme dans les films des genres horrifiques et les slashers. Avec cette éternelle question de la sexualité au sein du genre. Cela nous ramène à cette obsession déjà présente dans Halloween autour de la nudité des femmes et du rapport de domination. Ici, l'orgasme donne un pouvoir de création à Billy permettant également de contrôler le monstre, mais également de voir à travers ses yeux. La sexualité est de même traitée d'une manière très assumée où la première fois de Billie est quasi la description d'une dissociation. On en vient à ne plus savoir ce qui est de l'ordre de la fiction, du réel, ni à différencier le film du meta film. Les pistes se brouillent et le spectateur se retrouve à devoir analyser les séquences.
Elles finissent par constituer une dénonciation du diktat de la sexualité, les rites de passage, ainsi que la représentation de la nudité des actrices dans un monde de violence envers leur corps. Si on floute la frontière entre la première fois de Billy et son personnage, c'est peut-être aussi pour dénoncer le nombre d'agressions sexuelles ayant eu lieu durant des tournages de scène intime. Du moins, l'ensemble de ce film de Jane Schoenbrun donne une sensation de vertige et de trouble.
Ce brouillage progressif entre fiction et réalité finit par déplacer la place même du spectateur. Il n'est plus uniquement devant un slasher dont il connaît les conventions, il doit constamment déterminer à quel niveau de représentation appartient ce qu'il regarde. Kris subit le même déplacement : venue reconstruire une franchise, elle cesse progressivement d'être cette observatrice extérieure face à Billy et à l'univers de Camp Miasma. Le Meta film devient alors moins un jeu cinéphile qu'une contamination, la fiction absorbant ceux qui pensent encore pouvoir la regarder à distance.
Un film à rebours de bien d’autres productions standardisées américaines. Ingénieux et plastiquement inventif, le film intrigue et produit une petite secousse. La musique est également finement choisie.
Un slasher qui se dévore lui-même : logique lynchienne, VHS et fausse neige, Anderson et Einbinder livrées à un délire queer et viscéral. Du cinéma qui sait qu'il en est un.