Où l’ennui règne en maître
Décidément, la filmographie de Stéphane Demoustier ne se contente pas d’être superbe, elle est aussi très variée. De Terre battue en 2014, à ce ce thriller dramatique, en passant par la fille au bracelet, Borgo et surtout L’inconnu de la grande arche, il n’y a décidément pas grand-chose à jeter. Aussi ces nouvelles 93 minutes m’ont-elles un peu laissé sur ma faim. Il fait anormalement chaud sur les plages des Landes et Marouane, 17 ans, passe sa dernière journée au camping avec une angoisse : le corps qu’il a enseveli la veille sur la plage va-t-il apparaitre au grand jour ? Marouane se demande par ailleurs s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia… Oui une déception, car le cinéaste ne tire pas vraiment profit d’un bon point de départ et nous laisse dans un entre-deux mollasson et un tantinet monotone… La chaleur sans doute !
Au-delà de l'aspect thriller du film, le réalisateur voulait surtout dresser le portrait d'un adolescent de notre époque. Certes le personnage est atypique et il a des relations difficiles avec son entourage, famille, copains et même Giulia, sont très joli flirt. Mais sa bouderie permanente, ses allers retours constants, son indécision et le manque de tension dramatique qui s’en suit finissent par lasser. Dommage, car, même si on ne ressent aucune empathie pour le « héros », on aurait aimé se passionner pour un vrai suspense, ou à défaut pour une quelconque tension. Mais non, et ce n’est pas le twist final qui apporte quoi que ce soit. Enfin, le fait que ce film se soit tourné avec un budget plus que modéré n’explique, ni excuse la faiblesse du scénario. Une bonne idée ne suffit pas à faire un film, encore faut-il en faire quelque chose.
Le casting est entièrement constitué d’inconnus du grand public. A cet effet Hadrien Hussein, Tristan Richard, Martina La Manna, - un petit accessit particulier pour sa très jolie présence -, Noël Houssard, Zakariya Gouram, Cécile Ducrocq, font le boulot, mais avec cette espèce de mollesse ambiante qui fait qu’on a du mal à adhérer à leurs problèmes, somme toute banals. Reste la qualité de la photographie, la maîtrise technique – du montage en particulier -, et une belle direction d’acteurs parmi lesquels certains – es – se révèleront peur être. Tout ça ne remet pas en cause mon admiration pour ce cinéaste, dont le talent n’est nullement remis en question, mais savoir détecter, ici, un léger coup de mou… Je me répète, la chaleur sans doute.