L’ovni de l’année! Le succès de « Obsession » en salles est historique. Il a fait le buzz sur les réseaux et est surtout devenu l’un des films les plus rentables de tous les temps. C’est encore plus dingue quand on sait qu’il s’agit d’un film à très petit budget, qui n’est pas une adaptation, et qui a été créé notamment par un gars venant d’internet. En France, le film a réussi à faire plus d’entrées dans sa 4e que dans sa 3e semaine d’exploitation. Il finira alors sa carrière un peu au-delà du million d’entrées, chose rare dans le genre épouvante/horreur. Comme quoi, le bouche à oreilles peut avoir des effets remarquables. Cet immense succès surprise m’a poussé à aller le voir, et, oui, ça valait le coup.
Déjà, et malgré la plutôt longue durée pour ce genre de métrage, je n’ai pas vu le temps passer. Il y a une certaine énergie accrocheuse qui s’en dégage. D’ailleurs, ma salle de ciné est restée silencieuse tout du long. Cette horreur psychologique et malsaine ne fait que monter en tension. « Obsession » part pourtant d’un postulat de base très simple, mais parvient à le pousser à l’extrême. Il y a des moments gore, des moments de gêne surtout, et le film a quelques scènes vraiment marquantes. Ce que j’ai clairement apprécié avec le film, c’est qu’il reste toujours focus sur l’essentiel. Tout s’articule autour de l’amour et l’obsession entre ces 2 jeunes. « Obsession » n’en fait pas de trop, il n’y a pas de bout de gras, pas de perso inutile ou rien qui ne sert pas le récit. On reste centré sur les 2 et cette idée de relation toxique poussée jusqu’à quasiment l’incontrôlable.
Comme beaucoup, je ne connaissais pas du tout l’équipe de ce film. Il est évident que ce Curry Barker marque ici un tremplin énorme dans sa carrière. J’ai trouvé la mise en scène du film oppressante et terriblement bien travaillée. Des plans du film sont assez ouf. Il y a assurément un gros taf sur les ombres et l’éclairage. J’ai adoré l’idée de filmer les personnages à contre-jour. Cela amplifie le mystère, le suspense, et, paradoxalement, la richesse de l’image. Face à la caméra, on retrouve une actrice bluffante qui va être appelé facilement maintenant pour jouer dans des films. Inde Navarrette interprète celle qui va subir ce fameux voeu, et réussi l’exploit d’être hyper magnétique, hypnotique à l’écran. Son perso est possessive et imprévisible. Elle arrive sans problème à faire peur, et à installer un malaise d’une force mémorable, tout comme son faciès. Si Barker et Navarrette paraissent donc prometteurs, j’en dirais pas tant pour celui qui joue le protagoniste. On arrive, certes, à avoir un peu de pitié et d’affection pour ce qui arrive à ce mec lambda. Cependant, le personnage masculin principal de l’oeuvre manque en effet de charisme et de naturel à mes yeux.
Enfin, la bande son joue un rôle, elle aussi, important dans ce film. Elle est angoissante et est là pour amplifier le ressenti émotionnel du spectateur. Je l’ai, par contre, trouvé peut être trop présente globalement.
Bref, « Obsession » est tout à fait efficace, sans être incroyable à mes yeux. Je vais me rappeler de ce film, mais ce ne sera pas non plus l’un de mes préférés de l’année, contrairement à certains j’imagine. Ce n’est pas mon de genre de film, et peut-être que j’en ai trop entendu parler. Mais je le recommande évidemment. À l’image de son budget et de sa comédienne principale, c’est petit mais puissant, et encourageant donc.