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Hector de Troie
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3,5
Publiée le 30 août 2026
Un film vraiment bizarre. Dès le début, Depardieu court sous une pluie battante, avant d’être arrêté et conduit dans un commissariat perdu au milieu de nulle part. Tout est trempé, froid, sombre et malsain. On a presque froid avec lui. Pendant tout le film, quelque chose ne va pas, sans qu’on puisse vraiment dire quoi.
Onoff, écrivain célèbre, ne se souvient plus de ce qu’il faisait avant son arrestation. Le commissaire, joué assez étonnamment par Roman Polanski, connaît son œuvre et entreprend de reconstituer sa vie. On pense alors être dans un polar assez classique : Onoff aurait peut-être tué quelqu’un, probablement sa femme, et l’enquête doit permettre de comprendre ce qui s’est passé. Ses souvenirs reviennent par fragments, entre son passé militaire, sa carrière d’écrivain et les événements qui ont précédé son arrestation.
Le film est particulièrement réussi dans son atmosphère. Cette Angleterre détrempée, le commissariat presque irréel, les personnages froids et l’impression permanente que quelque chose cloche donnent au récit une vraie étrangeté. J’ai parfois pensé à Stephen King, avec ce mélange de polar et de fantastique où l’on ne sait jamais exactement dans quel monde on se trouve.
Depardieu est très bon dans le rôle d’un homme brutal, cynique mais profondément désespéré. Il y a même des moments assez drôles, notamment lorsqu’il se moque de sa femme et de son amant. Son histoire d’écrivain est également intéressante : son rapport presque physique à l’écriture, qu’il compare à une forme de dépendance, donne au personnage une vraie épaisseur.
Et surtout, j’ai cru jusqu’à la fin qu’il était vivant. Le film nous fait réellement croire à une enquête sur un meurtre et à un homme qui aurait tenté de se suicider. Ce n’est qu’après coup que les éléments étranges prennent leur véritable sens : son absence de blessure cohérente, son impossibilité à joindre sa femme, les comportements inexplicables des policiers, la pluie omniprésente et toutes ces petites choses qui semblaient simplement ne pas fonctionner.
En comprenant finalement qu’Onoff est mort depuis le début et que le commissariat est une sorte de purgatoire, on peut reprendre tout le film et comprendre autrement ce qui nous paraissait bizarre. Ce n’est pas forcément un scénario parfaitement logique, mais c’est justement cette impression de malaise et de réalité détraquée qui fonctionne.
Un film très particulier, à la fois polar, fantastique et presque cauchemardesque. Pas toujours parfaitement maîtrisé, mais avec une atmosphère incroyable et un dispositif qui m’a réellement surpris. Il y a quelque chose dans ce film.
Le papier était vendeur, un duel entre Polanski et Depardieu. Mais le premier prouve rapidement être meilleur derrière que devant la caméra et le deuxième, malgré quelques belles envolées, ne parvient pas vraiment à hisser le tout vers le haut. Au travers d'un interrogatoire pour lequel on a ressorti les dialoguistes des années 1940, les deux hommes s'échangent beaucoup de curiosités. Et le film tente tant bien que mal de nous embarquer dans une étrange histoire sans qu'on accroche pour autant. C'est long, ça n'avance pas, et même quand ça avance, on ne ressent pas le plaisir qu'on devrait avoir.
Sur le mode de "Garde à vue", Guiseppe Tornatore enferme un flic et un type étrange et suspect de meurtre, qui se dit écrivain, dans un huis-clos épuisant. Mais à la différence du film de Claude Miller, réaliste et psychologique, Tornatore intègre dans la relation entre les deux hommes un rapport de force métaphysique où l'amnésie partielle du suspect entraine l'interrogatoire sur la pente vertigineuse, ou casse-gueule, de la psychanalyse. L'idée que le policier est un admirateur du romancier est une idée intéressante qui introduit et entretient un rapport ambigu entre les deux. Tandis que le décor comme irréel du huis-clos, sous un terrible orage, donne une touche tout à fait singulière au récit. Malheureusement, à trop entretenir le mystère à coup d'artifices, le réalisateur oublie de raconter une histoire sensée. A tel point que le dénouement laisse perplexe, qui ne relève pas précisément de l'énigme policière élucidée. Les dialogues ampoulés ne permettent pas d'éclairer le sujet ni d'interpréter l'attitude des personnages. C'est d'autant plus regrettable que la confrontation entre Gérard Depardieu et Roman Polanski était prometteuse.
Au debut on s'interesse, au milieu on se lasse et à la fin on est décu . Une fausse intrigue entretenue de façon artificielle pour finalement finir sur le néant.
Comment peut-on oublier qu’on a tué un homme? C’est la question cruciale qui se pose au milieu du film. C’est un film sur la mémoire mais également sur le fantasme ou la vérité. Qu’est ce que l’écrivain a écrit ? Qu’est-ce qu’il a vécu ??? Un film bien ficelé et à l’ambiance mystérieuse assez bien rendue. En cela il est différent de « garde à vue » dont il se rapproche par le huis-clos et le duel verbal. Intéressant
Quel film étrange, qui n’annonce pas la couleur. Chacun peut avoir sa propre interprétation : pour ma part, ce huis-clos ressemble à ce qui pourrait se passer dans « l’après », avec cette sorte de tribunal glauque destiné à faire la lumière sur « l’avant », avant de laisser « l’âme » aller vers le ciel. Si cette interprétation est la bonne (la scène du suicide accrédite la thèse), on est en présence d’une oeuvre sortant vraiment de l’ordinaire, avec un duo d’acteurs totalement hors normes. Et quel rendu ! Défaut principal, un peu long et répétitif. Si ma thèse est la bonne, j’aurais préféré que le synopsis l’annonce. En tout cas un cinéma qui donne dans le haut de gamme.
Onoff (Gérard Depardieu), célèbre écrivain qui s'est retiré dans une maison de campagne, se retrouve par une nuit pluvieuse dans un commissariat vétuste. Il ne sait pas ce qu'il y fait et ne se souvient de rien. Il est bientôt interrogé par le commissaire (Roman Polanski), qui est l'un de ses plus fervents admirateurs et lui apprend qu'un meurtre a eu lieu... D'entrée de jeu, le sentiment d'absurde et de déréliction est poussé à l'extrême, créant chez le spectateur un mélange de malaise et de curiosité. Le face à face entre les deux monstres sacrés du cinéma est assez fascinant, d'autant qu'il est servi par d'excellents dialogues. Face à Gérard Depardieu, toujours charismatique, Roman Polanski se montre très à l'aise dans ce personnage ambigu et ambivalent, tour à tour sadique et bienveillant. Ce huit-clos baigne dans une atmosphère kafkaïenne jusqu'au dénouement final, inattendu et poétique. Film italien de Giuseppe Tornatore (à qui l'on doit le fameux "Cinema Paradiso"), "Une pure formalité" est une oeuvre insolite et déconcertante, qui peut rebuter le spectateur ou au contraire le charmer du fait de son étrangeté.
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0,5
Publiée le 19 avril 2021
J'ai regardé Une pure formalité avec une certaine fascination en attendant que quelque chose se passe. Mais rien ne s'est produit dans cette histoire. Comme le film met en vedette Roman Polanski et Gérard Depardieu je l'ai regardé jusqu'à la fin. Au début je n'ai pas réalisé ce qui s'était passé mais mon subconscient a travaillé dessus et à trois heures du matin je me suis réveillé et j'ai réalisé qu'il s'était rien passé. Par conséquent une grande partie du mystère et de la confusion dans mon esprit concernant le film a été éclaircie. Il y a une tempête un black-out et une pluie incessante. Le vieux poste de police de campagne il y a des bougies partout dans la pénombre. L'eau s'égoutte dans les bols et les tasses. Et pourtant rien ne se passe. La critique disait c'est le meilleur film de tous les temps il y a des rebondissements incroyables et autres superlatifs. Je n'ai rien trouvé de tel a part que Roman Polanski est aussi mauvais acteur que réalisateur...
Huis-clos sombre et intriguant dans lequel Gérard Depardieu est impeccable comme toujours, ici face à Roman Polanski. Belle musique signée Ennio Morricone !
Super huis clos. Le duo Depardieu Polanski est génial . un beau jeu du chat et la souris , le tout dans un bon suspense. Seul bémol il est un peu longuet dommage .
Un huis clos , forme d'enquête policière , où Polanski joue très bien un inspecteur de police , questionnant Depardieu , assassin présumé. Le face à face fonctionne très bien , le jeu des acteurs est excellent même si l'intrigue est un peu juste,et le scénario simpliste.
On peut détester Depardieu l’homme mais le comédien est bel et bien le plus grand acteur français actuel. Il nous prouve une fois de plus l’étendue de son talent dans ce film et passe de la colère, même cruauté à la tristesse et au questionnement puis à la résignation. Onoff, le grand écrivain qu’il joue se retrouve dans un huis clos au commissariat et bloqué la nuit par une pluie abondante, une coupure d’électricité et de téléphone. Face à lui Polanski, le commissaire qui a lu et relu ses livres jusqu’à connaitre par cœur des passages l’interroge par pure formalité mais se transformera au fil de la nuit en véritable interrogatoire. Un cadavre a été trouvé près de la maison d’Onoff. Qu’a-t-il fait la veille ? Qui est la victime ? Est-il impliqué ? Depardieu est magistral face aux photos retrouvées par le commissaire puis face aux pages blanches de sa déposition. A voir pour ce superbe face à face.
Un film plutôt bien réalisé mais sans grand intérêt malgré le très bon Depardieu. Un huis-clos moite, trop simple, assez creux. Ça aurait pu être génial vu l'idée de départ. 3,1/5
Que dire de ce film? C'est un film artistique et complexe. C'est un formidable duo d'acteurs: Depardieu est magnifique et Polanski, moins prolifique, est pas très bien aussi. Malgré le huis-clos, les longues joutes verbales, on ne s'ennuie pas. Pourtant l'histoire bien que simple, on interroge quelqu'un, un célèbre écrivain soit-disant, pour un possible meurtre. Mais au fur et à mesure que le film avance, que certains détails apparaissent on reste dans l'expectative et le questionnement. Tout reste flou et énigmatique. Il faut être prêt à se poser des questions. Les images sont belles, les décors aussi, les lumières, on sent que c'est travaillé et c'est beau. C'est plus que La Légende du pianiste sur l'océan à mon avis. La musique de Morricone ne me laissera pas un grand souvenir par contre. Comme dit plusieurs fois, ce film mérite surement plusieurs visionnages pour en capter tout la complexité et la subtilité et peut-être répondre à certaines questions.