Terreur aveugle
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Barry.L
Barry.L

36 abonnés 136 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 février 2017
''Terreur aveugle'' est un film réalisé par Richard Fleischer en 1971. Au cinéma, on ne peut pas dire qu' un film serve à quelque chose ou doit être utile. Faisons exception de ''Terreur aveugle'' qui ne sert qu'à une seule chose : confirmer le talent de Fleischer et son art des cadrages. C'est d'ailleurs à peu près tout ce que l'on retient du film.

''Terreur aveugle'' fait parti de ces films qui ne repose que sur une idée de scénario. Une idée qui est censée faire un film à elle toute seule : à la suite d'une chute de chevaux, Sarah devient aveugle. Elle est alors hébergée dans l'immense maison de sa tante. Un séjour qui va être bien être mis à mal par la présence d'un dangereux assassin, qui voudra l'éliminer. Cette histoire, on l'avait déjà avec un film de Terence Young, ''Seule dans la nuit'' (avec Audrey Hepburn). Unique variation : l'espace. D'un appartement, on passe à une très grande maison de la campagne anglaise.

''Terreur aveugle'' est sans aucun doute une œuvre très inégale. La force du film est dû à la rigueur de la mis en scène. La caméra de Fleischer se déplace élégamment de pièce en pièce dans de longs plans qui opposent constamment le visage terrifié de Sarah aux bottes du tueur. Par ailleurs, comment faire impasse sur la composition des plans ? Sans cesse, le cadre se divise de manière évidente en 1er, 2ème voir 3ème plan (on a parfois l'impression d'être face à des tableaux). De plus, Fleischer manie parfaitement le hors-champs en cachant au spectateur certains éléments. Cela permet ainsi de nous mettre sur un pied d'égalité avec Sarah qui, tout comme le spectateur, ne peut pas voir les détails les plus importants (le visage de l'assassin, par exemple). Cet art de la caméra est superbe et est (hélas) la seule qualité du film. La mis en scène permet surtout d'échapper à l'impression de théâtre filmé (qu'on pouvait ressentir devant ''Seule dans la nuit'').

Problème, à part la mis en scène, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Le scénario ? Vide, surtout au bout d'1 heure, où Mia Farrow dans la boue fait penser à une aventurière de Koh-Lanta pour aveugle. En plus, on se contre-fiche royalement de l'identité du coupable ( spoiler: à la fin, on ne sait même pas pourquoi il a tué tant de personne!
). Le suspense ? Inexistant, on devine comment ça se termine bien avant la fin et à part deux moments assez terrifiants, on ne ressent pas grand chose. Les acteurs ? Bah, faut aimer Mia Farrow (qu'est-ce qu'on peut dire de plus...

Film mineur de Richard Fleischer, ''Terreur aveugle'' prouve que son réalisateur est un véritable maestro de la caméra. Aussi virtuose qu'un Hitchcock, Fleischer peine néanmoins à donner de l'intérêt à son histoire, qui s'essouffle au bout d'1 heure de film. Hitchcock s'en sort vainqueur car il combine une mis en scène virtuose à un scénario ni trop simple ni trop compliqué (parfois il est vrai, trop mécanique). En revanche il faut bien admettre que formellement, ''Terreur aveugle'' a vraiment dû influencé De Palma, période ''Pulsions'' et ''Body double''. Au final, ''Terreur aveugle'' se laisse voir pour ses cadrages et ses mouvements de caméra, point.
JoeyTai
JoeyTai

25 abonnés 482 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 décembre 2011
Richard Fleischer a fait beaucoup plus palpitant que ce pâlot "Terreur aveugle". Certes, certains éléments sont intéressants. L'idée d'une fille aveugle évoluant dans un univers où rôde un tueur fou ouvre bien des perspectives. La mise en scène n'est pas mauvaise en soi : efficace, soignée, mais loin de palier la banalité et la petitesse du scénario. Car on a ici peu de rebondissements, de questionnements transcendants ou autres. Le décalage entre les gestes paisibles d'une aveugle et une maison où un massacre général vient d'être commis est bien rendu. Mais le film ne bénéficie pas de l'exceptionnel huis-clos de "Seule dans la nuit", qui décuplait le combat à mort entre la non-voyante et si vulnérable Audrey Hepburn et un criminel impitoyable. "'Terreur aveugle" n'apporte finalement pas grand chose au septième art.
Caine78

7 745 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 mars 2017
Sans être un Richard Fleischer majeur, « Terreur aveugle » n'en reste pas moins une belle démonstration du talent de son auteur, notamment en matière de réalisation. Sans être aussi captivant ni terrifiant qu'espéré, le film fait en revanche son effet niveau mouvements de caméra, décors exploités à la perfection et sens aiguisé du détail. Sur un thème de thriller très classique mais pimenté par le fait que l'héroïne soit aveugle, le cinéaste se plaît à jouer sur un sens de l'espace et du cadrage remarquablement maîtrisé, une réelle efficacité se dégageant de plusieurs scènes spoiler: (notamment lorsque l'on découvre les différents cadavres que l'héroïne ne peut voir)
, sans oublier un regard sur la nature humaine moyennement reluisant... Après, c'est souvent la limite du genre : le point de départ a beau être efficace, on en a assez rapidement fait le tour, même sur 85 minutes. Mais bon, malgré ses limites l'ensemble se tient très correctement et bien que sans grande surprise dans son déroulement, le talent de Fleischer emporte la mise : du travail de (vrai) pro.
this is my movies

820 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 avril 2018
(...) Là où la plupart des cinéastes font des thrillers et des films d'horreur nocturnes par facilité, mais aussi afin de privilégier les effets de surprise, les fameux jump scare, Fleischer place la majorité des actions en plein jour. En effet, quand Sarah rentre chez elle la nuit, il ne se passe pas grand chose, notre attention étant portée sur quelques petits détails qui prendront plus d'importance le lendemain (une gourmette par terre). C'est un choix pertinent et surtout, qui joue sur le fait que l'héroïne elle-même est déjà dans le noir, du fait de sa cécité. Ainsi, nous somme plus intrigués et angoissés par ce qu'elle ne voit pas mais que nous, nous voyons parfaitement. L'auteur glisse peu à peu des indices et des stigmates de l'horrible drame qui s'est déroulé durant l'absence de Sarah, avec une douille chassée par le vent, du verre brisée sur le sol de la cuisine, un cadavre qui apparaît dans un coin du plan. Autant d'effets d'angoisse qui ne sont pas ponctués d'un éclair de violon strident, la composition d'Elmer Bernstein restant assez discrète, malgré un excellent thème principal. Et puis, lorsque le film abandonnera le style angoissant, ça sera pour nous trousser un effet de surprise d'autant plus brillant que nous savions pourtant que cet élément était présent. Génial. Du coup, la mise en scène de Fleischer devient très pointue. Afin de se plier à cet exercice de style, le cinéaste compose ses plans avec une grande précision, tout comme chacun des mouvements de caméra devient le résultat d'une grande préparation. C'est ainsi que nous alternons avec des plans près du sol (pour créer un effet d'angoisse dans la cuisine par exemple, avec le verre brisé au sol), d'autres vu d'en dessous et penchés (pour révéler in fine la présence d'un cadavre), des panoramiques qui s'arrêtent sur un petit détail ou bien encore la présentation du tueur d'un point de vue particulier (soit en partant de ses bottes, soit en s'attardant sur sa gourmette). Pour parvenir à un tel résultat, il ne faut pas arriver sur le tournage en ne sachant pas quoi faire, c'est le résultat d'une préparation minutieuse en amont, avec une équipe artistique qui s'est posée beaucoup de questions et qui a travaillé de concert. Au niveau des mouvements de caméra, on est dans l'élégance même, surtout dans la première partie du film. Les cadres sont bien pensés, les décors sont très chargés (constituant autant d'obstacles à l'héroïne), les mouvements sont fluides, et ce n'est qu'après, quand l'action s'emballera, que l'on trouvera quelques plans à l'épaule, avec un cadre qui tremble. De la même façon, si certains mouvements sont brutaux, Fleischer n'abuse pas du zoom comme la plupart de ses confrères durant cette décennie. (...) En clair, c'est une petite pépite du genre, qui est à découvrir d'urgence, afin de se délecter de l'impressionnant travail de mise en scène de son auteur. La critique complète sur thisismymovies.over-blog.com
Philippe G.
Philippe G.

30 abonnés 185 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 novembre 2016
J'avoue ne pas comprendre la tiédeur des internautes à propos de ce petit chef d'œuvre qui pour moi est une sorte de Giallo à l'anglaise que n'aurait pas renié Dario Argento. Thriller époustouflant où la plupart des scènes de frissons se jouent sur le cécité de Mia Farrow qui ne peut voir des choses que NOUS, spectateurs, nous pouvons justement voir. Par exemple les pieds qui dépassent du fauteuil, tandis qu'elle traverse le salon et que la caméra est à ras du sol. Et puis la musique je crois de Elmer Bernstein...
Non, c'est là un film à voir absolument.
BlindTheseus

347 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2009
Plus qu'interessant un thriller jouant sur les contrastes et cette volonté éternelle de faire taire ceux qui gênent ou de tenter de les faire passer pour de complets imbéciles. l'histoire décolle assez vite et si le script est un peu maigre on passe de séquence en séquence avec la plus grande efficacité. Jouissif, réaliste.
cylon86

2 831 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 octobre 2016
Sarah, jeune femme aveugle, rentre d'une promenade sympathique dans la villa de son oncle et de sa tante. Elle ignore alors que tous les habitants de la maison ont été assassinés par un mystérieux tueur aux bottes de cow-boy et qu'elle va alors devenir la cible de cet assassin implacable... Petit thriller sans prétention réalisé en Angleterre par l'expert Richard Fleischer, "Terreur aveugle" est un film mineur dans la filmographie du cinéaste. Certes, il vient mettre sa mise en scène experte au service d'un scénario bien mince mais il ne parvient qu'à rendre franchement palpitants les moments dans la maison (ceux où Sarah se promène de pièce en pièce, ne pouvant voir les cadavres se trouvant à certains endroits, le retour du tueur sur les lieux du crime) où il use d'un savant jeu de cadrage pour renforcer la tension, distiller des informations et user de son pouvoir sadique de metteur en scène sur le spectateur. Là où "Seule dans la nuit" (dans le même registre) embrassait la forme de son huis-clos et l'assumait de bout en bout, "Terreur aveugle" ne cesse de s'offrir des scènes en dehors de la maison venant diluer la tension et la noyer dans un scénario qui manque cruellement de souffle en dépit d'une mise en scène inspirée (les bottes pour caractériser le tueur) et d'une prestation assez physique de Mia Farrow, victime innocente et fragile.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 22 juin 2009
Bien réalisé mais pas de quoi s'accrocher aux accoudoirs, tout juste pourra t-on sentir une petite tension, l'intérêt du film se trouve plutôt dans la présence de Mia Farrow qui semble à cette époque touchée par la grace.
AMCHI

6 938 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 novembre 2019
Richard Fleischer fait encore éclater son talent dans ce film entièrement dédié au suspense (et scénarisé par Brian Clemens à qui l'on doit les meilleures épisodes de la série Chapeau melon et bottes de cuir) avec une remarquable efficacité et un climat plutôt sinistre et ce dès le début même s'il faudra attendre plusieurs minutes avant de plonger dans la terreur.
On suit le parcours d'une jeune fille aveugle (bien jouée par Mia Farrow) face à un tueur botté qui a massacré sa famille car on verra son visage qu'à la dernière minute (et finalement on s'en fiche un peu de son identité), il sera toujours filmé au ras du sol d'où la vue sur ses bottes, on ne sera jamais réellement ses intentions bien qu'une scène dans un bar semble nous faire deviner que c'est un être frustré.
Dans son ensemble Terreur aveugle tient la route malgré quelques petits défauts, la venue de Farrow chez les Gitans n'est pas assez exploitée et après s'être échappée de la cabane elle est trop facilement retrouvée mais c'est du pur thriller fait pour inquiéter son spectateur marchant parfaitement de plus la cécité de la victime nous donne encore davantage de frayeur et de pitié pour elle.
Estonius

4 726 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 mai 2018
Térence Young nous avait déjà fait le coup en 1967 avec Audrey Hepburn dans le rôle de "Super Miro". Ici c'est Mia Farrow qui s'y colle. Elle fait du cheval (mais elle tombe), elle trace la route toute seule, rencontre des gens (mais finit dans la boue). Dans la réalité une personne non voyante, ne ferait pas 100 mètres avant de se casser quelque chose, elle, non ! Passons ! Parlons alors ce cette histoire de gourmette, comme facilité de scénario débile, elle est forte celle-là. Les motivations du tueur, son identité, on ne saura jamais. Quant à la distribution si Mia Farrow fait un véritable abatage plutôt étonnant, le reste est bien mou. Le suspense, il n'y en a pas, la tension, non plus, l'intérêt il est mince, les frissons sont absents, la musique inappropriée, bref, ça ne va pas du tout, décevant surtout de la part de Fleischer dont les idées de réalisations ne sont absolument pas en cause, mais quand le scénario n'est pas bon…
Christianm75
Christianm75

7 abonnés 229 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 septembre 2016
Bon film remarquablement filmé par Richard Fleisher, le suspens est prenant et l'interpretation de Mia Farrow remarquable.Dommage que la fin soit un peu décevante et que le film soit entaché de quelques invraisemblances.
chrischambers86

16 144 abonnés 13 081 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2022
L'infirmitè de Mia Farrow est le thème central dramatique de ce très bon film de terreur / policier, rèalisè en 1971 par Richard Fleischer! Dans cette oeuvre criminologiste, le suspense est quasi total et rèside dans l'inquiètante menace, toujours visible pour le public, qui èpouvante la protagoniste atteinte de cècitè, et inconsciente de son environnement! Le cinèaste de "10 Rillington Place" utilise la camèra pour nous tromper et nous secouer avec elle! Mia Farrow, au milieu de la vingtaine, est excellente, les angles de prises de vues sont insolites, les sons dans le manoir sont souvent effrayants et la partie dans les landes, particulièrement haletante! En somme, un vrai classique du genre alliant efficacitè et virtuositè! Un bon rappel d'une èpoque rèvolue où la terreur ètait dans l'oeil du spectateur! Ah, la fameuse paire de bottes en cuir marron ornèes d'ètoiles blanches façon western moderne...
soniadidierkmurgia

1 427 abonnés 4 327 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 avril 2019
Quand il embarque à nouveau pour l'Angleterre dans le but d'y réaliser "Terreur aveugle" à partir d'un scénario proposé à la Columbia par Brian Clemens, le producteur/scénariste de la série télévisée "Chapeau melon et bottes de cuir", Richard Fleischer est déjà un vieux routier d'Hollywood ayant à son actif depuis 1940 où il fit ses débuts à la RKO, plus de trente films entrepris dans des genres aussi divers que le film noir, de guerre, d'aventures, ou le western. S'il a acquis à l'image de Robert Wise, la réputation d'un solide faiseur capable de tenir un budget mais aussi de venir à la rescousse de projets mal embarqués, il n'en démontre pas moins un tropisme pour l'évocation de l'affrontement permanent que se livrent le bien et le mal au cœur de l'âme humaine. En effet, dès les années soixante, il a plongé sa caméra au tréfonds de l'âme humaine à travers des films d'un pessimisme affirmé comme "Le génie du mal" (1959), "L'étrangleur de Boston" (1965) ou "L'étrangleur de la place Rillington" (1970) qui déjà l'avait emmené en Angleterre. Il récidive avec "Terreur aveugle" mais en changeant radicalement son approche esthétique et narrative. Dans les trois films précités, l'intrigue prenait forme à partir de la personnalité de l'assassin passée au crible par la caméra de Fleischer. Deux jeunes bourgeois infatués et nihilistes dans "Le génie du mal", deux psychopathes célèbres interprétés par Tony Curtis et Richard Attenborough tous les deux à contre-emploi dans les deux films suivants. C'est ici du point de vue d'une victime potentielle (Mia Farrow) d'un tueur jamais présent à l'écran autrement que par ses bottes lustrées, que Fleischer se livre à un exercice de style qui visiblement l'a fortement inspiré. Un tueur jamais présent à l'écran on l'a dit mais aussi une victime aveugle qui devra tout d'abord appréhender la menace qui la guette pour ensuite tenter de la fuir avec les moyens dérisoires dont elle dispose. Le tout se passant dans une vaste maison bourgeoise isolée dans la campagne du Berkshire. C'est l'occasion pour Fleischer de mettre à l'épreuve toute sa technique en allant gambader sur les terres du grand Alfred Hitchcock dont il utilise une partie des procédés en les dégraissant de leurs effets dramatiques (notamment sonore) pour les insérer dans un quotidien auquel peut facilement s'identifier le spectateur. Un spectateur fortement sollicité car souvent en avance sur la fragile Mia Farrow qui passe souvent à côté en la frôlant, de l'horreur qui a dévasté la famille qui l'a accueillie après un tragique accident de cheval. Formidable directeur d'acteurs, Fleischer a trouvé un solide renfort avec Mia Farrow qui n'a pas eu très loin à chercher pour trouver son inspiration, sortant juste de "Rosemary's baby" (Roman Polanski, 1968) qui l'a propulsée au rang de star. Alliant sobriété narrative et visuelle à un suspense haletant, "Terreur aveugle" qui se trouve à tort dans l'angle mort de la filmographie foisonnante de Richard Fleischer démontre que décidément rien ne semblait hors de portée de ce réalisateur qui est très justement réhabilité depuis une dizaine d'années.
TTNOUGAT

698 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 janvier 2019
Attention, c’est à la fois un film au suspense exceptionnel et un film d’horreur auquel s’ajoute une intrigue pour identifier un tueur fou aux bottes de cow-boys. Pour être prenant cela l’est, à condition évidemment d’apprécier ce genre cinématographique que les non amateurs n’ont aucune raison aller voir. Dans leurs cas, toute critique n’a d’ailleurs aucun sens. Les cinéphiles aimant ce genre seront ravis, avant tout par ce que c’est Richard Fleischer qui est derrière la camera et que cela se ressent souvent. Les extérieurs sont superbes, l’intérieur de la maison est à la fois un effroi et un plaisir. Mia Farrow y fait son plus grand rôle de composition, elle ne ménage pas sa peine. Quelques plans sur elle sont d’une douceur émouvante et d’autres sont une souffrance. Ces films sans profondeur, basés sur des images fortes sont souvent laids à regarder, leur point faible est la mise en scène. Fleischer à été séduit par ce scénario qui fait la part belle au cinéma muet, quelques, cartons auraient d’ailleurs pu suffire. Jamais il n’aurait pu filmer de cette façon si l’héroïne n’avait pas été aveugle, il a du immédiatement le ressentir et ne pas en avoir la crainte de l'échec.
QuelquesFilms.fr

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3,5
Publiée le 1 octobre 2013
Dans la thématique des femmes aveugles persécutées, on songe à Seule dans la nuit, de Terence Young, avec Audrey Hepburn (1967). Ici, c'est Mia Farrow, toute frêle et fragile, qui joue la pauvre femme. Un nouveau choix d'interprétation un peu masochiste, après Rosemary's Baby (Polanski, 1968). De son côté, le très prolifique Richard Fleischer venait de tourner L'Étrangleur de Rillington Place et poursuivait donc dans la veine des tueurs psychopathes. Son film est assez basique, mais efficace. La motivation des actes criminels est présentée dans le générique de début (la violence est partout : au cinéma, dans les séries TV, à la une des journaux, dans les jouets pour enfants) et sur la dernière image du film (fascination morbide des foules pour les fais divers sanglants). C'est un peu limité, mais Fleischer a fait le choix de ne pas caractériser le personnage du tueur qui apparaît comme une simple caisse de résonance de son environnement, de son époque. D'ailleurs, on ne voit de lui, durant la quasi-totalité du film, que ses bottes étoilées. Le réalisateur filme souvent au ras du sol et développe une mise en scène ingénieuse, qui dévoile peu à peu ce que l'héroïne ne voit pas (les signes de l'effraction puis du massacre). Comme chez Hitchcock, le spectateur a donc une longueur d'avance sur le personnage principal, ce qui accentue le suspense et l'épouvante. Du bon boulot.
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