La Rue sans joie
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Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 juillet 2013
Oh que ça m'ennuie de critiquer ce film... Je l'attendais tellement ce film et je suis épouvantablement déçu. Bon déjà voir que le film durait 2h20 et non 1h30 comme indiqué sur SensCritique, ça me rendait ronchon. MERCI SENSCRITIQUE! Désinformation! Médias, collabos! Ahem, je m'égare... Parce que bon 2h20 de muet faut se les coltiner, quand je vois un Lang ça passe mais vu le pessimisme du film en question, j'ai eu du mal à tenir. C'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Ça veut dire qu'il était libre, qu'il... Ahem, je m'égare de nouveau.

Plus sérieusement (Oooooooh tu abandonnes les blagues de merde déjà?), j'ai trouvé ce film maladroit car il grossissait le trait avec une subtilité de pachyderme. C'est bien simple, je n'y croyais pas. Cette richesse exacerbée, cette pauvreté exacerbée, ce boucher exacer... bien méchant comme il faut qui ne cède des morceaux viandes qu'en échange d'une petite gâterie... Je n'y croyais pas. En ça je me doute que Pabst voulait faire un film fort peignant cette Vienne d'après-guerre complètement dépravée. Puis ce film était proche de l'overdose de personnages. Il y en avait beaucoup trop, d'autant plus qu'ils n'étaient pas tous traités sur un pied d'égalité. Certains, comme celui de Garbo, étaient bien développés (puis qu'est-ce qu'elle est belle, premier film où je la vois d'ailleurs). En revanche on te fout d'autres personnages qui n'apparaissent que pour t'expliquer subtilement (ironie) que la ville baigne dans la misère. Le couple qui vit avec un enfant en bas âge dans une écurie et qui lèvent les yeux au ciel en se lamentant, pitié quoi... Puis tous les riches sont débauchés et pourris bien sûr, un beau postulat de coco ça.

Puis ça s'étire trop, certains plans s'éternisent, le montage n'est absolument pas dynamique. Les passages où les personnages se regardent en faisant des grimaces sans se parler ça frôlait le foutage de gueule. Enfin comme je l'ai dit des personnages étaient intéressants comme celui de Garbo qui va côtoyer le monde de la débauche pour tenter de faire survivre sa famille dominée par un père trop fier pour aller demander de l'aide. Le film est quand même très humain. Puis c'est bien mis en scène hormis cette tendance à étirer les scènes comme je l'ai déjà indiqué. Un film engagé mais trop lourd à mon goût, à un point où il m'a véritablement écrasé, non pas par son sujet dur mais par son traitement manichéen et pas fin pour deux sous. Déçu...
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 octobre 2013
Intéressant de voir que le film choral est un genre qui n'a pas attendu Robert Altman et Alejandro González Iñárritu pour exister.
En témoigne ce film muet réalisé par Georg Wilhelm Pabst, le cinéaste allemand le plus talentueux de l'époque après Fritz Lang et Murnau, où le rue du titre sert de prétexte à montrer le destin d'une dizaine de personnages en se focalisant surtout sur deux d'entre-eux, l'un incarné par Asta Nielsen l'autre par Greta Garbo avant qu'elle ne devienne "La Divine" mais qui montrait photogéniquement qu'elle avait déjà tout pour le devenir.
La structure narrative, la technique pleinement maîtrisée, le contexte de l'histoire sur fond de grave crise économique, éventuellement la présence de Greta Garbo dans sa deuxième grande apparition au cinéma après l'excellent "La Légende de Gösta Berling" suffisent à en faire une oeuvre incontournable mais pas forcément réussie...
Autant "Loulou" et "Le Journal d'une jeune fille perdue" sont des très grandes œuvres qui doivent certes beaucoup à la mythique Louise Brooks mais aussi à une histoire efficace et à la profondeur des personnages qu'elles incarnent, autant quand Pabst décrit plusieurs personnages il n'arrive pas à aller au-delà de la caricature (du moins ici car il arrivera remarquablement à relever cette gageure avec "La Tragédie de la mine" !!!).
Les pauvres ont juste pour fonctions d'avoir l'air le plus famélique possible et de faire la queue devant le boucher, les exploiteurs de milieu modeste (dont notre boucher !!!) sont des salopards finis et rien d'autre, les riches à part s'enrichir semblent ne se complaire qu'à fait chier le plus possible les pauvres et à fumer des cigares de dix kilomètres de long. La fin moralisatrice n'arrange en rien, faisant au contraire que mieux la montrer, cette grosse faiblesse.
Pourtant il y a une ou deux scènes qui par elles-mêmes arrivent malgré tout à faire impression ; à l'instar de ce qui est peut-être la séquence de sexe suggérée la plus glauque de l'Histoire du cinéma où une femme se prostitue avec le boucher au milieu de quartiers de viande pour obtenir un peu de bidoche.
Mais cela ne suffit pas à atténuer une grosse déception m'attendant au vue de la réputation du film à un classique du cinéma muet.
Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2019
Vienne 1921, la misère après la guerre. Pabst montre comment la classe moyenne ruinée est tentée par la perte de ses repères moraux.
Profiteurs de la misère la figure du boucher affameur mais protégé par la police, du diplomate protégé par son immunité diplomatique, de l'entrepreneur, tous se retrouvent dans un club/hôtel pour profiter des femmes obligées de se vendre pour manger.
Greta Garbo dans un de ses premiers rôles est superbe.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 octobre 2009
Tournè uniquement en studio, avec des dècors et des èclairages marquès par le style expressionniste, "La rue sans joie" de Georg Wilhelm Pabst occupe une place charnière dans le cinèma allemand, dont il marque une sorte de renouvellement, aussi bien du point de vue de la forme que du point de vue du contenu! Le sujet du film est simple, quoique ambitieux, puisqu'il s'agit de montrer la ville de Vienne au temps de l'inflation! Une tenancière de maison close feint d'aider les familles dans la misère, mais c'est pour faciliter le recrutement des futures pensionnaires de son hôtel! Avec Pabst, le drame psychologique se dèplace et se transforme, pour devenir une arme de dènonciation politique! Les pauvres (ouvriers, chômeurs, fonctionnaires à la retraite) sont opposès aux profiteurs (marchands, banquiers et spèculateurs de toute sorte)! Parti d'un scènario mèlodramatique, le film acheva de rèvèler Greta Garbo dans une oeuvre misèrabiliste mais poignante...
Jean Mariage
Jean Mariage

1 abonné 98 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 avril 2026
G. W. Pabst dresse ici un portrait au vitriol d’une bourgeoisie cynique et repue, festoyant sans vergogne pendant que le peuple meurt de faim dans une Vienne exsangue au lendemain de la Première Guerre mondiale. La misère y est montrée sans fard, notamment à travers le destin de femmes contraintes d’échanger leur corps contre un peu de nourriture, dans une société où la survie passe par une véritable marchandisation de soi.
La violence et la crudité de cette dénonciation sociale sont telles que le film fut très tôt frappé par la censure : attaqué pour son caractère jugé lubrique et ses tendances subversives, il subit de nombreuses coupes, passant de 3 738 à 3 477 mètres, avant d’être encore remanié selon les pays. Il n’en subsiste aujourd’hui que des versions lacunaires, amputées d’environ une demi-heure, ce qui n’empêche nullement de mesurer la puissance de l’œuvre.
Le film impressionne également par sa grande modernité formelle : bien avant que le procédé ne se généralise, il adopte une structure chorale, suivant plusieurs destins qui se croisent sans nécessairement se rencontrer. Ainsi, Maria (Asta Nielsen) et Grete (Greta Garbo), deux figures centrales issues du même milieu, évoluent dans un même espace sans jamais interagir, renforçant l’impression d’un monde fragmenté où chacun lutte isolément pour sa survie. Cette dispersion des trajectoires individuelles traduit admirablement l’éclatement social d’une époque en crise.
Autour d’elles gravite toute une galerie de figures monstrueuses, véritables auxiliaires d’un ordre social corrompu : le boucher incarné par Werner Krauss et la modiste-maquerelle interprétée par Valeska Gert, fournissant aux nantis une « marchandise » humaine. Ces personnages, à la limite de la caricature, confèrent au film une dimension presque expressionniste dans sa représentation de la violence sociale.
Chef-d’œuvre d’une puissance exceptionnelle, œuvre d’une noirceur implacable, La rue sans joie s’impose ainsi comme un témoignage saisissant sur les ravages économiques et moraux de l’après-guerre, mais aussi comme une charge politique d’une audace rare pour son époque.
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