Un prophète
Note moyenne
4,2
23506 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

1 476 critiques spectateurs

5
567 critiques
4
482 critiques
3
137 critiques
2
159 critiques
1
67 critiques
0
64 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 novembre 2011
Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre avec ce film de plus de deux heures et demie se déroulant dans l'univers carcéral. D'autant plus que le fait qu'un film soit multi-césarisé n'est pas forcément un gage de qualité. Eh bien, c'est une très bonne voir même une excellente surprise. A part quelques rebondissements scénaristiques qui m'ont échappé sur la fin, c'est du tout bon. Jacques Audiard a réussi une oeuvre captivante où le milieu carcéral et les affrontements entre corses et arabes sont montrés sans la moindre concession. Une mise en scène souvent brillante et inspirée, une écriture intelligente et une interprétation magistrale servent admirablement le tout. Tahar Rahim est impressionnant et Niels Arestrup, tout aussi impressionnant qu'il en est même flippant parfois, arrive à prendre par surprise avec ses mandales alors qu'on les voyait pourtant venir. Un film qui fait très grandement honneur au cinéma français et sans conteste un de ses meilleurs représentants de ces dernières années.
conrad7893

351 abonnés 1 679 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 octobre 2016
Pour moi c'est un excellent film qui nous montre l'univers carcéral, dur, violent. Tahar RAHIM que ce film à révélé au public est magistral. Niels ARESTRUP au TOP comme d'hab.
a voir absolument.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2010
La critique a tellement encensé Un prophète, le donnant gagnant à Cannes pour la Palme pendant toute la compétition, qu'on s'attend réellement à voir un très, très grand film.

Et c'est vrai qu'Un prophète possède bien des qualités.

Son aspect réaliste est prenant. Sa description de l'univers carcéral contemporain est frappant. L'interprétation de Tahar Rahim est remarquable, pleine de densité, même si elle n'est pas exceptionnelle, celle de Niel Arestrup est encore meilleure.
Le scénario se tient, palpitant jusqu'à l'insoutenable dans la première demi-heure. La mise en scène est élégante et puissante à la fois, Audiard impose un style, qui était déjà bien présent dans De battre mon coeur s'est arrêté.

Bien des qualités mais aussi quelques défauts, qui empêche le film d'être le chef d'oeuvre annoncé.
Le scénario prometteur au début s'étiole progressivement. Les aventures de Malik deviennent confuses et longuettes (le film dure 2h28, mais paraît en durer plus de 3), plusieurs des personnages semblant conduire les intrigues secondaires dans des culs de sac.

Surtout on ne sent pas réellement les raisons de l'ascension de Malik. Si son emprise progressive sur les Corses est clairement montrée, sa légitimité vis à vis du groupe des barbus reste obscure (ils passent de la défiance à la soumission sans qu'on comprenne vraiment pourquoi). Son aspect "prophétique" est anecdotique (il voit une biche traverser la route avant qu'elle le fasse) et le titre est un peu mensonger de ce point de vue. Certains tics de mise en scène agacent aussi (les écritures sur l'écran, les plans de remplissage, les images très sombres).

Un prophète est un film marquant, mais sur lequel plane l'ombre d'un autre grand film carcéral : Hunger. D'autres billets sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mars 2017
Plusieurs fois récompensé (comme "De rouille et d'os" 2.5* - 2012), "Un prophète" est un drame noir de Jacques Audiard au rythme lent et à l'ambiance glauque. Contrairement à l'absence de récompenses pour "Dheepan" (pourtant 8 fois nominé au Festival de Cannes 2015 et 9 fois nominé aux César 2016) "Un prophète" est un film aux 9 césars qui m'a déçu ; me paraissant long et austère, un Drame aussi démoralisant qu'ennuyeux.
Si la mise en scène est précise et sans concession, le scénario se révèle ultra violent. Il nous décrit le milieu carcéral avec ses trafics, les combines, les complicités avec les gardiens, les luttes d'influence et les protections. Les excellents acteurs, que sont Niels Arestrup et Tahar Rahim sauvent le fil de l'embêtement.
Ewen Blake
Ewen Blake

189 abonnés 1 301 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 juin 2010
Formidable. Maitrisé, intelligent, percutant, passionnant. Cette plongée dans l'univers carcéral nous laisse captivé et tremblant. Merci pour ce film qui restera.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2009
Un film qui prend aux tripes grâce à un traitement quasi-documentaire mais paradoxalement, cette mise en scène super réaliste nous offre un style froid et aseptisé qui nous empêche de rentrer complètement dans le film. Bravo tout de même au réalisateur et au scénariste pour le fait de respecter la sordide réalité de l'histoire sans vouloir ajouter un brin de bonheur, le film n'en est que plus efficace et réaliste. Tahar Rahim se révèle être un très bon acteur face à Niels Arestrup, excellent dans son rôle de gangster corse sur le déclin. Pour moi, loin d'être un des meilleurs films de l'année mais une bonne gifle cinématographique quand même.
Autrui
Autrui

26 abonnés 206 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 novembre 2009
Un prophète. C’est comme cela que je parlais de Jacques Audiard, génial réalisateur de UN HEROS TRES DISCRET et SUR ME LEVRES. Et il a fallu que son dernier film, drôle d’animal, tombe sur l’écran-vitre pour que je revienne sur ma parole (sainte ?). Reprenons la phrase de Cecil B de Mill en la transformant un peu : du Coran, du sexe et du sang.
Certes, c’est un film « de genre ». Ce n’est absolument pas ce qui me dérange, car on ne peut pas dire que SUR MES LEVRES était une douce comédie romantique. Ce qui ne me plaît pas, dans UN PROPHETE, c’est la volonté de capter le réel avec tant d’artificialité. L’omniprésence de la musique enlève toute force au son très travaillé. L’effet « image arrêtée », accompagné d’un titre est d’abord drôle. Puis, au bout de son dixième usage, on se lasse, et on commence que ça commence à devenir un film de frimeur. Oui, c’est ça. De la frime. On nous en jette plein les yeux. C’est sale, c’est violent, mais on tente en vain de nous éblouir avec ça. Je veux bien croire que la prison forme des criminels endurcis. Néanmoins, était-ce nécessaire de la présenter comme le lieu de tous les possibles ? On y fume allègrement de l’herbe, et on peut même y installer un lecteur DVD. Ce genre de morale un peu limite (pas besoin de formation pour s’en sortir, vive les réseaux carcéraux, l’administration vous trouve un boulot….) ne dérangerait pas si le thème de l’éducation n’avait pas été traité, puis subitement écarté. Le rapport à l’écriture, au savoir, guidait le film d’une nouvelle manière ; un intérêt nouveau lui donnait du souffle, et puis…plus rien…était-ce pour s’assurer le prix de l’Education nationale ? Je ne sais pas. Car oui, le film part comme une belle promesse. Le sujet est dense, et passionnant ; mais tout est survolé, au profit de scènes qui fédèreront le plus grand nombre.
L’acteur principal est convaincant ; c’est un fait. Mais son personnage est peu construit. La complexité ne fait pas partie de ce bas monde. Seules les histoir
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 avril 2017
Jacques Audiar signe un film poignant et prenant porté par le talent de Harim. Via quelques idées de mise en scène brillante, le rythme parvient à être parfaitement dosé, et malgré ses 2h30 l'ennui ne pointe jamais son nez. Sur cette montée en puissante Un Prophète est un classique intemporel non dénuée de violence et de subtilité.

https://m.facebook.com/la7emecritique/
lucilla-
lucilla-

65 abonnés 169 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 29 août 2009
Comment un film peut-il dégager aussi peu d'émotion??? C'est bien fait, bien interprété, ça se regarde, c'est atroce quant au fond et... on s'en fiche.Il manque un point de vue. On reste extérieur à ce qui est projeté sur l'écran, rien ne touche . Pourquoi le film laisse -t-il cette impression de vide? comme si l'on avait brassé du vent. ça laisse de marbre. J'avais mis une étoile et finalement, je crois que je vais n'en mettre aucune. Parce que rien du film ne m'a atteinte , sur un sujet pourtant interessant. Tout est du déjà vu, déjà su ( à la limite de la caricature), sans émotion ajoutée.Bilan:zéro.
gizmo129
gizmo129

133 abonnés 1 668 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2015
Le meilleur film français qui se situe dans l'univers carcéral et probablement un des meilleurs film de prison qui m’aie été donné de voir ! Durant 2h30 (peut être un peu long), on peut suivre notre héros qui va petit à petit évoluer socialement à l'intérieur de cet établissement jusqu'à passer de petit nouveau destiné aux basses taches jusqu'à grand patron et chef de gang. C'est filmé juste, c'est prenant, c'est dur parfois et c'est surtout très bien joué par ces acteurs à la fois chevronné Niels Arestrup et le petit nouveau que l'on reverra à l'avenir, Tahar Rahim !
Une belle surprise qui mérite amplement ces prix à Cannes.
moket

660 abonnés 4 675 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juillet 2020
Un univers impitoyable pour un film incroyable. Magnifiquement filmé, la tension est constante. Audiart aime mettre ses personnages plus bas que terre pour mieux les aider à se relever, ici par un chemin sinueux, obscur et dangereux. Un film éblouissant dans lequel émerge un acteur superbe et prometteur.
Nyns
Nyns

247 abonnés 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 janvier 2017
2009, Un prophète, film sur l’univers carcéral marquant et maîtrisé, Jacques Audiard a fait très fort et à ce jour atteint le meilleur niveau de sa carrière. Il met en lumière un jeune quidam que rien ne destinait à s'en sortir dans un milieu où il rejeté de toutes parts. Deux communautés s’opposent dans cette prison corse, les corses (corruption, mainmise sur les matons et autre personnel de l’établissement), contre les musulmans en supériorité numérique, mais on en reste là. Malik se fait adopté comme larbin par la première, car la seconde la rejette dû à sa particularité je-m’en-foutiste “non pratiquant”... C'est certes violent, même la violence sert un récit riche et passionnant qui tient en haleine jusqu'à la dernière scène, importante, malgré la longueur qui semble insurmontable au début. Niels Arestrup est bluffant, vraiment, quant au jeune Tahar Rahim c'est une révélation. On se croirait tout bonnement dans un Scorsese, le tout servis par un scénario habile et généreux. Certes cela manque de réalisme, mais du coup est adopté par une case du cinéma rarement cochée à l'intérieur de nos frontières, donc juste pour ce point l'intense expérience vaut la peine d'être vécu.
Real C
Real C

123 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 juin 2015
Jacques Audiard ! Par où commencer avec ce réalisateur ? Et bien mon histoire avec lui ne s'est pas déroulé de la meilleur des façons. Il a toujours été un réalisateur énigmatique pour moi et je n'avais vu aucun de ces films avant de me lancer dans la critique. J'ai donc été voir De Rouille et D'Os, adulé par presque tout le monde et...que je n'ai absolument pas aimé. J'ai même objectivement trouvé mauvais par son histoire et ses personnages, mais bizarrement j'ai bien apprécié le style du réalisateur, qui méritait pour moi son prix, parce que sinon, le film est affreusement surestimé de mon point de vue. Donc il me fallait autre film afin de me convaincre et c'était celui-ci. Résultat ? On va voir ça !

Pour le deuxième film que j'ai vu de Jacques Audiard, c'était génial. Ce film est excellent. Il est bon en terme de mise en scène, il est bon en terme de réalisation et l'histoire est enfin intéressante ! Là où De Rouilles et d'Os possédait une histoire avec un bon potentiel et qui ne restait que potentiel, Un Prophète est film maîtrisé de bout en bout. Pas une seule fraction d'image, pas un seul élément scénaristique n'est vraiment mauvais. Bon il y a bien quelques tic par-ci par là

spoiler: genre pourquoi Malik au début du film essaye de s'opposer aux prisonniers qui lui ont volé ces baskets


mais rien de vraiment gênant. Néanmoins, si je veux vraiment chipoter, c'est plutôt l'utilisation assez aléatoire de la musique (du plutôt bon groupe Sigur Ros, les mêmes que l'animé Dragon2) et ... la manière dont s'exprime les protagonistes maghrébins.

spoiler: Oui, je trouve leur manière de s'exprimer complètement inconsistant; pourquoi ils parlent tantôt français, tantôt arabe dans la même phrase ? Au départ, je peux comprendre pour Malik, il ne sait pas parler français, mais ensuite ? Un coup il parle arabe, un coup il parle français dans la même conversation ? Il ne pouvait pas s'exprimer dans la même langue tout le long ?


C'est peut-être voulu par le réal mais moi je ne trouve pas ça aussi top que prévu. Et ...ben c'est tout. Sinon, le reste du film est une tuerie. Il nous immerge bien dans l'Univers carcéral français avec une violence vraiment bien crue. Cela n'a rien à voir avec *la Ligne Verte* qui jouait plus la carte de l'émotion ou l'Evadé d'Alcatraz qui montrait un univers assez gentillet (et c'est pareil pour les Evadés). Ici, c'est la vraie prison dans son aspect la plus crue (ceci dit les 3 films précités sont à voir. Ce sont 3 excellents film que je vous recommande. Enfin, sauf l'Evadé d'Alactraz qui est moins bon que les autres, même s'il reste divertissant). L'histoire de Malik est ici une histoire de survie et, au début, se voit contraint d'être soumis aux exigences de César, et il ne doit compter que sur sa détermination pour devenir au final quasiment Calife à la place du Calife. L'histoire racontée est géniale et est due en grande partie grâce à la performance des acteurs principaux et secondaires.

Tout d'abord nous avons le cas de Malik El Djebena joué Tahar Rahim. Il est excellent et il nous fait bien ressentir de l'empathie pour lui et ses malheurs. Rien ne lui est épargné et il devra prendre tous les risques pour satisfaire les exigences de César (joué par Niels Arestrup) mais en essayant de s'en sortir et en développant son propre réseau d'influence. Allociné l'a qualifié d'Oliver Twist du film. Ce qui n'est...pas approprié dans son cas. Oliver Twist est un personnage qui subit presque tous les malheurs du monde, à l'image de Rémi dans Sans Famille. Malik n'est pas aussi résigné que les 2 autres personnages et surtout, n'est pas un idiot. Il est très intelligent et utilise toutes ses ressources pour s'en sortir et il y arrive très bien au final, même s'il prend tous les risques. C'est mon personnage préféré du film.

César Luciani est le genre de personnage qu'on adore détester. Il est antipathique, à la main mise sur tout ce qu'il y a dans la prison et use d'une influence considérable sur Malik. Il est intéressant que les 2 finiront par nouer un semblant de relation père - fils;

spoiler: mais loin de faire une paire d'amour filiale, c'est plutôt à une relation de père tyrannique avec son enfant qui finira par coûter cher au père. Et sa destitution était purement jouissif. Du grand art !


Les autres personnages ne sont pas très intéressants dans le film au sens large (sauf Djamila, jouée par Leïla Bekhti). Ceci dit chacun à un rôle à jouer à un moment ou à un autre dans le récit : Reyeb (Hichem Yacoubi) avec qui il nouera une relation éphémère, Jordi (Reda Kateb) qui lui sera indispensable lors de ses courts d'économies, Ryad (Adel Bencherif) avec qui il entretiendra une relation un peu plus durable, etc etc. L'histoire qui se concentre à 80% sur Malik et à 20% sur César est construite de manière à ce que chacun des personnages secondaires ajoute une pierre à l'édifice à son plan secret. Mais j'y reviendrai plus tard

Concernant, l'histoire en elle même bien que j'en ai beaucoup dit précédemment avec la réalisation, je n'ai pas souligné le plus intéressant, à savoir, la monter en puissance de Malik dans la prison. Méthodiquement, mission après mission, on le voit s'émanciper et sortir de plus en plus de l'ombre de César, même si pendant tout le premier tiers ce n'est pas très visible. Les ellipses temporelles qui existent tout le long du récit participe à cette monté en puissance. Je reprocherais plus le grand écart temporelle de manière subjective car je les trouve vraiment longue; ceci dit en y réfléchissant, ces écarts font sens : la métamorphose n'est donc ni brutale, ni soudaine pour Malik mais progressive.

spoiler: Bien entendu César ne sera pas dupe et leur face à face sera violent bien que pas très homériques. En plus du sacré retour de bâton qu'il recevra. Malik a réussis à le destituer et en plus sort de prison par la grande porte avec en main les rênes du trafique de César.


Ce parti pris de l'histoire est vraiment bien maîtrisée et montre un vrai changement du personnage de Malik au final, qui est vraiment différent de ce qu'on l'a connu.

spoiler: Sa détermination lui a permis de s'émanciper totalement du joug de César et il est devenu un homme nouveau et heureux au final.


Bref, après un de Rouilles et d'Os que j'ai trouvé décevant et surestimé, un Prophète tient en revanche toutes ses promesses et je ne regrette pas de l'avoir vu. Bien évidemment, comme tout homme averti en vos deux, ce film est vraiment violent et déconseillé aux âmes sensibles. Parole de Prophète !
reymi586

558 abonnés 2 444 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 novembre 2011
Film d'une grande intelligence, brutal et contrasté, écrit et mis en scène avec une maîtrise impressionnante, "Un prophète" est servi par une interprétation renversante de Niels Arestrup et Tahar Rahim
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 septembre 2012
Audiard cinéaste peu prolifique réinvente le film de prison, ou plutôt, la prison lui sert de cadre pour un film qui s’apparente à une tragédie grecque. C’est l’histoire éternelle de l’élève qui dépasse le maître. Le jeune délinquant maghrébin sera intégré à son nouveau milieu par une trahison à son peuple qui lui est imposée par un mafieux corse qui règne en maître sur la centrale tenant avec ses amis les matons depuis des lustres. Cette trahison qui hantera longtemps le jeune homme va le révéler à lui-même. C’est sa capacité à encaisser et à pratiquer l’art subtile mais dangereux de la diplomatie en milieu carcéral qui lui permettra de progressivement tisser un réseau au-delà des clivages raciaux qui minent la vie communautaire. Patient et endurant il parviendra à faire la synthèse de toutes les ambitions et rancoeurs qui s’exercent autour de lui prenant bien soin de ne jamais commettre l’irréparableen acceptant les humiliations qui lui sont infligées sans jamais rien laisser paraître. Le vieux lion joué par un magnifique Arestrup comprend que son temps est compté quand il apprend que jamais il ne quittera la captivité. Pour continuer à mener ses affaires par-delà les murs de la prison il devra faire appel à ce jeune homme illettré qu’il aura en vain tenté de museler. C’est le cycle de la vie, qui se déroule devant nos yeux. Pour ne plus savoir s’adapter le plus ancien devra céder la place. « Un prophète » nous parle en réalité de la mondialisation qui foule aux pieds tous les repères anciens sur lesquels se sont bâties nos sociétés occidentales . Annonciateur d’une nouvelle façon d’appréhender les rapports humains Rachid Tahar est bien un prophète Le temps passe irrémédiablement et les dernières brimades que fait subir Luciani à son élève n’y changeront rien. Quand les corses seront portion congrue au sein de la prison ce sera celui qui aura su dépasser les frontières établies qui triomphera. Autres temps, autres mœurs. Dans ce film symbole d’un changement d’époque, le jeune Rahim Tahar s’impose d’emblée comme un acteur avec qui il faudra compter. Un grand film réalisé par un grand réalisateur.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse