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4,5
Publiée le 20 avril 2020
Jacques Audiard nous fait là un vrai cadeau! Avec ces premières images, tout est clair! C'est la vision terriblement rèaliste de cette incarcèration qui ouvre le film. "Un prophète" est tout entier placè sous le signe de l'enfer carcèral! Le rèalisateur n'aura pas besoin d'en dire ni d'en montrer beaucoup plus! c'est aussi pour lui une manière d'annoncer la couleur. "Un prophète" est un film dur, âpre, un film violent à l'image de ce crime organisè avec une lame de rasoir! Certes, l'argument n'a rien original mais Audiard l'a ètonnamment bien dèveloppè! Balèze! C'est un uppercut que l'on prend en pleine face qui repose sur un acteur absolument idèal (Tahar Rahim, èpoustoufllant) et sur un second rôle qui l'est tout autant (Niels Arestrup, immense). Une histoire captivante, des sensations violentes et indèlèbiles, des instants de grâce, des interrogations essentielles, de belles rencontres d'acteurs, des scènes qui ont la force et la puissance d'èmotion de Scorsese pour la mise en scène et de Pacino pour l'interprètation, où la vie en prison nous poursuit bien au-delà de la fin de la projection! Audiard laisse Rahim ècrire sa propre histoire et le suit pas à pas pendant 156 minutes! Apprêtez-vous à suffoquer, c'est du très grand cinèma français! 9 Cèsars...
Une plongée époustouflante et fascinante dans l'univers carcéral, écrite et mise en scène avec une maîtrise impressionnante et servie par une interprétation magistrale. Un bijou récompensé par 9 Césars (dont celui du meilleur film).
On en a sans doute trop fait avec ce "Prophète". En effet, à force de l'annoncer comme le chef d'oeuvre absolu que le cinéma français attendait depuis si longtemps, on ne peut être en définitive que légèrement déçu par le résultat final. Baisses de rythme passagères, scénario manquant à plusieurs reprises de fluidité... Cela dit, il serait mal venu de faire la fine bouche pour autant, car nul doute que le film n'en demeure pas moins remarquable à bien des égards. On est surtout particulièrement sensible à la manière dont Jacques Audiard nous présente son personnage, ne le jugeant ou l'idéalisant à aucun moment, permettant incontestablement au film de trouver un ton très juste et particulièrement convaincant. On se sent ainsi particulièrement concerné par ce qui se déroule devant nos yeux, les personnages ayant chacun suffisamment d'épaisseur et de personnalité pour nous intéresser de bout en bout. Et que dire de certaines scènes, impressionnantes de maîtrise et permettant au film de prendre une dimension toute particulière, les acteurs s'avérant quant à eux particulièrement crédibles (mention spéciale à Niels Arestrup.) On pourra donc être moins enthousiaste que prévu, mais il serait par ailleurs bien dommage de rater ce "Prophète" pour autant, car c'est de nouveau un bien bon film que nous offre ici Jacques Audiard. Une réussite, riche de sens et d'une grande intelligence.
Un film au réalisme impressionnant et à l'univers carcéral parfaitement retranscrit. Toutefois, on peut déplorer quelques trous d'air dans le récit, vraiment bon tout de même.
Oublions toutes les réticences qu'on a pu avoir vis à vis du cinéma de Jacques Audiard jusqu'à présent pour apprécier ce "Un Prophète" comme ce qu'il est : un grand film âpre et puissant, un film formidablement juste dans sa description - effrayante, certes - de l'apprentissage d'un homme, qui effectue devant nos yeux, en 2 h 20 (6 ans dans la fiction), le parcours complet allant de victime analphabète et paniquée d'un système qu'il ne comprend pas, à prédateur / manipulateur absolu. Sans sacrifier - heureusement - aux codes de l'efficacité américaine, Audiard réussit à inventer une narration réaliste moderne / européenne - apportant par ailleurs une perspective onirique surprenant mais au final bien venue (le fantôme de la première victime, les chevreuils de la "prophétie"...). Iol reste que, au-delà d'un filmage et un montage cru et ultra-réaliste, la force de "Un Prophète" repose en grande partie sur l'interprétation - au delà de toute éloge - de Tahar Rahim et de Niels Arestrup.
Non! Non! Non! Ce film est à l'image de ce que l'on nous sert à longueur de temps: du politiquement correct, désormais sur celluloid! Trop, c'est trop. Même s'il faut rendre justice au réalisateur qui connaît son travail (j'ai trouvé la forme très réussie et l'ultra-réalisme de la mise en scène et du jeu ont une force indéniables), le propos est à contrario délayé, d'une bêtise et d'un non-sens effarants. Non seulement le "héros" nous perd en cours de route (la mécanique est répétitive, le personnage n'a pas d'épaisseur, notre ampathie est plus que limitée...), mais le propos du film est des plus obscurs, voire douteux. D'accord, nous ne sommes pas aux USA et le mauvais garçon peut s'en tirer... Mais que dire alors des motivations réelles du personnages?? Il nous en faut un minimum, surtout pour 2h35 de film. Désolé, pour moi, ça ne fonctionne pas. Le pire, sans doute: on enfile les clichés comme dans un collier de perles et le tout devient limite nauséabond. L'idée de dépeindre un milieu carcéral deshumanisé, pourquoi pas! Mais ici, la sauce ne prend pas. L'exagération nous perd très vite, tout est corrompu, aucun personnage n'a son atome de bons sens, de réflexion, de compassion... Du coup, on reste à l'écart. On espère jusqu'à la fin une sorte de "rédemption", un éclairage nouveau, un tournant dans le scénario qui n'arrive jamais, jusqu'à la fin qui est d'un pompeux rarement atteint. Jusqu'au titre, gentiment provocateur, qu'on essaie très péniblement d'expliquer dans le film... C'est râté. L'interprétation du jeune comédien réussi à nous maintenir éveillé, mais hélas, ce film est bel et bien symptomatique de notre époque: dès lors qu'on manque d'idée, on se réfugie derrière les sujets à la mode, ces pauvres déliquants pris dans un engrenage, le communautarisme et blablabla... Un énorme ras le bol ressort de tout ça. Nous n'avons même pas ressenti la moindre émotion tant les personnages sont antipathiques, le sujet convenu et le propos scabreux.
Film qui propose une ambiance noire comme on en voit très rarement chez nous, Un Prophète est un vrai petit bijou de cinéma. Le but est de se démarquer de l’image de Tony Montana, qui colle à toutes les tentatives depuis Scarface. Pour cela, il fallait un personnage nouveau, c’est Malik. Petit voyou qui s’est pris 6 ans ferme pour violence contre un flic. Il est jeune et ne porte pas sur son visage la moindre trace d’une tragédie, il n’a pas d’histoire, son histoire commence en prison. C’est là toute la différence. Il n’a pas d’ambition, les gangsters à tendance mafieuse avec leurs signes extérieurs de richesse le répugnent complètement, il est solitaire. Entré en prison sans le moindre avenir ou sans même en chercher un, la violence qui va l’entourer va peu à peu lui faire prendre conscience de ses capacités insoupçonnées. Pour illustrer son propos Audiard livre une mise en scène juste parfaite. Alternant de légers mouvements avec quelques effets de style bien placés (sa façon de faire baisser la lumière en passant la main devant la caméra c’est vraiment très beau), il nous fait ressentir ce que Malik ressent en resserrant le champ visuel ce qui est très efficace. Les quelques scènes « d’action » sont hyper immersives avec un cadre resserré au maximum, toujours dans des espaces limités. Et comme pour libérer un peu son héros, il ponctue le récit de scènes oniriques sous forme de métaphore de son sentiment de culpabilité. Tahar Rahim impressionne vraiment beaucoup dans son rôle et Niels Arestrup est tout aussi grandiose en parrain corse qui voit le monde qu’il s’est crée et qu’il domine partir en lambeau devant ses yeux impuissants. Voilà, il n’est pas toujours nécessaire d’amener une amélioration technologique pour révolutionner son art, il suffit souvent d’avoir la bonne idée au bon moment. Avec Un Prophète, Audiard frappe très fort avec un film de genre, mais d’un genre nouveau, un long film pour illustrer un destin hors du commun. Et il fait d’un petit voyou, une véritable icône du crime. C'est très fort et c’est sans doute l'un des meilleurs films français de genre que l'on ait fait.
Malgré un accueil critique triomphal et une multitude de récompenses, le film « Un Prophète » n’a absolument rien de plaisant. Terriblement long, ennuyeux et dépourvu d’enjeux, le long-métrage de Jacques Audiard n’a aucun intérêt. Avec un scénario insignifiant, une atmosphère carcérale lassante et un visuel peu séduisant, le film n’a rien de captivant qu’on décroche assez rapidement. Avec quasiment aucune émotion transmise et aucune profondeur dans ses personnages, cette production française nous laisse de marbre qu’on se demande si ce visionnage de deux heures et demie valait vraiment le coup. En revanche, on peut seulement retenir l’excellente prestation de Tahar Rahim dans le rôle du jeune détenu, un rôle qui marque le début de son succès. - 5/20 Critique sur Un Prophète (film) Vu le 27.07.2021
Pour son cinquième passage derrière la caméra, Jacques Audiard délaisse le thriller pour s'attaquer au drame carcéral en racontant l'histoire de Malik, jeune arabe illettré au service de la mafia corse qui va au fil des années grimper lentement les échelons pour en devenir le roi comme Tony Montana ou Henry Hill avant lui. D'abord un larbin effarouché par ces mafieux intimidants qui lui offrent une protection finalement bénéfique au sein de la dangereuse prison, Malik va petit à petit apprendre, apprendre à lire, à écrire, à réfléchir et à s'affranchir, montant de son côté un véritable réseau de drogue. Audiard étale donc sur plus de deux heures de bobine le parcours extraordinaire d'un moins que rien qui va devenir quelqu'un, un Arabe fragile qui va devenir fort, un pion qui va devenir manipulateur. Ainsi, sans prendre parti pour qui que ce soit, le réalisateur nous offre une poignante et désenchantée vision du monde de la prison française. Sa mise en scène est sobre, esthétique, violente, glacée, avec un réel souci de réalisme contrasté par une flopée de plans léchés magnifiquement mis en boîte par le réalisateur parisien. Les cadrages oniriques, les ralentis majestueux et la magnifique photographie de Stéphane Fontaine apportent également au long-métrage son lot de splendeur, épaulant un scénario malin, passionnant, sans esbroufe ni caricature. On est donc immédiatement happé par cette histoire d'ascension sociale quasi-diabolique où une simple petite frappe à peine majeure va prendre sa revanche sur la vie elle-même en changeant littéralement son destin. La force du long-métrage réside donc principalement dans son scénario électrisant, ses dialogues justes et naturels ainsi que, bien sûr, dans son interprétation, la palme allant de droit à la révélation Tahar Rahim, accompagné par l'excellent Niels Arestrup (qui retrouve Audiard après De battre mon cœur s'est arrêté) et le très convaincant Adel Bencherif. Ainsi, en mélangeant aussi bien le drame carcéral et le film noir, Un Prophète s'avère être un véritable choc et un gros coup de cœur dont on ne voit pas le temps passer. À voir absolument.
Un Prophète? Un Saint? Une Messie? Bé, dit-donc! La pensée unique gangrène notre société! Certes, ce film est bien fait, bien mis en scène, bien joué... mais dangereux. Le héros fait tomber un méchant pour prendre sa place. Génial comme message! Quelle admirable évolution pour le personnage principal! Le réalisateur, qui a du talent, n'a-t-il jamais pensé que c'est extrêmement réducteur pour un artiste unanimement considéré comme majeur? Encore chez Tarantino, (un talentueux vecteur du Mal), c'est du second degré. Il y a de l'ironie, de l'humour, du rire. Ici, c'est "du réalisme pur et dure", donc l'artiste cautionne entièrement son message. Ses anciens films avaient le même défaut d'évolution du personnage principal. Dans "Sur tes lèvres" le jeune héros nique le caïd et pique son pognon. Très très nase comme propos. Et si tout ça n'était que le reflet de l'inconscient d'un artiste talentueux qui fait tout pour piquer la gloire d'un "ancien"? Mais pourquoi? Il a tout d'un grand, lui! Quel gâchis! Il y aura quelqu'un pour lui dire ça?
Le film montre le parcours d’un être peu instruit mais intelligent (au sens étymologique du terme, c’est-à-dire qui fait le meilleur choix entre plusieurs) qui doit survivre 6 ans dans un univers carcéral des plus compliqués, comme on l’a rarement vu dans les films français. On voit ainsi que le communautarisme (corses vs arabes) dans les prisons françaises n’a rien à envier à celui des prisons américaines (black vs néo-nazis vs hispaniques). En somme, le film idéal pour l’homme d’origine corse et né au Maroc que je suis. Une belle réalisation avec quelques moments qui marquent spoiler: comme les meurtres dans la prison (surtout le premier) et les scènes où la première victime du héros rôde autour de sa conscience et, par extension, autour de son corps, ou les petits plaisirs des permissions d’un détenu (la bouffée d’air hors de la prison, les pieds dans l’eau de la méditerranée et le sable de la plage gardé en souvenir) . Chapeau à Jacques Audiard qui n’a pas le talent de dialoguiste de son père mais qui le surpasse en termes de scénario et de réalisation.
Un Prophète s'inscrit d'emblée parmi les grands films de prison. Dur, nerveux, il impose au spectateur une série de scènes fortes admirablement réalisées et interprétées. Pour autant, ne pas se fier au titre car le film ne fait qu'effleurer une thématique religieuse: ici, c'est l'ascension d'un petit voyou naviguant toujours entre deux eaux qui nous est racontée. Tahar Rahim et Niels Arestrup sont impressionnants et survolent un casting très bien pensé. Cela étant dit (ou plutôt écrit), reste un bémol: la fin, qui me paraît un peu bancale par rapport au reste du film. Sans aller jusqu'à un feu d'artifice, je m'attendais à autre chose. En dépit de cela et de quelques longueurs, Un Prophète est un vrai coup de poing dans la tronche.