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Un visiteur
4,0
Publiée le 30 avril 2007
Joachim Lafosse nous présente avec pudeur, simplicité et beaucoup d'intelligence une histoire conflictuelle entre une mère, son fils, et son fils. Des relations bien trop fusionnelles s'établissent entre les trois personnages principaux (par ailleurs magnifiquement interprétés). Avec une mise en scène qui suggère plus qu'elle ne dévoile, de bons dialogues (notons la réplique de Pascale, qui demande à Thierry et Jan en pleine altercation, de manger, parce que sinon "ça va refroidir"), voilà un film non dénué d'humour (dans sa première partie du moins) qui aborde finement les thèmes de la fraternité, de la démesure en amour, des rapports de domination mère/enfant. On pourrait en revanche lui reprocher une conclusion un brin convenue. Captivant quoiqu'il en soit.
La chronique chaotique et complexe d’un désamour entre une mère et ses fils, portée par l’interprétation pleine de justesse d’Isabelle Huppert et des frères Renier.
NUE PROPRIETE c’est le schéma familial d’un trio puissant, triangulaire formé par Isabelle Huppert (remarquable), Jérémie Renier et Yannick Renier (au talent fusionnel) qui va rapidement se fissurer, laisser entrevoir quelques failles. C’est donc l’histoire d’une femme voulant refaire sa vie, ne pas la laisser à ses deux fils, des éternels gamins ne pensant qu’à leur confort et leurs envies. Alors lorsqu’il s’agit de vendre la maison familiale où le père ni a plus sa place, un père chassé, présent seulement pour les besoins financiers de chacun, le drame montre le bout de son nez car les dures prises de consciences, les caprices et les altercations fusent face à des pertes de repères, les ressentiments implosent puis s‘opposent et les désaccords explosent, la déchirure est inéluctable. Isabelle Huppert, d’une sobriété exceptionnelle, tente de restait neutre, elle est impuissante, mais garde la tête haute et sait que le cordon ombilical doit finir pas se couper, que ses fils deviendront forcément adultes alors elles se confrontent à eux, les fuient, pense à elle, doit choisir entre sa nouvelle vie de femme ou celle d‘une mère contrainte à un avenir scellé et aux rêves éteints. La complicité des acteurs est saisissante, on adhère au jeu de chacun et quand le drame est là, le vrai drame (qui n‘est pas celui que l‘on croyait), on est abasourdit par la force des silences, des non-dits et par le chaos familial dévastateur qui s’empare de la fin, dramatique, pudique, propriétaire d’une puissance glaciale en rien mélodramatique à laquelle on assiste sans comprendre et que l‘on ne pouvait anticiper. Une indéniable réussite qui tient d’une affaire de choix, de mépris et de querelles filmée et interprétée avec beaucoup de talent.
Si on ne prend pas en conte les quelques scènes de dispute de famille bien faite, le film est plus-ou-moins gnangnan et pleurnichard. Il montre la d'une famille sans passé ni d'avenir qui reste constamment affalé dans le canapé. C'est vraiment pas le meilleurs des films belges.
Abel et Caïn. Si certains noms avaient déjà marqué de leur empreinte le septième art belge, tels que André Delvaux ("Un soir... un train"), Chantal Akerman ("Golden eighties") ou Marion Hansel ("Dust"); sa renommée mondiale commence véritablement au début des années nonantes... Les maintes déclarations de sa plus belle histoire d'amour ont eu lieu dans la grande salle du Palais des festivals de Cannes, la ville de son coeur, avec l'annonce officielle d'une Caméra d'Or ("Toto le héros" de Jaco van Dormael) et de deux Palmes d'Or pour les frères Dardenne. Sans oublier la naissance du film culte "C'est arrivé près de chez vous", qui a révélé l'irrésistible Benoît Poelvoorde. Avec "Nue propriété", un nouveau talent (dont on va très vite reparler) est né, Joachim Lafosse. La maîtrise de ce jeune réalisateur belge, tant visuelle que scénaristique, est impressionnante de maturité. Des jumeaux (des faux), les frères (des vrais) Renier, vivent avec leur mère divorcée (Isabelle Huppert). A un âge où elle veut se reconstruire (professionnellement et sentimentalement), tous ses plans sont stoppés net par l'égoïsme et l'assistanat de ses deux grands fils (qui ont cessé de grandir trop tôt). Lorsqu'elle annonce la vente du domaine familial, à la compréhension de François (Yannick Renier) répond la vanité et la rage de Thierry (un fabuleux Jérémie Renier en chien fou)... Lafosse filme l'imposante propriété brabançonne comme un personnage à part entière. Entre ses murs, le drame se précise au fil du récit jusqu'à l'irréparable. Justesse des mots, authenticité des situations; ce drame psychologique fait penser aux meilleurs crus de Chabrol, d'autant plus que Isabelle Huppert (une habituée du cinéaste français) est l'actrice principale de ce huis clos implacable...
Je viens de voir ce film j'ai bien aimé mais je n'ai pas compris la fin... le frère est-il mort ? que deviennent ils ? j'aimerai avoir une réponse merci bcp - isabelle et les freres Renier sont formidables!
Dans une campagne belge, Pascale (Huppert) vit avec ses deux enfants : Thiérry (Jéremie Renier)et François (Yannick Renier). Pascale annonce un jour à ses fils qu'elle veut vendre la maison familiale. Ces derniers s'y opposent et blâment leur mère d'une certain inconséquence. De nombreuses crises familiales secoue les protagonistes qui finissent par ne plus s'entendre sur la venue de leur père, la vente de la maison, les sorties. Tout devient prétexte à hurlements. A cela rajoutons une fratérnité trés bien ressentie à l'écran, et pour cause, les deux Renier sont vraiment frères, ce qui accentue la véracité du jeu des acteurs. Film hurlant, avec extrémement peu de musique, avec des plans parfois récurents, Nue propriété rapelle parfois Mon fils à Moi (de Fougeron) à la différence que Pascale reste calme la plupart du temps. Huppert assure comme toujours dans ce rôle de mère cool. Malgré tout le film possède des longeurs et beaucoup de pistes non éxploitées.
Quel immense plaisir que de voir évoluer les acteurs de ce film franco-belge pas tout à fait comme les autres. Car celui-ci na pas cette « touche » qui a fait la réputation du cinéma de Belgique des dernières années : originalité et audace ! Il sapparente plus à un (très) bon film français. Le scénario est impeccable et la direction dacteurs de Joachim Lafosse est vraiment extraordinaire de la part dun jeune réalisateur. Isabelle Huppert tout dabord qui nen finit pas de surprendre et qui donne à ce rôle de mère un peu lasse de cet « état » une épaisseur exceptionnelle, les frères Renier jumeaux style « Tanguy » dans le film font passer divers sentiments avec grand art : complicité, amour fraternel, frustration, incompréhension, haine, désespoir et les autres comédiens qui gravitent autour de cette cellule familiale. Belge de Wallonie, je ne peux que conseiller aux français de faire un très grand accueil à ce nouveau réalisateur super-doué (je ne parle pas des procédés cinématographiques très bien assimilés que Lafosse utilise dans « Nue propriété ») de notre Cinéma.
Un film âpre sur les relations enfants-parents après un divorce non expliqué aux plus jeunes. Le mal-être des enfants est vécu différemment selon la personnalité. Et cela débouche sur de l'incompréhension, du ressenti, de la colère et des paroles qui dépassent largement la pensée. Un très bon film, très bien mis en scène et souvent filmé en plans fixes. Très belle prestation de tous les acteurs. Isabelle Hupert est froide comme souvent mais apporte son style au personnage de la mère. Jérémie Renier est excellent (peut-être son meilleur rôle) et son frère est aussi intéressant dans une partition plus classique.
Pascale, divorcée et fachée avec son ancien mari, vit dans la grande maison de campagne de la famille avec ses deux fils, Thierry et François, des faux jumeaux très proches l'un de l'autre. Mais Pascale rêve d'autre chose, notamment de créer une sorte de gite avec son amant, dont elle n'a encore pas parlé à ses enfants, et pour cela elle doit vendre la maison.
Cette maison, c'est toute l'enfance de ses fils, une enfance dont ils ne sont pas encore sortis (leurs jeux videos; leurs jeux dans les champs, les bains ensemble). Si Thierry semble vouloir couper le cordon avec sa mère et se distinguer de son frère (par les études, sa relation amoureuse), François, plus sensible, reste auprès d'elle. Dès lors que Pascale dévoile ses projets, thierry s'oppose violemment à elle et se crée alors une cassure avec son jumeau.
La mère (Isabelle Huppert, toujours aussi parfaite quel que soit le rôle) est dilettante, un peu à l'ouest, dominée par des fils aimant mais pas forcément conscients des privilèges dont ils bénéficient. On ne les voit jamais aider à la maison, toujours en train de s'amuser, de délirer et leur complicité fait grand plaisir à voir, ainsi qu'à leur mère, plutôt grande soeur qu'autre chose au début.
Et puis vient la cassure. Quand la mère parle de vendre, quand elle présente un amant un peu trop mal venu.... l'innocence du trio se brise et le plus teigneux des trois (Jérémie Renier) s'insurge, s'oppose à cette mère qu'il traite de "pute", qu'il accuse de profiter de l'argent d'un père parti refaire sa vie. Elle n'a aucun droit sur la maison. Le conflit mère/fils puis des deux frères va conduire au drame inévitable.... Un beau film, d'abord tendre et joli devant la complicité des deux frangins, puis sec, dur, mettant mal à l'aise...
Un bon petit film qi se regarde agréablement, mais qui est loin d'être exceptionnel. Isabelle Huppert quant à elle est dans un rôle habituel pour elle, donc s'en sort très bien.
très vite on est dans l'ambiance grâce au jeu des acteurs en partie mais aussi à l'atmosphère donnée par les longs plans séquences.deux frères jumeaux s'affrontent dépendants d' une mère qui aurait besoin de vivre sa vie en vendant la propriété familiale devenue presque étouffante.drame final presque libérateur.bon film d'auteur.
Ca sent le vécu. Les psy et autres spécialistes du comportement vont être ravis d'un cas de figure tel que celui-ci. Le nud ici où est-il? Celui qui enclenche le malaise? La mère? incarnée brillamment par Isabelle Hupert qui, en mal de vivre, le fait, inconsciemment partager à ses deux fils, les frères Renier à la vie comme dans ce film. A chacun d'eux sa façon de réagir, l'un la violence, l'autre la nonchalance. Une histoire dans laquelle on s'y retrouve un peu. Le difficile passage au monde adulte, la culpabilité de cette mère divorcée qui joue la perversion pour manipuler son entourage. Un film fort, l'ambiance lourde et pesante en crescendo est réussie. Une bonne griffe originale de réalisation. Un excellent film d'auteur. On se réjoui de leffet de découverte et de surprise !
saisissant dans le jeu des acteurs et dans les plans qui renvoient le profond mais necessaire malaise de grandir dans les ruptures. on a tous besoin de sortir de nos rapports fusionnels meme si pour certains ca fera tres mal.