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Yasujirô Rilke
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4,0
Publiée le 1 mai 2010
Cinéaste prolixe, Olivier Assayas cumule les films au risque, perpétuel chez les cinéastes productifs, de préférer à la qualité de l'OEuvre, sa quantité. «L'Heure d'été» (France, 2008) contient cette vélocité de créer. C'est dans une cohue familiale dont la liesse est quasi-palpable que s'ouvre le film, sur la quête d'un trésor menée par les enfants de la famille. La palpitation grisante des premiers plans repose sur un sens aigu du montage et du jeu d'acteur. L'histoire banale d'une famille confrontée aux problèmes d'héritage est en elle-même savamment articulée par un rythme instable et dynamique. Or c'est dans la place de l'objet, du point de vu de l'être et du temps, qu'émane la grandeur du film. A la mort de la mère, ses trois enfants ont à charge de disposer d'un lourd héritage culturel. L'absence des uns contraint les autres à abandonner le lieu de leur enfance, à délaisser une grande part de leur affection au profit de la marche du monde. Dans cette dynamique des objets, qui passent de l'ordre privé à la publication en musée, une cinétique apparaît. Cette cinétique de l'art, où les feuillets d'un cahier de croquis risquent d'être dispersés à travers le monde, nous rappelle la circulation du cinéma. Commandité par le Musée d'Orsay, «L'Heure d'été», par un constat commun de l'état du monde, par la cohabitation des ordres d'objet (l'art du vase impressionniste et le prosaïque d'un avion en jouet) et par la circulation des objets dans le monde, fait de l'essence du cinéma une donnée quotidienne. Le cinéma est art, mais ce n'est pas l'art immobile et «emprisonné» des musées, c'est un art qui se module au grès du monde, un art hybride où se confrontent la grâce digne des Beaux-arts et la vulgarité usuelle, un art mobile, qui circule. Parler de cinématographie avec tant de subtilité, dans un cinéma français qui, à trop être produit par la télévision, fait plus du téléfilm que du cinéma que d'art, est un exploit dont il faut saluer Assays et le musée d'Orsay.
Un film sur une famille confronter à un partage d'héritage est le thème plein de nostalgie. Hélas, un scénrio palt pour de belles images, je me suis ennuyé.
Le parfait exemple d'un cinéma français où tout repose sur les noms et non sur... le cinéma. Assayas, Binoche, Berling, cela sonne peut-être bien aux oreilles de certains, mais cela ne fait pas un film... L'Heure d'été ne raconte rien, tout simplement.
J'en gardais un souvenir presque ému : le revoir m'a laissé nettement plus dubitatif. Alors toutes les qualités ne se sont pas dissipées entre deux visionnages, évidemment. Le scénario est pertinent, cette galerie de personnages d'assez belle qualité, on reconnaît inévitablement des situations que l'on a vécu, cela parle joliment du temps qui passe. Maintenant, on peut aussi voir qu'il ne se passe pas énormément de choses, que sans être réellement ennuyeux, ça n'est pas captivant non plus. On est quand même vraiment chez les bobos, les nantis, avec, logiquement, leurs problèmes de bobos et de nantis... Évidemment que certains aspects concernent chacun, mais ce n'est vraiment pas le cas de tous, d'autant qu'on est en droit de ne pas se captiver pour les considérations parfois très bourgeoises des uns et des autres, Juliette Binoche en tête. Il y a quand même une certaine sensibilité, une réalisation cohérente, sachant ce qu'elle fait. C'est un joli film pour un certain public, interprété avec talent et fait avec soin, auquel on n'est toutefois pas obligé d'adhérer pleinement si on ne fait pas partie du public en question. Comme quoi, en dix ans, un regard sur un titre peut grandement évoluer, dans un sens comme dans l'autre.
A l'issue de ce film, une question envahit le spectateur: quelle place y a t-il au cinéma pour le film-thèse? Car plus qu'un exercice stylistique, insistant sur les non-dits, la libre interprétation, le film, français mais mondialisé d'Assayas, semble avant tout être un manifeste. Comment gérer l'héritage, telle est la problématique. Ainsi, la scène d'introduction, en famille à la maison de campagne, porte bien son nom et laisse présager de la suite du développement. Pro-légataires contre gardien de la mémoire, pragmatiques contre sentimental... Le film, très franchouillard en ce point, se veut la confrontation permanente d'une thèse et de son antithèse. Dommage que le discours soit si explicite; sans réelle finesse. Fréderic (Charles Berling), Adrienne (Juliette Binoche) et Jérémie (Rénier) sont convaincants dans leurs rôles: "héritiers" d'une classe bourgeoise face aux affres d'un monde globalisé. Mais on regrettera le manque de tension, de ligne de force, que génère un exposé aussi concis -comme la trop grande absence esthétique des cadres.
D'Olivier Assayas j'avais vu Doubles Vies que j'avais trouvé complètement raté et plus récemment Clouds of Sils Maria que j'avais bien aimé. Et bien ce nouveau film (nouveau pour moi) sera mon préféré. Je l'ai trouvé touchant, intéressant, juste, avec de jolis portraits, décrivant bien la complexité des relations familiales (au sein d'une famille pas dysfonctionnelle pour une fois mais dispersée aux quatre coins du monde) et les dilemmes d'une succession. Il est donc question de famille, de décès, de maison, de transmission, d'art, d'artiste, de vente, de donation, de volontés, de respect, de secret, de reconnaissance, de partage, de décisions, de générations... Il y a de jolis plans, Charles Berling que je trouve parfait partout, Juliette Binoche que j'adore toujours (même en blonde...), une maison magnifique, le musée d'Orsay (mon préféré !), de l'humour, de la tendresse, de la compréhension... Et si comme moi vous adorez l'Art Nouveau, ce film peut vous enchanter à plusieurs moments !
Un film ennuyeux et sans saveur qui avait pourtant quelques atouts (beau casting !). On comprend assez rapidement qu'il n'y aura pas d'intrigue. Le film est à classer dans le genre chronique familiale mais les personnages sont froids. On ne s'y attache pas. Une perte de temps malheureusement.
"Objets inanimés, avez-vous donc une âme" ? Ce film de commande nous donne des pistes pour tenter de répondre à cette question obsédante, et ce faisant donne beaucoup à voir, et n'est donc pas (ou le moins possible) prétexte à théorisation et bavardages sur l'Art. Il a en effet comme support une vraie histoire de famille, servie par de bons comédiens, avec ses grandes joies, et ses petites disputes et mesquineries, quelque chose qui sonne juste, comme une petite musique intime, dans une vaste maison qui va passer de "l'Heure d'été" à l'heure de l'abandon quand le récit s'achève - ses objets sont dispersés et les héritiers l'ont vendue. Plus de maison de famille : quid de la famille ?...
Mon dieu que c'est plat, inerte, inintéressant au possible ce déballage bobo parisien sur la vente d'une maison bourrée d'oeuvres d'art. On s'ennuie à mourir et même Juliette Binoche, toujours pressée dans le film à quitter cette maison, semble s'être royalement ennuyée. Rien à sauver selon moi. Quant à la saga des Corot, on s'en tape le coquillage. Aucun enjeu, rien de rien dans ce brouet n'a de sens
Je ne mettrai pas 4 étoiles à ce film même s'il est très bon. En effet, le film traite de l'histoire d'une famille et d'un problème de succession mais "l'heure d'été" se traine un peu longueur dans des dialogues sur les problèmes de notariat...ect. L'histoire est par contre traité avec un léger recul et humour. L'avantage est que le synopsis ne se perd pas dans un simple histoire d'héritage mais qu'au contraire il est bien ficelée autour d'un personnage principal : celui de Frédéric qui nous fait découvrir les autres personnages. Les personnages sont liées avec le film et suive un fil, on commence par l'histoire de la grand-mère, la vie de ses enfants pour finir par l'espoir de la jeunesse intégrée par les petits-enfants. En bref, le film nous rappelle forcément une pente de notre vie : la jeunesse.
Une propriété en héritage, avec des beaux meubles et des toiles de maître. Des droits de succession élevés. Dans la fratrie, 2 veulent vendre, 1 ne veut pas. Donc, on vend. On attendra en vain qu’il se passe quelque chose d’interessant et on se dira, à la fin du film : tout ça pour ça.
Assez rasoir il faut bien le dire. Bien sûr les acteurs font plaisir à voir (même si les dialogues ne les aident pas toujours à jouer juste!), mais il n'y a aucune intrigue, rien! Pas d'enjeu non plus. Joliment filmé mais le sujet paraît bien mince... une (grosse) succession un peu encombrante qui aura du mal à émouvoir les smicards!
La famille et la culture : deux thèmes qui semblent tenir à coeur du cinéaste Assayas, et il brode autour d'eux une intrigue tout à fait convainquante, aidé en cela par des interprètes très concernés par leur rôle. Avec finesse, il imagine ce que pourrait être les problèmes d'héritage dans une famille où tous les enfants ont réussi socialement, et où la mère était devenue l"amie" d'un peintre relativement célèbre et collectionneur. Il est clair que les scènes dramatiques trop appuyées, les conflits trop caricaturaux, ne sont pas la tasse de thé d'Assayas, et il entends plutôt atteindre une certaine vérité psychologique et sociologique. Décrivant de façon sous jacente une la perte des valeurs familliales liée à la modernité, la distanciation inévitable due aux contraintes de la réussite sociale, il le fait dans un style qui rappelle parfois Rohmer, mettant avant tout en avant des dialogues chargés de sens (la mère et le fils ainé, le fils ainé, son frère et sa soeur, le fils ainé et sa fille...). Son utilisation d'ellipses temporelles bien étudiées (le décès de la mère en particulier) ajoutent une note émotive au processus du déroulement romhérien. Le temps et les nouvelles générations peuvent bien tout effacer, il reste toujours, selon le cinéaste, et c'est bien là le rôle du personnage parfaitement interprété par Charles Berling, qui pourrait être l'alter égo du cinéaste, un fonds de nostalgie et peut être de regret.
Un peu étonné que ce petit film plutôt charmant et léger soit si mal noté. Etonné aussi de voir que son réalisateur est pu produire récemment des films d'une nullité extrême comme Personal Shopper.
L'heure d'été se regarde bien, le temps se déroule nonchalamment, l'histoire résonne ou peut résonner facilement en tout un chacun.