"Autopsie pour un meurtre"(1959) est considéré à juste titre comme la référence des films de prétoire,même actuellement. Otto Preminger,alors au sommet de son art,dissèque durant près de 3 heures les rouages du système judiciaire américain. Il se concentre sur les joutes oratoires qui opposent l'avocat et le procureur,arbitrées par le juge(un vrai,à l'origine du renvoi du sénateur McCarthy...). Tous deux sont en représentation théâtrale devant une assemblée qui les écoute religieusement,voire avec admiration. Dans ces conditions,que la vérité se fasse jour possède une importance moins grande que la virtuosité et l'avancée des carrières de ces représentants de la loi. Preminger partage donc sa vision acérée des choses. On ne sait plus très bien si ce marine est coupable ou non d'avoir exécuté le violeur(ou pas) de sa femme. Les éléments apportés ajoutent à la confusion,plutôt qu'à la résolution,qui ne peut qu'être partiale. James Stewart est comme toujours parfait en avocat aux vifs traits d'esprit face à un George féroce et imperturbable. Un classique indémodable,qui témoigne de la supériorité des Américains dans le genre.
2 ans après l'excellentissime huis-clos "12 hommes en colère" de S.Lumet, où l'on pouvait suivre les points de vue de 12 jurés débattant au sujet d'une enquête pour meurtre, "Autopsie d'un meurtre" d'Otto Preminger se positionne lui de l'autre côté de la barrière : celui du tribunal et de ses avocats. L'objectif pour ceux-ci étant bien entendu d'influencer au maximum l'avis des jurés en leur faveur. On assiste donc pendant quasiment 2h30 à une partie d'échec monstrueuse entre les avocats généraux (dont George C. Scott, parfait !) et l'avocat de la défense (James Stewart, égal à lui-même) interrogeant les témoins les uns après les autres avec une intelligence et une pertinence rare dans le questionnement (VO obligatoire !). Le but du film n'étant pas de donner un verdict final unanime et fixe. La flopée d'arguments qui fleurit tout au long du film laisse d'ailleurs libre à chacun de se faire sa propre opinion. Non, ce film est avant tout destiné à traduire avec brio l'atmosphère de la justice américaine en plein coeur des années 50-60. Aucun temps mort, on a les yeux grand ouvert du début à la fin, tout ceci étant bien servi par une petite touche humoristique et sensuelle (via la splendide Lee Remick...). Il y a tellement de matière et le sujet est traité avec tellement de tact et de délicatesse qu'on se demande même par moment comment le film va pouvoir se condenser dans "seulement" 2h30 de bobine. Qu'une seule chose à ajouter : Chapeau M.Preminger pour ce chef d'oeuvre !
On pourrait craindre que les 2h30 d'Autopsie d'un meurtre soient trop longues mais elle sont passionnantes, l'affaire est bien présentée et l'on reste dans le doute jusqu'à la fin spoiler: d'ailleurs on peut éprouver une certaine frustration car on ne sera jamais toute la vérité , d'excellents acteurs sont au service de ce film judiciaire, James Stewart et George C. Scott nous offrent un affrontement savoureux ou l'ironie à sa place, il y a aussi la charmante Lee Remick dans la peau d'une femme troublante. Au niveau de la mise en scène cela reste conventionnelle mais ce type de réalisation convient parfaitement au cinéma judiciaire assez courant aux USA, j'avais trouvé Preminger trop classique avec Laura mais ici il est parfait. Si on aime le genre Autopsie d'un meurtre vous régalera pendant plus de 2 heures. Pour l'anecdote ce film posa problème car certains mots utilisés lors du procès (comme viol) choquèrent à l'époque ; le propre père de l'acteur James Stewart considérait ce film comme abject.
Cette "Autopsie" marque un duel acharné entre deux avocats, bien plus important au final que le verdict. Chaque partie use de subtilités pour faire chavirer l'autre et c'est bien là le sujet du film. Ce film passionnant de bout en bout, non dénué d'humour, laisse défiler les 2h40 sans aucun ennui, bien au contraire (même si quelques scénettes auraient pu être coupées tellement elles n'apportent absolument rien). Preminger fait du sacrément beau boulot, moi qui suis généralement peu emballé par l'univers fermé d'un tribunal. Il sait diversifié les plans et mouvements de caméra (là où Hitchcock avait par exemple échoué dans "Le procès Paradine"). Quant aux acteurs, force est de constater que chacun interprète magistralement son rôle. Pour finir, allez jeter un coup d'oeil à la bande-annonce du film, c'est un délice!
(...) Le film a beau être très long (2h40) et se dérouler essentiellement dans un tribunal, il reste trépidant à suivre car il s'appuie sur un scénario intelligent, refusant les flashbacks (un effet peu apprécié par Preminger) et en faisant la part belle à l'éloquence, aux joutes entre avocats avec un juge bonhomme et sympathique pour arbitrer. Ensuite, il démontre et démonte avec soin les différents écueils de ce système, qui doit se montrer impartial en demandant aux jurés de ne pas tenir compte de certaines remarques ou questions, alors que chacun des acteurs du show savent que c'est impossible. On passe donc de différentes saynètes avant le procès à une longue période de prétoire, les témoignages s'enchaînant, avec très peu d'ellipses. Les scènes sont longues mais parfaitement rythmées, avec un découpage qui fait la part belle aux plans longs mais jamais fixes, soit en esquissant quelques mouvements subtils, soit en mettant du mouvement à l'intérieur du cadre. La mise en scène s'appuie également beaucoup sur des arrières plans toujours vivant, avec les réactions de différents acteurs (figurants du public de l'audience, avocats ou procureurs qui interviennent) et les cadrages sont toujours malins et bien pensés. spoiler: Le film pourra surprendre dans son final, laissant beaucoup de questions irrésolues parfois mais c'est aussi le but de la manœuvre. Sans flashback explicatif, on ne saura jamais vraiment toute la vérité. C'est là où le film vise juste, en nous montrant les limites de ce système. Il n'y pas de vérité absolue. De même, nous sommes les seuls juges de ce que nous voyons et c'est avec les mêmes éléments que Stewart (et donc les jurés) que nous pouvons nous forger notre opinion sur ces mêmes questions. Pareillement, si le film incarne de la manière la plus pure et la plus juste ce qu'est un procès, il fait l'impasse sur un des incontournables du genre, à savoir les plaidoiries de début et de fin de procès des deux parties. Le personnage de Scott sera valorisé par une remarque de celui de Stewart, sa plaidoirie étant considéré comme la plus belle qu'il ai entendu dans sa vie, un spectacle dont nous ne profiterons donc pas ! Par contre, le film nous offre un autre spectacle, celui d'un petit morceau de musique au piano joué à quatre mains par James Stewart et Duke Ellington, qui compose par ailleurs la magnifique partition du film de Preminger (récompensée d'un Grammy Award), qui s'ouvre sur un générique crée par le fidèle Saul Bass. Le tout forme un véritable chef d'oeuvre du genre, sans doute le film définitif du procedural. La critique complète sur thisismymovies.over-blog.com
Attention, ma critique contient des spoilers. Je vous déconseille de lire donc si vous n'avez pas vu le film. J'ai bien aimé mais d'un certain côté je n'ai pas été plus intéressé que ça par l'affaire principale qui finalement se révèle être - du moins je trouve - décevante. C'est dommage car le film aurait pu être beaucoup mieux, je pense, avec une autre affaire. Le film se découpe en deux parties, la première est avant le procès et la seconde concerne le procès en lui même. Cette deuxième partie est, à mon avis, la plus intéressante. Je me demande même si je n'aurais pas préféré que tout le film ne se constitue pas au tribunal (ça aurait pu être un parti pris intéressant même si c'était aussi une prise de risque sur certains aspects). Dans cette deuxième partie, l'opposition entre les avocats est d'ailleurs vraiment bien menée.
Le film de procès est un genre assez difficile car il peut rapidement devenir ennuyant. Toutefois, il arrive que celui-ci livre des petites pépites. Autopsie d’un meurtre fait partie de ces dernières. Signant une mise en scène classique mais incroyablement efficace, Otto Preminger livre une œuvre passionnante, troublantespoiler: (même une fois le film achevé, on ne sait pas réellement quelles sont les réelles conditions du meurtre : Manion a-t-il véritablement été pris de folie ? Laura a-t-elle vraiment été violée ?...) et très osée pour l’époquespoiler: (on parle de viol et de sperme tout de même !) . Si on ajoute à cela la présence en rôle principal d’un acteur aussi grandiose que James Stewart, le choix d’offrir le personnage d’un des avocats de l’accusation à George C. Scott (qui n’avait pas encore offert ses brillantes interprétations de Docteur Folamour et Patton), une musique de Duke Ellington et un générique signé Saul Bass, on ne peut qu’être happé par ce qui constitue un des meilleurs films de procès de l’Histoire du cinéma. Un chef-d’œuvre du genre !
Un très bon Otto Preminger dans lequel on retrouve James Stewart, extrêmement convaincant dans ce rôle d'avocat. Un film presque tourné a huit clos puisqu'une grande partie de celui-ci raconte le procès, sans quitter le tribunal, les témoins passant les uns après les autres, les avocats enchainant les arguments, les alibis, les hypothèses.. Et tout cela brillamment. Mais "Autopsie d'Un Meurtre" ne fait pas que conter un procès et ses origines, c'est également une très pertinente interrogation sur le sens de la justice dans un monde où le bien et le mal ne sont que de vagues notions.
Le film de procès dans toute sa splendeur. Une mise en scène virtuose, des dialogues auxquels on ne changerait pas une virgule, des personnages complexes et le supplément d’âme d’une bande-son jazzy qui se marie à la perfection à la profondeur du noir et blanc. Et bien sûr le cabotinage de James Stewart, qui n’a jamais trouvé meilleur écrin que ce film. J’avoue avoir quand même été légèrement déçu par le dénouement. L’atmosphère du début m’avait fait attendre un twist final, mais c’est peut-être mieux comme ça : sobre et efficace.
Une excellente intrigue, un scénario de titan pour un procès très réaliste et prenant, avec un Stewart et un Georges C Scott crédibles à souhaits, on n'en attendais pas mieux de Otto Preminger, un des maîtres d'Hollywood dont les films restent excellents et ne vieillissent pas tellement, mais qui a surtout mis en lumière plus d'un visage de femme. 7 nominations aux oscars.
Deuxième Preminger que je vois et c'est vraiment excellent. C'est un film de 2h30 et pourtant jamais l'ennui ne guette tant les répliques sont rythmées et bien écrites. Il est aisé de se passionner pour ce procès étrange et satirique (les avocats ne cherchent pas la vérité mais la victoire), empli d'ambiguïté (Preminger a l'intelligence de ne jamais montrer le crime afin de laisser planer le doute quand aux dires des personnages, ce qui est brillant). Si en plus de cela on ajoute le talent des acteurs (en particulier James Stewart et Georges C. Scott) et une très bonne mise en scène, on a là un film très abouti et mémorable.
Quelle merveilleuse mécanique! Autour de l'avocat amateur de jazz et de pêche, décontracté et motivé à la fois, l'accusé, ambigu et inquiétant, la femme aguicheuse mais fragile, victime constamment tenue pour coupable (ah! l'image de la femme dans les années 50!), les personnages secondaires, le juge, vieux sage équitable, la secrétaire, attentive et solide, l'alcoolique repenti, tous sont vivants, attachants. La mise en scène ne néglige aucun détail, l'image est soignée, expressive. Ce DVD m'a donné le grand plaisir d'apprécier un travail bien fait.
Comme la quasi-totalité des films de Preminger, Cette Autopsie est un chef-d’œuvre. Le scénario est excellent, l’ambiguïté du mari et de sa femme est maintenue jusqu’au bout. Jimmy Stewart et Arthur O’Connell forment un couple tout simplement formidable, touchant à la fois de force, de vulnérabilité et de complicité. Ceux désireux d’analyser le système juridique US sont servis. Les amateurs des répliques truculentes le sont aussi. Donc, à voir en V.O. pliiiz !
Un classique du film de prétoire, ou comment transformer un coupable en parfait innocent avec la ruse d’un bon avocat. « Autopsie d’un meurte » en dis long sur la fragilité du système judiciaire américain, où le spectaculaire à parfois le dessus sur la vérité. Les interrogatoires des deux avocats sont filmés comme des duels, où les bons mots auraient remplacé les balles, le film est par ailleurs très drôle malgré le sérieux du sujet. James Stewart et Preminger jouent sur du velours et les 02H40 passent comme une lettre à la poste. Autour de Stewart un casting en or massif : Lee Remick en belle jeune fille déluré, George C.Scott et Ben Gazzara à leurs débuts, Saul Bass au générique et Duke Ellington à la musique. Après ça comment ne pas regretté le Hollywood de cet âge d’or.
Un film parfaitement maîtrisé dans lequel le spectateur prend le temps de connaître l'affaire (tirée d'une histoire vraie du bouquin d'un juge). Excellente prestation de tous les comédiens rendant le réquisitoire crédible et joli travail d'écriture le rendant détaillé sans aucune longueur. Un très bon Preminger.