Comédie, réalisée par Édouard Molinaro, Oscar est un film aussi divertissant qu'usant. L'histoire nous fait suivre Christian Martin, un modeste comptable qui surprend son patron, Bertrand Barnier, au saut du lit afin de lui demander une substantielle augmentation car il souhaite demander la main d'une jeune fille et n'ose pas se présenter devant le père de cette dernière avec un simple salaire d'employé. Après quelques tergiversations, Barnier cède et accorde à Martin son augmentation. C'est alors que ce dernier lui annonce que la femme qu'il compte épouser est sa fille. Ce scénario, adapté de la pièce de théâtre du même nom de Claude Magnier, s'avère plutôt sympathique à visionner pendant toute sa durée d'une heure et vingt minutes. Ce synopsis n'est que le point de départ de cette intrigue cumulant au fil des minutes les imbroglios et les quiproquos qui vont se superposer et provoquer tout un tas de situations plus saugrenues les unes que les autres. Il devient même difficile de suivre à un moment tant les problèmes d'ordres sentimentaux et financiers s'accumulent. Le ton se veut très théâtrale et surtout hystérique, devenant donc rapidement assez fatigant tant ça n'arrête jamais de brailler et de crier. Certaines scènes marquent les esprits à la faveur de leur originalité et l'humour parvient à décrocher de nombreux sourires et quelques rires malgré son aspect redondant. L'ensemble est porté par une galerie de personnages hauts en couleur, très bien interprétés par une distribution comprenant Louis De Funès, Claude Rich, Claude Gensac, Agathe Natanson, Paul Préboist, Sylvia Saurel, Mario David, Fermaine Delbat, Dominique Page, Philippe Vallauris et Roger Van Hool. Tous les rôles méritent d'être cités tant chacun d'eux apporte son grain de sable à ces rouages. Ils entretiennent des rapports conflictuels soutenus par des dialogues particulièrement verbeux mais amusants. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère bonne. Sa mise en scène exploite bien l'intérieur de cette maison qui est le seul décor du film dans lequel les protagonistes entrent et sortent comme dans un moulin. Ce visuel cloisonné est accompagné par une b.o. plutôt anecdotique aux airs joviales collant bien avec cette cacophonie. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Oscar, qui, en conclusion, est un long-métrage réjouissant méritant le coup d'œil, même s'il se montre un peu pénible à la longue.