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loulou451
149 abonnés
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2,5
Publiée le 6 août 2007
Primé à Berlin, le film de Tavernier vaut surtout par l'interprétation brillante de Marie Gillain et de Bruno Putzulu. Les deux acteurs portent littéralement le film sur leurs épaules. Car la mise en scène de Tavernier, loin de valoir tant de lauriers, demeure très académique. Par trop bien souvent. De son côté, Olivier Sitruk, en assassin mégalomane, peine à se hisser au niveau de ses deux compères. Au final, cet "Appât" bénéficie surtout d'une histoire vraie à couper le souffle. Le scénario colle au faits divers sans trop extrapoler et c'est tant mieux.
"L'Appât", réalisé par Bertrand Tavernier, est un drame qui s'inspire librement d'un fait divers. Deux jeunes garçons et une jeune fille issus des beaux quartiers décident de voler leur argent à des hommes riches en les piégeant dans leur appartement. Mais leur stratagème tourne au drame lorsqu'ils commettent l'irréparable contre une de leur victime. De voleurs, ils sont devenus des assassins. Bien interprété, ce film est marqué par la candeur et l'inconscience de ces jeunes gens, tellement omnibulés par l'appât du gain qu'ils ne perçoivent même pas l'ignominie de leur acte. C'est ce qui les rend d'autant plus monstrueux. Grâce à une bonne réalisation, Bertrand Tavernier met en lumière, à travers ce fait divers, les aspects les plus sombres de la nature humaine et dépeint une société en pleine déliquescence.
Le film de Tavernier nous montre trois jeunes qui vivent completement en dehors de la "réalité". Je ne sais pas si le réalisateur cherche à critiquer cette culture populaire américaine qui nique la tête de la plupart des gosses du monde ou si ce n'est pas le cas... On remarquera que le film n'est pas fait exprès pour nous plaire (entre autres, la musique qu'écoutent les personnages est médiocre), il essaye d'être réaliste au maximum même si les dialogues, parfois, sonnent faux. On pourra aussi dire "bravo" à Tavernier pour son côté impudique : Marie Gillain se trouve à moitié nue durant quelques scènes, le boss savait-il déjà auparavant à quel point elle était délicieuse ? Sans oublier (evidemment...) le regard et l'attitude si enfantine qu'elle nous offre et qui nous met tellement mal à l'aise... Et aussi les charmants Olivier Sitruk, Bruno Putzulu et surtout (malgré le peu de temps) la belle apparition de Philippe Torreton qui nous en met plein la gueule durant un face à face avec Gillain.
Un bon film solide. Une superbe interprétation de Marie Gillain, qui prouve qu'elle a un gros potentiel. Un scénario bien échaffaudé même si le film manque parfois un peu de brio..
On a peine à croire que cela puisse être tiré d'une histoire vraie et pourtant... Tavernier réussit à nous montrer l'humanité qui réside derrière ces individus.
Prestation de Marie Gillain vraiment exceptionnelle. Pour le reste Tavernier fait du classique sans aucune prise de risque. Pire laisse trainer en longueur son film sûrement de peur de faire une erreur scénaristique. Dommage, tant cette histoire vraie avait du potentiel dramatique et policière.
S'inspirant d'un fait divers authentique, Bertrand Tavernier signe avec l'appât une oeuvre forte, dérangeante, qui s'appuie sur un superbe trio de comédiens (Sitruk - Gillain - Putzulu), qui incarnent parfaitement cette jeunesse désoeuvrée et meurtrière. Marie Gillain en particulier, dont je ne suis pourtant pas fan, irradie littéralement de jeunesse et de beauté en égérie du crime. Ce qui trouble, c'est le fait que ces personnages apparaissent sympathiques, on s'identifie aisément et on compatit à leurs petites galères. Avant de réaliser que ces grands enfants ne partagent absolument pas nos valeurs, et sont capables l'air de rien de commettre les pires horreurs. Tavernier semble démontrer que seul, aucun d'entre eux n'aurait pu basculer dans l'horreur, que c'est leur association qui provoque un tel déchaînement de violence.
Froide critique du sytème de lobotomisation de la jeunesse sous le joug de l'IMAGE TV et vidéo et du pognon facile. C'est tout. Le film manque de vraie dimension.
S'il est évident que L'appât n'est sans doute pas le film de Tavernier le plus inspiré, il arrive malgré tout à capter la médiocrité des assassins.
C'est une histoire toute bête, ça bande sur Scarface, ça rêve de l'Amérique, de réussir et ça cherche le moyen le plus facile pour trouver de l'argent pour émigrer. Mais ce qui est habile c'est qu'on sent bien que ces personnages se voilent la face, ils pensent toujours que tout est du tout cuit, d'ailleurs ils ne savent pas vraiment ce qu'ils veulent faire réellement aux USA, une chaine de magasins ? une pâtisserie ? En France ça n'a pas marché, mais c'est sans doute à cause des impôts, aux États-Unis ça ira mieux... Parce que là où tout le monde, le spectateur y compris, réaliserait bien vite que c'est une chimère, que ça ne peut pas marcher aussi facilement, eux se voilent la face et malgré leurs échecs successifs continuent à s'enfoncer.
Et donc la question du film est la suivante : jusqu'où peut pousser la bêtise couplée à l'appât du gain ?
Jamais on ne pense qu'ils peuvent s'en sortir, ils sont trop mauvais, trop bêtes... Et donc il y a un côté profondément pathétique, jamais ils ne sont héroïques, montrés sous un jour positifs... Ils sont justes nuls. C'est pas Tony Montana, impossible de les prendre comme modèles.
En plus ils sont insupportables, ils passent leur temps à s'engueuler, les tensions existent dès le début du film et on se doute bien qu'il ne faudra pas grand chose pour les exacerber. C'est ce qui rend les personnages aussi fort peu appréciables, on n'a même pas spécialement envie qu'ils s'en sortent, il n'y a pas de romantisme à suivre des criminels, tout est fait pour nous le rendre antipathiques (même l'héroïne, qui trempe quand même froidement dans toutes les combines).
Disons que ça change d'avoir un film du point de vue des bandits, mais où ces bandits sont montrés dans leur quotidien, leurs contradictions et tout ce qu'ils ont de plus banal et un brin pathétique. Finalement les gens s'ils commettent des crimes atroces, c'est parce qu'ils sont lâches et stupides. Une belle leçon.
Film qui témoigne d'un événement qui fait froid dans le dos. Il utilise une façon de filmer sans prendre de recul. Au plus près de la hargne de ces jeunes. Et la jeune est presque encore pire car elle participe en faisant l'autruche. Terrible
Inspiré d'un célèbre fait divers des années 80, un thriller psychologique glaçant malgré des faiblesses, porté par la presta de la séduisante et tout aussi inquiétante Marie Gillain.
Le but de Tavernier n'était pas de retranscrire à l'identique la véritable histoire qui a inspiré ce film mais bien de montrer une forme de dictature de l'apparence où l'argent (facile de préférence) est roi, dans ce sens c'est une belle réussite. Le ton si léger peut déstabiliser comparé aux actes abjectes de ces jeunes criminels complètement paumés. La jeune Marie Gillain est excellente dans son rôle. Le revers de la médaille d'un traitement aussi léger c'est que le film perd un peu en authenticité, surtout lors des attaques de ces "pieds nickelés" qui virent un peu au burlesque.
L'argent n'achète pas les valeurs. Un portrait d'une certaine jeunesse (inspirée d'un fait divers survenu dans les années 80 et réactualisée dans les années 90), L'Appat montre une jeunesse sans repères, sauf celle que lui donne la société ; argent, célébrités, violence culturelle, facilités et paresses, sans aucune spiritualité autre que matérielle. Cela va bientôt conduire trois jeunes, Marie Gillain Bruno Pulutzu, et Olivier Sitruck dans les pires méfaits. Si Tavernier montre la bétise qui peut les caractériser, il sait aussi nous les faire comprendre et n'oublie pas d'égratigner la bourgeoisie parisienne, attirée par la jeunesse et les apparences, au point de servir de modèle dans ce qu'elle a de pire. Le ton est un peu trop lugubre mais c'est une nouvelle réussite de Bertrand Tavernier.
Vu de l'extérieur, du point de vue du spectateur, c'est assez triste de voir ces jeunes adultes parler de leurs petites combines irréalisables comme celle de faire actrice ou chanteuse, d'aller faire fortune aux États-Unis, d'y ouvrir une chaîne de magasins de prêt-à-porter voire même une pâtisserie. D'y mener la dolce vita. Qu'on puisse rêver quand on a huit ans, qu'on est encore à l'école, je veux bien. Là, je parle de gens ayant la trentaine, ne travaillant pas et, visiblement, vivant sur une autre planète. En effet, si émettre toute une série de plans hasardeux est une chose, tout au long, il n'ont pas l'air de prendre conscience de leurs actes de plus en plus violents. Comme si ce n'était qu'un jeu. Ou comme s'ils étaient trop influencés par les films à la télévision. Il y a d'ailleurs de nombreuses affiches de cinéma parsemant les murs. Clin d’œil à la cinéphilie de Bertrand Tavernier. Jusqu'à la fin, leur attitude est édifiante en particulier celle de la jeune femme en présence des policiers. Complétement détachée, elle demandera innocemment "spoiler: vous croyez que je pourrais être libérée pour Noël ? Je dois aller voir mon père. On pourrait presque en rire s'il n'y avait pas eu spoiler: deux meurtres avec tortures . Et pas la peine d'évoquer le milieu familial dans lequel ils évoluent pour justifier leurs actes ou je ne sais quelle misère sociale. Je crois que là il n'y a rien à expliquer. Ce n'est que de l'immaturité.
En transposant sur grand écran ce fait divers Bertrand Tavernier prend le pari d’humaniser un maximum les jeunes criminels qu’il dépeint comme des gosses sans repères pour qui on a érigé l’argent comme vertu suprême et qui n’ont aucune conscience de leurs actes. Les trois rôles principaux font vraiment penser à des gamins livrés à eux mêmes qui n’ont pas de règles ne voit pas le mal n’ont aucune vision de ce qu’ils font ou de leurs actes. Malheureusement si le rythme et la mise en scène sont bons le film pâtit du jeu d’acteur des deux premiers rôles masculins qui sonne vraiment faux alors que Marie Gillain très jeune trouve déjà sûrement le meilleur rôle de sa carrière. Sa désinvolture dans le final est aussi pathétique que révoltant. Il y a trop défaut pour être parmi les meilleurs films de Tavernier mais cela reste pas mal du tout.