Aujourd'hui la recette magique de François Truffaut pour sublimer la description de la banalité du quotidien en lui insufflant du charme et de la poésie semble définitivement partie avec lui. Mais heureusement qu'il reste des témoignages de ce talent unique dont ce sublime "Baisers volés" pour lequel la chanson de Charles Trenet semble avoir été écrite spécialement. Mélange réussie de comédie et d'émotion légère, le film est admirablement servi par les excellentes interprétations de Jean-Pierre Léaud et de Claude Jade ainsi que par des seconds rôles inégalables la grâce de Delphine Seyrig et la drôlerie de Michael Lonsdale (sa scène dans le bureau du directeur de l'agence de détectives est unique!) en-tête. Tout simplement un régal.
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0,5
Publiée le 8 juin 2021
Ce n'est pas l'adulte qui était sous-entendu ou promis par l'adolescent des 400 coups. J'ai eu du mal à aller jusqu'au bout de ce film. Je ne vois pas de différence entre ce film et les autres suites superficielles qui essaient d'en tirer profit. Je ne vois pas non plus d'art dedans et comment Truffaut a-t-il pu prendre son propre travail et le rendre si banal. Qu'est ce que cela signifiait pour lui s'il pouvait faire ça j'aurais préféré qu'il tue simplement Doinel pour sauver le personnage et le public. Maintenant il est scandaleusement moyen et incroyablement ennuyeux maintenant il n'est rien. Je déteste ce personnage de Antoine Doinel tous comme déteste Jean-Pierre Léaud et c'est mon droit absolu. Baisers volés est la pire suite de film que j'ai jamais vue de ma vie...
Baisers volés est la 'suite' des 400 coups, mais on n’y retrouve que son héros, Antoine Doinel. Aucune autre référence n’est faite au premier opus, si bien que Baisers volés reste un film à part entière et indépendant des 400 coups. Le ton mélancolique du film de 1959 disparaît totalement, comme si la couleur égayait la vie de Doinel, et nous avons maintenant affaire à un film plus léger, une romance qui tire plutôt vers la comédie (l’imbroglio de détectives). Cet optimisme est flagrant : dans Les 400 coups, Doinel, bien qu’épris de liberté, termine enfermé loin de son Paris natal ; dans Baisers volés, le film s’ouvre sur Doinel qui termine enfin son service militaire et gambade dans les rues de la capitale. Le film retranscrit, sur l’air de Que reste-t-il de nos amours ? de Trenet, l’insouciance d’un jeune homme qui se laisse vivre, qui refuse de prendre sa vie en main. Comme il est dit explicitement dans le film, Doinel se réfugie dans l’amour pour oublier la mort (tout le contraire de Davenne dans La chambre verte). Néanmoins, la séquence finale avec le fou laisse peut-être présager plus de sérieux pour les épisodes suivants de la chronique d’Antoine Doinel : le héros semble prendre conscience qu’il sera difficile pour lui de vivre au « Domicile conjugal » et de rester fidèle à jamais. Bien qu'il faille s'habituer au style de jeu de Jean-Pierre Léaud, le casting est très bon (premier rôle pour Claude Jade, Michael Lonsdale génial en vendeur détestable) ; la mise en scène de Truffaut, quant à elle, s'avère encore une fois impeccablement maîtrisée, savoureuse et ryhtmée.
Quelle légèreté, quelle bouffée d'air, ce "Baisers Volés"! Dans le Paris bouillonnant de la fin des années 60, Antoine Doinel déambule au gré de ses désirs difficilement contenus. François Truffaut nous montre avec éclat son habileté à faire de situations banales des scènes hilarantes. Caractéristique de la Nouvelle Vague, les pieds de nez aux codes, clichés et scènes préfabriquées s'enchaînent pour notre plus grand plaisir. Faite de fausses pistes (l'homme qui suit Christine) ou de plans caméra au poing teintés d'espièglerie et d'inventivité, la réalisation de Truffaut instaure un rythme plaisant à ce film virevoltant que je conseille à tous ceux qui ont faim de détente.
Avec "Baisers volés", François Truffaut continue son exploration existentielle d’Antoine Doinel, incarné par un Jean-Pierre Léaud toujours aussi naturel. Ce troisième volet, après "Les 400 Coups" et le court-métrage "Antoine et Colette", suit Antoine dans ses déboires professionnels et amoureux. La mise en scène de Truffaut, élégante et discrète, capte avec sensibilité l’ambiance d’un Paris intemporel, entre ruelles, cafés et intérieurs bourgeois et l'histoire séduit par son ton tendre et désinvolte.
Dans un style très Nouvelle Vague, Truffaut brosse une comédie un peu romantique, un peu dramatique, parsemée de quelques trouvailles pleines d'humour et de moments suspendus. Ballotté d'un job à l'autre et d'un désir à l'autre, Jean-Pierre Léaud est aussi touchant que pathétique dans la peau d'Antoine Doinel, ce jeune homme encore mal dégrossi auquel il apporte beaucoup de nuances.
Troisième volet de la saga Antoine Doinel, «Baisers volés » dresse un portrait cohérent et (trop) large du jeune garçon des «Quatre cents coups ». Qu'il travaille en tant que veilleur de nuit, dans un magasin de chaussures ou en tant que détective privé, Doinel ne parvient pas à s'adapter professionnellement. Sur le plan sentimental, il est tout aussi inadapté, ne sachant que faire avec la belle Christine et encore moins avec les avances de Fabienne. L'inconstance et les imprécisions du personnage justifient pleinement le rythme heurté du film et ses nombreuses situations loufoques mais l'ensemble demeure inégal. Malgré l'interprétation de Léaud qui se situe dans le prolongement des premiers films de la saga - regard hébété, discours haché et comportement parfois incompréhensible caractérisent Doinel -, certains moments manquent de percussion, à cause d'une bizarrerie peu incarnée et inaboutie, à l'image d'une dernière scène décevante qui annihile platement le mystère créé autour d'un personnage secondaire. Le film aurait gagné à moins se disperser, à restreindre ses pistes afin de mieux cerner Antoine Doinel, de donner une image plus nette pour libérer une émotion plus ample.
« Baisers volés » de François Truffaut est dédié à la Cinémathèque d’Henri Langlois et le film s’ouvre sur la porte fermée du Musée du Cinéma car nous sommes en 1968 et la mythique chanson de Charles Trenet « Que reste-t-il de nos amours ». Il fait suite à « Antoine et Colette », le sketch de « L’amour à 20 ans » (1962). Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) a maintenant 24 ans et derrière les barreaux d’une prison militaire, il attend d’être réformé pour « instabilité caractérielle » sans certificat de bonne conduite, bien que s’étant engagé pour 3 ans après son chagrin d’amour avec Colette. Libéré, il va dîner chez les parents (Daniel Ceccaldi et Claire Duhamel) de Christine Darbon (Claude Jade qui est lumineuse), la jeune fille dont il est amoureux depuis 2 ans. Veilleur de nuit dans un hôtel, il se fait renvoyer après un constat d’adultère mené à son insu par un détective privé (Harry-Max) mais il se fera embaucher dans cette agence de détectives. Pas très doué pour les filatures, le directeur lui confie une mission dans le magasin de chaussures de Mr Tabard (incroyable Michael Lonsdale) qui ne comprend pas pourquoi on ne l’aime pas mais Antoine tombera amoureux fou de Mme Tabard (Delphine Seyrig) qui comme lui a lu « Le lys dans la vallée » de Balzac … avec dans cette séquence la célèbre scène où Jean-Pierre Léaud répète devant une glace 39 fois son nom et les extraordinaires répliques « Vous aimez la musique, oui Monsieur » puis l’explication par Mme Tabard de la différence entre la politesse et le tact. « Initié » par Mme Tabard après un contrat (ils passeront quelques heures ensemble puis ne se reverront plus jamais), Antoine va mûrir. Mais bien que dinant fréquemment chez les parents de Christine, celle-ci reste hésitante (cf. la scène dans la cave) jusqu’au moment où Antoine devenu employé de SOS dépannage, sera appelé un week-end par Christine seule chez elle pour une panne de téléviseur … et là le couple de se former. Antoine et Christine prennent leur petit déjeuner ensemble, en échangeant en silence des petits billets et on comprend qu’Antoine demande Christine en mariage en lui passant au doigt l’ouverture d’un décapsuleur ! Pour la petite histoire on apprend dans ce film comment récupérer une adresse quand on a seulement le numéro de téléphone (avec le « Si je vous dis Ya bon que me répondez-vous ? ») et comment beurrer une biscotte sans la casser ! Un film qui malgré la complexité du versatile personnage d’Antoine Doinel, est d’une simplicité touchante et d’une grande fraicheur, avec un humour parfois décalé mais jamais lourd ou vulgaire… bref à condition d’aimer le jeu de Jean-Pierre Léaud c’est un des chefs-d’œuvre de François Truffaut.
"Baisers volés" marque les débuts dans la vie adulte, après "Les quatre cents coups" (et le sketche du film collectif "L'amour à 20 ans"), d'Antoine Doinel. Tout juste réformé du service militaire pour insoumlssion- une des références autobiographiques bien connues de François Truffaut- Antoine aborde l'existence aussi démuni que désinvolte.spoiler: Il renoue avec Christine, jeune fille de bonne famille, et multipliera les petits boulots.
Ainsi se présente le quotidien bohème d'Antoine Doinel. Celui-ci ne poursuit aucun but, aucun projet préconçu; de cette vie professionnelle chaotique et des hésitations sentimentales de Doinel, François Truffaut fait un récit plein d'humour, de charme et de subtilité. L'irrésolution amoureuse ou les coups de foudre d'Antoine déterminent un parcours initiatique, voire un marivaudage, où le héros est simultanément attiré spoiler: par la grâce virginale de Christine, affolé par la beauté d'une femme plus agée ...et client des prostituées.
Le talent de Truffaut est d'entourer son personnage de seconds rôles cocasses, originaux sans être extravagants, et chacun d'eux, par de simples expressions et par la justesse de la mise en scène et de la direction d'acteurs, existe pleinement, témoigne d'une vérité qui l'éloigne de toute bouffonnerie ou caricature. Chacun règle son compte au cinéma de papa décrié par Truffaut... Au bout du compte, les uns et les autres n'expriment-ils pas une quête de l'amour, jusqu'au spoiler: mariage pour ce qui concerne Antoine Doinel?
Le deuxième film consacré à Antoine Doinel(si l'on excepte le moyen-métrage "Antoine et Colette"),l'illustre personnage de François Truffaut,ouvre la voie à une nostalgie à peine voilée,sur les amours transis de la jeunesse dans un Paris en pleine révolution(1968).Doinel,toujours aussi chenapan et maladroit chronique,enchaîne les petits boulots,s'y prend comme un manche avec les femmes,et déambule à la recherche d'un bonheur idéalisé.Héros romanesque dans la tradition truffaldienne,Doinel doit beaucoup à son interprète,Jean-Pierre Léaud,dont le jeu distant et décalé,a pu déconcerté,mais a surtout caractérisé une âme en quête de repère dans une société qu'il ne comprend pas,et qui ne le comprend pas.Ce retour souhaité au passé,Truffaut le symbolise par la jolie ballade de Charles Trenet "que reste t-il de nos amours?".Peuplé de personnages truculents,versant volontiers dans le vaudeville quasi comique(notamment les échanges dans l'agence de détectives),"Baisers volés" est une bulle de légèreté,à forte dose autobiographique,à consonnance naturaliste,une récréation étonnante.
J'ai bien aimé ce film de François Truffaut. 'Baisers volés' possède un visuel travaillé, et une belle réalisation. De plus, le scénario parvient à nous toucher grâce à sa simplicité, et sa sincérité. Se qui fait qu'on s'identifie sans aucune difficulté au personne d'Antoine ! A voir.
"Puisque nous aimons tous les deux les choses exceptionnelles, nous allons passer un moment exceptionnel". Avec un telle proposition, difficile de ne pas succomber. Doinel, acte III selon Truffaut, dans la continuité du moyen-métrage "Antoine & Colette". Toujours aussi dandinant dans les rues parisiennes, il découvre l'univers au féminin, voguant entre les catins, la femme du patron, sa fiancée, ses beaux-parents adorés, Montmartre et les 400 petits boulots. Intenable, il comble la déception Colette, croisé au détour d'une rue déjà en ménage, mais toujours aussi ravissante, par sa quête irrémédiable de liberté. Réformé, réceptionniste, filateur, vendeur de chaussures pour femme ou dépanneur, il accumule le désordre et triomphe de l'émancipation tellement attendue.
Toujours dans la série Antoine Doinel, François Truffaut réalise là une bien belle œuvre, enlevée, poétique, drôle, et nostalgique. Le scénario est un peu tortueux, et pas toujours très crédible, mais voilà, les personnages sont irrésistibles, croquants, parfois un peu superficiels, mais le plus souvent réels, et touchants. À commencer bien sûr par cet Antoine Doinel (superbement interprété par Jean-Pierre Léaud), toujours un peu fou, rêveur, maladroit mais gentil et aimant. C'est d'ailleurs dans "Baisers volés" que sa personnalité est la mieux retranscrite, avec pudeur et sensibilité. Truffaut en fait parfois un peu trop dans son texte, mais derrière la caméra il agit en maître, et signe là une très belle continuation au "400 coups".
Suite des aventures de Antoine Doinel, personnage créé par François Truffaut dont il lui consacrera 5 films. Après la jeunesse dans "Les 400 Coups", la fin de l'adolescence dans "Antoine et Colette", ce troisième opus "Baisers volés" nous narre le début et l'entrée dans l'âge adulte, de sa cassure avec l'armée alors qu'il y était rentré volontairement jusqu'à ses péripéties avec celle qu'il aime Christine Darbon en passant par les divers petits boulot qu'il trouve et ce que ca implique. Emmené par la superbe chanson de Charles Trenet "Que reste-t-il de nos amours ? ", on s'attache sans aucun mal à Antoine Doinel, personnage parfois maladroit et plutôt romantique, ainsi qu'à ses aventures à travers ses petits boulots que ce soit gardien d'hôtel où il permet à un détective privée de prouver une liaison extraconjugale puis lui-même détective à la suite de ca. Truffaut aborde les thèmes de l'amour, de l'instabilité ou encore du bonheur en arrivant à insuffler de la mélancolie, de l'humour, de la légèreté, de la nostalgie et de la poésie dans son récit. Il sublime la ville de Paris, ce qui donne de superbes images. Jean-Pierre Léaud est toujours impeccable dans ce rôle qui lui va si bien, tout comme Claude Jade qui lui rend très bien la réplique. Peut être pas le meilleur de la série des Antoine Doinel, notamment par rapport au génial "Les 400 Coups" mais une réussite et Truffaut rend toujours son personnage attachant et intéréssant à travers un récit tout en profonde légèreté, mélancolie et poésie.