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vinetodelveccio
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4,5
Publiée le 19 septembre 2015
Un film drôle, fin et assez génial, pour tout amateur de l'univers d'Emmanuel Mouret. C'est toujours très décalé, mais sans se prendre au sérieux. On est là dans une fable truculente, mais à l'émotion constante. Les acteurs sont au poil, les situations s'enchaînent avec beaucoup de délicatesse et de douceur. Excellent !!
En gros, les gens tentés par le film sont allés le voir et ont adoré. J'aime bien ce genre de film mignon, avec une idée ou deux et une touche d'humour (un certain film français - allez voir "Ce que mes yeux ont vu"). Mais le label "film fin et intelligent", ne dispense pas de mettre QUELQUE CHOSE dans la boîte! Malheureusement, ici, les acteurs jouent mal - à s'en demander si ce n'est pas un effet de comique au second degré raté -, l'intrigue est vraiment très légère et l'esprit supposé des dialogues lasse au bout de quelques minutes. A oublier.
Un très bel opus de Emmanuel Mouret , qui une fois encore nous enchante. Il y a vraiment une convergence entre Allen, Sellers et Rohmer dans son cinéma, qui le rend unique. L'écriture est parfaite, ciselée comme de la dentelle, de beaux jeux de mots , littéraires, mais amenés de manière délicate, pas pédante.Du marivaudage : qu'est-ce que l'amour? qu'est-ce qui est léger, qu'elle est la frontière entre l'amitité et l'amour ? l'idée de départ est très astucieuse, un premier baiser peut paraître anodin, mais il peut déclencher un enchaînement de faits qui va boulverser la vie des intervenants.. Il y a beaucoup d'humour dans la manière dont ce premier baiser est amené. La manière de Mouret de demander l'autorisation de Ledoyen pour lui toucher les seins est absolument irrésistible, tordante . De même quand il lui demande , lors d'une soirée , de le repousser violemment pour terminer leur relation, , elle est d'accord , mais fait tout le contraire, car l'amour qui les a gagné est irréversible. Devant ce fait il y alors le montage machiavélique pour faire tomber le mari dans le piège du club de tennis, mais cela ne marchera pas . Au final le mari quitte Ledoyen ( absolument délicieuse dans ce rôle , charmeuse et romantique à souhait, très chic avec son collier de perles et ses chemisiers montants ) . Mouret est excellent avec son personnage de Pierrot lunaire ,faux naif , farfelu et romantique. A noter la superbe prestation de Julie Gayet, que je n'avais jamais vu dans un grand rôle, toute en finesse , en séduction , très douce mais forte à la fois, un visage très pur , avec un sourire envoutant. Elle est parfaite dans son rôle de narratrice ,et séductrice. La surprise finale est bien amenée, on comprend alors le lien de Gayet avec le baiser initial de Mouret. Et le dénouement final est très astucieux , avec ce baiser, dans des conditions particulières, très restrictives, qui doit empêcher une nouvelle avalanche sentimentale . Le dernier plan sur le visage de Gayet ; mélancolique, souriante est très beau. On ne saura pas ce qu'elle a ressenti. A noter ,Une très belle bande -son mêlant Tchaikovksi et Schubert magnifique, parfaitement adaptée. Un régal.
Un des meilleurs films français de cette année. Mouret réitère dans son style si particulier (presque du théâtre filmé où le jeu absorbe tout sur son passage). Le récit est emplit d'une magie et d'un discours si juste est rare qu'on aimerait voir plus souvent ce genre de film au cinéma et surtout dans le paysage français. Mouret nous parle de nous, de la vie, de l'amour des choix; il ne se prend pas à nous donner des leçons mais plutôt des clés pour comprendre tout ce qu'on vie souvent intérieurement en se posant des questions sans réponse. Le film touche en plein dans l'âme et d'une manière subtile. Les comédiens sont tous très juste aucun rôle n'effaçant un autre. Un joli film mature, trop rare, ampli de bonnes intentions et de savoir faire...Le temps d'une séance Mouret a su parler de ce dont tout le monde vie tous les jours et nous sortir d'une pseudo éducation sentimentale latine ou tous les codes se ressemblaient mais n'étaient plus de mise aujourd'hui... La forme sert le fond et réciproquement. Encore...
Un beau jour, Gabriel recontre Émilie, de passage à Nantes, passe la soirée avec elle, et, pour conclure l’entrevue en beauté, lui demande un baiser. Laquelle refuse poliment, malgré le “s’il vous plaît” de son interlocuteur et la réciprocité manifeste de leur attirance, freinée, dit-elle, par une histoire qui lui a été racontée : celle d’une femme mariée que les conséquences inattendues d’un baiser, à priori anodin, échangé avec son meilleur ami, vient toucher en plein dans sa vie amoureuse. Le genre de sujet en or pour un vaudeville bas-de-plafond, à base de portes qui claquent et d’amant dans le placard. Mais Emmanuel Mouret n’est pas Jean-Marie Poiré. Figure parmi les plus atypiques du paysage de la comédie française, l’auteur-réalisateur-acteur s’aventure davantage du côté d’Eric Röhmer, et signe un marivaudage d’une grande subtilité, au sein duquel deux temporalités et deux groupes de personnages s’articulent autour du désir. Un thème déjà au cœur de “Changement d’adresse”, son précédent long métrage, et que Mouret, cinéaste de la parole avant tout, exploite, sans tomber dans la redite, au gré de dialogues savoureux, où le burlesque peut naître du mot le plus anodin. Maîtrisant aussi bien textes et cadrages, il ne perd pas de vue son sujet, tire le meilleur de ses interprètes (dont Virginie Ledoyen et lui-même) et des situations comiques, avant de parer le tout d’une pointe de gravité, lorsque sont évqoués les dommages collatéraux liés à l’adultère. Une rupture de ton aussi surprenante qu’intelligente, qui donne surtout envie de rester fidèle aux réalisations à venir d’Emmanuel Mouret.
Julie Gayet fait le récit à un inconnu charmant rencontré dans la rue d'une histoire sentimentale dont elle a eue connaissance, et suivant les enseignements de laquelle elle se refuse à céder à la tentation d'une aventure d'un soir. Passé ce préambule, on entre dans l'univers confiné et rohmérien d'Emmanuel Mouret, rempli de personnages bien éduqués, gentils et timides jusqu'à la gaucherie, et incidemment de jolies et gracieuses jeune femmes.
L'histoire sentimentale en question est celle de de Nicolas et Judith (Mouret et Virginie Ledoyen), amis très intimes -et mariés chacun de son côté- qui contre toute attente (y compris de leur part) tombent amoureux l'un de l'autre, suivant des circonstances cocasses qui constituent dans cette partie de la comédie toute sa saveur. Le marivaudage est léger et saugrenu, à la façon désormais reconnaissable de son auteur. Toutefois, ce traité ingénu de l'amour et du désir glisse insensiblement -de façon un peu conventionelle d'ailleurs- vers l'amertume, parce que l'amour, lorqu'il est adultère, s'accompagne de sentiments désagréables. Cette partie du film semble à cet égard moins réussie, moins singulière. D'une façon générale, si le film est plaisant, on a parfois l'impression, surtout si on reste dans le souvenir charmant du petit chef-d'oeuvre de Mouret "Changement d'adresse", d'une écriture par instants plus forcée, plus artificielle, dans la candeur et l'innocence propres au cinéaste.
Pas mal de spectateurs l'ont relevé dans leur critiques et c'est un fait : "Un baiser s'il vous plaît" est un film au rythme lent et peut sembler par bien des côtés très pédant. Et pourtant, il convient parfois de laisser les préjugés en surface pour pénétrer le film plus avant et comprendre son message profond. Ici le message est clair et net : c'est une réflexion sur l'amour, l'amitié et les limites très floues qui peuvent exister entre ces deux types de relation. En effet, Emmanuel Mouret entrecroise ici les histoires de trois couples de personnages qui se trouvent, se perdent, puis se cherchent, dans un incessant ballet de questionnements existentiels et de timidité attendrissante, de sentiments naissant puis disparaissant au gré du tumulte de l'histoire principale. Pour donner vie à ce qui semble être une pièce de théâtre grandeur nature, Mouret (interprétant lui-même un rôle) s'est entouré de comédiens talentueux qui jouent avec retenue des personnages savoureux et patauds, mais en tout cas adeptes de la sensibilité. Beau film.
De film en film la filiation de Mouret avec Rohmer (celui des comédies et proverbes" ou des "contes des 4 saisons") s'affirme. Délicatesse des sentiments, dialogues élégants, justesse de l'analyse du sentiment amoureux. Vraiment agréable.
Pas de doute Emmanuel Mouret est un grand : il a son style, son univers un brin décalé, ses dialogues et ses situations.
Prince du pince sans rire il est capable de créer de l'érotisme dans une situation qui n'a rien d'érotique et de casser tout érotisme d'une situation qui aurait du l'être... la maitrise complète.
Qui plus est il sait s'entourer et magnifique diriger un de ces castings de femmes...
A noter l'utilisation fabuleuses des peintures et dessins dans ses cadrages.
Décidément, en cette fin d'année, c'est vraiment tout ou rien, plutôt rien dans le cas présent. Je ne suis pas contre le parti pris d'histoire racontée et illustrée, s'il y a une histoire et qu'elle est filmée : du cinéma quoi. Mais là, que du verbiage bcbg. Cela rappelle un peu les romans à l'eau de rose avec leur dose d'Amour et de péché et leur morale à deux sous. Tout ça pour dire que madame n'embrasse pas pour pas refaire de la peine à Claudio qui n'a pas mérité ça, le pauvre. Attention, à trop tirer sur la corde de la préciosité, on tombe vite dans le ridicule. Molière aurait pu en faire une pièce ! J'adorais la Minute Blonde de Canal mais là, son quart d'heure m'a tuer. Vivement qu'elle revienne dans un vrai film.
Un an et demi après Changement d'adresse Emmanuel Mouret sort son film. Un peu dans la même veine même si le sujet change, on retrouve le même plaisir jubilatoire qui nous avait fait aimé ce précédent opus. Le ton est toujours autant décalé, un peu surranné, avec des dialogues savoureux dans la bouche d'une distribution hétéroclite de qualité. Encore une fois premier rôle masculin de sa propre réalisation, Mouret a un jeu semblant sorti d'un autre temps, plus proche de la récitation d'école primaire que de la performance d'acteur. mais c'est aussi ce qui fait son charme. Comme dans Changement d'adresse les actrices se font la part belle. Virginie Ledoyen ne s'en sort pas si mal même si les deux autres seconds rôles féminins l'éclipsent totalement. Frédérique Bel est de nouveau très convaincante, elle a un formidable potentiel. Elle devrait exploser prochainement et trouver des rôles à sa hauteur, et oublier les rôles de bimbo de ces débuts (Un ticket pour l'espace, Camping) au sortir de La minute blonde de Canal. Julie Gayet dans un petit mais important rôle, est quant à elle formidable. Dommage qu'on ne la voit pas plus, et dans le film, et au cinéma en général. Sa carrière n'a jamais vraiment décollé entre seconds rôles et films d'auteurs. Un baiser s'il vous plait est un film un peu hors catégorie, que l'on adore ou que l'on déteste, il doit y avoir peu de demi-mesure. L'humour et les dialogues sont très particuliers, décalés mais aussi plein de tendresse, d'intelligence et de douceur même si le propos est parfois dur et cruel. Après Changement d'adresse, le metteur en scène confirme donc un talent particulier, atypique, un peu hors du temps, en tout cas qui ne ressemble pas vraiment à ce que l'on peut voir d'ordinaire sur nos écrans. Une belle réussite.
Dans ce vodeville, Emmanuel Mouret parle de l'amour, son grand thème de prédilection. Il questionne le désir sexuel, les sentiments amoureux ou amicaux, le mensonge ou la vérité, à travers le regard de plusieurs personnages attachants. Un scénario léché pour un film qui remplit son projet, nous divertir simplement et parler de nous !
Comédie, très légère, à la française. C'est amusant, c'est même assez drôle, mais c'est tout. Les acteurs sont bons, certes, et la réalisation plutôt correcte.
Joli film. Certains dialogues et situations manquent cruellement de naturel mais il faut comprendre que nous sommes en présence d'une fable qui utilise chacun de ses personnages comme autant d'archétypes. Et puis Virginie Ledoyen reste un atout charme indéniable.
Après "Changement d'adresse", le réalisateur marseillais Emmanuel Mouret continue de creuser le sillon que Rohmer a abandonné depuis un moment : celui du marivaudage plein de charme. Cela nous donne un film qui ne plaira pas à tout le monde (beaucoup de dialogues), mais dont se délecteront les autres, dont je suis ! Et le sujet n'est pas aussi superficiel que ça : à quoi peut mener un simple baiser ? Si Virginie Ledoyen est bonne, sans plus, Julie Gayet prouve, une fois de plus, qu'elle est une des meilleures parmi les jeunes actrices françaises.