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Morcar
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0,5
Publiée le 7 juin 2009
Film surjoué, mais surtout sur-écrit, si ça peut se dire. Car les dialogues de ce film semblent avoir été écrits par un ados qui a dans l'idée que les adultes font tous des grandes phrases compliquées pour parler de tout. Du coup, les dialogues ne sont absolument pas naturels, et comme l'histoire en elle-même est ridicule, à l'image de ses personnages, ça ne remonte vraiment pas la qualité de ce film à la réalisation digne des pires téléfilms de TF1. Bref, un navet.
Toujours compliqué de revoir un film dont on garde un souvenir émerveillé, tant le risque d'être déçu est au moins aussi grand que d'être conforté dans cette première impression. Pourtant, ai-je vraiment été déçu pour baisser ma note d'un point ? Peut-être très légèrement, mais pas plus que ça. Il y a cet effet de surprise qui, même onze ans après, n'opère plus vraiment, la « faute » également au cinéma d'Emmanuel Mouret, duquel je suis maintenant familier à travers les titres réalisés entre-temps. Je garde néanmoins une tendre aussi infinie que particulière pour « Un baiser, s'il vous plaît », sans doute mon préféré avec le dernier en date : « Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait ». Un peu moins éblouissant que dans mon souvenir, connaissant désormais bien les rouages de la « mécanique à Manu », celui-ci n'en a pas moins un atout essentiel (parmi bien d'autres) : le charme. L'acteur-réalisateur, à rebours des blagues potaches et autres lourdeurs caractérisant tant de comédies lourdingues aujourd'hui, fait preuve d'une douceur, d'une délicatesse constantes, son indescriptible amour pour les mots se ressentant dans pas mal de situations assez délicieuses comme dans l'écriture des personnages, à la naïveté assumée et au raffinement évident. Mouret semble même anticiper les « reproches » que l'on s'apprêtait à faire : à l'arrière-plan pendant une bonne partie du film, les seconds rôles finissent par trouver une place essentielle dans le dernier tiers, amenant le récit dans une autre direction et le renouvelant presque totalement, le ton joliment burlesque laissant place à une mélancolie, une tristesse vraiment émouvante jusqu'à une scène finale absolument magnifique, où le cinéaste est clairement au sommet de son art. Avec, comme toujours, une merveilleuse utilisation de la musique classique, ce talent pour mêler les récits, bien qu'il le fera de façon encore plus aboutie en 2020. C'est fou d'ailleurs comme « Un baiser, s'il vous plaît » apparaît comme une sorte d'original des « Choses qu'on dit, les choses qu'on fait », certes plus comique, avec des histoires et des personnages différents, mais quasi-similaires dans leur structure, leur narration, leur propos, les questions qu'ils posent sur la complexité du sentiment amoureux... Bref, si je le découvre onze ans plus tard sous un angle nouveau et un peu moins ému, ce marivaudage moderne reste l'une des œuvres les plus abouties de son auteur et, peut-être, celle que je préfère encore aujourd'hui : du vrai, beau cinéma.
Je poursuis mes investigations dans le cinéma d’Emmanuel Mouret avec Un baiser s’il vous plait. Bon, rien de bien nouveau sous le soleil Mouret, un film typique de son cinéma, un peu lourd parfois, car il a décidément du mal à sortir de son registre, et malgré sa sensibilité c’est assez lent, et pas assez drôle. Le casting est comme souvent emmené par le réalisateur lui-même qui campe cette fois un prof, toujours aussi lunaire et décalé. Parfois c’est agréable, là on a quand même tendance à lui mettre quelques claques pour avancer, en particulier quand il demande à sa copine d’assouvir ses besoins sexuels ! Comme toujours Mouret est entouré d’un sublime casting féminin, dont on retiendra particulièrement la très jolie quoique que courte prestation de Frédérique Bel, excellente dans ce genre de personnage, tandis que Ledoyen s’en sort bien et que Julie Gayet en revanche ne sert pas à grand-chose. La mise en abime qu’elle introduit est en fait assez vaine et elle se contente de jouer la narratrice. Le scénario est un mélange caractéristique du cinéma de Mouret : romance, poésie décalée, humour délicat. Même si c’est assez sympathique, notamment grâce aux acteurs, et si certains passages sont bien vu, le film reste assez lent, et l’intrigue hautement classique, traité avec moins de fantaisie que de coutume par le réalisateur fait qu’on s’ennuie plus d’une fois. On se réveille avec l’arrivée de Frédérique Bel et de Stefano Accorsi pour retrouver le vrai Mouret, mais c’est presque un peu trop tard. Formellement c’est du Mouret typique. Décors sobres mais soignés, avec l’agréable passage au musée de Nantes, la photographie recourt aux couleurs pâles, aux teintes pastel, et la mise en scène, sans grand effet dégage un naturel plaisant mais un peu plat. Puisque son film a moins de fantaisie dans l’histoire, Mouret aurait pu compenser par sa réalisation. A noter en revanche une bonne bande son. Evidemment l’histoire tourne en partie autour d’un grand compositeur ! En gros si vous aimez Mouret vous risquez quand même d’avoir une petite déception avec ce film, trop bavard et pas assez poétique, mais ça reste correct. Un moment de cinéma mineur mais pas pénible. 2.5
Stop! Il faut arrêter de porter aux nues ce cinéaste. Pour rester simple et éviter qu'on me trouve prétentieuse, je vais dire que je ne trouve pas ce réalisateur bon, je ne trouve pas que son film soit réussi, je ne trouve pas qu'il soit possible de le comparer à Woody Allen, je ne trouve pas qu'il soit bon acteur non plus mais plutôt ennuyeux, inexpressif, passif et lent tout comme l'était aussi sa dernière réalisation. Je ne trouve pas non plus que Ledoyen soit bien mais en ce qui la concerne JE NE LA TROUVE JAMAIS BIEN dans quoique ce soit juste pour secouer ses cheveux et s'éclabousser le visage,peut-être se sont ils compris avec le réalisateur, talent égal pour le non jeu. Je ne trouve pas que ce soit bien écrit et je ne retrouve en aucun cas l'univers de Buster Keaton, mamma mia quelle prétention ! Je trouve juste Julie gayet jolie, élégante et touchante, mais c'est un peu comme à l'école, être le meilleur dans une classe de mauvais élèves ça ne relève que timidement le niveau ! Tout est mièvre, surjoué, démodé, bourgeois. Stop !
Aie aie aie, quelle deception en depit des bonnes critiques "officielles" .. Du sous sous Rohmer... Quant au baiser, pourtant le theme du film, rien ne vaut celui de Blueberry nights....
Comédie sentimentale ou de moeurs qui pose le problème du baiser... Est-ce anodin ou non ?! Mouret écrit parfaitement un joli petit film sympa comme tout. La casting alléchant est plus qua charmant. Le vrai défaut est le choix pas très judicieux de ce parallèle entre la narratrice et son histoire, un peu lourd et indigeste. Reste que l'étude est pertinente et parfaitement mise en scène.
On ne se méfie pas assez du baiser. C'est la dangereuse expérience qu'ont connue deux amis de longue date, "Judith" (Virginie Ledoyen) et "Nicolas" (Emmanuel Mouret), la première ayant accepté de rendre au deuxième, privé de maîtresse (elle est partie travailler à l'étranger), justement un... service d'amie - ce que "Emilie" (Julie Gayet) (mais à quel titre ?....), narre à "Gabriel" (Michaël Cohen), rencontre due au seul hasard (et à un voyage à Nantes, appelé à rester unique)... 1er mouvement : la chose se passe - et voilà Judith et Nicolas amants, d'une seule fois. 2ème mouvement, un mois après : Nicolas a une nouvelle compagne, et Judith est toujours amoureuse de son mari, mais... Leur premier baiser est resté - un souvenir agréable, et... dérangeant. Les deux amis décident de s'embrasser à nouveau, sûrs que cela n'est qu'une illusion, un fantasme... dont une réitération "mécanique" effacera l'effet. Las... Les mouvements s'enchaînent, au fil des semaines, et les voici bien amoureux - contre leur gré ! Mais aussi traîtres à leurs compagnon et compagne, et même adultère dans le cas de Judith...spoiler: Quand les amants veulent franchir le pas et dire la vérité aux trompés, ils vont devoir jouer les entremetteurs, grâce à "Caline" (Frédérique Bel - une habituée des castings Mouret), la désormais ex de Nicolas. Mais l'intrigue scénarisée ne passera pas auprès de "Claudio" (Stefano Accorsi), le mari de Judith. La chute (du récit dans le récit) est inattendue - tout comme la morale attachée à toute l'affaire ! Tout ceci sent l'intrigue raffinée, et son 18e (on n'est pas surpris du traitement "à la Mouret" des affres amoureuses dès ce délicat "Un Baiser, s'il vous plaît", si on le met en perspective avec le non moins délicieux, à venir 11 ans plus tard, "Mademoiselle de Joncquières")...
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3,5
Publiée le 24 décembre 2010
Prèsentè à la Mostra de Venise 2007, ce joli marivaudage est le quatrième long-mètrage d'Emmanuel Mouret en tant qu'acteur-rèalisateur! Avec deux parties qui s'enchâssent et trois niveaux de narration, "Un baiser s'il vous plait" doit beaucoup à ses acteurs et à ses dialogues drôles et intelligents! Virginie Ledoyen est belle et lumineuse en bourgeoise marièe dont le confident (Emmanuel Mouret, absolument remarquable quand il garde un sèrieux imperturbable) est devenu l'amant! Puis le personnage de Julie Gayet qui raconte leur histoire à la manière d’une Shèrazade est une idèe plutôt originale et inattendue! Entre silences et mots choisis, Mouret signe au final un film frais, charmant et très sympa, accompagnè d'une excellente B.O...
Une bonne surprise autour d'un marivaudage raffiné,avec des dialogues très écrits,d'un autre temps,au charme indéniable.Emmanuel Mouret,discret comme son personnage,se veut l'héritier d'un Tati ou d'un Truffaut.Il manie les mots de la langue de Molière avec une aisance confondante.Le thème du désir refoulé est ici psychanalysé,en pesant le pour et le contre,si réfléchi que cela en devient comique.Ca pourrait être ennuyeux(et nul doute que beaucoup ont du trouver le temps long devant ces tunnels d'échanges),mais c'est plutôt exquis,rendant presque nostalgique des comédies d'antan.Mouret,sorte de Pierrot Lunaire posé,a aussi le don de mettre ses actrices en valeur.Ainsi,Virginie Ledoyen n'a jamais été si délicate,et Julie Gayet autant rayonnante.Evidemment,l'ambiance générale reste trop calme,et on peut s'irriter devant ces problèmes existentiels somme toute anodins.Mais la surprise demeure.Emmanuel Mouret:un auteur comme on aimerait en voir plus en France.
Désolé. On l’est réellement après avoir vu « Un baiser s’il vous plaît ». On vouait une complète admiration pour Emmanuel Mouret, qui en deux films, s’est créé un univers véritablement singulier, charmant et fantaisiste, où les femmes sont de délicieuses reines, sublimes et abordables. Un monde où la langue est chérie, le verbe drôle, le phrasé délicat. Dans celui-ci s’articule Mouret lui-même, sorte de Doinel moins gouailleur et plus poli, baladé par ses sentiments, de femme en femme. Laissons Lucie faire, Changement d’adresse étaient uniques, étaient magiques. Désolé. Le personnage de Gayet l’est également. Désolé de ne pouvoir embrasser ce si charmant homme. Elle connaît les conséquences d’un baiser et s’en explique : c’est l’anecdote Ledoyen – Mouret, qui eux, n’en imaginaient pas de telles. Le cinéaste arbore un schéma scénaristique plus ambitieux et assez intéressant dans le sens où l’omniscience de la narratrice se voit remise en cause par l’attirance qu’elle tente justement de se défaire. En vain… Mais l’histoire centrale, aussi sincère soit-elle, ne convainc pas. A croire que la saveur délectable des précédents films s’est diluée dans le nombre croissant de personnages. Ou que le dosage entre frivolité et gravité est mal négocié, avec cette fin proche d’un Woody Allen, un brin austère, jolie mais trop écrite. Bref, tout cela renforce l’idée que l’on s’était faite de Vénus & Fleur : l’atmosphère sensible et poétique de Mouret n’appartient qu’à lui, qu’à son jeu, car c’est un auteur brillant et talentueux qui, on en est sûr, vient de franchir une étape substantielle de son cinéma.
L'histoire d'un homme pour qui embrasser, c'est tromper, finalement. N'en déplaise aux vulgaires amateurs d'Ardisson. Puisque « La Discrète » nous avait laissé orphelin d'un certain type de cinéma pédant à la Française, sans équivalent même chez Woody Allen, nous voilà comblé avec un jeune réalisateur qui ose. Inutile de dire que plus encore que dans « Changement d'adresse », ce type de cinéma doit être réservé à un certain public. La délectation de l'écoute du Français parlé comme dans un dictionnaire peut choquer plus qu'une scène gore d'un film ultra violent comme « Saw ». Comprenne qui pourra. Une seule personne a quitté la salle, mais uniquement quand le réalisateur est passé devant la caméra, tellement son phrasé inimitable peut en énerver plus d'un. Car c'est la grosse astuce du film, on commence avec une histoire racontée par Julie Gayet à Michaël Cohen, avec un jeu moins empesé qu'à l'habitude. Et la transistion est donc beaucoup moins brutale quand l'on rentre dans le « système » Mouret. Tous les acteurs sont excellent dans cet exercice un peu particulier, car à part pour une scène ou deux, ils ne se moquent pas de leur mission. Je serai plus réservé sur Virginie Ledoyen, heureusement belle, qui a du mal au début à jouer naturellement le « non-naturel ». Ces clignotements d'yeux incessants sont pénibles au début, mais la chromie superbe des décors et des costumes rattrape le tout. Gayet n'a plus le charme de la jeunesse mais se rattrappe avec un jeu de séduction bourgeoise redoutable. Le scénario est finalement beaucoup plus abouti que le précédent, il y a du suspense, des coupures bienvenues grâce au systèmes des deux histoires parallèles. C'est presque de la maîtrise de la part d'un réalisateur scénariste. Même si ça a déjà été fait. C'est sûr, tout est basé sur la délicatesse, celle du langage, celle de la finesse de l'analyse des sentiments et des désirs masculins ou féminins. Ca peut rebuter le niveau moyen de notre France d'aujourd'hui, tant mieux pour les spectateurs de la salle où tout le monde est sorti le sourire aux lèvres. Le plaisir multiplié par la joie d'être « entre nous ». Même si la comédie primesautière (dans l'action, pas dans les réflexions !) fait place dans le dernier quart d'heure à une balade dans la nostalgie et la tristesse en demi-teinte. Et la délicatesse, c'est si rare, qu'il ne faut pas la laisser passer, peut-importe le côté suranné d'Emmanuel Mouret, il reprend le flambeau de Vincent et Rohmer, avec une jeunesse et une décontraction qui fait plaisir ... à entendre.
Grâce à un scénario bien ficelé, le film ne sombre jamais dans le bavardage facile sur l'amour et le désir. Les acteurs, réjouissants, chantonnent leurs répliques avec de rares sentiments et ne font que sublimer le film.
Ce n'est pas un film mais le fantasme d'un boutonneux qui a couté aux contribuable français quelques millions d'euros (car ce film ne peut être financé que par des aides publiques). Je l'ai vu sur Canal, heureusement, car payer un billet d'entrée pour voir ça, ce serai une insulte à mon porte-monnaie. Vous avez remarqué? Dès que l'acteur ouvre la bouche, on sait déjà ce qu'il va dire. Et pire encore, on sait que ça va durer 10 minutes. Seule personne qui ne comprend pas ce "message" gros comme un central nucléaire, c'est l'actrice! Pitoyable ce type.
Film raté. Les deux personnages centraux ne sont pas crédibles et présentent l'amour comme un divertissement sans plus. Leurs conjoints sont plus crédibles, surtout l'homme car il souffre. Emmanuel Mouret est souvent ridicule et apparaît comme un grand dadais. On a envie de le bousculer tellement il est irrésolu. A un moment il faut prendre des risques dans la vie et se lancer au lieu de demander toujours la permission. Film pénible. Reste la lumineuse Julie Gayet, excellente, et qui a bien du mérite à essayer de nous vendre un truc invendable. A fuir.