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Hervé L
92 abonnés
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4,0
Publiée le 21 février 2020
Un très bon film noir d ambiance servi par un Gabin qui joue vraiment sans se parodier et un très bon cadrage au service d une histoire romantique et détruite par la jalousie
Voilà un vrai drame, de ceux qui doit être vu quand on est de bonne humeur, gai et sans souci. Le contraire pourrait vous amener encore plus profond dans la dépression. Le scénario est dramatique pour une situation somme toute assez banale, un trio amoureux qui se passe mal. Tout cela pour çà! Cela relève du pur gâchis humain. Je préfère amplement lorsque cela est traité à la manière vaudeville. A réserver aux amateurs de drame...uniquement
A mettre au même niveau que Les Enfants du Paradis. Sommet du réalisme poétique, ce chef d'oeuvre du cinéma mondial n'a absolument pas vieillie. Le scénario de Jacques Viot est superbement écrit et dialogué par Prévert: cette histoire d'amour tragique située dans le milieu ouvrier de l'après Front Populaire pourrait être parfaitement transposable au contexte social actuel. Mais l'audace pour l'époque se situe au niveau de la construction en flash back marqué par des transitions en fondu enchaîné pour le montage, voulue par Marcel Carné. Ce qui n'avait jamais été tenté auparavant. Rendons justice à Carné pour cette innovation cinématographique que l'on attribue trop facilement à Orson Welles avec un autre monument Citizen Kane, tourné l'année suivante. Ce qui est certainement dû au fait qu'à sa sortie, le film fût fortement attaqué par certains critiques, désarçonnés par la forme et le fond du film et n'a pas rencontré le succès public escompté. C'est après la guerre qu'il commença à être apprécié pour sa juste valeur.
Les aller retour entre cette chambre d'hôtel où chaque objets le ramène à ses souvenirs, Gabin, traqué comme un animal sauvage par la police prête à donner l'assaut, se remémore chaque étapes de son histoire d'amour , elle-même "responsable" de cette issue qui on s'en doute dès le départ sera fatale, sont d'une force inouïe. Pas à pas, le scénario nous mène au "piège" qui se refermera dramatiquement sur ce beau couple d'amoureux joué par Jean Gabin et Jacqueline Laurent. Vraie tragédie grecque, c'est surtout une réflexion sur le Destin, sur l'enchainement incontrôlable des événements quand la passion prend le dessus sur la raison et qui pose la question: existe-t'il un amour heureux ? Reconstitution en décors extérieurs remarquable d'Alexandre Trauner d'un quartier ouvrier des années 30, où Carné saisit tous les détails de la vie d'un quartier populaire en promenant sa caméra. Jean Gabin signe une de ses prestations les plus belles, si ce n'est la meilleure de sa carrière avec Le Chat, tout en émotion, passant de l'humanité généreuse à l'amour passionnel, jaloux et tourmenté qui le ronge de l'intérieur, et révélant une violence qu'il ne soupçonnait pas lui-même. Son tour de force c'est que son jeu nous permet de nous identifier à son personnage et de nous attacher à lui. Jules Berry, le dresseur de chien, par qui le pire arrive, figure symbolique du destin, nous livre une prestation également mémorable, évitant de tomber dans la caricature du salop intégral, appuyant sobrement sur le côté ambigüe et manipulateur de son personnage. Quand à Arletty, belle et touchante, est celle qui apporte un peu de douceur et d'humanité dans cet océan de noirceur pas si poétique...
"Est-ce que j'ai une gueule à faire l'amour à des souvenirs ?". La réplique d'Arletty détonne dans ce film au sommet du réalisme poétique, ou comme Marcel Carné l'aurait dit lui même du "fantastique social", et y a , à la fois,toute sa place. Personnage fantastique, elle incarne le réalisme qui cache une tendresse. La tendresse c'est Jean Gabin, qui en ours bien léché, ne peut plus supporter la pression psychologique d'un autre homme qui est incompréhensible pour lui, un orphelin qui se tue au travail, amoureux d'une autre fille de "l'assistance", la jeune Françoise, courtisée par cet autre homme, interprétée par la compagne de Prévert, auteur du scénario. Elle est, au passage, un cran en dessous des autres acteurs. Le film fustige en douceur le travail, bourreau des ouvriers, les beaux messieurs qui tuent avec l'ego et le temps, égratigne la police est ses lourdeurs (à tel point qu'une scène avait été coupée par le régime de Vichy) et nous montre la beauté de la loyauté et des amitiés prolétaires. Une histoire au procédé en avance sur son temps car le film se permet des digressions appelées plus tard "flash-backs". Le dernier plan justifie à lui seul de voir le film.
Du grand Gabin, un regard de braise un rôle très sentimental ou l'on peut le voir embrasser une femme à l'écran et c'est très très rare je croyais même qu'il ne l'avait jamais fait. Arletty avec toujours sa gouaille habituelle et son charme prête à aimer Gabin qui lui en aime une autre et qui par amour va faire basculer sa vie dans la tourmente, pour sortir sa chérie des mains d'un pervers narcissique. Film avec des cadrages très futuriste, film avant-gardiste pour sa réalisation car il ne faut pas oublier qu'il date des années 30. A voir pour ses scènes ou Gabin joue de sa posture déjà si jeune et de son charisme.
Monument du cinéma français, mis en scène par un autre monument de ce même cinéma français, "Le jour se lève" de Marcel Carné mérite toutes les louanges qu'il lui sont faites. Car avec ce récit complexe de carré amoureux (schéma rare au cinéma), Carné développe une oeuvre dense à la beauté envoûtante.
La narration s'articule autour de deux temporalités, celle de François (magnifique Jean Gabin) barricadé dans sa chambre après avoir abattu un homme, et l'autre nous expliquant ce qui l'a mené à devenir un meurtrier, entre amour et trahison. Si les transitions de l'une à l'autre sont souvent hasardeuses et peu compréhensibles, le tout reste habilement construit.
Les souvenirs de François sont parfois tout autant magnifiques que déchirants. En ce qui concerne le "déchirant", je retiendrais cette scène entre François et Clara durant laquelle cette dernière dit "Heureusement que l'on ne s'aime pas", car ils savent autant que nous que c'est faux. L'aspect trop binaire des personnages peut toutefois dérouter, surtout que leur relation n'évolue finalement que très peu, bien que l'intention soit compréhensible, celle d'une opposition marquée, jusque dans le comportement des uns et des autres, elle reste problématique.
Cependant, si les souvenirs sont intéressants, la partie au présent elle, est passionnante. Car durant ces instants courts, et à la fois tragiques, Carné fait de François un homme désespéré dont l'unique envie est d'être seul alors que tout le monde s'amasse sous sa fenêtre, avec le désir morbide de voir ce qui va se passer. Et là, le cinéaste, en plus de créer nombre d'images stupéfiantes par sa mise en scène élégante, dit quelque chose sur la culpabilité, notre culpabilité, car au final ces gens sous sa fenêtre c'est nous.
Nous voulons savoir, tout savoir, sur ce qui a poussé cet homme, d'apparence tranquille, à en tuer un autre, et si possible, voir l'issue sordide qui l'attend. C'est terrifiant car l'identification est immédiate. "Vous lirez ça dans le journal [...] et puis vous le lirez, et puis vous le croirez", les dialogues de Prévert. Immense.
Une pièce de musée dans l’histoire du cinéma français. L’un des tout premiers nus (Arletty), l’utilisation de nombreux flash-back (peu courants à l’époque), la seconde collaboration Prévert-Carné, et un Gabin qui incarne à lui seul la fin du front populaire et l’avènement de la seconde guerre mondiale. Dans les décors de Trauner, toujours aussi magnifiques pour un Noir et Blanc d’atmosphère, « Le Jour se lève » est inscrit à jamais dans l’histoire du cinéma européen. Autour d’un drame passionnel que les auteurs des années trente ne justifiaient que par l’ardeur des sentiments et la bassesse humaine. Il faut alors découvrir le jeu d’acteur d’un Jules Berry, ignoble et souriant. Si le temps à fait son œuvre (technique et mise en scène, rien à voir), le film résiste à travers des marques indélébiles. Les dialogues par exemple « Est-ce que j’ai une gueule à faire l’amour avec des souvenirs ? ». Si vous n’avez jamais entendu Arletty…
Avis bonus La technique de la restauration et un très long, très bon documentaire sur le film , son environnement, son époque... Pour en savoir plus
On pourrait presque dire que c'est dommage que le film n'ait pas fait le choix de sortir des sentiers battus du cinéma français de l'époque, car il a deux facettes qui le rendent unique : d'une part le long flash-back qui n'est pas du tout typique de l'époque et dont la mise en oeuvre étonne, avec son annonce textuelle en début de l'oeuvre. Et d'autre part les dialogues de Prévert, pas plus impressionnants que ça mais qui donnent tout de même un aspect vivant à la chose. Dans tout ça, Gabin est lui-même, et son charme en est réduit mais le mettent en valeur en même temps ; bref, suffisamment original pour être attrayant.
Poétique et désespéré, superbement mis en scène par Marcel Carné, ce film tourné tout en flashback se révèle d'une modernité et d'une beauté absolues. Les dialogues signés Jacques Prévert sont délicieux et révèlent de nombreuses pépites. Et les interprétations de Jean Gabin, Arletty, Jules Berry et Jacqueline Laurent, sont simplement géniales.
Un immeuble se dresse sur une petite place de banlieue ouvrière. Au dernier étage, des éclats de voix, une dispute, un coup de feu. Une porte s'ouvre, un homme en sort et roule dans l'escalier. Enfermé dans sa petite chambre de l’immeuble bientôt encerclé par la police, fumant cigarette sur cigarette, un homme retrace en trois flashbacks la série d’évènements qui l’ont conduit à ce drame : La rencontre à l’usine d’une fleuriste venue livrer une commande et dont il tombe amoureux ; le dresseur de chiens qu’elle va retrouver dans un cabaret ; l’assistante de celui-ci qui cherche à le consoler…. Eclairage, décors, dialogues concourent à faire de ce film un chef d’œuvre de réalisme poétique interprété par un trio d'acteurs remarquables : Gabin entre violence contenue et regard perdu, Arletty entre gouaille et tendresse, et Jules Berry "méchant" absolument génial en personnage ambigu charmeur et menteur.
Mise en scène d'une grande précision - avec utilisation de flash-backs (lourdement annoncés, mais c’était une nouveauté) - et montage carré pour ce thriller d’avant-guerre au scénario impeccable avec une montée de tension dramatique admirable. Ce drame de la jalousie jouit des bons dialogues de Prévert, d' une bonne direction d' acteurs, et d'un final réussi. A noter la chronique sociale, les commentaires de cage d’escalier et la singulière incompétence de la police. Les acteurs sont excellents (bien que Gabin et Mady Berry soient peut-être un peu âgés pour leurs rôles), avec une mention particulière à Jules Berry qui compose un numéro de pervers provocateur sensationnel.
Quel film admirable! Simple, évident et beau. Le duo Carné-Prévert signe l'un de ses meilleurs longs métrages, servi par des dialogues remarquables de poésie et de justesse et une réalisation excellente, quelque peu audacieuse même puisqu'on à le droit à un astucieux puzzle de flash-backs. Il est franchement inutile de se répandre en vaines paroles, analysant ci ou ça, tel ou tel mouvement de caméra, etc. Mieux vaut se laisser porter par le talent des interprètes et la sensibilité des auteurs. Une des plus grandes réussites du cinéma français d'avant-guerre, et du cinéma tout court. [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Je sais pas, ça m'a déçu. Marcel Carné et Jacques Prévert pour un film ça sonne comme la formule de base pour un film parfait. Ce qui s'est avéré ne pas être le cas suite à mon seul et unique visionnage. Je pense que c'est à cause de mes attentes très grande. Ou de l'humeur qui m'habitait sur l'instant. Bon, c'est long, l'histoire et les acteurs ne m'ont pas pénétré et j'en suis ressorti en me pensant que Les Enfants du Paradis c'était mieux. Donc j'ai du passé à côté de quelque chose en regardant ce film qui est culte et formidable pour beaucoup.
Un très grand Gabin, et un grand Carné-Prévert. Berry reprend un peu son rôle de "diable". La mise en scène est parfaite, le montage impressionnant même aujourd'hui. Très bons dialogues. Il y a un peu de Othello dans ce drame de la jalousie. Un bemol sur le script: il reste une interrogation à la fin du film. Berry, qui ment toujours, a-t-il vraiment fait ce qu'il prétend ?
MA-GNI-FIQUE! Tout, les acteurs, la photo, le sens, humain, très humain... Éternel, plaire, aimer, mentir, tuer, un peu beaucoup... à la folie! Quel bonheur de film!