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David GEORGES
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2,5
Publiée le 2 mai 2009
Les films de Desplechin tracent toujours le portait sans concession et sans guère d’enthousiasme, de personnages en guerre contre les autres ou eux-mêmes et en quête d’équilibre, ou pas. Un conte de Noël n’échappant pas à ces règles immuables, il s’agit là d’une comédie dramatique chorale qui comporte autant de richesse narrative construite autour d’individus évidemment très différents que de lenteurs récurrentes et d’absence coupable d’implication du spectateur. Les maux, les cicatrices et autres séquelles morales ou physiques qui gangrènent la famille et ses ramifications sont authentiques et méticuleusement divulgués, mais le ton, glacial, et la mise en scène, austère, sont des facteurs de détachement du récit. Le plus grand mérite de Desplechin est d’avoir osé placer ses protagonistes dans un contexte qui n’est ni parisien, ni bourgeois. Ça n’a pas l’air comme ça, mais combien de mélodrames français ne reprennent pas au moins un des ces poncifs? Vraiment très peu. L’action se déroule ainsi à Roubaix au cœur d’une famille dite de classe moyenne, et sans clichés. Seul point de discrédit sur cet environnement: la présence de Deneuve dans la peau d’une quadruple parturiente ayant été mère au foyer toute sa vie. La grande Catherine qui s’est toujours vue reprocher d’être froide et sophistiquée côté cour comme côté jardin est fidèle à cette image. On a bien du mal à croire qu’elle a pu être la ménagère méritante qu’elle est censée incarner. Surtout lorsqu’assise sur son fauteuil devant la télévision et entourée de son petit monde, elle fume une cigarette, les jambes royalement croisées et l’air carrément matriarcal. Et le couple qu’elle forme avec papy Roussillon a un petit quelque chose d’anachronique. Le reste du casting est parfait avec les habituels fidèles de Desplechin: Amalric, Devos, Girardot, Mastroianni. Poupaud et la nouvelle venue Consigny sont également très bons. En résumé, Un conte de Noël est digeste mais se déguste avec modération.
Arnaud Desplechin est la preuve que le cinéma français a encore des choses à dire et à montrer et qu'il est tout à fait capable de rivaliser avec le cinéma américain. Un conte de noël se passe à Roubaix, ville Natale du réalisateur. Toute la famille Vuillard est réunie autour de Junon, la grand-mère (Catherine Deneuve) atteinte d'une maladie très grave qui nécessite une greffe de moelle osseuse. Question : qui sera compatible ? Il y a le petit-fils mais sa mère, instable (Anne Consigny), refuse qu'il se dévoue. Le seul autre est le fils rejeté par le reste de la famille (Mathieu Amalric) qui débarque à l'improviste accompagné de sa nouvelle fiancée (Emmanuelle Devos) et qui compte bien faire éclater les secrets qui polluent les relations familiales. Tout ce petit monde se retrouve confiné dans une belle maison bourgeoise qui sera la théâtre des disputes. La force de Desplechin est de ne négliger aucun personnage (c'est le principe du film choral), quitte, au final, à obtenir un film plutôt long (150 minutes). Mais pourtant, on ne s'ennuie pas une seconde devant les règlements de comptes de cette petite famille en apparence sans problème. L'humour est omniprésent (en grande partie grâce au rôle d'Amalric, qui ne rate pas une occasion de s'étriper avec tout le monde), l'irone est savoureuse. Plusieurs fois nommé aux Césars, Un conte de Noël n'en récolte qu'un seul : Meilleur acteur dans un second rôle pour Jean-Paul Roussillon. Desplechin ne sera jamais directement récompensé au Césars, pour aucun de ses films (malgré les nominations de meilleur film et meilleur réalisateur avec Un Conte de Noël). Injustement boudé par les Césars ? Possible, surtout quand on voit la virtuosité avec laquelle il construit un récit mosaïque et la justesse des dialogues. Postmoderne, diront certains avec dédain. Parfaitement. Un conte de Noël est effectivement postmoderne dans sa volonté de décrire avec précision des relations humaines sans jamais tomber dans le sentimentalisme, et pour cela l'usage de l'ironie est vital. Après avoir vu Un conte de Noël, on est subitement convaincu d'avoir réellement côtoyé ces personnages, d'avoir, un peu, participé à leur vie. Il s'agit là d'un grand film, parce qu'en plus de ses qualités techniques (Desplechin maîtrise le langage cinématographique comme personne), il est la preuve que les cinéastes français peuvent faire des films avec une réelle identité européenne, des films qui ne lorgnent pas vers les facilités scénaristiques des blockbusters.
Attiré par le casting alléchant, les bonnes critiques presse, quelle déception au bout du compte ! Un film bavard, lent, ennuyeux. Ne vaut que pour le jeu des acteurs.
Film très intéressant pour ses nombreuses références cinématographiques (Songe d'une nuit d'été Dieterle, 1935 ; Drôle de frimousse de Donen et Vertigo de Hitchcock ) avec un scénario certes compliqué mais qui renvoie à de nombreuses questions philosophiques .
Moyen. Desplechin a fait mieux (comment je me suis disputé, 1ère partie de rois et reines). Le scénariste-dialoguiste Desplechin est excellent, le réalisateur Desplechin est agaçant (gros plans ridicules, incrustes superflues, trois notes sinistres de piano en guise de bande son - c'est un sketch parodique des inconnus sur le ciné intello français ? non, c'est du premier degré). Amalric, d'ordinaire excellent, franchit ici la ligne rouge du cabotinage. Deneuve est toujours aussi terne et on ne croit pas trop à son couple avec Roussillon. Et la photo est tjs aussi moche (j'ai souvent eu envie de crier "Arnaud, lumière !"). Globalement c'est pas mauvais, les personnages sont d'une grande richesse, mais j'ai vraiment été agacé par des tics de mise en scène et quelques soucis avec les acteurs (Mastroianni, Girardot, Roussillon et Devos sont très bons, mais les autres...). Je n'aime pas employer ce terme parce qu'il est mis à toutes les sauces, mais c'est quand même très bobo, donc, sachez où vous mettez les pieds avant de vous embarquer dans ce long film germanopratin (même si ça se passe à Roubaix).
Du cinéma exigeant comme j'aime, mais là le charme ne fonctionne qu'à moitié. L'impression de voyeurisme peut être d'entrer comme cela dans une intimité familiale interdite aux autres. Egalement le sentiment d'être parfois tenu à l'écart par desplechin qui semble vouloir rendre cet univers imperméable à tous sentiments humains. Humain, le film ne laisse pas le sentiment de l'être par moments, les personnages étant tous détestables et détestés. Aucun ne m'a réellement intéressé en fait, l'histoire non plus ne m'a pas fait chavirer. J'aimerais m'enthousiasmer réellement pour ce film mais quelque chose manque, peut être faudrait il une vraie raison pour filmer tous ces personnages en perdition. Desplechin semble en chercher mais en tous cas, il les filme merveilleusement bien dans leur chute commune, comme cette scène, signature d'un vrai cinéaste, de la chute de Almaric dans la rue. Voilà à quoi parfois se résume le film, des enchainements de scketchs merveilleusement mis en scène et formidablement joués mais qui manque de constance, de profondeur. J'ai du mal à trouver ce que me dit véritablement le film, ce qu'il me dit sur l'homme, la famille, l'amour... D'ou ce sentiment d'inachevé. Malgré cela, le film a quand même d'énorme qualité, il s'appuie sur une distribution impressionnate de justesse, comme la mise en scène et le film se termine sur une scène bouleversante qui vaut à elle seule le visionnage du film.
Préciser d'emblée que je suis plutôt un amateur des films de Desplechin (je les ai tous vus). Mais là, sensation diffuse que le maëlstrom après avoir conduit à la maestria de Rois&Reine conduit à une "bouillie" assez vaine. Certes le film garde une force, un indéniable talent, les acteurs sont impressionnants etc... Mais c'est étrange comme le film devient tout-terrain : il cherche à occuper tous les pans du cinéma, de façon quasi vampirique. Du coup, tout passe à une certaine moulinette : les scènes sont archi-découpées, beaucoup d'effets visuels (iris, flou, fondus etc) qui lorgnent ouvertement vers le cinéma américain (cf les séquences de Paul par ex), beaucoup de références... Un peu à l'image si je puis dire de la bande-son saturée de musiques qui s'emmêlent, de sound-design allourdi etc... Et tout cela pour finalement pas grand chose (rien n'a d'ailleurs beaucoup de conséquence dans le film, si Sylvia - splendide Chiara M, couche avec le cousin de son mari et bien finalement cela ne conduit à rien, ses propres enfants ne le remarquent même pas etc...) Le tourbillon, la vivacité de la mise en scène, l'effervescence des situations n'est en définitive (enfin c'est un avis prudent) qu'un effet de style, une signature. Un romanesque qui se veut ébouriffant mais qui reste très en surface. Bien sûr depuis la Sentinelle, le cinéma de Desplechin a évolué mais là j'avoue une déception de le voir devenu l'ogre de son propre cinéma. "Sois calme oh ma douleur et tiens plus tranquille".
depleschin au sommet de son art. il dessine et met en mouvement ses personnages portés par des acteurs en etat de grace dans un univers chaotique incroyablement juste. un film magique
Sur "un conte de noël", le jugement tiède semble ne pas exister : les spectateurs adorent ou détestent. Parmi ces derniers, les qualificatifs qui reviennent le plus souvent sont "ennuyeux" et "prétentieux". Je me permets d'en ajouter un troisième : grotesque. Rien n'est crédible dans cette histoire, ni les situations, ni les pathologies, ni les réactions des personnages. Les meilleurs moments du film font penser à du Lelouch, c'est tout dire ! Quand je pense que Pierre Murat, dans Télérama, ose faire de Depleschin un héritier de la Nouvelle Vague ! Quand je pense que Depleschin, dans des interviews, osent évoquer des modèles comme Truffaut, Bergman, Hawks, etc. Qu'on l'oblige à faire un film en suivant les préceptes du dogme danois, cela lui permettrait peut-être d'avoir ensuite une approche moins boursouflée du cinéma, moins artificielle. Dans "un conte de noël", même les enfants ne sont pas naturels, un comble ! Cela lui permettrait aussi de ne pas rajouter partout de la musique, le plus souvent sans aucun rapport avec le scénario. Certes, c'est sans doute ce qu'il y a de mieux dans le film, mais amusez vous à compter les références des musiques utilisées quand défile le générique de fin. A vue de nez, on doit être à 20 références, sans compter la musique originale de Grégoire Hetzel. "Un conte de noël" est vraiment le pire film d'un réalisateur par ailleurs artificiellement dopé aux louanges partisanes d'une certaine critique française. Face à un tel désastre face auquel on ne ressent aucune émotion, que pouvaient faire les comédiens ? C'est assez simple : les comédiennes arrivent toutes à surnager, en particulier Anne Consigny et Chiara Mastroianni. Quant aux comédiens, seuls Laurent Capelluto (le cousin Simon) et, à un degré moindre, Hippolyte Girardot, arrivent à s'en sortir. "Un conte de noël" est vraiment l'archétype du film français qui enchante la critique parisienne et attire, cette fois à juste titre, les moqueries du reste du monde.
Un film qui se veut stylisé, un peu trop, ce n'est pas vraiment justifié. L'abondance d'effets nous éloignent de l'essence du film. Réaliste ou pas, il faut choisir. Ici, tout se mélange. Quant au scénario à proprement parler, il est assez compliqué, on se perd, on s'ennuie un peu. C'est dommage parce qu'au fond, ça aurait pu être intéressant. Le film traite d'esprits torturés, d'histoires de familles complexes, à la fois plausibles et hors du commun, et le thème de la mort est traité d'une façon originale et plutôt judicieuse. Techniquement, c'est franchement pas terrible. Même les plans de coupe des illuminations de Noël sont ratés. Quant à la musique, elle est nulle, et souvent non avenue. C'est pénible. C'est lent, long, froid, austère, on rentre difficilement dans l'histoire. En fait, le film devrait durer trois quarts d'heure de moins. Dans la deuxième moitié du film, ça s'arrange un peu. Mais il y a toujours trop d'effets, trop de chiffres, trop de mots, trop d'écritures. C'est trop ostensible pour être réussi. Des éléments qui devraient être simplement suggérés nous sont martelés. Le film manque terriblement de délicatesse. Que c'est lourd ! Par contre, les acteurs sont bons, très bons, même, éblouissants de sincérité. En fait, c'est la bande annonce nous induit en erreur. Du coup on est déçu par le film.
Je viens de voir ce film en DVD et je suis désolé de le dire je n'ai pas tellement aimé. C'est certes une grosse machine qui fonctionne jusqu'au bout, avec une histoire qui est relativement crédible, et qui réunit une belle brochette d'acteurs et d'actrices qui jouent bien, mais çà m'a paru ampoulé et je ne suis allé jusqu'au bout qu'en me forçant. Si déjà les acteurs, les actrices, le réalisateur se sont amusés, c'est déjà une bonne chose mais le spectateur moyen, très moyen, que je suis s'est ennuyé. Désolé encore une fois d'exprimer ainsi que je suis resté sur ma faim.
Bien sur ce film est plombé par les critiques délirantes de la presse française, étrangement à Cannes les critiques étrangers n'ont pas du tout crier au génie eux...mettons de côté certains à priori et essayons d'apprécier le film et les qualités certaines de ses dialogues et de certains de ses acteurs (hélas pas tous mais par exemple Devos ou le showman Amalric remplissent parfaitement leur contrat), on ne s'ennuie pas vraiment comme devant un bon feuilleton, même si dans le genre on préferera de loin Dallas (à ses débuts) ou les Soprano. Desplechin ne croyant peut être pas assez à son entreprise à cru bon de rajouter certaines figures de style (comme l'acteur qui parle au spectateur ) pour faire un peu plus sérieux et auteur...en conclusion un bon "film d'auteur" français, plus génial sur le papier que sur l'écran.
Ce n'est pas tant le film (insignifiant, mortellement ennuyeux) que l'unanimité critique qui pose problème ici. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas une seule plume acérée pour faire un sort à cet auteur à mes yeux extraordinairement surestimé, et m'aider à mettre des mots sur l'agacement monumental et le prodigieux dégoût que ce film m'a inspiré. C'est presque irrationnel : c'est épidermique. Insupportable. Le genre d'œuvre dont on sort plus mauvais qu'on est entré. Voilà : Desplechin me rend méchant, et paranoïaque. Je suis certain qu'il me déteste (il déteste probablement tout le monde).
Un film dont l'auteur semble enfin dépasser une pensée déterminée culturellement. Le tout semble libre et une musique assez étrange s'en dégage. Très bon ensemble.
FESTEN. Ce règlement de compte à Noel doit son talent à Arnaud Desplechin et les scènes foudroyantes entre Catherine Deneuve et Mathieu Amalric. Les apparitions d'Emmanuelle Devos sont aussi génialissime.