-Tu ne m’aimes toujours pas ?:
-Je ne t’ai jamais aimé .
-Moi non plus .
Voilà, ils sont francs, libérés des conventions, complètement dénudés des apparences qu’on essaye toujours de porter. Ici les personnages s’aiment et se détestent sans complexes, mais c’est peut être finalement cela qui créé un lien fort entre eux, cette capacité a éviter les silences et les sourires hypocrites qu’on subi souvent en famille. Ici pas de perte de temps, pas de gène pas de malaise, on peut dire à son fils qu’on ne l’aime pas, appeler son neveu « le fou » ou dire qu’il est « complètement stupide » : Henri se sait haï par sa sœur, mais ne se cache pas, il vient et prend toute la place. Ivre, il met en évidence les difficultés relationnelles que rencontre sa sœur, jusqu’à se prendre un coup de poing par son beau-frère. Mais là encore, pas de gène, le beau-frère souri, satisfait et s’en va. Quant à la copine d’Henri, elle s’amuse même du spectacle de son amant le visage ensanglanté. La haine et l’amour se mêlent et déclenchent les mêmes sourires complices entre les personnages. On dirait une grande mise en scène : Junon évoque sa maladie avec un sourire presque confiant, tandis que son mari et son gendre tentent d’établir ses chances de survie, c’est un ballet d’illusions que met en scène Arnaud Desplechin avec aisance . On ne sait plus ou s’arrête le conte et ou commence la réalité, on se laisse guider par ces acteurs, sans se soucier de la crédibilité de leurs histoires. Puisque après tout, la vie n’est elle pas parfois aussi incroyable que le conte ?
Le film soulève beaucoup de questions et ne donne finalement que peu de réponses, (ce qui pourrait irriter certaines personnes amateurs de concret), le réalisateur préfère laisser le spectateur libre d’y réfléchir à loisir.
Ainsi Un Conte de Noêl est un film qu’il faut avoir la patience de regarder, car certains y trouveront des longueurs, et un film peut être déconseillé aux amateurs d’actions et de rebondissements spectaculai