J'imagine à la sortie du cinéma, les jeunots de l'époque (1959) tous excités prêts à se mettre dans la peau d'un redresseur de torts. De nos jours Warlock (je préfère son titre original car le titre français ne fait que référence au personnage d'Henry Fonda) reste un bon western mais après le passage du magistral La Horde Sauvage de Sam Peckinpah et les magnifiques oeuvres de Sergio Leone, ce western hollywoodien n'a pas vraiment vieilli, il est toujours bon mais manque un peu de saveur, il semble un peu gentil. Son trio d'acteurs est magnifique notamment Anthony Quinn et Henry Fonda ; Richard Widmark semble un peu trop âgé pour son personnage.
Western tendu et captivant. Centré véritablement autour de la figure du Prévost qui veut remettre l'ordre par la diplomatie... difficile dans un monde où la violence prouve une certaine valeur de l'homme et où la représentation de l'ordre n'est pas acceptée et même provocatrice. C'est un film démonstrateur sur la force du pouvoir et des limites. Fonda est un héros d'un charisme incroyable.
Western d'une grande densité psychologique proposant un casting masculin complètement dingue avec un affrontement entre H. Fonda, A. Quinn et R. Widmark ! Thématiquement, on pourrait croire qu'on est face à un western basique et il est vrai que le point de départ n'a rien d'original pour le genre. Oui, mais voilà, le scénario est remarquable et propose surtout des personnages incroyablement complexes. Fonda n'a rien du héros sans peur et sans reproche, c'est avant tout un tueur qui se cache derrière un vague statut de marshall et qui affectionne beaucoup les belles fringues et le train de vie fastueux. Quinn est très touchant en infirme à la gâchette facile, tueur sans pitié prêt à tout pour protéger son ami (et sans doute bien plus). Quant à Widmark, son personnage demeure le plus complexe, le plus difficile à appréhender, sorte d'idéaliste naïf, parfois courageux (à la limite du suicide), tiraillé entre ses familles mais désireux de s'en sortir. Film préféré de S. Leone (qui empruntera différents trucs pour ses films futurs), ce western propose une belle reconstitution dans une ville bien reconstituée, dépeint des personnages troublants et finalement très humains et s'en tire avec les honneurs dans ses scènes d'action. E. Dmytryk n'a jamais été un grand metteur en scène mais là, il se révèle assez inspiré, rythmant avec soin son film, faisant de ses scènes d'action des modèles du genre (avec de l'attente et des plans très rapides pour les duels). Un très bon représentant du genre. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Western contemporain de Rio Bravo, tourné en cinémascope aux couleurs un peu trop criantes. Mais peu importe, l'intérêt réside dans un scénario qui semble banal au départ: Une ville (Warlock) brimée par une bande de hors-la loi de la région, et qui fait appel à un "marschal" pour s'en débarrasser. On a déjà vu le thème cent fois. Arrivent donc, précédés de leur réputation Fonda et A. Quinn, super sapés, surs d'eux et … grassement payés. Les fameux colts d'or du titre français sont anecdotiques et n'arriveront que bien tard pour aussitôt disparaitre! Sauf qu'un scénario beaucoup plus subtil va venir compliquer un combat binaire. Deux femmes s'en mêlent, les deux compères s'emmêlent les pieds dans leur relation de business itinérant, et encore mieux l'un des "méchants" change de camp et se propose comme sheriff! On ne verra pas de croque-mort, mais il aura tout de même un peu de boulot! Apparait à l'occasion un juge claudicant n'a été nommé que par lui-même! Au final, si les scènes d'action ne sont pas nombreuses mais bien mises en scène, la confrontation et l'évolution des personnages incarnant le droit, l'ordre ou la violence, maintiennent le suspense et l'attention du spectateur, en le prenant souvent à contrepied. TV vo décembre 2023
Un trio d'acteurs aussi mythique que talentueux, assure de nous donner du spectacle. on retrouve des gueules de cowboy plutôt patibulaire et cette histoire de gang qui terrorise Warlock, une petite ville tranquille et font appel à la crème des crèmes, Henry Fonda. n'en déplaise à John Wayne. un western au scénario solide et implacable, à l'heure de l'âge d'or du genre.
Internationalement décrié par une partie de la critique pour avoir dénoncé ses amis devant la commission des activités anti américaines (alors qu’Elia Kazan qui à fait pareil a connu l’estime de tous), Edward Dmytrick semble avoir mis tout le monde d’accord avec WARLOCK, son meilleur film. Le thème est inhabituel pour un western de l’époque, c’est le combat de l’ordre à tout prix (même les moyens les plus expéditifs) contre la justice et la morale, mettant aux prises des protagonistes inhabituellement complexes. Tel Johnny Gannon (Richatd Wydmark) déchiré entre la justice et l’inévitable tragédie qui guette son voyou de frère. Tel Tom Morgan (Anthony Quinn) qui va jusqu’au meurtre pour garder près de lui l’homme qu’il adore, le seul qui ne voit pas en lui un infirme. Telle Lily Dollar (Dorothy Malone) qui est chaque jour un peu moins sure de sa vengeance car l’homme qu’elle aime va au devant d’une mort certaine, comme si elle, l’ancienne fille de mauvaise vie, voulait sauver toutes les âmes. Ou encore Jessie Marlow (Dolores Michaels) qui veut le beurre et l’argent du beurre avec son fiancé, le Marshall Clay Blaisdell (Henry Fonda) qu’elle voudrait épouser à condition qu’il se range. Mais Blaisdell n’a pas obtenu des colts aux crosses en or en ayant gagné un concours de tricot, ni même de bilboquet. Le script très travaillé, montre avec une progressivité bien étalée dans le temps, l’évolution des personnages, y compris des personnages secondaires (excepté le vieux juge, qui représente la sagesse et la vérité) qui sont tous bien dirigés par Dmytrik. Le casting superlatif (avec une mention exceptionnelle pour Wydmark, simplement parfait dans son jeu plein de nuances) est porté par une photographie ample et précise de l’immense Joe MacDonald. L’opposition entre Johnny Gannon, la justice et Henry Fonda, l’ordre, range les mauvais dans la catégorie des alibis symboliques dont la scène de la main poignardée est la plus spectaculaire (Dmytrik devait jurer de la main droite sur la bible lors de sa comparution) et révèle à la fin un héros inattendu : la population de la ville. La conclusion de WARLOCK montre que la morale et la justice ne peuvent être que l’oeuvre d’une cohésion de la cité entière, car l’ordre imposé ne peut triompher seul sans l’adhésion des masses. Ce que démontre aussi le MAGNIFICENT SEVEN de John Sturges qui sortira l’année suivante. Pas cinq étoiles car il ne fallait pas dénoncer les copains (je suis un vieux rancunier).
Intéressant western au style très classique, mais dont les personnages sont loin des héros sans peur et sans reproche qui ont pullulé dans le genre. Le long métrage prend le temps d'amples développements sur la psychologie, bien servi en cela par un impressionnant casting, le trio Fonda-Widmark-Quinn rivalisant d'ambiguïté et de charisme. La mise en scène répond à la pure tradition d'Hollywood, et seul le manque d'épaisseur des méchants contrarie un peu le plaisir.
La sécurité des petites villes est au centre de ce western qui a peu d'actions. Le comité des notables décide d'embaucher un privé ou prévôt pour rétablir l'ordre, puisque le sheriff qui représente la loi, n'y est pas arrivé. C'est ainsi que l'homme aux colts d'or apparaît en compagnie d'un ami boiteux qui le suit comme son ombre. Sa renommée le précède car il n'hésite pas à tirer et c'est une fine gâchette. Ce qui est le plus réussi dans ce western, ce sont les remises en cause des uns et des autres, donc les dialogues. En particulier, la prise de conscience que les exécutions sommaires de malfrats ne constituent pas forcément le meilleur moyen d'obtenir la paix dans la cité.
Western classique qui multiplie les personnages complexes et bénéficie d'un casting exceptionnel, avec un magnifique Henry Fonda et un grand Richard Widmark. Les duels sont parfaitement calibrés, tout comme la musique de Leigh Harline.
Le western d'Edward Dmytryk aborde un des thèmes majeurs du western et de l'Histoire des Etats-Unis pré-civilisés : la notion de légalité. La posture du film est d'opposer aux méfaits d'une bande de tueurs deux conceptions de la loi. L'une est fondée sur le principe du "œil pour œil, dent pour dent"; elle est personnalisée par Henry fonda, un mercenaire séduisant et rassurant mais ambivalent dans la mesure où ses principes de maintien de l'ordre ne passent pas forcément par une justice digne. L'autre est illustrée par un bandit repenti, beaucoup plus soucieux de respect et d'équité (Richard Widmark). Au passage, Dmytryk égratigne la couardise collective de la petite ville où se déroule l'intégralité du film ; l'endroit introduit une certaine dimension tragique. Malgré quelques idées originales, telle l'amitié ambigüe entre le personnage de Fonda et celui d'Anthony Quinn, la mise en scène semble parfois piétiner et manquer de concision. Toutefois, le talent des acteurs, le charisme en particulier d'Henry Fonda et la question philosophique portée par le sujet font de ce western un divertissement de bonne qualité.
Voilà un film qui se bonifie à force de le voir et de le revoir. Une force se dégage de cette histoire assez commune, mais dont les personnages donnent de l'ampleur et une envergure digne des plus grand chef d'œuvre. Henry Fonda, campe un personnage persuasif, fort, sur de lui, enclin à la justice, vacillant, frôlant la folie du chagrin dans les dernières minutes. La résurrection de Richard Widmark, homme perdu, qui trouvera le salut dans les bras d'une femme et la force de s'imposer. La déchéance de Anthony Quinn, joueur dans l'âme, homme fier, mais meurtri dans sa chaire, et qui a besoin de reconnaissance et qui perdra à un jeu dont il avait créer les règles. Les autres personnages, ces hommes et ces femmes de la ville de Warlock, sont faibles, enclin à céder, à vendre leurs âmes pour un peu de paix pour leur petite vie. La bande de Cowboys, emmenée par un chef, lâche, qui préfère exécuter ses ennemis dans le dos, plutôt que de les affronter loyalement. Voilà, le maitre mot est lâché: Loyal - voilà sur quoi repose les fondamentaux de ce western, dont beaucoup de points communs se retrouve bon grès ou mal grès dans les western de Clint Eastwood.
C'est un bon western avec 3 grands acteurs, le grand et stoïque H. Fonda, le trublion A. Quinn et l'original R. Widmark. On ne voit guère de western comme celui-ci où le réalisateur semble aller chercher ce qu'il y a de plus mauvais au fond de nous, ou presque. Sont explorés dans ce film de nombreux thèmes psychologiques, sur fond de bons contre méchants, et lois contre bon sens et justice. Les habitants d'une petite ville sont en effet presque obligés de faire appel au service d'un mercenaire qui deviendra alors plus ou moins un représentant de la loi. Il semble être juste mais ce qui l'habite c'est le goût du crime et de la violence. D'un autre côté, un méchant, déjà en marge du groupe, devient un gentil et se range du côté de la loi pour en devenir un de ses représentants en tant que shériff. Ce film est profond et intense et nous livre une belle analyse de la vie et de la mort aussi à cette époque. A voir.
"L'homme aux colts d'or"(1958)est un western atypique,dans le sens où la richesse de son scénario lui permet d'aborder une multitude de thèmes,tout en fignolant des personnages aux contours ambiguës.Dans la petite ville de Warlock,les habitants font appel à un prévot et à son acolyte,pour les défendre contre une bande de pillards.L'un de ces brigands va passer du bon côté de la loi,et trahir ses frères.Plus généralement,ici,les gens ne sont pas ce que l'on imagine.Sans changement,point de salut pour eux.On déplore des lenteurs sur l'ensemble des deux heures,ce qui fait que la tension n'est jamais au rendez-vous.En revanche,la psychologie de ces cow-boys est bien étudiée.Henry Fonda est majestueux.L'autorité du prévot qu'il incarne cache mal sa lassitude.Anthony Quinn est tout aussi inspiré en compagnon hispanique,tellement dévoué à son ami,qu'il est obligé de lui cacher les menaces qui pèsent sur lui.Mais le plus saisissant est sans doute Richard Widwarck.Regard d'aigle,dégaine lymphatique mais détermination inflexible,en suppléant de la loi qui se révèle.Les grands espaces et les envolées lyriques servent un western qui a pris du cachet,en proposant une réflexion sur la loi,l'ordre et la justice.
Si l'intrigue peut paraître classique à première vue, une véritable construction s'y installe. Les personnages sont travaillés, avec beaucoup de thèmes évoqués. La séquence finale conclut la vision d'une petite ville en proie à la folie par Dymytryk.
Voilà un grand classique du western, à voir et revoir. Le suspense, les bagarres, les coups de feu sont formidablement bien montés avec des acteurs inspirés. Le scénario est d'un classicisme indéniable, mais cela fonctionne tout de même. Il faudra attendre les western spaghetti, qui ajoute une petite pointe d'humour et une musique inoubliable pour surpasser ce type de western. A voir par tous, de 6 à 99ans