Soyons sérieux une minute : soit vous avez grandi avec ce film (devenu un plaisir coupable), soit vous allez passer un sale moment (avec pour seul intérêt : la BO de Queen). On n'aura jamais aucun mépris pour ceux qui aiment cultiver leur jardin filmique d'enfance (ayant nous-mêmes quelques beaux spécimens de navets indéfendables, qu'on continue d'arroser avec amour nostalgique), voyant même comment un enfant des années 70 et 80 pouvait s'extasier devant cette ribambelle de costumes aux couleurs chatoyantes (à vous cramer les rétines), cette SF pas aussi courante et populaire qu'aujourd'hui (une originalité en 1980), ces musiques de Bryan May en très grande forme (le seul élément qui nous a fait vraiment plaisir, subjectivement), et un gentil très très gentil, et un méchant très très méchant. Le film parfait pour les petits d'autrefois, on le voit bien. Mais à le découvrir sur le tard, sans ces lunettes de nostalgie, on se bute à un joli nanar à gros budget, et haut potentiel de kitcherie. À peu près tout fait mal aux yeux (des costumes aux prothèses, des armes en plastoc aux fonds verts des hommes-oiseaux mal détourés...), assez mal aux oreilles (parce qu'on n'a pas précisé : la BO de Bryan May vient ponctuellement, et doit se battre avec des bruitages qu'on devine faits à la bouche ou avec une vieille table de mixage...), les acteurs sont en surchauffe, leurs personnages sont écrits très vite et n'ont pas de profondeur, on est vraiment très peu fan des répliques macho (qui passaient à l'époque, mais ne sont pas très agréables aujourd'hui)...bref, Flash Gordon a vraiment mal vieilli. On sent toute l'envie d'un projet monumental, avec un bon casting, avec un budget ample, avec une BO de luxe, mais on sent aussi que rien ne s'est passé comme prévu, et on se retrouve avec un film de ficelles et cartons, uniquement destiné à un jeune public (pas vraiment actuel). Son heure est passée, et son visionnage ne se justifie que si vous avez été un de ces gamins à l'adorer, ou si vous voulez un nanar (navet, selon patience du spectateur) à vous mettre sous la dent. On vous met simplement en garde si vous vous lancez dans la copie restaurée (qui fait encore plus ressortir les couleurs des costumes déjà corrosives dans l'original) : comme sur un vieil appareil photo poussiéreux, le Flash va vous faire mal aux yeux.