Je voulais au moins sauver les interprètes, comme je le fais souvent, mais même cela m'est impossible, car Juliette Binoche réussit à être mauvaise (il faut dire que faire autrement est mission impossible, eu égard au brouet indigeste qu'elle est supposée servir aux spectateurs), seul Shimell est pas mal pour son premier film (ce qui n'a rien d'étonnant, un grand baryton comme lui est déjà habitué à la plus exigeante des dramaturgies, celle de l'opéra). Cette "Copie conforme" est sans doute ambitieuse - traiter de la difficulté de se construire (et de durer) en couple - sur fond de discussion (savante ? ! je dirais plutôt "oiseuse") sur l'esthétique, mais cette noble intention ne donne rien de concluant à l'image. Cette vraie/fausse balade entre étrangers en quête de mutuelle séduction qui se mue, sur un quiproquo, en pèlerinage à sens unique d'une Binoche désespérée et furieusement midinette (au prix d'un pitoyable "twist", à l'occasion de confidences entre l'éplorée et une cabaretière de hasard), faux couple qui s'essaie à la "copie conforme" d'un vrai, est au résultat fumeuse, verbeuse, même pas ennuyeuse, non : creuse...en un mot : ININTERESSANTE. Un beau ratage pour une belle idée, que cet exercice de style sans crédibilité, et sans doute sans lisibilité pour beaucoup des courageux spectateurs......
J'en ai marre ce ce nouveau genre d'inspirations monolithiques de nos réalisateurs contemporains....Après Inarritu qui fait le "pigeon" pour Hollywood, après Hao Hsia Hsien qui nous accable d'un ballon rouge dans les rues fatigantes de Paris, voici Kiarostami qui nous sort un cocktail toscan d'une lourdeur cinématographique (un seul beau plan durant le film, lorsque Juliette et son mari se séparent devant une église qui fait penser à Sainte Catherine de Sienne)...Le film entame sans jamais les finir des exégèses ennuyeuses sur l'art italien ou l'art d'écrire....Dans quoi vont s'embourber les réalisateurs ? le film est navrant à tout point de vue, on a envie de quitter la salle tant la relation entre Binoche et son mari est distante de tout repère....On s'ennuie, on s'ennuie lors d'interminables dialogues en voiture lorsque le réalisateur nous torture de gros plans froids symétriques sur le mari et sa femme...On s'ennuie dans les tentatives de digressions artistiques qui éloignent de toute émotion, dans un scénario sans aucune surprise...On s'ennuie, on s'ennuie, on s'ennuie et ce n'est pas la fin du film où enfin apparaissent des sentiments entre William Shimell et Juliette Binoche qui sauve l'ensemble d'un naufrage annoncé...Messieurs les réalisateurs n'uniformisez pas le paysage cinéma, de grace que les réalisateurs mexicains nous parlent du mexique et les réalisateurs iraniens de l'Iran...Bref y en a marre.....
Pour son premier film tourné hors d'Iran, Kiarostami a délaissé son style naturaliste et opté pour plus de sophistication. Le petit jeu de rôles du début, mécanisme d'illusion autour d'un vrai-faux couple, en parallèle de la réflexion sur l'orignal et la copie dans l'art, est intéressant. Mais sa logique peut poser question (pourquoi l'enfant, par exemple, participe-t-il à ce jeu ?). Le réalisateur se livre à un exercice de style autour d'une histoire conjugale et d'une joute verbale. Intelligents, voire brillants, les dialogues n'en demeurent pas moins trop écrits pour être vraiment émouvants et faire oublier l'artifice de la mise en scène. En témoigne la rencontre avec l'homme et la femme sur la place du village, qui sonne absolument faux. Dans le genre du drame conjugal fondé sur une longue conversation, on peut largement préférer, parmi les films assez récents, Conversation avec une femme, de Hans Canosa. Autres éléments plus ou moins convaincants : la tonalité d'ensemble, la vision des rapports hommes/femmes et l'interprétation. Concernant la tonalité, le réalisateur semble hésiter entre drame pur, accents comiques, évocation douce-amère. C'est un peu flottant. La vision des rapports hommes/femmes oppose une sentimentalité et une fragilité féminines à une intellectualité masculine, teintée de cynisme, de détachement. La femme (qui n'a pas de nom dans le film, à l'inverse de son mari...) cherche une épaule forte pour s'appuyer, tandis que l'homme fuit ses responsabilités. La femme devrait cependant, à en croire une patronne de café, se satisfaire d'être une épouse. Les féministes apprécieront. Quant à l'interprétation, si Juliette Binoche séduit par sa sensibilité et sa subtilité, le jeu de William Shimell (plus connu comme chanteur d'opéra) est inégal : la scène du restaurant, par exemple, n'est pas à son avantage.
Un film qui respire, qui prend le temps ! Qui sent bon l'intelligence, l'Art, la magnifique nature toscane. Mais aussi, qui évoque les relations entre un homme et une femme avec toutes leurs difficultés à concilier l'évolution de leurs désirs et de leurs contradictions vis à vis l'un de l'autre.
Film d'intello mettant en scène une relation amoureuse confuse où l'ennui prédomine sur un rythme lent à l'image des nombreux passages silencieux sans intérêt.
Une recherche narrative et symbolique fort appréciable. Elle confère au film un certain mystère rendant possible et même souhaitable plusieurs visionnages successifs. Un plaisir qui s'avère d'autant plus grand que l'écrin, à savoir la Toscane, est magnifique. J'aurais même, comme d'autres j'imagine, souhaité que ce cadre occupe une place plus centrale à la façon des Woody Allen. Bref, un film taillé pour les cinéphiles en manque d'originalité et en quête d'esthétisme, mais il risque de décevoir de nombreux autres spectateurs aspirant à un certain dynamisme. Car disons les choses clairement, on s'ennuie rapidement. Les dialogues tournent en rond, qu'il s'agisse de la glose sur l'histoire des arts ou des échanges sur les relations femme-mari. "Copie conforme" manque d'épaisseur à ce niveau, ratant ainsi la marche qui aurait pu le conduire au statut de grand film.
Wiliam Shimmell ressemblant au Mr Big de Sex and the City, on attend face à lui une Carrie Bradshaw sexy, piquante, impertinente. A la place on a une Juliette Binoche polyglotte (la belle affaire !), pleurant, gesticulant, reprochant, gémissant. Et tout ça en d'interminables champs contre-champs qui sont du niveau zéro de mise en scène. L'idée maîtresse du film est pourtant assez subtile, mais pour qu'elle aboutisse il aurait fallu une interprète et une mise en scène subtiles. La lumière de Toscane ne sauve pas les meubles à elle seule. Voyant Caroline Eliacheff comme scénariste j'en arrive à me demander si c'est bien Kiarostami qui est à l'origine de ce film tant il ne lui ressemble pas. Ou si c'est la famille Karmitz qui l'a utilisé comme réalisateur pour offrir un prix d'interprétation -ô combien peu mérité- à Binoche.
Ne peut-on fabriquer sa propre réalité ? Si le sujet vous intéresse, foncez voir Copie Conforme. En prime, vous vous régalerez des images, de la finesse des dialogues, de J.B... En sortant de la salle avec ma copine, on s'est aperçu que nous n'avions pas compris le film de la même façon : j'avais pris la 1° partie pour la réalité de leur couple, la 2° pour un jeu. Et ma copine le contraire !!! Passionnant. Nous avons alors nous-mêmes commencé à nous jouer une fiction, pour rire. Elle a fini comme dans le film...
La salle était silencieuse et ça reniflait par çi par là. Rhume des foins ou émotion ?? L'ennui était pour moi au rendez-vous et j'ai failli quitter la salle à plusieurs reprises mais je me disais toujours d'attendre un peu . En fait il y a comme une scène sur 2 intéressante. Si ce film dans la forme est assez original; le contenu n'est que clichés sur l'art; les relations amoureuses ... Quelque chose sonne faux, très faux et si Binoche est amusante dans ses sautes d'humeur parfois; il y a une forte impression de déjà vu. Faux film d'auteur et pas "grand public" pour autant. "Copie conformiste" aurait peut-être été un titre plus juste. Je vous conseille plutôt "Les secrets" qui fut pour moi une surprise et qui dans son tempo lent fait place à un climat envoutant où l'ennui n'existe pas !