A l'instar des brigades rouges en Italie avec Romanzo Criminale, voici l'histoire de la Bande à Baader qui ensanglanta l'Allemagne sur à peu près la même période. Le film de Uli Edel comme celui de Michele Placido est un bon coup de poing dans le ventre (mais un peu moins réussi peu être) . La mise en scène n'y va pas par quatre chemin. C'est franc, direct, froid, violent. Le mécanisme de la montée en puissance du groupe terroriste est très bien amenée, disséquée, expliquée. Une multitude de document d'archives émaille le film et nous replonge dans un passé proche qui n'est plus qu'un vague écho dans nos souvenirs (pour ceux de non âge !). Si le scénario ne juge pas et ne prend pas partie, il nous montre peut être les protagonistes d'un côté un peu trop sympathique et on a presque de l'empathie pour eux. D'un autre côté c'est sanglant, ça va vite et on a pas le temps de trop réfléchir malgré les 2h25 de projection. La reconstitution historique est minutieuse et techniquement le film est bien fait. L'interprétation ne démérite pas non plus, tous les acteurs sont très convaincants, de la jeune garde avec Moritz Bleibtreu ou Alexandra Maria Lara au plus ancien Bruno Ganz. Du cinéma d'action efficace qui fait passer un bon moment, un peu long par moments mais tout à fait regardable.
Retranscrivant les années de plomb à l'Allemande, la Bande à Baader est une évocation soignée au tempo foudroyant retraçant directement l'un des plus terribles groupuscules de l'après guerre en Europe de l'ouest. On sent rapidement qu'Edel a de la sympathie pour la "cause" mais cela ne l'empêche pas de démontrer toutes l'horreur de leurs actes et leurs aliénations progressives. Il réussit en seulement 2h30 à faire revivre toute une époque et son état d'esprit dans un contexte politique chose que Richet et son Mesrine n'arrive jamais. Il doit cette réussite à sa narration et sa réalisation capable de donner de l'ampleur à certaines scènes comme des scènes d'exécution glaçante. Par contre toutes les scènes avec Bruno Gantz ne servent à rien à part casser la progression d'une intrigue passionnante. Tombé dans le téléfilm, Edel prouve qu'il peut faire bien mieux que ça pour ce qui est une sorte de résurrection.
Film historique sur un des mouvements terroriste d'extrême gauche des années 70. Scénario rétrospectif et intéressant, beaucoup de thèmes brassés. Pas mal de scènes d'action et violente mais la réalisation n'a rien exceptionnelle.
La bande à Baader est en quelque sorte le pendant cinématographique allemand de Mesrine. Le film retrace la naissance et la prolifération des RAF , brigades terroristes anarchistes d'extreme gauche qui ont défrayé la chronique pendant 15 ans outre RHin . Le film montre l'escalade d'un groupe de jeune désenchanté encore traumatisée par le nazisme et la répression etatique et qui bascule dans la solution de l'action directe . On est clairement en face de fanatiques qui sacrifie tout (enfant, famille, illusions ) au nom d'une guerre anti societal qui ne doit épargner d'apres eux que les civils . Le film dresse une galerie de portraits de cette bande , puis la filiation de ce mouvement . En effet , malgré l'arrestation des cerveaux de l'opération, les raf ont proliféré en ayant des actions s'éloignant de plus en plus des revendications d'origine et dont la principale revendication devenait la libération de baader et sa bande . tout cela s'est enchainbé jusqu'au fameux detournement d'avion de mogadiscio et au suicide collectif de baader et sa bande. Le film est réussi et montre tous ces evenements qui ont traumatisé l'allemagne Fédérale des années 70 . Le film est passionnant , bien joué, sans temps morts avec de gros moyens et sans fioritures et complaisances envers les personnages dont il traite . C'est une vrai réussite . Le seul point faible réside peut etre en un manque de maestria dans la mise en scene, mais n'est pas spielberg ou scorcese qui veut
Une restitution assez fidèle et réaliste de l'histoire de cette organisation révolutionnaire terroriste qui a tragiquement défrayé la chronique pendant longtemps en Allemagne. La réalisation se montre avec justesse sans complaisance envers les deux parties qui s'opposent avec brutalité(seul l'épisode des suicides des détenus est sujet à controverse car la version de leur assassinat par l'Etat paraît plausible eu égard au témoignage de la détenue qui a échappé à la mort ce jour-là). Néanmoins on peut lui reprocher de n'être pas allée jusqu'au bout de l'histoire de la RAF, de ne pas avoir au moins laissé un mot sur sa suite qui s'est prolongée de 20 ans jusqu'à sa dissolution en 1998.
Il y avait là un sujet fort passionnant et une résurrection du cinéma allemand en général qui laissait présager le meilleur pour ce film d'action historique et politique. L'utilisation de l'imparfait de l'indicatif vous précise déjà que le film est raté. Depuis "La vie des autres", LE gros succès-surprise 2007, encensé à juste titre par la presse et le public européen, couronné lors de nombreux festivals et précédé d'une réputation plus que satisfaisante au point de finir dans la course aux Oscars (qu'il décroche unanimement au titre du meilleur film étranger), le cinéma allemand semble changé, se dirigeant vers une condensation passionnante des grands ou petits faits historiques qui ont marqué le pays avant la chute du Mur de Berlin. Dans "La bande à Baader" , drame policier mollasson, Uli Edel filme les actions enragées d'un groupuscule terroriste d'extrême gauche (R.A.F.), engagé dans la lutte contre le fascisme ordinaire. Le sujet, vous me l'accorderez, était donc passionnant, d'autant que de cette troupe qui a réellement existée ont suivis de nombreuses pages marquantes de l'histoire allemande. Le contexte, l'histoire plus précisément, et la qualité artistique allemande actuellement, invitait donc "La bande à Baader" à rejoindre le rang des grands films politiques et historiques. Sauf que. Uli Edel opte pour un rétrécissement des faits qui compacte le scénario comme un catalogue de vignettes ultra-prévisibles et construites sur un académisme ennuyeux. Il évite tout parti pris et décide d'occulter les raisons premières de la formation de ce groupe résistant et révolutionnaire. Sa reconstitution, malgré les détails, peine elle aussi à trouver d'interêt à l'écran tant elle rentre dans le sentiment frustrant d'un scénario resserré à l'extrême sur les grosses lignes, liant l'esthétique d'époque à une simple succession d'images proprettes respectant le quota de blousons en cuir et de lunettes vintage. Quant à la mise en scène, c'est sûrement elle qui rend le film si
Dans les années 70, l’Allemagne voie émerger les ultras révolutionnaires tout comme en Italie. Les Fractions Armée Rouge allemandes sont menées par un groupe d’intellectuels et de marginaux autour d’Andreas Baader et Ulrike Meinhof. Cette génération souhaite ébranlée les démocraties et l’impérialisme américains : tout çà ressemble aux motivations d’Al Qaida. Pour arriver à leur fin, ils mènent des actions sanglantes jusqu’à la terrible prise d’otage lors des JO de Munich en 1972. Ce film est très factuel. Une qualité majeure, car il énumère les faits sans jamais prendre parti ou juger les uns et les autres : l’état ou les terroristes. On comprend aussi pourquoi cette ultra violence s’est développée en Allemagne et non en France. Ces enfants optent pour la rupture d’avec leurs parents soit compromis dans le nazisme soit muets devant les atrocités de la seconde guerre. Une génération en rupture avec le passé allemand. On comprend aussi comment des liens ont pu se tisser entre ces terroristes et les terroristes du moyen orient ; des intérêts communs forts. La réalisation est vive, séche et parfois brutale. Le rythme est soutenu ; l’ennui n’est pas de mise. Par contre, ce film est parfois trop factuel. Les faits s’enchainent trop vite et ne permettent pas toujours de comprendre les motivations et les liens entre les différents événements. Il aurait mérité d’être un peu plus analytique sur ce mouvement en place dans toute l’europe à cette époque. Frustré donc parfois que çà ne se résume qu’à de l’action… çà aurait pu être une très belle réussite. Amateur de film d’action sur fond historique, ne boudez pas votre plaisir… On se régale autant que devant « Romanzo Criminale » ou « Mesrine »… leurs homologues européens… ceux-ci sont tout de même d’un niveau supérieur dans les actes de violence.
Suivant la tendance actuelle très rétrospective du cinéma allemand, entamée par des films comme La vie des autres, La chute ou encore Good Bye Lenin, Uli Edel se décide à reconstituer les exactions de la Fraction Armée Rouge durant les années de plombs. Avec, en tête d’affiche Moritz Bleibtreu, Bruno Ganz ou encore Alexandra Maria Lara, La bande à Baader peut au moins se targuer de réunir quelques-uns des acteurs allemands les plus talentueux de ces dernières années. Dans son souci d’éviter tout jugement moral sur l’une ou l’autre des factions en place (terroristes, révolutionnaires, gouvernement et justice), le scénario scinde son récit en trois actes qui, l’un après l’autre, diminue en intensité et en rythme. Tout d’abord l’introduction du contexte politique difficile de la fin des années 60, dans le premier tiers, est très réussie, mais ensuite le parcours de ce groupe d’extrémistes d'extrême gauche, avec ses passages filmés à la façon d’un mauvais film d’action, est maladroitement mis en scène, puis, le dernier tiers alterne de manière très déconstruite leur procès et les revendications de leurs sympathisants. Une narration plus homogène aurait réellement permit à cette leçon d’histoire de rendre tangible sa morale sur les dérives d’une idéologie se voulant initialement altruiste.
Récit ultra-détaillé de cette bande de gauchiste qui flingua à tout va durant moultes années. C'est très long, il vous faudra du courage pour en venir à bout. Il faut supporter les dépressions nerveuses des uns et des autres, notamment dans la dernière partie du film. Mais bon. Le film reste intéressant et surtout instructif, à la fin on a l'impression d'être un peu moins ignare qu'au début.
Uli Edel a choisi de revenir sur la période noire de la bande à Baader, qui traumatisa l’Allemagne de l’Ouest des années soixante et soixante dix, d’un regard analytique et sans concession avec les vérités de l’histoire. Son film raconte parfaitement comment un groupe d’anarchistes idéalistes va sombrer dans le terrorisme aveugle et la folie meurtrière, convaincu que sa mission révolutionnaire doit mettre fin à un monde capitaliste et guerrier, qui prospère au détriment des masses muselées. Froid, dur et violent, ce récit s’enlise par moments à vouloir tout montrer. Il n’en reste pas moins passionnant et éclairant, alors que la menace du terrorisme mondial est loin d’être écartée.
Au commencement était un rêve de société, une utopie, un idéal de société nouvelle. Et puis ce rêve de société devint cauchemar. Ce film nous fait visiter l'irréalisme des sociétés théorisées par les ultra-socialistes des années 60-70, leurs descentes dans l'enfer de la théorisation d'un modèle de société idéal dégagée de toutes contingences réelles, économiques et humaines. Comme tous fantasmes, les fantasmes de sociétés parfaites ne sont pas fait pour être réalisés mais pour faire souffrir ceux qui s'abiment dans cette croyance aveugle. Dans ce récit enfiévré, les meilleurs intentions - combattre pour le peuple et le libérer - se transforme en guerre totale contre une société de "consommation" subissant des "impérialismes". Nous sommes presque dans une logique schizophrénique confinant "l'idéologue" dans un carcan de paranoïa et une vision bipolaire du monde - "nous contre eux". La démonstration est totale, alors que le groupe de Baader se coupe du monde, sa logique se radicalise et enferme chacun de ses membres dans une quête infernale de l'impossible. Ce que nous montre le film c'est les effèts pervers du replie sur soi communautaire, où la perception de l'univer de l'individu est conditionnée par celle du groupe - le groupe devenant le centre du monde. Uli Edel construit l'ambiance du monde en mutation des sixties par une reconstitution historique soignée en ponctuant son film d'infos : guerre froide, conflit israelo-palestinien, guerre du vietnam, Mai 68. Le groupe de Baader a été façonné dans le feu dévorant de ce magma culturel composé de libération sexuelle, de psychédélisme, de tier-mondisme béat, de philosophies révolutionnaires marxistes et d'idolâtrie de modèle humain tel que Che Guevara, le résultat étant la destruction des repères moraux dans cette noyade pluriculturelle et communautaire outrancière. Leurs intentions étaient louables, mais ne dit-on pas que les chemins menant en enfer sont pavés de bonnes intentions ?
La grande qualité de ce film est sans aucun doute son contenu illustratif complet sur les grandes dates historiques, servi sous la forme d'une ribambelle d'images d'archives. On embarque au sein de ce groupe de terroriste allemand prônant la paix et la fin du soit-disant fascisme de l'impérialisme américain et on voit les années défiler sans qu'aucun des événements importants ne soient délaissés, ce qui permet de mettre en situation le spectateur de manière constante. Il est donc dommage de constater que malgré cette précision historique soignée, le réalisateur omette de détailler les idéologies du groupe, dont l'antisémitisme certains d'une grande majorité. Sinon, par son découpage frénétique, Edel maintient en haleine son public, mais n'offre rien de très original et s'enfonce même dans ce que le cinéma allemand fait de plus classique en matière de cinéma moderne, soit des films tels que Rennt Lola Rennt ou die Welle. De plus, quelle est l'utilité de mettre en scène un casting de star allemande, si les personnages sont aussi peu fouillés? On peine vraiment à entrer dans leur logique, alors que l'un des buts principaux du réalisateur était de démontrer comment des personnes aussi cultivées ont pu se rabaisser aux actes terroristes. Ce point là est pour le moins raté. Il en reste que La Bande à Baader divertit et instruit sur un sujet peu connu en dehors de l'Allemagne.
Un film poignant qui nous fait revivre les années 1970 en RFA, ce film est intense par sa violence inattendue et réellement importante. ce film raconte l'histoire du groupe terroriste RAF,de sa naissance à la mort de ses créateurs tout en montrant que ces derniers vont finalement perdre le contrôle de l'organisation qui devient impossible à manier pour tous.
Trop long !! Un bon film, bien allemand, avec la certaine qualité qui va avec, mais on aurait pu enlever 45 minutes du film que ça aurait été aussi bien voire mieux..
Sinon le film est intéressant, étonnant, on y apprend des choses...
Paradoxalement, le film manque de dates et de références. En effet, difficile de toujours bien situer l'époque et les événements. Néanmoins, La bande à Baader, permet informations et éclairage sur ce groupe et ses idées. Au final, un film assez décousu, avec d'importantes baisses de rythme.