Si Miguel Courtois a déjà réalisé à plusieurs reprises des films policier et / ou d'action (Un ange, El Lobo, GAL), il n'a en revanche et selon ses propres termes "jamais réalisé un film clairement associé aux jeunes et dont les héros sont des skateurs". Il ajoute : "Le scénario m'autorisait aussi à prendre toutes les libertés en terme de mise en scène. J'ai surtout choisi de faire Skate or Die, à cause des quatre ans passés en Espagne avec trois films, dont un documentaire sur le terrorisme dans lequel je me suis beaucoup investi. ça m'a ébranlé et lorsque Sébastien Fechner m'a proposé un "film pop corn", je l'ai pris comme un cadeau. Je n'ai pas de complexe vis-à-vis de ça et, en tant que spectateur, j'en suis friand. Certains trouveront qu'il n'a pas le même intérêt que d'autres films plus profonds, mais ce sont deux cinémas différents, pas ennemis. "
A l'instar de son ex confrère du groupe de rap Ministère A.M.E.R. Stomy Bugsy, qui a débuté en 1997 sous l'oeil de Jean-Francois Richet dans l'explosif Ma 6-T va crack-er, Passi effectue avec Skate or Die ses débuts sur grand écran.
Si Mickey Mahut et Idriss Diop font beaucoup de skateboard, ils ont en revanche dû être doublés pour les scènes de cascades. Quant à choisir entre la vie d'acteur ou celle de skateur, le choix est vite fait : "Vivre du skate en France, c'est impossible : tu n'es pas assuré si tu te blesses gravement explique Mickey Mahut. Quant à Idriss Diop, il en a fait à haut niveau, tout en gardant un emploi dans l'industrie du bâtiment, de la serrurerie et métallerie : "pour passer pro, il faut aller aux Etats-Unis. J'ai commencé les compétitions il y a trois ans et en 2007, je suis arrivé deuxième de France. Cette année, je suis troisième, parce que j'ai raté une étape à cause du film !"
A l'occasion de la sortie du film, la production a eu une initiative heureuse et généreuse. Un partenariat a en effet été monté avec l'association "Les Toiles enchantées", présidée par Alain Chabat : un skateboard du film dédicacé par tous les acteurs a été mis aux enchères sur internet, ainsi qu'une rencontre privée organisée avec l'équipe du film, dont Elsa Pataky. Tout le produit des ventes a été reversé à l'association.
Alors que la moyenne du nombre de plans dans un film en France est de 700, Skate or Die carbure à la nitroglycérine puisque de l'aveu même de Miguel Courtois, le film en comporte pas loin de...3700 !! Il explique : "Je suis parti sur deux axes très précis. D'abord, ancrer le film dans le réalisme, pour que le spectacle soit au service d'une intrigue plausible. Ensuite, imposer un rythme inédit, avec un divertissement qui ait le tempo d'une bande-annonce d'une heure et demie. Je n'ai rien inventé en soi, j'ai juste poussé le bouchon assez loin".