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cocolapinfr
85 abonnés
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3,0
Publiée le 26 février 2016
Bon film pour qui s'intéresse un peu à la pologne, relatant le massacre de Katyn. Important pour la culture générale. Si la qualité de la réalisation ne saute pas aux yeux, l'histoire n'en reste pas moins terrifiante.
Wajda signe un film de belle facture, à la mise en scène classique et sobre, qui traite d'une très laide affaire : les massacres de Katyn par la police politique russe, le sinistre NKVD, en 1940. Staline faisait alors payer de la plus barbare des façons aux élites polonaises l'échec soviétique dans la guerre de 1920. Vint s'ajouter à l'horreur de ces exécutions sommaires le traitement que les Communistes en firent, en attribuant la paternité aux Nazis grâce au type d'arme et de munitions utilisé par eux, allemand ! Les charniers avaient pourtant été découverts par la Wehrmacht lors de sa progression en Russie Occcidentale dès 1941, et avaient alors d'ailleurs servi à asseoir la propagande antisémite nazie qui voyait "un massacre juif" dans les exactions commises à Katyn. Naissait ainsi une polémique que la fin de la Seconde guerre ne parvint pas à apaiser (et que la Gauche occidentale entretenait d'ailleurs complaisamment). Ce mensonge d'état ne céda qu'au moment de la Glasnost, sauf à remarquer que les Russes continuent, tout en reconnaissant maintenant la seule responsabilité du NKVD, à y voir un "crime de guerre", prescrit, et non un génocide, imprescriptible. C'est à une salutaire leçon d'histoire que le cinéaste nous convie, lui dont le père est mort à Katyn, une des douloureuses histoires d'une Pologne meurtrie et héroïque, si souvent occupée, dépecée, sujet de toutes les avidités de ses voisins. La scène d'exode désespéré qui ouvre ces deux heures bouleversantes et passionnantes (l'Histoire sert de trame à une fiction touchante, mêlant les destins de plusieurs familles d'officiers exécutés à Katyn) est à cet égard hautement significative : deux foules se rencontrent sur un pont, l'une fuit les Allemands, l'autre les Russes - la Pologne est ici prise en tenaille pour cause de pacte germano-soviétique, et c'est une nouvelle page en forme d'oppression sanglante qui s'ouvre pour ce peuple courageux.
Pour la mémoire et la culture historique c'est un film à voir. Ce massacre peut connu de tous et toujours nié par les Russes ne doit pas tomber dans l'oubli. Le film n'est pas un chef d'oeuvre dans la réalisation a proprement parler mais dans le style et la puissance des images. Une version noire et blanche de la Pologne au travers d'un point de vue lent nous donne l'impression d'y être. Le film est parfois long, surtout lorsque les acteurs parlent en polonais ou en allemand et que l'on ne maitrise pas ses langues, mais néanmoins c'est un film à voir.
Un film fort trés fort sur un evenement peu connu de la seconde guerre mondiale.A la fois troublant, violent et terriblement humain, encore un bon film qui passe inaperçu au milieu des navets franchouillars du style coco and co.Il n'a malheureusement pas bénèficié des mêmes circuits de distribution dommage. A voir vite avant qu'il soit retiré pour les amateurs du genre.
Un tel massacre, une telle plaie dans un pays à laisser forcément des traces, et le sujet est forcément aussi complexe que tragique. Une histoire et des destins qui ne peuvent laisser indifférents. Le massacre est d'une ampleur inouïe mais le film reste engoncé dans un style très et trop documentaire, dans une mise en scène figée comme si Andrzej Wajda avait été pétrifié par son sujet. Pas aidé par des acteurs pas toujours très justes ou très bons surtout vers la fin gâchant le peu de scènes à émotion ; un comble vu le thème. La mise en scène est d'un académisme télévisuel au point qu'on croirait sans peine à une émission de reconstitution historique façon "Secrets d'Histoire" ; non pas que ces émissions soient dénuées d'intérêt loin de là, mais quand on va voir un long métrage on s'attend à du cinéma, une réalisation inspirée, qui se doit d'être cohérente avec la fresque historique et donc du souffle, du feu et de la fureur, du sang et des larmes, et pourtant le film est dénué de tous ces sentiments et sensations. A conseiller toutefois, forcément puisqu'il est encore le seul film sur ce drame qui mérite beaucoup plus que ce film sans force aucune. Note indulgente. Site : Selenie
Katyn passionnera sans doute autant les amoureux de l'Histoire que les cinéphiles, Wajda signe un film peut-être assez classique dans son style mais cela convient parfaitement à un tel sujet ; pas aussi puissant émotionnellement que Le Pianiste de Polanski Katyn reste cependant un film fort justement joué (les personnes sont dignes) et le final montrant ses exécutions de toute une élite est bouleversante. C'est un film qui rappelle aussi que malheureusement les Nazis n'avaient pas le monopole de la terreur durant la 2nde GM et que les bolchéviques savaient parfaitement en user.
Le réalisateur de L'Homme de Fer met en lumière, à travers son dernier film, un épisode peu connu de la Seconde Guerre Mondiale. Katyn aurait pu être réellement interessant s'il avait possédé un minimum d'ambition cinématographique ; car au final, Wajda semble avoir perdu le contrôle de son film qui s'apparente plus à un téléfilm trop bavard qu'à un véritable objet de cinéma. Le plus gros handicape du film est sûrement ses personnages peu profonds et inhabités (faute des acteurs mauvais comme des pieds et qui ne semblent pas croire à ce qu'il disent. Bref, ce film, impersonnel et maladroitement académique, ennuie voir agasse.
Ce film qui relate l'épisode tragique dans l'histoire polonaise du massacre de Katyn est remarquable pour ses dix dernières minutes où l'on relate de façon sobre et crue les derniers instants de ces officiers qui représentaient pour les Soviétiques une élite à éradiquer (à noter l'intéressant parallèle qui est fait du côté allemand où le père du "héros", enseignant, est lui aussi exterminé). Par contre, le film ne s'intéresse pas ou très peu au quotidien des officiers dans les camps de prisonniers, leurs craintes, leurs espoirs, et ne parle pas des tentatives infructueuses d'assimilation à la doctrine communiste par le NKVD qui persuadèrent Staline de se débarrasser d'eux. On ne parle que des familles des officiers, pourchassées (d'où un étrange parallèle avec le sort des Juifs pendant la Shoah), et beaucoup de l'après-Katyn, avec la propagande soviétique, ce qui est terriblement longuet et ennuyeux. Globalement, le film a le mérite d'évoquer cet épisode historique toujours ressenti à vif en Pologne, mais Wajda ne s'y est pas pris de la meilleure manière pour nous captiver.
Wajda signe une oeuvre qui a pour rôle le devoir de mémoire sur cet évènement tragique de la seconde guerre mondiale. Malheureusement, des longueurs et un scénario sans grand fil conducteur nous lasse à force malgré une jolie réalisation et des acteurs assez convaincants...
Poignante chronique historique qui marque le grand retour de Wajda à l'écran. On appréciera la construction filmique, remarquable de subtilité tout en gardant de l'épaisseur romanesque. Du grand art !
Bon film, à la mise en scène sobre et sans fioriture, et dont toute la force est de relater l'histoire d'un peuple qui a vu deux Etats totalitaires se départager leur territoire, puis ces mêmes Etats se succéder dans leurs crimes, leurs terreurs et leurs mensonges. Une occasion unique, dont ne se prive pas Andrezj Wajda, pour dresser le portrait des similitudes entre ses deux sanglants systèmes totalitaires, d'ailleurs allié le temps de conquérir et se partager ce pays. Grace à une habile construction, le film n'oublie pas de parler ce dont il porte le titre, Katyn et le massacre de 12 000 officiers polonais auquel il ne faut pas oublier les autres camps et le massacre de résistants. Cette tragédie occupe une place particulière au sein de la mémoire polonaise, et Andrezj Wajda nous le fait bien comprendre à travers le destin de quatre familles, dont la sienne à travers la mère qui croit son mari encore vivant en raison d'une erreur de listing. Katyn ne fut pas qu'un massacre comme seul les tyrans les plus sanguinaires en sont capables, ce fut aussi un énorme mensonge, auquel nombreux se résignèrent pour tenter de survivre au sein d'une nouvelle dictature "à la pensée différente", à l'idéal différent plus précisément, mais dont les méthodes ont plus que le cynisme et la barbarie en commun. C'est pourquoi c'est un film à voir, car il va au delà du massacre en lui-même, dont les froides images n'arrivent d'ailleurs qu'à la fin du long-métrage.