Certes, on ne pourra nier qu'il y a dans ce "Ruban blanc" quelque chose. Première évidence : Haneke sait capter le malaise et le réfrènement qui habitent les personnages. Oui, c'est vrai aussi, on perçoit pleinement comment ces mœurs, pourtant d'usage à ces temps et en ces lieux, recèlent malgré tout quelque chose de profondément malsain. Enfin, on ne pourrait nier l'existence de certains moments remarquablement mis en scène et qui nous subjuguent parfois durablement. Malgré tout, que de longueurs pour ce film qui finalement n'avance pas ! 2h30 pour en fin de compte n'explorer que partiellement la galerie de personnages qui nous est proposée ! De plus l'intrigue ne daigne jamais vraiment s'emballer ce qui peu laisser perplexe. Quelle drôle de mode que ces "films-instants" qui disent tout lors de leur premier tiers et qui se contentent par la suite de subsister au travers d'un simple état de stase durant lequel il ne se passe pas grand chose. En fin de compte, loin d'atteindre la pertinence ou l'audace des précédentes œuvres de cet auteur, ce "Ruban blanc" n'est finalement qu'un film qui se contente de reprendre les modes formelles du moment sans y apporter la moindre originalité si ce n'est son cadre atypique. Pas totalement déplaisant donc, mais rien de transcendant non plus pour ce qui a pourtant reçu la Palme de 2009...
Voici donc la Palme d'or de cette année à Cannes. Controversée à l'annonce du palmarès : copinage de la part d'Isabelle Huppert présidente du jury ? Chauvinisme des français qui voulaient voir Un prophète couronné finalement Grand Prix ?... Pour ma part je trouve que la palme est méritée, il faut dire que je n'ai pas beaucoup aimé le film de Jacques Audiard. Ce nouveau film de Michael Haneke est une pure merveille et devrait rester dans les mémoires comme un chef d'œuvre. On a là certainement ce qu'il a fait de mieux. La réussite est totale sur tous les plans. La mise en scène est totalement maîtrisée, un pur travail d'orfèvre. Grandiose et majestueuse et à la fois presque invisible tant on a l'impression d'être dans le film, de faire partie du décor. Le scénario est foisonnant et magnifiquement écrit. L'histoire est à glacer le sang, terrible, aride et froide comme une lame de couteau. Plus le récit avance plus on a froid dans le dos. On assiste là sans doute à l'une des plus belle démonstration des conséquences que peut avoir une éducation puritaine et stricte sur les enfants et sur les rapports entre les gens qui les entourent. On n'ose entrevoir ce que seront devenus ces enfants vingt ans plus tard à l'avènement du nazisme. L'ensemble du casting est absolument époustouflant. Tous les acteurs sont parfaits mais tout le mérite revient à l'ensemble des enfants. Ils sont stupéfiants. Haneke fait preuve encore une fois d'une direction d'acteurs sans faille. La technique est au diapason du reste. Le noir et blanc donne au film une ambiance très particulière (ajouté à l'absence de musique), la photo est d'une grande splendeur. Certains plans fixes font penser à des vraies photos de l'époque. Superbe. Le blanc de la pureté est partout, s'opposant à la noirceur du propos. Les décors, les costumes, le son, le montage sont impeccables. Franchement rien à reprocher.Un film difficile, pas forcément accessible, un sujet et une longueur (2h25) qui peuvent rebuter. Mais Le ru
Subtil ! Palmé en 2009, "Le Ruban Blanc" est un film brillamment construit ! Difficile d'accès, mais une fois rentré dedans, on découvre avec subtilité, un village sombre porté par une mise en scène froide de Michael Haneke. C est un film où l'on va suivre plusieurs personnages qui vont nous amener à une fin efficace. C est un film lourd, où l'on ressort épuisé. Très bon film
Palme d'or du festival de Cannes en 2009, ce film du réalisateur autrichien Michael Haneke nous plonge dans l’univers d’un petit village allemand à la veille de la Première Guerre mondiale. En articulant son histoire autour d’une intrigue criminelle, il livre un regard terrible sur l’éducation stricte des enfants de l’époque fondée sur une rigueur morale et religieuse totalement jusqu’au-boutiste. Le récit très clinique n’exclut aucune violence (morale, physique et sexuelle) afin de mieux égratigner le monde des adultes. La froideur du propos, accentuée par une photographie en noir et blanc, rend la lecture de ce message idéologique (le mal engendre le mal) très malaisant. Bref, une œuvre austère mais poignante.
Voilà une palme d'or méritée. C'est rare... On est véritablement cloué par l'ambiance lourde et moite qui se dégage de ce film. L'image est absolument magnifique, avec quelques plans qui ressemblent à des tableaux de Renoir ou de Vermeer. Le rythme est lent, et la caméra sait se faire immobile. Les enfants sont d'une justesse de ton incroyable. Et une violence dure, sèche, crue semble ronronner et attendre son heure dans chaque scène... Bref, c'est du grand cinéma ! Pourtant, la fin un peu bâclée laisse le spectateur interdit, et insatisfait. Le film passe donc à côté du 5 étoiles... Faut-il voir dans ce film une genèse du nazisme ? Peut-être, mais ce n'est pas aussi important que les journalistes ont voulu le croire. Je crois plus prosaïquement qu'une société sans amour se condamne à tous les excès. Et cela est vrai en Allemagne comme ailleurs...
N'en déplaise aux fans du surestimé Un Prophète, Le Ruban Blanc est indéniablement une Palme d'or méritée. Michael Haneke, après un poussif Caché et un remake de son Funny Games, revient en Autriche et ce retour au pays est apparemment une bonne chose tant le cinéaste se révèle d'une très grande inspiration. Dès le générique défilant avec une absence totale de musique, le spectateur perdu dans la salle obscure sent monter en lui une angoisse. Puis une voix qui nous raconte une histoire dont elle-même ne sait pas tout. D'ailleurs, l'identité de ce narrateur ne sera connue que plusieurs minutes après le début du film, accentuant l'égarement du spectateur. Haneke est sadique, on le, sait, et maltraiter le spectateur est un de ses passe-temps favoris et ici, il ne s'en prive pas. Mais pas besoin d'images-choc pour cela: beaucoup de suggestion, de non-dits et de longs plans-séquences cadrés de manière à donner l'impression de voir la scène à travers les yeux d'un tiers afin de mieux impliquer le spectateur, à la manière des caméras cachées des films du même nom, sans pour autant lui donner les clés. Le dénouement en lui-même peut se révéler frustrant même si l'on s'en doute un peu. haneke multiplie les (fausses?) pistes sans jamais esquisser ne serait-ce que le début d'une résolution, laissant le soin au spectateur d'essayer de démêmer le vrai du faux. Le choix du noir et blanc accentue la noirceur de l'histoire tout en rappelant qu'elle appartient de toute façon au passé et que l'on ne sait de toute façon pas tout. Cela, c'est pour le symbolique, d'un point de vue esthétique, le noir et blanc sublime chaque plan et en fait un plaisir des yeux. Quant aux acteurs, ils sont d'une rare justesse, des aguerris aux enfants de tous âges. Dur et oppressant, Le Ruban blanc est aussi d'une formidable maîtrise et fait appel à toute l'attention du spectateur. Certains trouveront sûrement le film trop exigeant et élitiste, il est avant tout un grand moment de cinéma.
Un film audacieux et sublimement mis en image qui interroge et dérange. Haneke est un cinéaste fascinant qui délivre encore ici un film d'apparence rigoureuse mais qui a une portée philosophique et psychologique très intéressante. La photo est superbe et la mise en scène d'une grande intelligence. La caméra est fixe, les plans sont calculés, rien n'est là par hasard, on est là dans un véritable travail d'orfèvre. Le parti pris du noir et blanc permet également un jeu sur les lumières totalement époustouflant. Le ruban blanc est également un brulot terrifiant sur la nature foncièrement mauvaise de l'humain, radical et d'une actualité surprenante, même si le film se déroule à la vielle de 1914. Les acteurs sont tous sublimes, ce qui indique, au-delà du talent de ceux-ci, une direction d'acteur parfaitement réussie. On pourra reprocher un rythme particulier ou une certaine prétention, mais tout cela est oublié au vue du bijou qu'est ce film.
Cette chronique allemande d'avant guerre est dotée d'une aura extraordinaire qui fait la signature des chefs d'oeuvre. En faisant le choix de la sobriété et en évitant à tout prix de basculer dans le mélodramatique, Haneke nous livre un récit d'une force boulversante dont l'atmosphère pesant imprègne le spectateur et le captive de bout en bout. A partir d'un scénario minutieux, détaillé et intriguant porté par une mise en scène magistrale et un souci de l'esthétique inégalable, le réalisateur fait de ce simple fait divers une histoire prenante dans laquelle règne mystère et suspicion. Mais au delà de ça, c'est un récit sur la famille et l'autorité parentale que l'on a pu observer aussi bien chez les famille autoritaires protestantes comme dans le film mais aussi dans bien d'autres cas qui apporte une réflexion profonde, d'autant plus que l'ensemble est porté par une magnifique troupe d'acteurs, enfants comme adultes. Le Ruban Blanc est une réussite majeure du cinéma allemand et du cinéma en général car il propose quelque chose d'unique, de par son soin dans la réalisation qui fait passer ses 2h20 avec un plaisir immense.
Un film intéressant sur une époque révolue et oubliée et pourtant révélatrice d'un mode de pensée ayant engendré une des pires tragédies de l'histoire. Les événements prenants placent dans ce petit village rural du début du 20ème siècle sont prenant et réaliste, avec une pléiade de protagonistes aux personnalités intéressantes. Le casting est parfait, la réalisation somptueuse malgré quelques plans un peu trop longs et rébarbatifs. Dommage que tous les tenants et aboutissant ne soient pas intégralement dévoilés au final, laissant le spectateur dans l'ignorance. Une critique de la religion exercée de manière trop restrictive, et du puritanisme en général, qui mérite le détour.
Je ne comprendrais jamais que l'on puisse donner des palmes d'or à ce genre de film. Pas que ce soit mauvais, non, le thème est bien trouver, et l'histoire assez intéressante, mais que ce film est truffés de longueur et de non-dits, et comme d'habitude avec Haneke, faut tout deviner. C'est bien de ne pas tout mâcher, mais quelques explications supplémentaires n'auraient pas été superflues. En tous cas, déçu.
Ce qui ressort de ce film, c'est d'abord l'immense talent de formaliste de Michael Haneke. Son travail sur l'image, sur le noir et blanc, sur le cadrage ressemble presque plus à un travail de photographe que de cinéaste. Tous les plans sont étudiés, sublimes. La caméra d'Haneke métaphorise son propos. Il alterne des plans en extérieur très surexposés, d'une clarté aveuglante, et des plans en intérieur un peu sous-exposés, en clair obscur avec des noirs très intenses. La symbolique est assez simple à décrypter : les apparences puritaines de la sphère publique de ce petit village aveuglent les atrocités qui sont commises dans l'obscurité de la sphère privée. C'est une très belle idée de mise en scène. Ensuite, il y a le sens de ce film, le propos d'Haneke. Au premier abord, on semble n’y voir qu’une simple chronique de village et une réflexion un peu simpliste sur l’origine du mal (perversité ou ennui ?). C’est le vrai problème du film. L’œil trop froid du cinéaste tient le spectateur à distance, l’intéresse sans l’impliquer et donne donc une coloration trop anecdotique à ce qui se passe à l’écran. On réfléchit cependant longtemps après l’avoir vu et “Le Ruban Blanc“ semble finalement plutôt une réflexion l’hypocrisie d’une éducation trop rigoureuse et puritaine. C’est le décalage entre les préceptes d’éducation et le comportement immoral, voire déviant, des adultes (l’exemple) dans un lieu confiné où rien n’est secret qui aboutit à la création des monstres.
Faire une image en noir et blanc avec une lumière bien travaillée peut hypnotiser le jury du festival de Cannes mais cela ne suffit pas pour faire un bon film. Car il ne se passe pas grand chose dans cette chronique d'un village allemand (mais qui aurait pu être n'importe quel village de cette époque) à part quelques incidents, parfois sordides mais pas de quoi se mettre à crier au génie. Des choux piétinés, un enfant battu, un autre jeté à l'eau, un oiseau trucidé, un sifflet volé, bref pas de quoi vous empêcher de vous assoupir, surtout que votre voisin de rangée a déjà sombré dans le sommeil. Et lorsqu'enfin, à quelques minutes de la fin, Haneke nous laisse entrevoir qu'un drame, un vrai, s'est peut-être passé, il abaisse le rideau avec une voix off qui nous relate les dernières rumeurs. Je mets une étoile pour la qualité de la reconstitution du monde campagnard du début du XXème siècle. C'est tout.
L'extraordinaire beauté visuelle du film, vu en numérique, avec une définition étonnante de l'image, ne peut masquer les défauts d'écriture d'un scénario qui frise l'incohérence. Une voix off nous raconte une histoire d'il y a bien longtemps, 50 ans, sans doute. (Cf. "Le nom de la rose") .Cette voix est celle d'un des protagonistes de cette histoire, précisément. Il a assisté à des évènements qu'il nous raconte et que le film nous montre. Bien. Un certain suspense rêgne car les événements en question sont particuliers,inquiétants et inexpliqués. Au cours du film, on abandonne le narrateur périodiquement pour rentrer dans l'intimité des gens, et l'on voit des scènes que ce narrateur ne peut pas connaître, pour certaines de véritables morceaux de bravoure... On aurait donc la possibilité de savoir ce qui s'est passé ? Que non, on ne saura rien, on a même la frustration de voir disparaître les protagonistes à l'horizon et le sentiment alors que le réalisateur se fout du monde! Tout, dans l'écriture du film, milite pour une résolution finale. Ne pas la donner c'est offrir aux critiques dont c'est le métier pain benit pour leurs articles, il n'y a qu'à voir leur enthousiasme et leurs extrapolations... Les acteurs sont bons, mais, par la faute d'un scénario incohérent, il n'en reste que le même genre d'impression laissée par les plus austères Bergman ("Les communiants" !!!) Aucune envie de revoir ça, en tout cas!