Le Ruban blanc
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Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 février 2021
Revenu en Autriche après avoir rempli les années 1990 de ses expériences cinématographiques, Haneke est resté un vrai cinéaste mais il est devenu un faux puriste : que l'on ne se laisse pas prendre à sa photographie sobre et à ses mises en scène à l'ancienne, car Le Ruban blanc est passé à travers une énorme moulinette d'effets spéciaux pour produire le résultat escompté. D'aucuns y verront l'influence de sa période américaine, mais l'amateur de médias pose en réalité une question essentielle : la manipulation de la forme au service du purisme du fond est-elle hypocrite ?

Cannes a tranché : c'est une Palme d'Or. Cependant le film est en réalité insituable et on le visionne sans avoir jamais à questionner sa forme : années 2010, 2000, 1990 ? Si j'avais eu à deviner sa date de sortie, j'aurais facilement pu me ridiculiser. Ses visages dignes de vieilles photos, son noir et blanc, son attachement direct à la terre, au jour et à la nuit, et enfin au pragmatisme plus ou moins grand de ces villageois qui tentent tant bien que mal d'entretenir la sagesse de leur communauté, tout y est intemporel.

Non seulement on croirait s'être téléporté dans l'époque dont il parle (les années 1910), mais c'est aussi comme si l'on nous avait retiré tout savoir sur ce qui survint alors dans le monde germanophone : on évolue avec un malaise difficile à préciser jusqu'à se rendre compte que c'est la guerre qui gronde au loin, et que cette génération d'enfants qu'on voit grandir mal, comme sous l'influence d'une force obscure et mauvaise, sera celle qui, deux décennies plus tard, participera à figer l'Allemagne (et un peu l'Autriche avec) dans une image tenace de nation pleine de ressentiment et de colère.

Le Ruban blanc, avant d'être une œuvre hypertravaillée et une réflexion sur le "cinéma vrai", est un rappel que l'enfance, quoique symbole de l'innocence, peut aussi être le berceau des pires travers humains. Si Haneke a changé sur la forme, il reste bien lui-même sur le fond, car il garde les mains propres lorsqu'il touche à ce qu'il y a en l'Homme de plus secrètement malsain. Alors, est-il hypocrite de manipuler la forme au service du purisme du fond ? Pas chez lui.

→ https://septiemeartetdemi.com/
loulou451
loulou451

146 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2013
Alors oui, on peut dire que Michael Haneke réalise ici son meilleur film, tout à la fois oppressant, angoissant, tel un rouleau compresseur qui passerait sur l'humanité allongé devant lui, pressant la chair et l'âme pour en tirer les secrets du mal, du bien et de l'horreur qui semble présider à la destinée humaine. Son cinéma est net, implacable, froid, ciselé dans la glace, ne laissant jamais rien au hasard, à l'improvisation, au génie sans doute ? Car c'est bien là que le bât blesse : l'absence de génie, la besogne, le travail, l'articulation quand d'autres grands réalisateurs laisse intact le champ de la création. Oui, Haneke réalise un grand film, mais quel ennui, quel effort, quelle attention faut-il pour voir se dévider le fil de cette histoire. Haneke n'a rien d'un Coppola, d'un Hawks, d'un Minnelli, d'un Kubrick ou d'un Malick.
lucilla-
lucilla-

65 abonnés 169 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 octobre 2009
Quel film magnifique ! "C'est pour ton bien" : voilà le point de vue d'Alice Miller au coeur de ce Ruban blanc impressionnant de justesse, politique, psychologique. Haneke réussit à faire entendre, à faire ressentir, la violence familiale et dite "éducative " cachée derrière les portes fermées . C'est remarquable .Offrant des scènes inoubliables , comme celle où Rudi comprend la mort de sa mère, celle où il offre l'oiseau, ou encore l'atroce répudiation de Mme Wagner , le film rejoint Billie August: "le malheur du monde vient du mal que l'on fait aux enfants ", les victimes devenant si rapidement bourreaux, ou complices des bourreaux .. Un chef d'oeuvre , un classique instantané, et une Palme d'Or incontestable , bien supérieure au douteux Prophète .
Cineseba
Cineseba

49 abonnés 632 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 décembre 2009
Poignant ! Le film "Le ruban blanc " est une magnifique photo de la vie campagnardeallemande dans les années 30 ! De très belles scènes en noir et blanc, des champs de blé, du village, des intérieurs des maisons... Le noir et blanc, le style de filmer des scènes et les apparences froides des personnages nous met dans l'ambiance oppressante et parfois angoissante. Ce film montre très bien le poids de la religion et des secrets, la rigidité des rapports humains entre les adultes et les enfants. L'éducation très stricte, disons très repressive, imposée par les adultes, viserait à ramener les enfants vers la purété et l'innocence...Les enfants ne supportant pas ce poids de l'éducation oppressante, décident à déstabiliser les villageois en provoquant des accidents étranges. Terrifiant et Glaçant, cette ambiance dans le village ! Ce qui m'a frappé le plus, c'est que les accidents ou les meurtres restent encore des zones d'ombres car les villageois restent tres solidaires dans le cadre des secrets... Brr! L'image du groupe d'enfants m'a fait penser au film : "Le village des damnés ". Brrrr ! Je pense aussi à l'image qui m'a déconcerté, celle du village et de l'église enneigés sous le soleil qui m'a fait penser à celle des rails vers le camps d'Auschwitz! Brr! Excellent film avec de très beaux images ! Des coups de coeurs !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 mai 2012
Palmé à Cannes en 2009, le Ruban blanc mérite amplement sa récompense. La Pianiste, datant de 2001, poussait l'horreur à l'explicite sur le plan physique, intellectuel et psychanalytique. Le Ruban blanc, au contraire, joue sur le non-dit, l'implicite, et cela le rend encore plus dérangeant que son prédécesseur. Il y a, dans cette oeuvre crépusculaire, non seulement les prémices de toute la cruauté du XXe siècle, mais également celle qui nous attend, celle de nos temps actuels. Michael Haneke est sans contexte l'un de nos plus grands réalisateur européens. Sa volonté de comprendre les sources mêmes des idéologies totalitaires, notamment celles du fascisme et du communisme, se retrouve dans son film par les voies de l'autorité, de l'injustice, de la suspicion, du refoulement -comme l'inceste et l'interdiction arbitraire-, mais aussi par la religion, et plus généralement par l'endoctrinement et le
communautarisme. Haneke refuse de montrer, d'expliquer, voire même de raconter, malgré la voie du narrateur, rendant les hypothèses encore plus libres de supposition. L'horreur, quant-on ne la voit pas, est encore plus effrayante. Les comédiens sont tous extraordinaires, comme Burghart Klaußner dans le rôle du pasteur. Il ont l'avantage pour nous de ne pas être connus outre-Rhin, ou peu, les imprégnant automatiquement d'une personnalité qu'on ne peut extirper de leur physique. La grandeur du réalisateur n'est pas de tomber dans la démonstration, dans la leçon, mais bien de montrer ce qui, peut-être, n'est qu'une possible réalité. Ainsi, le Ruban blanc ressemble à un essai romanesque, tel un conte, sur la cruauté inconsciente de l'Homme, dépassé par sa condition d'Homme faible, incapable de comprendre quel mal le ronge et pourquoi il le reproduit. Car c'est bien là qu'une question cruciale est posée, à savoir celle de la reproduction du Mal. Entre réalisme et poésie, réalité et fantasme, le Ruban blanc constitue une des plus belles leçons de cinéma de ces derniers temps.
Maqroll
Maqroll

203 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 janvier 2010
Un film très dur de Michael Haneke - mais c’est un pléonasme - dans l’Allemagne de l’immédiat avant-guerre de 1914-18. Une fois de plus, Haneke part à la rencontre ce qu’il y a de plus violent chez l’être humain pour l’exposer sans aucune forme de jugement, comme avec détachement. Il est pourtant évident que ce détachement n’est qu’une apparence. L’obsession du meurtre gratuit, notamment, le hante toujours même si cette fois l’acte est dans un premier temps déplacé vers les animaux… jusqu’à la déclaration de guerre (institutionnalisation du meurtre gratuit). Les femmes semblent recéler un peu plus d’aspects positifs que leurs homologues masculins mais la différence est tellement ténue qu’elle n’ôte rien à l’impression d’ensemble que l’homme est une bête terrible, dont la cruauté et la malveillance sont sans égales à la surface de la Terre. Un film dont on peut sûrement sortir bouleversé ou irrité selon les cas mais qui pose dans tous les cas la question des limites du cinéma et de l’art en général.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 29 octobre 2015
meme en m'endormant bien devant le film était loin d'etre fini.ennuyeux de chez ennuyeux.il se passe rien.l'actrice principale est vraiment mauvaise. et quand je pense que michael haneke a mis 5 ans pour le faire.tout ça pour ça.dire que le film dure 2h25! j'étais excité à l'idée de le voir,le revoir serait une torture atroce.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 novembre 2009
Si Haneke n'était pas l'ami (le mentor ?) d'Isabelle Huppert, présidente du jury, est ce que son pensum aurait décroché la Palme d'Or ?
Non, bien sûr. Un prophète et Fish Tank le surpassent à l'évidence.
Allez, je ne vais pas faire durer cette critique plus qu'il ne faut : le postulat de base est intellectuellement fort discutable. Haneke laisse penser (et les journalistes avec lui, qu'il ne contredit pas) que des mauvais traitements dans l'enfance peuvent engendrer des comportements de type sadique à l'âge adulte. Quelle idiotie ! Quel aveuglement ! Si tel était le cas, la moitié de l'Europe aurait sombré dans le fascisme tous les 50 ans ces 5 derniers siècles. Et à l'inverse, les bourreaux du Rwanda ou du Cambodge n'ont pas eu à subir à ce que je sache les tourments d'une éducation religieuse protestante rigoriste !
Pour le film lui-même :
- Points forts : des acteurs très bons, un noir et blanc magnifique (à tel point que par moment je me suis surpris à penser "mais à quoi sert la couleur ?")
- Points faibles : le reste. Un scénario ouvert qui laisse le spectateur sur sa faim, une mise en scène chichiteuse (laisser la caméra à un endroit fixe en laissant les personnages passer hors champ doit faire chic aux yeux de Haneke, car il le fait plusieurs fois, le temps de prendre un café peut-être), un montage indolent.
Bref, à voir si vous ne voulez pas rater la Palme. Sinon...allez lire d'autres critiques sur mon blog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 30 octobre 2009
J'etais prevenu : un film lent et long, que meme certains ont descrit comme "chiant" malgre avoir mis 3 etoiles. Resultat :
1 - OUBLIER LE SYNOPSIS ! L'intrigue des incidents mysterieux n'aura pas de solution concrete (!)
2 - c'est bien long et chiant. Des plans interminables ou on filme une porte pendant 5 mn pour voir entrer un enfant et... le voir sortir (!)
3 - une chronique campagnarde allemande vraiment pas follichone. A comparer, les rivalites de l'affaire du petit Gregory sont un Dallas !
4 - On peut noter des acteurs qui ne cabotinent pas et qui s'en tirent bien. J'ai vu en Vo, je note une francaise dans les actrices (anni) avec un flux monocorde qui trahit sa nationalite.
Bref, une TRES GROSSE DECEPTION. Ca remonte pas ce qu'on dit sur les films primes a Cannes.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 octobre 2009
Le choc du Festival de Cannes 2009 reste pour moi "Antichrist". J'attendais beaucoup cependant du"Ruban blanc", la Palme d'Or de cette année : je suis un peu déçue ! Cette chronique austère, pour ne pas dire glaciale, d'un village de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale, genre "Village des damnés" sur fond de morale luthérienne ultra répressive, et bientôt criminogène, a de grandes qualités, scénaristiques, (Haneke a toujours le sens du "caché") autant qu'esthétiques (noir et blanc soigné et oppressant, pour une ambiance "Europe du Nord" à la Dreyer ). Mais l'aspect "chef- d'oeuvre absolu" d'un moraliste filmant pour dénoncer les racines d'un mal que le temps (les débuts du 20e siècle) et le lieu (l'Allemagne) permet de qualifier de pré-hitlérisme, à suivre le gros de la critique professionnelle, m'échappe, et je préfère y voir une histoire (réussie) au pays des noirceurs enfantines, et non un film prenant date sur la genèse du nazisme et autres totalitarismes. Question d'ampleur du propos sans doute.
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2009
Le film montre une microsociété rurale juste avant la Grande guerre, patriarcale et presque féodale, totalement dominée par le hobereau local et le pasteur, apparemment parfaitement réglée mais dans les faits rongée par la brutalité. La violence physique est suggérée d'une manière très elliptique, la violence psychologique, dans les rapports hommes femmes surtout, paraît sans limite. C'est glaçant dans les deux cas. La démonstration de la manière dont une éducation culpabilisante, au nom d'un idéal de pureté morale (une éducation protestante), aboutit à créer de la violence perverse chez les enfants et les adolescents qui la subissent est très convaincante. Par contre il me semble que Heineke savait bien mieux relier la petite et la grande histoire dans "Caché". Les interprètes des pères et notables (le baron, le pasteur, le régisseur) sont très impressionnants. L'image en noir et blanc est magnifique.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 décembre 2009
Enfin,en 2009 ce que l'ont peut appeler un beau film. Il se déguste comme un livre dont on tournerait lentement les pages jusqu'au mot fin. Mais grâce au cinéma et à sa magie visuelle,c'est beaucoup plus qu'un livre puisque tout ce que l'on n' aurait pas pu lire s'y trouve en filigranes . Je ne voudrais pas déflorer l'histoire passionnante qui ne se révélera qu'a ceux qui l'aimeront et qui n'en perdront pas une miette...Il y a tant à voir et c'est tant beau. Filmé à l'ancienne avec peu de mouvements de caméra et une grande économie de dialogues,ce film sans jamais rentrer dans chaque personnage , nous donne une leçon de vie. On recueille ce que l'on sème et au cinéma,ce principe à rarement été aussi bien mis en valeur pour l'éducation...Nous restons certes extérieurs aux drames ,nous y perdrons en émotions mais quelle leçon ! Les enfants y sont légions et ils ressemblent beaucoup à ceux du « village des damnés » de Rilla, les yeux en moins évidemment. ils ne se déplacent qu'en bande autour d'une future dame de fer...Dans son ombre ,il est difficile de ne pas y apercevoir le chef du futur parti national socialiste. Le film commençait sur un magnifique fondu ouvert ,il se termine sur un fermé mais tout ce que le narrateur n'avait pas vu nous aura été montré à deviner,Bien joué monsieur Haneké,
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 6 février 2015
Le propos aurait était pertinent il à 50 ans, aujourd’hui c'est une relecture de l’histoire sans grand intérêt. Esthétisant boursouflé...

Êtres méchant c'est mal. Merci Haneke .
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 24 novembre 2009
Je viens de voir le film ce matin ... et je suis encore sous le choc . Comment peut-on donner la palme d'or a un tel film ? Il ne se passe rien , l'histoire tourne en rond , on commence a suivre un personnage alors que celui ci dissparait pour réaparaitre 1h plus tard ! C'est mou on se demande quel va ètre l'élement perturbateur qui va déclanché l'histoire , mais il n'y en a malheuresement pas.On se sent opréssé par ce malaise et cette timidité embiante .
Ce film est tout simplement insuportable .
Machriasi
Machriasi

13 abonnés 629 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 septembre 2012
Le ruban blanc est un bon film. Il ne m'a pas marqué et j'en garderais surement de très vagues souvenirs, le souvenir qu'il était en noir et blanc et comme bien d'autres (la haine par exemple) je ne comprends pas ce choix esthétique mais enfin bon. A part ça j'ai trouvé que vraiment rien ne retenait l'oeil dans la mise en scene ou quoi que ce soit comme un film mort, peut etre suis je trop habitué au ciné hollywoodien ? Mais là (l'affiche laissait sugerer beaucoup de haine ou quoique ce soit) mais il n' y a pas de tension ou d'action, c'est un peu chiant il faut dire. Alors il y a une histoire mais vraiment elle est loin d'etre géniale. Ca reste un assez bon film mais je ne le reverrais pas.
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